‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 138 sur 278 · MYRTE DES PAYS FROIDS, PIMENT AQUATIQUE, PIMENT ROYAL · texte numérisé non relu

MYRTE DES PAYS FROIDS, PIMENT AQUATIQUE, PIMENT ROYAL

Mijrtus hrabaniica (T.) — Myriva gale (L.)

Le myrte bâtard croît dans les lieux marécageux et incultes de l'Europe septentrionale. On le trouve dans les marais des planets à St-Léger, aux environs de Versailles, dans les marais du Cériset.'de Montforl, etc., et dans beaucoup d'autres parties de la France.

B*ropric(cs.

Cette plante, d'une odeur forte, aromatique, d'une saveur amère, passe pour tonique , excitante , vermifuge et anlipsorique. Elle paraît contenir beaucoup de camphre ; ses feuilles et ses jeunes pousses sont parsemées de petits points qui, selon Peyrilhe,ont beaucoup d'analogie avec la cire. On prétend que ses fruits fournissent , par là décoction dans

r(;aii , une liuile concrète semblable à la cire qu'on obtient de l'arbi-e à cii'c [mi/rica cerifera L.) Gilibort la recommande aux praticiens. Son odeur forte, dit-il, a autant d'énergie que plusieurs autres plantes tant recommandées. Peyrilhe lui supposait aussi de grandes vertus. Cette plante, dit Bodart , est du nombre de celles qui pourraient être multipliées , en s'appliquant à la propager dans les sites où nous la trouvons spontanée.

NARCISSE DES PllÉS,

NARCISSE SAUVAGK , AÏAUT , AILLAUD , FAUX NARCISSE , PORILLON , FLEUR DE COUCOU.

Narcisms srjlvaiicus (T.) ISaicissus psendo-narcissiis (L.)

On trouve le narcisse sauvage partout , dans les bois , les prés, où il montre de bonne heure ses jolies fleurs. Les feuilles, les fleurs et les racines sont employées.

Prëparatioaiis et doses.

A i;iNTÉi\iEUR : Ufu.tion des jleiirs sèches (1 à 2 gram.pour 425 "•rara. d'eau), par cuillerées dans la coqueluche. Pmuire des fe.uiUes et des lleurs, de I à 2 grammes. Ilacvie en poudre, de 2 à 8 gram , comme purgative et^^mlllve. Sirop ( I de Heurs fraîches sur 2 d'eau et 4 de sucre) , de 5 a oU

rJtmTitde fleurs s-.ir 4 d'eau) , de S cenligram. à un gram. en

oJy.nfiM'nîe aù'liVrée'^ café trois ou quatre fois par jour, comme expectorant , sédatif.

Propriéïé».

La bulbe, les feuilles et les fleurs de narcisse des prés, d'une saveur amère , acre , ont été regardées comme yomilives et antispasmodiques. On les a proposées contre la coqueluche, l'asthme, les fièvres inlermilientes, la toux convulsive, diverses afl-eclions nerveuses , etc., soiiadose altérante ou nauséabonde, soit à dose yomij've;

Loiseleur-Deslongchamps a provoque d/^bon^^^f^^V^ sements avec la bulbe de cette plante recUule poudie et administrée à la dose de 24 à 48 grains (. ^ f '-^ \- c^"^' M 2 o-ram 40 cent.). Les fleurs ont produit le même etlct, iiaif rdose un peu plus élevée -, il a fallu en faire avaler

o M 4 orun en siupensiou dans un véhicule édulcoré (i). ifmé^emèZdn a encore reconnu à celle planle une propritïï" narèoiiquo et anlispasn.odique , et l'a donnée avec succès dans la coqueluche, la dysenlene, etc.

r Les docteurs Armel et Waltccamps, de Valenciennes f 4^ rfc S vol. m , et 328 , reoardenl les neurs érisér de narcisse sauvage connue un bon en|elique a fa"^^ 1 g.an.,50centig. L-loeteur Lej^^^^^

de Verviers iB.Uon.des^S.^.med^^^^^^

A'pcnrce d orancre donne par cunu^icua i.v.».

