MENTHE POIVRÉE
Mentha snpO)e favido piperis (T.) \Meniha piperUa ( L.)
Celle espèce, originaire d'Angleterre et que l'on rencontre dans quelques parties des Pyrénées, est cultivée dans nos jardins, où elle se propage abondamment. Les feuilles sont employées.
A LiNTÉRiRru : Iiifunioii (Ics f(>nU.ïe<^ sw/rs a vasp clos ^4 à 8 grani. d'eau cliande et sucrée à prendre par petites la-ses de lemps eu temps.
Eau disWllèp , 50 à 123 iî<am. en potion.
S\io\) , 50 à GO jj^raiH et plus , pur, par petile-i cuillerées ou étendu
dans une pulion nu une ti-.aiie. Alcoolat, I à4 i;riMn dan-i uu véhicu'e ap 'roprié. Huii t'olaiilf,\^ à 00 ceiitig en potion; oleo-saccharum. !'asiitles, q lantité isidclerininoc.
Pomlip, 60 oeiiti;; à I gram. 20 cenlig toutes les deux heures, deiavee dan-, un liquide appropi ié.ou en electuaire, pilules, e c.
A i/i.xTÉiaKL'R : Infusion , plus ou moins chargée ; — /jk/cp , préparée avec les feuilles fraîches en ' alaplasine ; — alroolnt eu frictions ; — huilf cs)ii'iiii:'Ue , av-ociée à l'a onepowr pommade ; — poudre , en saciiCl . elc
La menthe poivrée, d'une odeur forte et aromatique, d'inie saveur chaude, piquante, déterminant une sensation briilante sur la langue, immédiatement suivie d'im sentiment de froid Irès-agréabie , est , de toutes les piaules du même geiue , celle qui recèle le plus d'huile volatile et contient le plus de camphre. Aussi, ses pro|)riélés médicales sont-elles plus puissantes que dans les autres espèces de menthe. A la vive excitation qu'elle produit sur l'appareil digestif, succède sympathiquemenl celle de tous les organes. Son action énergique sur le système nerveux l'a mise au rang des plus puissants antispasmodiques. Sous ce rapport on a eu à se louer de son usage dans certaines fièvres pé-
riodiques avec symptômes nerveux, l'asphyxie, l'asilime humide, la paralysie, l'hystérie, les tremblements et les vomissements nerveux, l'hypocondrie, les coliques utérines, la dysménori'héo, certaines névroses abdominales , les céphali»'ies nerveuses, etc. Comme stimulante, la menthe poivrée convient aussi dans l'atonie des voies digestives, les llatuosités, les hoquets, la tympanile nerveuse, qui se manifestent souvent chez les gastralgiques , les chloroliques, les hystériques, les hypocondriaques. Elle est utile toutes les fois qu'il s'agit de fortifier les organes, de ranimer les fonctions dans la débilité générale ou locale, et, par conséquent, de rappeler l'écoulement menstruel quand il y a inertie de l'utérus, de faciliter l'expectoration, de ramener la transpiration cutanée chez les sujets lymphatiques, les vieillards cacochymes.
Lorsqu'on veut obtenir de grands effets de cette plante, dit Alibert, on la donne en poudre à la dose de 60 cenlig. à 1 gram. 60 centig. toutes les deux ou trois heures, dans une petite quantité d'eau ou dans tout autre liquide approprié. Cette manière de l'administrer convient suriout dans le traitement des lièvres nerveuses. [Élém. de thérapeut. et de mat. médic.) Bergius, Cullen et autres médecins distingués , faisaient grand cas de la menthe poivrée. Knigge {De mcnth. peperitid. comment, botan. Elong. 1788) la recommaiide comme un excellent tonique doué d'une force diPfusible susceptible de récréer promptement tout le système des solides.
Entre tous les moyens propres à tirer les malades d'un état de syncope, il en est un peu connu, dit le docteur Duval, et dont j'ai plusieurs fois éprouvé l'efficacité : c'est l'essence de menthe en frictions sur les gencives.» [Bullet. de l'Acad. nation, de médecine , t. xni , p.W 60.)
