QUEUE DE CHEVAL , QUEUE DE RENARD
Equisetum arveuse (T.) Equisclum arvense (L.)
Ccltc plante est très-commune dans les lieux humides les fossés, le long des haies. La lige ei les feuilles sont employées.
Propriétés»
On a vanté la prêle comme astringente et diurétique. On l'a prescrite dans l'hydropisie , la gravelle, la dysenterie, la diarrhée, l'hémoptysie, l'hématurie et autres hémorrhagies Le professeur Lenhossek , de Vienne ( Journ. de chimie pharm. et loxicoL, 1827), recommande les diverses espèces de prêle , et particulièrement VequiseUm hiemale et l'er/uisetum limosum, comme des diurétiques puissants. Ces plantes n'ont, suivant cet auteur, aucune influence funeste sur les organes digestifs, circulatoires et nerveux. Il vaut mieux les employer sèches. La poudre et la décoction réussissent également bien (8 à 15 gram. par litre); une à deux cuillerées de cette décoction aux enfants, 100 à 200 gram. aux adultes toutes les deux heures.
J'ai vu employer la décoction de prêle avec succès dans l'hématurie des bestiaux , après avoir toutefois , dans la plupart des cas , pratiqué une large saignée. C'est un remède populaire h la campagne.
Cette plante a été considérée comme emménagogue : Schulze accuse les prêles de causer l'avortement des vaches et des brebis, quand elles se trouvent mêlées en trop grande quantité dans leur fourrage. Cependant les Irlandais donnent indifféremment toutes les espèces à manger à leurs bestiaux sans qu'il en résulte aucun accident.
J'ai reconnu à la prêle une action assez prononcée sur les organes urinaires. Elle m'a paru utile dans la néphrite calculeuse avec absence de douleur vive , et dans l'état cach tique et œdémateux qui suit ou accompagne les fièvres intermittentes. J'ai donné avec avantage, dans ces derniers cas , la décoction de parties égales de cette plante et de feuilles de pissenlit. J'ai aussi employé le suc de prêle à la dose de 30 à 100 grammes dans un kilog. de petit lait.
PRiMEVm,
OREILLE d'ours, COUCOU, HERBE DE LA PARALYSIE.
Primula veris odorata foreluteo simplici (T.) Primxda officinalis (L.) Cette plante, très-répandue dans les prairies et le long des haies, montre ses fleurs dès les premiers jours du printemps. L'odeur qu'elles exhalent annonce leur action sur les système nerveux comme calmante et anti-spasmodique. On l'a vantée contre les affections hystériques , les vertiges, les maux de tête nerveux , la gastralgie , etc. L le peut être ran«-ée sur la même ligne que la moscatelline , les fleurs de tilleul , celles de caille-lait jaune. Les feuilles ont ete quelquefois employées avec les fleurs. La plante entière a ete appliquée sur les articulations affectées de la goutte, ce qui l'a fait appeler arthriiica par Gesner. En Suède on prépare, par la fermentation, une boisson agréable avec ses fleurs, le citron et le sucre ou le miel. La racine a une odeur analogue à celle de l'anis, et une saveur astringente. Les gens de la campagne l'emploient en décoction contre la gravelle. On la donne aussi vulgairement , comme vermifuge» en infusion dans le vin ou la bière. On dit avoir guéri des maux de dents en faisant aspirer par le nez du vinaigre dans lequel celte racine avait infusé.
Cette plante n'est pas tout à fait inerte ; mais elle est du nombre de celles dont on peut se passer sans inconvénient, malgré les éloges qui lui ont été prodigués.