PERCE -NEIGE
ISivalis irifonm minus (T.) — Galunthus nivalis (L.)
La perce-neige se trouve dans les bois, les prairies et les. jardins; sa fleur paraît au milieu des frimats et nous annonce la première le retour du printemps. Ses bulbes et ses fleurs peuvent être utilisées.
Propriété».
Lf',8 bulbes de la perce-neige parlagent la propiiélé émé- >iquo du narcisse des prés. » Une femme de la campagne, dit Loiselier-Deslonchamps [Dict. des Scienc. méd.J. 40, p. 210), étant venue vendre au marché, dans une ville d'Allemagne, des o%nons de perce-neige pour ceux de ciboulette, toules les personnes qui en mangèrent furent prises de vomissements qui, d'ailleurs, se calmèrent facilement et ne furentsuivis d'aucun accident.» On pourraitdonc utiliser cette plante, qu'il est si facile de se procurer, comme le narcisse des prés qui, du reste, est lui-môme très-commun.
Appliqué en cataplasme, le bulbe de perce-neige est résolutif et maturalif.
PERSICAÏUE BRULANTE,
POIVRE d'eau , CURAGE.
Persicaria vreuS seu liijdropiper {T .) rolygoniim hydropiper (L.)
Cette plante, ainsi nommée à cause de la ressemblance de ses feuilles avec celles de pécher, est une des plus communes. On la rencontre dans les lieux humides, les fossés, les marais, les terrains louibeux, etc. L'herbe entière est employée.
Préparallons et flosen.
A l'intérieur : En infusion, de 5 à 15 grammes par kilog. d'eau. Poudre , de i h 4 grain, en bols , pilules, etc. Exirait, de 60 centlg. à 2 gram. dans un véhicule approprié.
Propriétés.
La persicaire est excitante et diurétique. On l'a con.seil- Jée dans les hydropisies, dans les engorgements viscéraux. Appliquée fraîche sur la peau, elle est, dil-on, rubéfiante et vésicatoire. On l'emploie à l'extérieur comme détersive.
[La persicaire exerce surréconomie une action stimulante manifeste. Le sulfate de fer y décèle un pi incipe astringent. Son effet diurétique, tant vanlé jadis. en l'administrant étendu dans une grande quantité d'eau , ne peut avoir lieu qu'autant que les reins sont dans un état d'atonie ; lasin-excitation de ces organes, non-seulement s'opposerait à cet effet, mais encore rendrait très-nuisible l'action de celle plante. La vertu lithontriptique qu'on lui a attribuée est illusniie. Elle
n hé toutefois utile comme diurétique dans la gravelle et le camrhe vé icàl exempts d'irritation ou d innammation, chn ranasa que asthénique et l'œdème sans lésion du centre Scukuo rc ni irritation des voies digestivcs, dans les enaor«^^^ inllammaloiresdufoieetdelarale. Ellmidîer la ï-egarde comme vermifuge, et, d'après Peyrdhe donnée en poudre aux moutons, à la dose d'un gros dans du m.el, elledélruil une espèce de ver auquel ces animaux sont ex-
^'lïi'vantLieutaud,elle est utile dans le traitement de la cachexie, de la jaunisse et de l'hydropisie. administrée en
infusion aciuense. , , , ,
La confiance des jeunes filles atteintes de chlorose ou d'aménorrhée a été quelquefois, suivant Tournefort, jusqu à croire qu'il suffisait de porter celte plante dans leurs chaussures pour guérir. . Ul" Ar.
L'usac^e interne de la persicaire, entièrement oubliée de nos iours. mérite l'attention des thérapeutistes. Des faits soicrneusement abservés mettraient à même d'apprécier les Svanlages que son énergie indique, et lui rendrait le rang nu'elleparaît avoir occupé dans la matière médicale indigène, h une époque où la science n'était pas assez avancée pour préciser lescirconsiances pathologiques qui en reclament
l'application. . -r, , i i„
A l'extérieur, on peut, suivant Boerhaave, employer la persicaire comme rubéfiante, h l'état frais, lorsqu'on manque de moutarde. , , „
Comme elle irrite les tissus dénudes, elle convient comme détersive sur les ulcères atoniques et scrophuleux. Je l'ai employée avec avantage, en pareil cas, en l'associant en décoction aqueuse ou vineuse aux feuilles de noyer. Elle convient, en décoction concentrée, pour favoriser la séparation des escarres dans la gangrène. Sa décoction aqueuse ou vineuse a été, suivant Murray, employée en gargarisme contre l'odontalgie, les aphtes, l'angine, les ulcérations du pharynx et des fosses nasales. On a vanté aussi l'application de ses feuilles cuites dans l'eau sur les engorgements œdémateux et séreux, pour en favoriser la résolution.]
