‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 135 sur 278 · MOUTARDE BLANCHE · texte numérisé non relu

MOUTARDE BLANCHE

Sinapis apii folio (T.) Sinctpis alba (L.)

Tout ce que nous venons de dire sur la moutarde noire weul se rapporter à la moutarde blanche. Seulement, celle-ci a été particulièrement vantée contre les maladies atoniques de l'estomac. Elle jouit d'une réputation populaire qui en a ftut répandre, je ne dirai pas l'usage, mais l'abus. Administrée sans discernement, elle a donné lieu a des accidents graves, surtout lorsque, prenant une gastrite pour une débiiiié d'estomac ,. on a , malgré ses mauvais effets , persite a la mettre en contact avec une membrane irritée ou phlogosee. Employée à propos, elle peut, comme la moutarde noire, rendre de grands servîtes à la thérapeutique.

[Vers le milieu du siècle dernier on,avait, ditCullen, (Mai. méd., t. ii, p.iSO) , introduit à Edimbourg l'usage de celte semence, prise entière à la dose d'une cuillerée a bouche. Cette substance, dit-il, stimule le canal intestinal et agit ordinairement à la manière des laxatifs, ou tout au moins entretient la régularité des évacuations alvmes, el augmente parfois le cours des urines. « Il est évident, disent MM, Trousseau et Pidoux { Traité de ihérapeut. et de mat. méd., 1. 1 , p. 689 ) , que cette graine purge à la dose de 1 3 a .30 grammes. On la donne non concassée , à jeun ou le soir, au moment où les malades se mettent au lit. On peut encore, sans inconvénient , l'administrer au commencement du repas. La dose, qui varie d'ailleurs suivant chaque individu, doit toujours être telle qu'elle sollicite une ou deux évacualions faciles dans la journée. Cette espèce de purgation , qui ne cause aucune colique, est surtout utile à ceux qui sont habituellement constipés el dont les digestions sont en même temps laborieuses. C'est au médecin qu'il appartient de juger si cette paresse des fonctions digestives ne tient pas à une phlegmasie, auquel cas l'usage de la graine de moutarde blanche ne sei-ait pas indiqué. »

J'ai employé avec succès la moutarde blanche ainsi administrée, contre la constipation qui accompagne la chlorose.

C'est le moyen qui m'a le mieux réussi dans ce cas : il combat en même temps la débilité des voies digestives et les flaluosités qui fatiguent les clilorotiques. Le vin ou la bière de moularde blanche m'a i-éussi dans l'anai saque et l'œdème exempts d'irritation phlegmasique des voies digestives. Je m'en suis bien trouvé aussi dans les cachexies qui suivent les fièvres intermittentes automnales et dans les catarrhes chroniques, surtout dans celui de la vessie , quand il y a engouement dé matières muqueuses s'opposant mécaniquement à l'émission des urines, sans irritation active.

Macarian se servait, ainsi que nous l'avons dit plus haut, de la farine de moutarde blanche en gai-garisme contre les angines tonsillaires. On l'emploie de la manière suivante : farine de moularde blanche et gomme arabique, de chaque Û grammes (i) ; infusion de fleurs de sureau, 280 grammes ; mêlez, pour gargai-isme. Par ce moyen, d abondantes mucosités et des portions membraniformes se détachent, le dégorgement et la résolution s'opèrent. L'expérience a démontré que les gargarismes alkalins ou astringents sont préférables aux émollients et aux mucilagineux , que la médecine expectanle se contente d'employer en pareil cas. On sait combien l'application du caustique même a eu de succès dans les angines. C'est un point de pratique sur lequel il ne reste plus aucun doute. ]

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