L'infusion théïforme de menthe poivrée est la préparation que j'emploie le plus ordinairement. Je la donne chaude et sucrée par petites lasses assez fréquemment répéiées. Je l'ai employée ainsi avec avantage non-seulement dans tous les cas énumérés plus haut , mais encore dans les fièvres essentiellement nerveuses, les fièvues alaxiques, typhoïdes; dans celles reconnues adynamiques, ou par débilité directe ou réelle, chez des sujets détériorés par une mauvaise nourriture, habitant dans des lieux humides, soumis, en un mot, à l'action de toutes ces causes dépressives, physiques et morales qui constituent la misère et dégradent l'homme. Dans ces cas je fais prendre habiluellement, à ces malheureux, la menthe poivrée en place de tlié ; et, à cet effet, je
la cultive dans mon jardin, où elle se propage en abondance. J'ai vu cet usage produire l'expulsion des vers el ranimer les forces chez des enfants faibles et languissants. A l'extérieur, on applique la pulpe préparée avec les feuilles fraîches de menilie poivrée comme résolutive sur les engorgements laiteux des mamelles. L'infusion aqueuse ou vineuse de cette plante, en lotions, fomentations, etc., est tonique, reso utive, et convient dans les engorgements froids, les contusions, les échvmoses, les ulcères aloniques, etc. ^Jl - Astier, pharmacien militaire (Bullet. de pharm., t. vi , 350;, s est servi avec succès, conlre la gale, d'une infusion tres-chargee de menthe poivrée en lotions (i). L'alcoolat s'emploie en frictions contre les douleurs rhumatismales chroniques, le relâchement musculaire, soit seul, soit associé à des topiques analogues. L'huile essentielle est mise, en usage a la dose de quelques gouttes dans des gargarismes contre le gonRemenl indolent des gencives, dans des liniments résolutifs et stimulants ; appliquée sur les dents cariées, elle calme la douleur. M. Boullay a proposé de l'associer à l'axonge pour en former une pommade propre à remplacer les lotions employées par M. Âstier dans le traitement de la gale.
Cette plante, récoltée pendant les mois d'août et de septembre, séchée avec soin et placée dans un lieu sec, ne perd aucune de ses propriétés. Dans cet état, l'eau distillée qu'elle fournit laisse voir au bout d'un an des cristaux blancs, diaphanes, Inisants, ayant la saveur, l'odeur, la volatilité et la fragilité du camphre. Aussi , Bodarl [Cours de Botaniq. comparé, t. \i,pA^^ ) a-t-il proposé la menthe poivrée comme un des meilleurs succédanées de ce dernier.
(I) Voici le .procédé de M. Astier : on prend une quantité suiGsante de menllie po vrée , qu'on incise, qu'on met dans un tonneau ; ensuite on verse dessus de l'eau chande. et on laisse infuser ie tout pendant plusieurs joui s , en aiiitant de temps en temps le tonneau ('erm(!. F'Iiis l'infiisioii sera chargée , plus elle aura d'efTet. Quatre onces ( d20 iiram.) de cette inlusi'in s'emploient jnurnellement pour lotions sui- les arliciil-ilions et tous les endroiis où l'éruiiiion de la i-ale se mulliplie. Celle lotion, qu'on peut renouveler dmx l'oit jiar jour, d ssipe ordinairement la maladie en ([uiiize jours au iiliis, et s uis inconvénient. J'ai obtenu le méine succès dans tleiix cas de gale récente . en employant de la même manière la menthe aqu.itiqiie. On aurait très-probahlement le même résultat avec la plupart des plantes de la môme famille , surtout celles qui sont trèsaromaliques, telles que la sauge , le romarin , le thim , la lavande, elc.
MENIAOTHE,
MENIANTHE TUIFOLIÉE , TUÈFLE d'eAU.
Menyanihes pahixlrs (T.) Memjantlies iri[oliuta (L.)
Cette plante, dont la fleur est si jolie, croît dans les marais en France, dans les étangs et les lieux marécageux de toute l'Europe. L'herbe entière est usitée.
PB'oprïcSés &t dôme».
A l'intériedr : lUcocUim ou infusion , -iS à 50 gram. par kiiogr. d'eau , par petites lasses.
Suc e.rpritiiè , ."<) à 400 grjiniines.
Vin (50 graiii. pour I kilos, de vin ou de biè-re) , 50 à 100 çram,
Siroi) ( I lie suc sur .> de sirop i , 30 à 100 grammes.
Tv.htUire ( \ sur 6 d'alcoolj, 2 à 4 gra:ii en polion.
