‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 156 sur 278 · VAVOT DES JARDINS, PAVOT BLANC, PAVOT SOMNIFÈRK · texte numérisé non relu

VAVOT DES JARDINS, PAVOT BLANC, PAVOT SOMNIFÈRK

Papaver lioilense semiiie albo (T.) Papaver somnifenim (L )

Le pavot blanc, généralement connu, originaire de l'Asie, croît spontanémeni dans rEuropo méridionale, et est cultivé dans nos jardins pour l'usage pharmaceutique. On le cultive en grand dans les champs en Allemagne, en Flandre, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, en Alsace, etc., pour extraire des semences ime huile connue dans le commerce sous le nom d'huile d'œillet ou d'œilletie.

Dans nos départements méridionaux on cultive dans la campagne le pavot blanc à grosse tête oblongue pour l'usage médical. Les capsules, recueillies un peu avant la maturité , séchécs à l'ombre et mises en caisse, se vendent comme têtes de pavot blanc du Levant.

Les fleurs, les capsules ou têtes, et les graines de pavot, sont usitées.

PrèparalioHH et doses.

A L'i.NTÉniFUR : Bôrociio» ou infusion dfs capsules, de 2 à 50 gram. ■ pour 500 grammes d'eau.

Extrait alcoolique ( 1 de capsule sur 4 d'alcool à 22") de ^5 à 20 centigram. (équivalant à celle de 25 miliigram. à 5 cenligram. d'extrait aqneux d'opium.) Sirop { sirop diacode — \ d'extrait sur 8 d'eau et 100 de sirop

bouillant ) , de 15 à 60 grammes. ) Huile des (iroines ( huile d'œillelte ) , de 30 à 400 gram., comme adouciss^ante et laxative.

A L'EXTÉniEUR : DécocHoii, pour lavements, lotions, fomentalions, cataplasmes, etc. , .

Ihiile d'œillelL'.ùe 60 à \00 gram. pour lavemenis, luuments, etc.

Propriëlcs.

La capsule du pavot, contenant en moindre quantité les mêmes principes que l'opium , jouit à un plus faible degré des mêmes propriétés, et est employée dans les mêmes cas que ce dernier. Mais son action est plus incertaine que celle del'opium.etilesldiffîciled'établiraveccertiludedes rapports de thérapeutique entre eux, à cause des variations qui se rencontrent dans la composition des têtes de pavot suivant le climat où la plante est venue (les pavots du Midi contenant

• • .u'ùf< mio ceux dti Nord ), l'époque de leur

Se/r/e,!;^^^^^^^^^^^^

'T;to,rr,tulS~n'd^ S.es de pavo. sèches

OU sucrée est caïmanle, et convient, pn^e pai t^cmi ui^^^^;^,

dans lès alTeclions catarrhales l^V^Use" es 'imi tations inteslinalcs les cl;an-hees a d>^^^^ ,

^(^r l^sr l^u&nSe.- ^ blennorrhagie, le catarrhe

"lï'es't prudent de n'administrer d'abord les préparations de êtes de pavot à l'intérieur qu'à petites doses, que Ion auc^lnte .mduellement. Alorselles provoquent le sommeil caSsènî d^ rêvasseries , de la pesanteur de tête. A dose plus

"elles déterminent de y-^^--^^^^^^^:'^^^'^ nations de l'engorgement au cerveau. Il n est pas laïc cic voi Ses accidents se développer, des syny)tômes de narco^^^ tisme survenir à la suite de l'ingestion du sirop de pavot blanc ou de l'administration d'un lavement faU avec une seu e capsule de cette plante. M. Petit a vu une sorte d cmpofonnement par des Wes de pavot ve.tes adminisU^es de cette manière {Journ. de Chim. med., ^- " ' ^ ViUermav a signalé plusieurs cas semblables a 1 Atadem c de médecine. M. Rouxel, médecin à Boulogne-sur-mer, m a cité un cas de narcotisme suivi de mort chc'^ ""^ dame^^l^^^^^^ l'effet d'un lavement préparé avec une f f;^^ blanc J'ai vu un enfant de deux ans . jouissant de la meilleure* santé, succomber au narcotisme avec congesMon considérable au cerveau , à la suite de 1 administration de 12 à 15 grammes de sirop de pavot blanc, que la veuve d'un pharmacien avait donné au lieu de sirop de coquelicol, pour calmer une toux causée par la dentition. Les nourrices emploient quelquefois la décoction de tête de pavot dans le lait ou dans la bouillie des enfants pour les endormir. A\ end ( Bullet. des Scienc. méd, de Ferussac, 182i, p. 148 et 231) a cité des exemples d'enfants empoisonnées par cette cou^ pable manœuvre. J'en ai observé un cas a Sai nt-Pi erre- les- Calais, en 1818, chez un enfant de cinq mois, auquel on avait donné le soir de la décoction de tête de pavot dans le lait et qui est mort dans la nu t même. J'ai vu des enfanls (lui', ne pouvant plus dormir sans l'emploi journalier et progressivement augmenté de la décoction ou du sirop de pavot, étaient tombés, i)ar l'altéralion des fondions assimilalrices

<il par mie sorte d'iiiloxication leiuc, dans ramaignsscment cl le marasme.

