‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 158 sur 278 · PÉCHER · texte numérisé non relu

PÉCHER

Malus persica (T.) — Jwijgdalus perska (L.)

Le pécher, originaire de la Perse, cultivé partout h cause de son excel enl fruit qui fait les délices de nos tables, fournît des iSsources à la médecine dans ses Heurs, ses feuilles et ses semences (amandes).

Préparation» et doses.

A L'iNTÉKiEiin : feuiUes en iufusion, 53 ou 43 gram. pour 1/2 liire

j,^^"dJll^s Sèches, 13 à 50 gram. pour \/2 litre d'eau oc.

^irtV(8 de neurs sur 12 d'eau bouillante et 8 de sucre), 50 ^ram et plus pour les adultes -de 4 à 13 gram pour les enfanls,soit nur soit étendu dans une potion. -, • ,„

Poudra; des jleurs (raremem), de 2 à 4 gram.dans un véhicule annroprié. ... ,

Exiraii aqueux des bourgeons, de 1 à 2 gram. 50 cent. A 1 'i.-\TÉi\iEU!i : feuilles, llenrs et ummides en cataplasme sur Kabdomen comme vermifuge; sur les inllammaiious et les douleurs internes comme calmant.

Propriétés.

Les feuilles, les fleurs et l'amande du pécher ont une saveur amère analogue à celle des feuilles de laurier-cense, et qu'elles doivent 'Cla présence de l'acide prussique. A grande dose elles peuvent, comme ce dernier, produire l'empoisonnement en détruisant l'irritabilité des organes. Bertrand a vu mourir un enfant de dix-huit mois, au milieu de convulsions et de vomissements, pour avoir pris une forte décoction de ces fleurs, que sa mère lui avait donné comme vermifuge. Roques {Phytofj. mécl., t. ii, p. 250), qui a voulu les essayer sur lui-même, en a pris 30 grammes ; a huit

hpiires du soir, il se mil au lil ; à uiiiiiiil, il fut réveillé par *1p5 douleurs de veiiire, et par des éructations et des vents <onlinuejs. Bientôt après, il fut saisi d'une forte diarrhée et d'une sueur froide générale : quelques tasses de llié léger ne lui procurèrent qu'un soidageuieni passager. Cet état persista jusqu'à trois heures après uiinuit; alors il se sentit défaillir. Une potion éihérée, avec addilion de 24 gouttes de laudanum liquide de Sydenham, ayant été prise en deux, fois, dissipa peu à peu ces accidents.

On trouve dans le Journal de la section de Médecine de Nantes (183<î), le fait suivant :

(( Un homme de 30 ans, atteint d'une fièvre intermittente, prit une poignée de feuilles de pêcher en décoction dans une bouteille d'eau réduite en un tiers. Bientôt il se manifesta des accidents; les yeuxétaient injectés, la face rouge et animée, la respiration extrêmement gênée, lepouls dur et petit, l'épigastre douloureux, le ventre contracté, avec coliques et envies de vomir. M. le docteur Loret fit administrer de suite nne infusion de tilleul et de fleurs d'oranger, avec quehfues gouttes de laudanum, et prescrivit plusieurs lavements avec une forte décoction de têtes de pavots et de graines de lin. Des fomentations huileuses et émollientes furentpratiquées pendant toute la nuil, et le malade but plusieurs pintes de lait. Les douleurs se calmèrent peu à peu et tout rentra dans l'ordre.»

Les fleurs elles feuilles de pêcher sont purgatives, anthelminiiques et diurétiques. Le calice est la partie des fleurs du pêcher dans laquelle paraît résider plus particulièrement leur principe actif. Cosle et Wilmel employaient les bourgeons et les jeunes feuilles de cet arbre,récoliés au printemps, infusés pendant la nuit cl ensuite décodés, à la dose de 15 à 45 grammes dans 300 grammes d'eau . avec addition de 30 grammes de sirop de fleurs do pêcher, ou d'une petite quantité de miel ; ils donnaient la veille, selon la force du sujet, 12 à 24 décigrammes d'extrait aqueux de bourgeons, saturé de la poudre des fleurs de pêcher desséchées. Cosle et Wilmel ont vu lendre plus de soixante vers à un jeune homme d'une quinzaine d'années, peu d'heures après le premier bol de cet extrait. Dans l'espace de douze jours, cet onfîml prit 30 grammes d'extrait en 24 doses, et trois po = 4 ions dans lesquelles les feuilles de pêcher étaient entrées jusqu'à 30 grammes. Il élait d'un tempérament assez robuste, ditRcile à évacuer. Il eût quatre à cinq selles chaque fois, el ordinairement quatre ou cinq vers dans les prcunères ; \\ a été parfaitemeni guéri sans autre secours.

