MURIER
Morus frurtu nUjro (T.) Monis nigra { L.)
Cet arbre, originaire de la Perse, et, selon quelques auicm-s , primitivement apporté de la Chine, est naturalise dans les proVinces méridionales de l'Europe et cultive en France. II produit ses fruits en septembre.
PrëiinraUons el Hoaem.
A L"i>TjiiuEUK : Suc des (ivits ou sirop, comme celui de eroseille rouge , d epine vinette . etc. ^ narine eu iufusiou ou dérocUon , 4 à 42 pram. pour 500 gr.d'fiau. hacine eu poudre , 2 à 4 gram. dans un liquide ou en clectuaire.
ProprIéICH.
Les mûres ou fruits du mûrier sont rafiaîchissanies , acidulées et Irès-agréables.On en prépare des boissons qui conviennent dans les fièvres inflammatoires, les inflammations internes, etc. Le sirop de mûres est vulgairement employé dans les inflammations de la gorge et de la bouche, en gargarisme.
^ L'écorce de la racine de mûrier, d'une saveur amère 'et acre, a été préconisée comme antlielmintique et purgative des le temps de Dioscoride. On l'a mêmeemplovée contre'îe ver solitaire. Sennert, Mercurialis, Andry {Génér. des vers, page 172), et d'autres auteurs l'ont recommandée contre les lombrics et le ténia. Lieutaud [Mat.méd.) dit que cette dernière vertu n'est pas bien constatée. Cependant un médecin de campagne instruit et habile praticien, feu Dufour, de Bourthes, m'a dit avoir fait rendre, en 1802, un ténia long de douze à quinze mètres chez une femme de quarante-cinq ans, au moyen d'une demi-once (15 grammes) de racine de mûrier bouillie pendant une demi-heure dans huit onces d'eau. La malade prenait cette décoction chaque matin en deux fois, à une demi-heure d'intervalle. Le quatrième jour, elle rendit le ver, après avoir eu trois évacuations précédées de coliques. Comme il n'est pas aussi facile de se procurer la racine de grenadier (à laquelle on substitue frauduleusement d'autres racines) que celle de mûrier, il serait utile de vérifier, par de nouveaux essais, la propriété ténifuge de cette dernière.
On doit récolter l'écorce de la racine de mûrier avant la maturité des mûres.
MYRTE COMMUIV.*
IShjrtus latifolia romana (T.) Mijrtus commuuis (L.)
Le myrte, non moins célèbre que le laurier chez les anciens, servait à couronner les amants heureux. Originaire d'Afrique, il croît en Espagne, dans le midi de la France, et est cultivé comme arbrisseau d'agrément. Les feuilles elles fruits ont été usités.
Toulfs les parties de cette plante sont astringentes et aromatiques. Vanté outre mesure par les anciens et presque entièrement oublié comme plante médicinale par les modernes, cet arbi'isseau ne mérite ni les éloges prodigués par les premiers, ni le dédain des derniers. « L'huile volatile aromatique que fournissent toutes ses parties, le principe astringent que décèle le mélange du sulfate de fer avec son infusion , qu'il noircit, annoncent des propriétés excitantes et astringentes dont on pourrait tirer parti, si tant d'autres moyens ne s'offraient pour remplir les mêmes indications. » (Loiseleur Dpslongchamps , Dkt. des scienc. méd.) — ^Dioscoride et Pline le recommandaient contre la débilité des voies digestives, la diarrhée, les Heurs blanches, les hémorrhagies , etc., on en préparait un vin appelé myrtedanum.
Garidel {Hist. des Plantes de la Provence, 1723) donne la composition d'une liqueur huileuse dont il exagère la vertu : Prenez , baies de myrte bien mûres , un peu desséchées sur l'arbuste , une ou deux poignées ; pilez-les dans un mortier, mettez-les dans un pot de terre neuf avec un peu d'eau-devie. Au bout de sept à huit jours, passez avec expression , vous aurez un suc huileux propre à raffermir certains organes relâchés. Le myrle , consacré à Vénus , n'offre, quoiqu'en dise Garidel , qu'une ressource bien illusoire pour effacer les traces ineffaçables du culte de cette déesse.
MYRTE BATARD ou DE BRABANT/