procki.e le vomissemenl/ D'un autre côté, les docteurs LoTseleur-Deslongchanips et Marquis, ont donne, dans 1 espace de six à huit heures, depuis 2 gram. 50 cent.g. jusqu 8 et même 12 grammes de fleurs de narcisse pulvérisées a irente-un malades, el sept seulemenl ont eu un, deux ou tout au plus trois vomissements; les autres n'ont rien éprouve de semblable. Cette différence dans les résultats parait provenir, suivant les deux auteurs que nous venons de citer, de la manière dont la dessiccation des fleurs est faite. Amsi , lorsque cette dessiccation a lieu rapidement, les fleurs resten d'un beau jaune, et elles ne sont alors que tres-rarement émétiques. Lorsqu'elles <înl été récoltées par uri temps de pluie ou que l'atmosphère, constamment humide pendant quelques jours , n'a pas permis de les dessécher promptement, ou enfin, lorsqu'on y a mis peu de soins, elles passent alors facilement au jaune verdCitre, et, dans ce cas, elles acrissent beaucoup plus souvent comme emeliques. « INous avons encore cru remarquer, disent les mêmes auteurs, que l'eau bouillante développait beaucoup leur propriété emetique, et que, toutes choses égales d'ailleurs, la décoction de vingt ou trente fleurs de narcisse, prise même refroidie, provoquait plus fréquemment le vomissement qu'une quantité pareille de fleurs prises réduites en poudre. La décoction dans l'eau nous a paru tellement développer la propriété émétique des fleurs de narcisse des prés , que celles-ci fournissent à peu près le quart de leur poids d'extrait, trois a

C4) Employc avec priulence , le narcisse des prcs est un médicament ntile : mais , à haute dose, il est un poison irritant. I/extra.t de cette plante, qui est la prc^paration la plus active , peut , suivant M. OrBla , occasionner la mort dans l'espace de quelques heures lorsqu il est donne à la dose de 8 à d2 grammes. Il agit spécialement sur le système nerveux et sur la membrane muqueuse de rcslomi-c , ilont il détermine rinflammalion lors même qu'il a été appliqué sur une plaie ou sur le lissu cellulaire.

qualre grains de ce dernier ont fréquemment excité des vomissements chez plusieurs malades , ei ces trois à quatre grains ne correspondaienl cependant qu'à douze et seize grains de fleurs en nalure , quantité avec laquelle nous n'avons jamais vu vomir un seul malade. » M. Loiseleur- Deslongchamps [op. cit.) a employé les fleurs de narcisse des prés pulvérisées comme fébrifuges sur dix-huit malades atleinls de fièvres intermiitenles diverses, et comme antidysentériques sur treize malades. Dans le premier cas, treize malades ont été guéris radicalement ; dans le second, neuf ont vu leur maladie se dissiper promptement. Ces fleurs pulvérisées étaient administrées à la dose de 4 à 8 grammes délayées avec suflisante quantité d'eau sucrée et aromatisée. Dans les cas de fièvre, cette dose a été donnée en quatre fois, de deux heures en deux heures , avant le paroxysme. Elle a été prise par fractions , en vingt-quatre heures , dans les cas de diarrhée et de dysenterie. C'est à la vertu narcotique du narcisse, connue des anciens , mais oubliée, que paraissent diis les bons effets qu'on en a obtenus dans les fièvres et les dysenteries, où l'opium , comme on le sait, réussit souvent. Cependant on peut admettre, à l'égard de la dysenterie et des catarrhes, une action spéciale de cette plante analogue à celle de l'ipécacuanha sur les membranes muqueuses. }

Dans une thèse soutenue à la Fa«»dlé de médecine de Paris, M. Passaquay a annoncé avoir employé avec beaucoup de succès le narcisse des prés contre plusieurs épidémies de dysenteries qui se manifestèrent à différentes époques dans le département du Jura. Ce médicament était, dès le début, employé à peu près dans tous les cas, sauf ceux où les symptômes inflammatoires trop prononcés forçaient de débuter par l'emploi des émissions sanguines.