Extrait (il'ooliiiue { i sur i d'alcool et 8 deaii), î à /< gram en
pilules, bols, etc.
Ëxir 'il (iqiuu ■ par infuso-decoctum sur 8 d'eau) , I à -î gram,
en pilules, bois , » ic.
roudir I rareuieiil employée) , I à 4 gram. en liols, pilules ou d, ns
un litpisdf.
X l'r.\téuieur : DrwljoM , pour lotions , fomentations, feuilles en calaj)l;fc.nies ; suc en topique.
Le trèfle d'eau est amer, tonique, fébrifuge, antiscorbuliqne. A lituile dose, il est vomitif et purgatif". On l'emploie dans les affections atoniqnes du tube digestif, les scrofules, le scorbut, la goutte, le rhumatisme chronique, les maladies cutanées anciennes, les fièvres intermittentes, l'aménorrhée par atonie , etc.
Faut-il admettre l'efficacité qu'on a si libéralement accordée au trèfle d'eau contre une foule d'affections diverses, quand l'analogie et l'expérience nous démontrent qu'à l'exemple des genlianées et de beaucoup d'autres plantes amères, son action tonique sur nos organes est la seule admissible?.... Cette plante peut contenir des principes qui mod fient celte action ; mais il y a loin de ces modifications aux effets qu'on lui suppose et aux éloges qui l'ont fait regarder comme une sorte de panacée. Si Boerhaave en a éprouvé d'heureux effets sur lui-même contre la goutte, et si Bergius en a constaté de plus en plus l'utilité dans ce
ffonre de maladie, cela prouve seulemenl que 1 élal d atome %ms Icauel se trouvaient ces malad(>s rendait nécessaire l'emnloi d'une médication qui put augmenter l'énergie vitale et rendre les sécrétions plus aclives. Quel médecin oserait affirmer que la o-entiane, le chardon étoile, 1 absynthe, la centaurée n'eussent pas produit le même ellet /
OuellecoulianceaccorderàtoulcequeditVillius [Actes de
laSucieté de Copenhague, année 1774) f^uand , pour preuve, ce praticien rapporte avoir guéri dans quinze jours une hvdropisie ascite très-considérable, en prescrivant trois verres par jour de cinq pots de petit lait, dans lesquels on avait-fait infuser trois poignées de trèfle dVau , une poignée de racine d'année, de raifort sauvage, de feuilles d asclepias
et de fleurs de buglose? Tout le monde sait qu'on peut
faire une excellente soupe avec des cailloux, pourvu qu'on y ajoute de la viande et des légumes.
Au total, le ménianihe est un tonique puissant dont je fais très-fréquemment usage. C'est principalement dans le scorbut, seul ou associé aux plantes aniiscorbutiques et surtout au cresson et au cochléaria, que je l'emploie. J'ai souvent administré cette plante, dans les lieux où elle était à proximité de mes malades, contre les fièvres intermittentes , les cachexies, les scrofules, l'hydropisie , la chlorose, l'état d'atonie résultant de la misère. J'en ai toujours retire de très-bons efl"els ; mais je dois dire que, comme fébrifuge, elle n'a pas ofl"ert plus de certitude que la gentiane, le chardon étoilé, l'absynthe et la petite centaurée.
[Willis administrait aux enfants vermineux 60 cenlig. à i gram. 60 centig. de trèfle d'eau en poudre le malin à jeun pendant douz'e ou quinze jours de suite ; et au bout de ce temps il a vu survenir une adondanle évacuation de vers intestinaux. ]
A l'extérieur, j'ai employé le trèfle d'eau en décoction sur les ulcères atoniques, scorbutiques et scrophuleux. Je n'ai pas remarqué d'effet qui lui fut exclusif. Il agissait comme toutes les subtances de même nature. J'ai connu un ciiltivaieur asthmaii(iue qui se soulageait en fumant des feuilles de trèfle d'eau séchées.
[L'extrait de cette plante ne contenant pas de tannin , peut être associé sans inconvénient aux sels de fer (Soiibeiran , [nouv. Traite de Pharm.) ]
MERCUUIALE ANNUELLE,
POIROTTE , FOIROLLE , CAGARELLE , RIMBERGE , AVANCE.
^lercurinlis ie.tiirulaia (T.) ^ Mercurialis annua (L.)