Rodari employait les feuilles fraîches de ink-hev comnw .uccéd- ées 'du séné, a la dose de 30 grammes pou,- deuv TvittZ dccoclum, h vase fermé ; les fleurs à la dose de 1^ ™mes II donnait, aux femmes dcl. cales et auxenfai ls, U siroD des fleurs à a dose d'une cuillerée à bouche, loulesv IL deli he^S, jusqu'à ce que le remède commençât a

agir

'/■inf.ision et la décoction des feuilles de pêcher ont été vamé~ ^^P^rUe et pl"-"vmp<i iiHniires Dower, au rapport de Vogel, les legauiaii couTn r r Pécifi^ contre les calculs urinai.js. EttmuUer ^2 corde aussi cette vertu à l'infusion des amandes contenues dans le novau de la pêche. Les Anglais joignent eau d.silléed'amandesamères à l'infusion des teudles dépêcher, etemploientcemélange pour faciliter la sécrétion et l execrélion des urines, appaiser les douleurs néphrétiques et vesicales Ce moyen, quej'aimisen usage plusieursfois, calme nrompiement les souffrances des malades atteints de spasme ou d'irritation à la vessie, favorise l'émission des urines dans le catarrhe vésical chronique et soulage les calculeux.

Comme les amandes amères, les auiandes de pèches peitvent être employées pour les émulsions en les associant en netite quantité aux autres semences émulsives. Seules, et a une certaine dose, il esta présumer qu'elles auraient une action analogue à celle des feuilles, comme purgatives et

anlhelminliques. „ . j , „ ;;

Burtin [Mém. couronné en 1783 par l Acad. de Bruxelles, n 30 et suiv.) prescrivit à un pauvre, atteint de fièvre intermittente, deux poignées de feuilles de pêcher infusées dans deux kilogrammes de bière brune bouillante, à prendre d'ans l'espace de 24 heures dans l'apyrexie. La fièvre disparut après la seconde dose. Encouragé par ce succès, il employa le même moven chez plus de vingt malades atteints de fièvres intermittentes de divers types, et tous furent entièrement o-uéris. Il employait avec le même avantage dans l'apyrexie," la poudre des feuilles, à la dose de 30 grammes divisée en plusieurs prises ; l'écorce est aussi fébrifuge.

Les feuilles de pêcher perdent de leur vertu par la dessiccation ; cependant, les feuilles à peine développées, récoltées au printemps, séchées avec soin et enfermées ensuite dans des boîtes, ainsi que le pratiquaient Coste et Wilmet, ont conservé une énergie constatée par leur efl^et purgatif et vermifuge.

J'ai employé les feuilles de pêcher pileesen cataplasme sur rabdomcn, chez des enfants d'un à deux ans, et j'ai ol^

Kîriii un effci aiilhcliniuiiquc qui, dans quelques cas, ne m'a laissé aucun douie. Ce topique m'a paru aussi calmer les coliques. On applique avec avantage ces mêmes feuilles sur les inflammations externes, les dai'lres enflammées et douloureuses, les ulcères cancéreux, les douleurs locales, etc.

La pèche est, quoiqu'on disent Galien et l'Ecole de Salerne, un fruit très-agréable, nourrissant, rafraîchissant et adoucissant; elle convient parfaitement aux tempéraments sanguins et bileux, soit dans l'état de santé, soit dans les mafadies accompagnées de chaleur et d'irritation. Toutefois, les personnes faibles ou sédentaires peuvent, par l'usage trop abondant ou trop longtemps prolongé des pèches, éprouver de la débilité d'estomac, des flatuosilés et même la diarrhée. On évite ces inconvénients en leur associant du sucre ou du vin généreux.

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