‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 122 sur 278 · GRAND LISERON , LISERON DES HAIES , LISET , LISETTE · texte numérisé non relu

GRAND LISERON , LISERON DES HAIES , LISET , LISETTE

ConvoJvulus major alhus (T.) Convohulus sepium (L.)

Cette plante existe dans toute la France , dans les haies autour desquelles elle grimpe et s'attache par ses vrilles. La racine et les feuilles sont usitées.

Préparations et <1oseis.

A l'intérieur : Suc épaissi en cousistance d'extrait , t à 2 gram. Infusion des feuilles couitises , 6 à 42 gram. dans 450 gram. d'eau bouillante.

Propriétés.

Le grand liseron , injustement abandonné , est peut-être préférable à la scamonée d'Orient , à laquelle Haller a le premier proposé de la substituer (1). Coste et Wilmet ont

(1) Biulin a produit, sur le liseron des haies , un mémoire intércssiint qui a été couronne en 4783 par l'Académie dds Sciences et Belles- Lctlves do Bruxelles.

employé le suc-lai leux épaissi de celle plan le avec un succès marqué , à la dose de 1 gram. 20 cenligram. sur quatre hvdropiques et sur deux femmes âgées et cachectiques. J'ai nioi-même employé ce purgatif, et les effets que j'en ai obtenu m'ont donné la certitude qu'il est plus doux que la scamonée sans être moins certain. Donné à la dose de 1 gram . 25 cenligram. à un cultivateur âgé de vingt-trois ans, atteint de lièvre intermittente quotidienne depuis un mois, et ayant les pieds œdémaliés , la face pâle et injectée , les fonctions lanouissanles , elle a donné lieu à huit selles copieuses et sans grandes douleurs intestinales. L'accès , qui devait revenir le soir même du jour où le purgatif fut pris , n'a pas reparu. Je n'en tirerai pas la conséquence que le suc épaissi de liseron est fébrifuge , ainsi qu'on l'a fait pour maintes plantes qui ont usurpé cette réputation par la révulsion qu'elle provoquent et qui intervertit le mouvement périodiques de la fièvre.

Les feuilles contuses du grand liseron, infusées a la dose de 6 à 12 grammes dans une suffîsanie quantité d'eau , forment une potion purgative commode que j'ai vu employer par les guérisseurs de nos villages et que j'ai ensuite employée moi-même avec confiance. J'ajoute à l'infusion une certaine quantité de miel, et chez les sujets irritables, un peu de mucilage de racine de guimauve ou de graine de lin. Je laisse les fleurs infuser avec les feuilles. Les racines, que je n'ai jamais employées, jouissent, dit-on , des mêmes vertus.

Les enfants prennent sans répugnance l'émulsion édulcorée du suc épaissi de liseron. Je l'administre souvent après l'usage , pendant quelques jours d'un vermifuge approprié à l'indication , et je réussis ordinairement à procurer l'expulsion des vers qui se trouvent dans les intestins.

Les feuilles de cette plante , séchées à l'ombre , pulvérisées et mêlées avec le miel ou le vin cuit, conservent longtemps leurs facultés purgatives, ou du moins une grande parties de ses facultés.

Les commères prétendent que pour faire percer un clou en vingt-quatre heures , il n'y a qu'à broyer entre les doigts quelques feuilles de grand liseron et de les appliquer dessus.

[ Le PEUT LISERON , ou liscron des champs , convolvulus arvensis (L.) , paraît douée des mêmes vertus que le grand liseron. M. Chevalier, qui a publié un travail intéressant sur cette plante dans le Journal de Pharmacie {juillet et août 1823 ) , a retiré de sa racine une résine qui jouit des mêmes propriétés que celle du jalap. j

'' Liseron a feuilles de guimauve {convolvulus allkceoïdes, L. ) — Cette espèce , qui croît dans les contrées méridionales de l'Europe , et que l'on rencontre dans le Languedoc et la Provence , n'élait point employée en médecine lorsque Loiselour-Deslongchamps, pensant qu'elle devait participer aux propriétés purgatives de la plupart de ses congénères, l'essaya comme succédanée du jalap. L'expérience justifia cette opinion. <( Les parties de la plante que nous avons mises en usage , disaient cet auteur et son collaborateur Marquis , ont été les racines , et nous les avons employées en en préparant une teinture alcoolique par l'infusion de deux onces de ces racines dans seize onces d'esprit de vin. Nous avons donné de cette teinture ainsi préparée , depuis quatre jusqu'à six gros , dans une tasse d'eau sucrée , à six malades différents , qui étaient des enfants de huit à onze ans; et , sur six fois que nous l avons ainsi employée, elle a agi cinq fois comme doux purgatif , procurant des évacuations faciles , exemples de coliques , une fois au nombre de deux seulement , deux fois au nombre de six , et les autres à la quantité de sept et de huit ; une seule fois notre teinture n'a point agi comme purgative : c'était chez un jeune garçon de onze ans , auquel nous en avions donné dix gros, la plus haute dose que nous ayons administrée; le même enfant, cependant, avait eu deux évacuations , une première fois qu'il n'en avait pris que six gros. — Nous pensons que ce petit nombre d'observations, faites sur les racines du liseron à feuilles de guimauve , prouve assez que nous possédons dans cette plante indigène un bon purgatif, qui, par sa manière d'agir-, nous paraît devoir être assimilé au jalap. » [Dict. desScienc. méd., tom. xviii, p. 329.)

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