Buchwald [spec. med.) recommande cette plante contre la gale. Linné dit qu'on emploie , en Norwège , ses feuilles cuites dans l'eau et appliquées i\ l'extérieur contre l'odontalgie. BuUiard rapporte que dans les campagnes on se sert de ses graines en guise de poivre-
J'ai souvent mis en usage la persicaire à rexlérieurxomme résolutive et détersive, dans les engorgements glanduleux
ei lymplialiqiies. Jo l'ai applicim'' avec succès sur un ulcèro soi'dide, à bords durs et calleux . situé à la pai'lie inféi-ieurc de la jambe droite, chez un vieillaid de soixanlc-neuf ans. Je couvrais cet ulcère avec les feuilles cuites dans l'eau. L'action en fut prompte et très- satisfaisante ; au bout de huit jours la détersion était complète. Dans un cas d'ulcère scrophuleux dont la surface était recouverte d'une couche nienibraniforme épaisse , fétide, situé à la partie inférieure et interne de la cuisse, chez une jeune fdie de quatorze ans, j'ai Gmployéavecsuccès,pour la détersion decctulcèrc,parties égales de feuilles de noyer et de persicaire. Un cultivateur du village de Doudeauville avait toute l'extrémité supérieure gauche gonflée, indolente et tendue, sans inflammation, h la suite d'un érysipèle dont elle avait été le siège deux mois auparavant. Le volume de cette extrémité, surtout à l'avantbras, était doublé. Je fis appliquer sur toute l'étendue du membre une décoction concentrée de feuilles fraîches de persicaire. L'effet de cette application réussit merveilleusement ; dès le lendemain la résolution commençait à s'opérer, et au bout de huit à dix jours elle était complète.
La persicaire, je le répète, n'est point à négliger. Les vétérinaires de campagne en font un grand usage à l'extérieur pour déterger les ulcères qui surviennent à la couronne du sabot, et dans les gonflements lymphatiques des articulalions , après V application du feu.
[La persicaire acre que l'on doit récolter au mois de juillet, époque de sa floraison, perd, par la dessiccation, une grande partie de l'âcreté et de la saveur brûlante qu'elle a dans l'état frais. Son infusion et sa décoction n'ont pas non plus l'âcreté de la plante verte.
Le suc de celte plante pur, ou plus ou moins étendu dans l'eau ou la décoction de feuilles de noyer, convient mieux, à l'extérieur, lorsqu'il s'agit de combattre la gangrène et de stimuler avec énergie des ulcères sordides, des chairs blafardes et fongueuses.
La Persicaire douce [Polygonum Persicaria L.) est, dit-on, astringente et a été employée autrefois dans leshémorrhagies passives, les diarrhées chroniques, etc. On l'a considérée comme détersive et anti-septique. Raveleî (Thèses de Strasbourg, 1806) rapporte huit observations de gangrène traitée avec succès au moyen de la persicaire douce. ' La persicaire tachée, variété de la persicaire douce, jouit , des mêmes propriétés.
PEUSICAIRE AMPUIBIE/
PERSICAIRE ACIDE.
PotamiHjeton salicis folio (Bauh.) Polujomm amphibium (L.)
Cette plante vivace croît abondamment dans les marais et les lieux couverts d'eau. Lorsque les chaleurs de l'e e dessèchent les étangs, les ruisseaux, etc., et que cette plante est expo ée laiî après avoir Hotté dans l'eau, elle subi des changements physiques qui la rendent meconnaissab e, et hif ont ^t donner, dans ce nouvel état, le non de Persicaire amphibie terrestre. La racine est employée.
Propriétés.
La persicaire amphibie a été l'objet d'une dissertaUon particulière de Jean-Henri Schuize {de perswariâ acida,Iiîxh 1735) Burtin (mem. couro7i. cite) dit que la racine de cette Dlanté est le meilleur succédané de la salsepareille. Coste et Wilmet (op. cit.) l'ont aussi substituée a celte dernière comme celle de houblon; ils en ont préparé un extrait aaueux un extrait résineux, et un extrait gommo resmeux. La persicaire amphibie, comme plus mucilagineuse que le houblon, a fourni un huitième de plus d'extrait gommeux ou aqueux, un sixième de moins d'extrait résineux, etl'autre à proportion. Ces extraits, suivant les auteurs que nous venons de citer, ont eu un succès étonnant contre les écoulements gonorrhoïques, à la dose de 78 centigrammes matm et soir, avalant pardessus une tasse de forte décoction des mêmes racines, édulcorée avec un peu de sucre. II faut continuer ce remède de la sorte pendant quelque temps, suivant les circonstances, le tempérament du malade et l'intensité de la maladie. On administre ces extraits en pilules de la manière suivante : extrait aqueux ou gommo-résineux de persicaire amphibie, 16 grammes ; parties égales de poudre de racine de persicaire et de gomme de gayac, quantité suffisante; divisez en pilules de 23 à 30 centigrammes.
J'ai employé la racine de persicaire amphibie, en décoction concentrée,contrc une largcdartre syphilitique située à la partie supérieure interne des cuisses, chez un ouvrier âgé de 30 ans qui, un an auparavant, avait subi un traitement mercuriel mal dirigé. Cette dartre était survenue trois mois après la lïuérison d'un chancre au prépuce que l'on avait touché fré-
qiioivimfiil avec le nitrate d'arf^c-ni fondu. La décoction de racine de pepsieairc amphibie (i 00 gram, pour 1,500 gram. d'eau réduilsà 1 kilog.), prise à la dose de 4 verres, d'heure en heure chaque malin, et continuée pendant un mois, a suffi pour foire disparaître peu à peu cette dermatose évidemment vénérienne. Depuis dix ans que le malade est guéri, il n'y a eu aucune apparence de récidive.
Ce seul fait ne suffît pas pour constater les propriétés de la racine de persicaire amphibie; mais il est de nature à engager les praticiens à essayer l'emploi de cette racine dans les cas où la salsepareille est indiquée. Cette dernière est trop cher pour la médecine des pauvres.
La racine de persicaire amphibie, qu'on récolte à la fin de Tété ou au commencement de l'automne, doit être préparée comme celle de salsepareille, à laquelle elle ressemble à tel point que, suivant Cosle et Wilmet, elle a été vendue pour celte dernière.