Les innammalions internes, les fièvres conlinues, les accidents de la dentition, conire-indiqiicnt presque toujours l'usage du pavot. Quand on le donne dans ces cas, pour modérer la douleur ou calmer des symptômes nerveux, il faut préalablement employer les émissions sanguines. De même que l'opium , il est nuisible dans les coliques et les aiïections gastro-intestinales résultant d'une indigestion ou de l'accumulation de matières saburrales dans l'estomac ou dans les intestins. On peut établir, comme règle générale, que le pavot et ses préparations sont contre-indiqués chez les sujets disposés aux congestions célébrales, ou d'un tempérament sanguin, dans les réactions fébriles Irès-inlenses, la constipation, les sueurs excessives , et pendant qu'une évacualion critique s'opère.

A l'extérieur, on emploie la décoction de léte de pavot en lavement dans les inflammations abdominales, les coliques nerveuses, pour calmer les douleurs; en fomentation, en bain, en gargarisme, en cataplasme avec la farine de graine de lin ou la racine de guimauve, contre les inflammations externes. Le suc des feuilles de pavot,- appliqué sur la piqûre des guêpes et des abeilles, fait cesser la douleur instantanément.

Huile d'oeillette. La semence de pavot n'est point narcotique : l'huile qu'on en tire peut remplacer l'huile d'olive.^ Dans le commerce du Nord, elle est souvent mêlée en plus ou moins grande quantité à cette dernière. D'une belle couleur blonde et d'une saveur agréable, l'huile de pavot est, après l'huile d'olive fine, celle que l'on doit préférer pour l'usage alimentaire. Elle reste liquide à 10" et même à 15° au-dessous de zéro.

Wauters, dans une dissertation, en langue flamande, sur les huiles indigènes [Bruxelles, 1788,/?. 6), rapporte avoir prescrit plusieurs fois à une femme de la campagne, atteinte de constipation , 4 onces d'huile de semences de pavot faite par expression à froid , et avoir obtenu chaque fois deux ou trois selles. Le ricin, que l'on cultive maintenant en France, nous fournit une huile eiïîcace, tant comme laxative que comme vermifuge ; mais, à défaut de celle-ci . l'huile douce de moutarde , celles d'œilletle , de navette ou de lin , peuvent être employées.

M. le docteur Dubois, de Tournay, a substitué l'huile d'œilletle, dont la saveur est douce et qu'on trouve partout

bon marché à l'huihi de foie de morue, doul le goîn est ; ésaASle Cl le prix très-élevé dans certaines localités. Ce mS^n 1 cuse m la plupart des huiles, so.t annnalcs, so.t v^Sjouissl^nt dds pli)pri6t.is plus ou ^-^^-^^^^ Tce le dé foie de morue. Il ne croit pas que c est a l iode , ^"œt^? dernière contient, que l'on doit ^tnbuç. es pr^^

Te lé i4Eme ^ les scrofules ! Si c'est h l'iode qu on doit ribuor les p?^^^ médicales de l'huilede morue, alors f uorbon i cGoîirir à une substance dégoûtante , trois fois .i rdétestaile h prendre, quand ^ Z simplement une dose infiniment petite d'un med camenl qui ne répùg-ne à personne ? » ( Annal, de la Société de med. de

^ L'iuteur^^apporte vingt-quatre observations détaillées dans lesquelles l'huile de pavot, donnée h la dose d une a deux eu Uerées à café matin et soir, et portée graduellemen t jusqu'à deux onces par jour, a été suivie ^^^'^^^^ Les malades appartenaient tous à la classe indigente ; i s habitaient des réduits obscurs, peu aérés, et "0U~ de mauvais aliments, circonstances qui prouven plus claiiement l'efficacifé de l'huile d'œillelte, et tendent a faire voir que c'est exclusivement à son usage qu'on doit attribuer les succès obtenus.

