‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 130 sur 278 · HERBE DE SAINT-JEAN, TRISCALAN PERFORÉ, HERBE A MILLE-PERTUIS · texte numérisé non relu

HERBE DE SAINT-JEAN, TRISCALAN PERFORÉ, HERBE A MILLE-PERTUIS

Ihjpencum vulgare (T.) llijpericum perforatum (L.)

Cette plante est irès-commune aux lieux incultes , dans les bois dans les haies. On emploie ses sommités fleuries.

Préparalion» et doses.

AL'INTÉRIEDR : h^fvsion ihéïforme, 13 à 50 gram. par kilog. d'eau . Suc exprimé ,15 à 50 gram. et plus.

Extrait résineux , 4 à 8 gram.

dS^rStanX et pour composerl'o„guenld.ses« Propriété».

Le mille-pertuis, d'une odeur '-ésineuse quand on le froisse S d^ne S^Si-oT^^iner Xfl'Ln iqSité

Smtie Œtre, est un^imulant balja™^ue que on a, à tort, abandonné. Il peut être mile dans les caiarrlies cnro

lîiniies , certaines pluhisies , quelques cas de leucorrhée et d'aniénorrhce, etc. On conserve encore dans nos pharmacies urbaines Vimilc d'Iiypcncum pour la confcclion de l'onguent diijestif.où elle se trouve étouffée sous la puissance résineuse de" la térébenthine.

J'ai employé avec avantage l'infusion ihéiforme de sommités de mille-perluis dans les affections caiarrhales pulmonaires chroniques, dans certaines leucorrhées sans irritation utérine trop prononcée ; dans l'asthme, dans le catarrhe yésical chronique et même dans la phihisie avec expectoration purulente : je me suis toujours très-bien trouvé de son usage. Son action est due bieii évidemment à un principe amer o-ammo-résineux dont la présence se révèle au goût. Cette înfusion m'a surtout été utile dans les cas de catarrhe vésical où un état d'irritation subsistait encore avec une sécrétion muqueuse plus ou moins abondante. Lorsque l'eau de goudron , la térébenthine, avaient l'inconvénient de causer un surcroît d'irritation , l'infusion de mille-pertuis plus ou moins rapprochée, était supportée facilement et amenait, en peu de jours, une amélioration remarquable.

J'ai souvent mêlé le mille-pertuis à la racine d'année et au lierre terrestre dans les affections chroniques de la poitrine. Je l'ai aussi administré avec le lichen pulmonaire ou le lichen d'Islande. Les cas où ces combinaisons sont indiquées ne peuvent s'apprécier qu'au lit des malades. Les principes généraux s'étalDlissent, en thérapeutique, dans les livres ; l'application de ces principes srbit les modifications suggérées par l'état particulier du sujet , et c'est ce qui constitue la pratique.

[L'analogie qui existe entre l'huile de térébenthine et l'huile volatile de mille-pertuis explique les avantages qu'on dit avoir obtenus de l'administration de cette plante comme vermicide. Il faut reléguer au i-ang des fables tout ce qu'ont rapporté Théophraste, Malthiole,Paracelse, Fallope, Scopoli, Camérarius, Locher, Geoffroy, sur les vertus prétendues vulnéraires et cicatrisantes de \ hyper icwn. On doit aussi réduire à leur juste valeur les assertions d'EtimuîU^r sur les propriétés diurétiques de cette plante, dont, selon lui, la décoction ou l'extrait suffiraient, administrés à l'intérieur, pour guérir radicalement ou pour pi-évenir l'ischurie, l'hématurie, la néphrite calculouse, etc. Il en est de même de sa précieuse faculté de dissoudre le sang épanché et caillé dans l'intérieur des organes, de guérir l'hémoptysie et la phthisie. Le célèbre Baglivi lui-même a cru qu'elle pouvait guérir la pleurésie chronique. L'amélioration qu'elle procure

réellement dans les maladies de poitrine , ainsi que j'ai pu en juger par ma propre expérience, ont pu porter cet auteur à lui accorder une propriété qu'elle partage , au reste , avec toutes les substances résineuses. On s'en est servi avec avantage, dit-on, dans les cas d'inertie de l'utérus, pour ramener l'écoulement des règles, et même pour favoriser l'accouchement , ce qui mérite confirmation. Enfin, loué outre mesure par les anciens et abandonné sans restriction par les modernes, le mille-pertuis ne mérite ni les pompeux éloges des uns ni l'inconcevable indifférence des autres. Entre ces extrêmes , l'observateur impartial lui assigne la place qu'il doit occuper dans la matière médicale indigène.

On peut employer les semences et les feuilles comme les sommités de la plante. La récolte doit en être faite à l'époque de la floraison : séchées à l'éluve et bien préparées, les diverses parties du mille-pertuis conservent leur belle couleur. ]

MORFXLE,

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