On rencoTilre cette plante partout en Europe, dans les jardins, les lieux cultivés, parmi les décombres, dans le's terrains pierreux.
Prépara fions et «Bohcs.
A i.'iKTÉRiKrn : Décoriiou , 20 à 50 gi am. pour demi-kilog. d'eau. Suc cxi^rimc . 50 à 100 graiiimes.
!\helde mprcurin/e stm/j/e ,50 à 00 sram. (rarement par la bouche) Miel (le meicuiiale corn, osé ( sirop de longue \ ie ), 50 à 60 giaiii.
A l'extéiukuu : Miel de mercuiiule m lavement, GO à i-10 grain. Suc, 30 à CO gianiines, en lavement
Déroctioii , en l'oraeniaiions , lotions, lavements; feuilles en cataplasme.
Propriété».
La mercuriale offre une odeur fétide et une saveur amère, salée, fort désagréable. Elle est considérée comme laxative; mais on ne lui trouve qu'une action inconstante (1). Cependant on l'emploie en lavement, en décoction ou sous forme de melliie. Tous les médecins connaissent l'usage du miel de mercuriale. Ce miel est resté dans nos pharmacies modernes, malgré le système d'exclusion adopté contre la plupart de nos plantes indigènes. Les feuilles de mercuriale, en décoction , sont employées comme émollientes et jointes le plus souvent à celles de mauve, de bouillon blanc, etc
<( D""' du Bosch in Watervlet , venerahilis senex , 83''"™ agens mtatis sum annum, debilis constiintionis , jam usque ab annis multis, propter familiarein ipsi constipationem et colicos inde nascentes dolores , decoctum mercurialis , optimo successu assumere suevU. » (Wauters, reperlor. remed. indig., p. 293.)
Ci) Cette prétendue inconstance des rfTets de la mercuriale vient de la manière de l'employer. Il f.mt l'udrainisircr traîtliement cueillie ; car Ja dessiccation lui enlève presc|ue,toute son aclivitt?. La coction diminue aussi cette activitd, et de purgative que cette plante était, elle devient par cette préparation simplement Jaxative. Ces faits , que j'ai été à même de constater , expliquent suflisamment les préventions des praticiens modernes contre une plante que les Anciens cmployaieni généralement , et qui , presque abandonnée de nos jours , offre pourtant de graiulss ressources à la campagne, où elle abonoe de tou» côtés.
]\[ vu des constipations opiniùires céder a un moyen tout r^onu ah e et qui consiste à introduire dans 1 anus des feuilles S,TÔ n ni'te' de mercuriale broyées avec un peu de m.el ou Sm^^X 'olive de la grosseur d'une noix et même davantage, t nt e cls.' Le nourrices font quelquefo s un supposi- S" vec un morceau de tige de chou qu'elles la. lent de mZ^eh u donner la forme et le volunie convenables , e m'e les enduisent de suc de n.ercuriale. Ce supposuon-e es 'r^s enk'ce 11 ne fiuit pas oublier , dans tout ceci , que la ^ercu iT^s^^ la famille des euphorbes, ^^l^l'^y^'^^l chez les enfants doit inspirer une juste méfiance. A tel e occasion e crois devoir recommander de ne pas prendre ?wneru.'iale vivace {mercurialis perenms L.) qui est plus «iisnprie pour la mercuriale annuelle 1. ' r Les q"^lilés purgatives de la mercuriale étaient deja connues du temps d'Hippocrate. On l'employait part.cul.e- JeTenl dans l'hj'dropisie. Dioscoride, Ga .en Oribase Paul d'É-ine la prescrivaient comme purgative dans les fièvres continues et intermittentes , pour purger les femmes enceintes et délicates, et les vieillards atteints de constipa j^^^^^^ Brassavole rapporte que de son temps ( 1 534 ) les habitants de Ferrare maugréaient de cette plante dans le potage ou sous forme de bouillie, pour se purger. Gouan { Hort. monsp., p. 377 ) faisait manger aux enfa..ls qui avaient des vers une soupe préparée avec cette plante.
a Nous recognoissons , dit Constantin , en la mercuriale une puissance laxalive très-fidelle , de la phlegme , de 1 humeur séreux et la bile et sans aucune perturbation ; tellement qu'elle est très-utile pour purger aux fièvres continues et ardâmes, et aussi à celles qu'assaillent le malade par inlervaile, que nous appelons intermittentes.