Opium indigène. « Nous sommes persuadé, dit Bodart (OHU. cite), qu'il est possible d'extraire de 1 opium des têtes de pavot cultivé en France,- et surtout dans nos départements du Midi.... La Calabre, certaines parties de 1 Italie, la 1 oscane, où nous avons vu des champs entiers de pavots portant des têtes extrêmement grosses ; l'Espagne, le Portugal, les départements du Midi , et surtout celui de Vaucliise, de la Drôme , des Bouches-du-Rhône , sont les lieux ou il conviendrait de renouveler les essais avec la précision convenable. . . . Les expériences deFalk. à Stockholm ; d'Alston , a Ldimbourg qui, dans l'espace d'une heure , recueillit un gros d'opium ' de Charas, de Dillen ,.de tlaller, à Gottingue, de Tralles, en Silésie , doivent encourager à tenter de nouveaux essais pour obtenir un véritable opium indigène, soit par le dioix du terrain ou du climat, soit par la n)anièrc de le préparer et de l'administrer. » , - Le docteur Loiselcur-Dcslonchamps a conclu d expe-

rienccs iionibreiises, failes avec auianl de soin qiio d'cxactiiiide, i" que l'opium indigène retiré du suc qui s'écoule des lêles de pavot égalait en vertu l'opium gommeux et pouvait être donné aux mêmes doses ; 2" que l'extrait retiré du suc provenant de la contusion et de l'expression des têtes de pavot vertes et des pédoncules, doit être employé à double dose de l'opium gommeux ; 3» que l'extrait obtenu du suc vert des liges et des feuilles du même pavot doit être employé à dose quadruple dç l'extrait gommeux du commerce ; 4° que l'extrait des têtes de pavot, obtenu par décoction, n'a pas plus de vertu que le précédent et exige une dépense double pour la manipulation ; 5° que l'extrait retiré par la décoction des têtes sèches offre le même inconvénient et est encore plus faible ; il en faut huit grains pour équivaloir à un grain d'extrait gommeux; cependant on peut en préparer pour utiliser les lêles de pavot , qu'on jette après en avoir retiré la graine pour fabriquer 1 huile d'œillet.

« 11 paraît , d'après d assez nombreuses expériences , que l'opium peut-être recueilli non-seulement en Algéi-ie, mais encore en France. Que dans ce dernier pays ii offre toutes les qualités de l'opium qui nous vient de l'Orient, et que même on trouve à l'analyse une plus grande quantité de morphine,ce qui tient sans doute à la falsification que l'opium exotique, comme tant d'autres substances subit avant d'être livré au commerce (i).

Nous avons vu , par une communication faite à l'Académie des Sciences, que M. Aubergier, qui habite l'Auvergne, cultive en grand le pavot et qu'il en retire une notable quanlité d'opium. Pour diminuer les frais de main-d'œuvre, il a imaginé un instrument contenant quatre lames de canif qu\ font saillie d'un à deux millimètres au plus. C'est avec cet instrument qu'on pratique des incisions à la capsule, sans craindre de pénétrer dans son inléi'icur et de nuii-e ainsi au développement de la graine. Celte incision faite, au lieu de laisser le suc se concréter sur la capsule, M. Aubergier le récolte aussi (ôl, et le fait sécher à part, De cette manière , la main-d'œuvre est économisée des deux tiers,, et le rendement est assez considérable. Uopiiim obtenu par M. Aubergier est de bonne qualité, et l'indemnisera probablement des déboursés nécessités par ses expériences. » {Jo'iirn. de med. vl de cliir. praliq. , 1846 , p. 376. ) . , , . ,

« La commission désignée par l'Académie avait désire

(i; ^]. IViil . |)liarmi.cicn à Coi bcil , a obtenu aussi do l'opium indigôi ^(u. pavol d'Orient ( papavcr oriculalc LO ciillivé en i'r.inoo.

dans ^-S^îSùîiieTaeSu^^^ prcsideiils et secrétaires de 1 ^^aatmic Liétésd'agric.dlureeld'horl.cullure^ résultats sont consignés dans un P'^oces-N ^. baj ^ cl o« ^^^^

que deux ouvrières ^^^^f^^^'^'l^^Z^^L^^on ; lc suc laiteux , se réduisant a 30 P- /« P;» bonae produit de la récolle serait de 273 giain d opiuiu consistance par chaque couple d o"vri«^es

ou;»;^n-inr;^^^^

rouVnée s'élèveraient par kilog.^^n.me a 4 L 3 - L -^^^^^e ouvrières pratiquait les incisions , et 1 ^^^"^"T ; laisser qui s'écoulait quelques minutes après , au '^^^^ dessécher dans la capsule même, ^omme le P at.que^^^^^^^^^^ orientaux. Cette expérience a«therilique ne la.s ua auc^^^^ doute sur la réalité des avantages que présente ^^^^^^f "^'^^^^^^^^^ ■o érer Elle a été faite sur des pavois provenant de sen s •a non ne Nous avons applaudi et nous applaudis on oncorTh la noble persévérance de M. Auberg.er C es^ rm Sieur pour nous que de pouvoir annœ.eer a a anc.e qu'elle ne sera plus tributaire des nations ^/''^ "f ' Récoltera sur son propre sol, ou sur le so d^ o A n*^ e un produit important , et que ce produit, de quaMt me lieu . l^oûtera moins que lorsqfl était impor e. >> [Re^ue sucn Ufigue— Extrait par l'Abeille med„ 18+6, /a - J^-i

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