Le docteur Dufresnoy, de Valenciennes [des Caract. du traiiem. et de la cure des dartres, des convulsions, etc., Paris, an VII ), a rapporté diverses observations constatant les bons effets de l'infusion ou de l'extrait des fleurs de narcisse des prés dans les maladies convulsives. Il en a retiré de grands avantages dans l'épilepsie, le tétanos, la coqueluche. Dans cette dernière maladie le même médecin employait de préférence le sirop des fleurs de narcisse sauvage. Ce sirop fait vomir les malades sans les fatiguer, et calme les quintes de toux. Le docteur Veillechèze ( Journ. de me'd. chirurg. et pharm., déc. 1808), a confirmé par de nouvelles observations l'eflicacitéde l'extrait des fleurs de narcisse contre la coqueluche ; mais il n'a obtenu, dans divers cas d'épilepsie, qu'une amélioration passagère. Laennee est parvenu avec cet extrait

seul , îrla dose de 2 à 5 cenlig. donnés à deux , quatre ou six heures°d'iniei'valle, à guérir plusieurs fois la coqueluche dans'l'espace de quelques jours.

Frappé des avantages et de l'innocuité de celte plante ( à dose thérapeutique ) , je l'ai adoptée dans ma pratique comme vomitif doux et expectorant analogue à l'ipécacuanha. Je m'en suis très-bien trouvé dans les affections catarrhales pulmonaires, dans l'asthme et dans quelques diarrhées chroniques. Je n'ai pas eu l'occasion de l'employer dans la dysenterie. Ce fut surtout dans une épidémie de coqueluche qui régna dans nos villages en 1840 que j'en retirai de grands avantages. Je l'administrais d'abord à dose vomitive, et lorsque le début, presque toujours inflammatoire, était dissipé pour faire place à cette abondante sécrétion muqueuse et à ces quintes spasmodiques qui caractérisent cette maladie, je fractionnais les doses, comme on le fait avec l'ipécacuanha. Je l'associais souvent à la poudre de racine de belladone, et, lorsqu'il y avait indication , je revenais de temps en temps à la dose vomitive.

J'employais l'infusion, le sirop ou l'extrait des fleurs. Je faisais dissoudre ce dernier dans une potion appropriée à la dose de 5 à 30 centigrammes et plus , suivant l'âge du malade, l intensité des symptômes et les effets produits.

La certitude des bons effets du narcisse des prés est une précieuse acquisition pour la médecine rurale. On devrait adopter cette plante partout dans la pharmacopée des pauvres, et la placer dans les officines à côté de la racine d'asarum, dont elle diffère par une action plus douce et qui permet de l'administrer aux enfants les plus délicats et aux femmes les plus irritables.

[ La propriété émétique existe dans la bulbe de la plupart des narcisses. Pline, Dioscoride et Galien attribuaient cette propriété à celui du narcisse poétique. Ils en faisaient man ger l'oignon cuit ou en faisaient boire la décoction pour provoquer le vomissement [Dioscor., lib. iv, c. 155). Des observations relatives au narcisse odorant , à la jonquille , au pancratium maritimum, au perce-neige, ont attesté dans ces plantes la même propriété émétique à divers degrés. Le narcisse odorant [narcissus odorus L.) est celui qui, comme émétique, a donné les résultats les plus satisfaisants; viennent ensuite les narcisses tazette et sauvage { narcissus tazetta L. — narcissus pseudo-narcissus) . Le principe extractif gommo-résineux, acre et stimulant qu'ils contiennent ne perd point de son énergie par la dessiccation de la plante.

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