« D'icellese peuvent aussi purger, sans aucun regrettons ceux qui doyvent avoir en tout temps le ventre lasche et libre : elle est convenable aux femmes enceintes et à toutes vieilles ^ens, qui coustumièrement ont le ventre chiche el constipé""; les enfans encore et les plus tendrelets en peuvent
fi) Lami-rouri le vivace ou des montaçtnrs. r.mgce par M. Orfila parmi les poisons narcotico-àcres, croît dans les lieux otiibragés et diffère de la men uriale annuelle par sa lifie toujours smiplo , ses feuilles un peu ruilcs et son odeur désagréable. Sloane {Transact plùl., vol. xvu, p. 875j cite un fait qui prouve son action vénéneuse : une famille ayant mangé de celle plante (rite dans du lard, le père, la mère et trois enfants éprouvèient des vomissements, une diarrhée violente, de la somnolence et d'autres symptômes graves. IJn des enfants mourut. Vicat cite aussi un ca$ d'empoisonnement suivi de mort, par l'ingestion de cett* plante.
recevoir a I inteniion susdite Son jus est très-utile à
recevoir les poudres des médicaments dédiez pour l"^ pilules : ses feuilles pilées et meslées avec le miel ou I ' î^in cuit, pourront eslre réservées eu forme dopiat, laquelle conviendra non seulement à lascher le ventre . r^ais aussi pour deliureret ouurir les obstructions des parties internes • et principalement pour prouoquer les menstrues aux femmes , pour lequel faict aussi . elle peut estre très-utilement supposée en forme de pessaire ,• et pour autant qu'elle olîense quelque peu l'esiomach , celuv-là corrioe.a ei auo-mentera sa puissance purgative qui la meslerà avec l'absymhe. » {Pharm. provençal, liv. 2 , chap. 8 , p. i-jO.)
J ai vu plusieurs fois employer par des commères et j'ai moi-même employé avec succès la mercuriale cuiie sous la cendre et appliquée chaude sur la léie, pour rappeler l. s croules de lait, dont la réirocession donnait lieu à divers accidents, tnire autres cas, je citerai celui d'une petite fille agee de vingt mois, très-lympha(ic|ue, ayant habituellement le raie muqueux qu on observe chez (!iiei([ues enfants et qui necessileni souvent remploi de l'ipécacuaiihacomuievoniilif.
raie, proauii de raiigmenialion de la sécrétion muqueuse, elail considérablement augmenté, aecompaivné d'une o-rande diiïiculte de respirer et faisait craindre un calarrhe^sufTocanl. Apres trois vomissements provoqués par l'administra- II on de trois ceiilig. de tartre stibié mêlés à trois onces d'eau distillée, prises par cuillerées, la mercuriale fut appliquée sur toute l'étendue du cuir chevelu. Dès cette première application l'exsudation séro - purulente reparut, et les symptômes bronchiques s'appjnsèrent notablement. Une seconde application de mercuriale rendit à l'affection cutanée toute son activité , et fit disparaître complètement la maladie produite ou du moins considérablement augmentée par une rétrocession qui, considérée comme cause ou comme effet, détermine souvent les accidents les plus graves.
Les feuilles de mercuriale pilées et appliquées lièdes sont plus actives que ces mêmes feuilles cuites sous la cendre.
Le miel de mercuriale est fréquemment employé dans les lavements comme laxatif. Les pharmaciens, en le préparant, y ajoutent souvent, au rapport de MM. Mérat et Delens, les grabeaux de séné pour en rendre l'effet plus marqué. Je doute que cette addition ait lieu.
Swinger a inventé un sirop de mercuriale composé qui a joui d'une grande vogue sous le nom de sirop de longue vie ou de Calaôre. Ce sirop, tombé dans l'oubli pour avoir été trop vanté, a pour base le suc de mercuriale, la racine d'iris
germanique et celle de gentiane infusées dans le vin blanc. Comme à la fois laxatif et tonique, il convient dans tous les cas où se présente la double indication de fortifier les organes et, en même temps, de lâcher le ventre.
J'ai connu un goutteux qui ne se soulageait que par l'usage de ce sirop : il en augmentait ou il en diminuait la dose suivant l'effet tonique ou laxatif qu'il voulait produire. Les vieillards constipés, cacochymes et asthmatiques s'en trouvent bien.