‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 178 sur 278 · ENDORMIE · texte numérisé non relu

ENDORMIE

Stramonium fi uctu spinoso, roiundo,

flore albo^ simpUci (T).

DcUura stramonium (L.)

Cette plante, cultivée d'abord dans les jardins de l'Europe, cl que l'on croit originaire de l'Amérique, s'est semée d ellemême, naturalisée et propagée partout ; on la trouve sur les bords des chemins, près des habitations, dans les cham.ps, les lieux sablonneux, etc. On emploie ses feuilles, ses fleurs et ses semences.

Préparations et doses.

X L'iNTiÎRiEUR : infusion, 5 à 20 cent, par ^"20 gram. d'eau. Sirop (l de teinture sur 20 de sirop de sucre), de 40 à 20 gram. eu potion.

Suc e.rprunâ; de 30 cent, à \ gram, eu potion.

Tnuiure [i d'herbe pilce sur 1 d'alcool, ou { de feuilies sèches

sur 8 d'alcool à 21", ou \ de suc filtré sur \ d'alcool à de

\{) cent, à l gram. en potion.

Tciniure éUtèrèe (l de semences sur 4 d'éther sulfurique), de 10

cent, à \ gram.

Vin (le spmences (2 sur 8 de viu de Malaga et \ d'alcool a 35o), de 23 cent, à \ gram.

Extrait alcoolique de sucre sur 4 d'alcool à 55°), de 2 à 00 cent, progressivement.

Poudre, de S cent, à ^ gram. progressivement, en bols, piliiles,etc. A l'extérieur : extrait et poudre, fréijueniiuent employés par la méthode endermique, de 20 cent, à \ gram.

Pommade {\ sur 4 d'axonge), feuilles enfumées, en cigares.

Poudre (2 gram. par SOO gram. d'infusion aromatique) pour friclions, fumigations, injections, etc.

Teiuture éihérée et huile, en frictions.

Suc, quelques gouttes dans les collyres calmants.

Emplâtre (9 parties d'extrait alcoolique, une partie de résine-élemi et une partie de cire blanche.)

Décoction, en lotions, fomentations, bains, cataplasmes.

Propriétés.

D'une odeur vireuse,d'unc saveur lUrc et amère, la pomme épineuse est un poison narcotico- acre , très-énergique. A petite dose, elle est narcotique et anli-spasmodique. Son action est analogue à celle de la belladone.Elle est employée contre l'épilepsie, les névralgies, les convulsions, le rhumatisme, la coqueluche, l'asthme spasmodique, l'hystérie , les hallucinations, la chorée, la manie, etc.

Sous le rapport thérapeutique, le dalura stramonium n'est pas aussi constant dans ses effets que la belladone ; il réclame dans son emploi la plus grande circonspection. On ne doit commencer à l'adminisler qu'à une dose très-minime et n'augmenter que graduellement. Il ne faut jamais perdre de vue l'effet relatif des plantes narcotiques. Chez certains individus, la dose la plus faible peut causer les accidents les plus graves, tandis que chez d'autres celle même dose suffit à peine pour produire une légère somnolence, (i). Les enfants et les vieillards, ainsi que nous l'avons dit en parlant de l'opium, supportent moins facilement ce genre de médication.

Je fus appelé, au mois de mai 1839, pour voir une petite fille, atteinte de la coqueluche, à laquelle un jeune médecin avait fait prendre un sirop contenant de l'extrait de stramonium. Cette enfant, âgée de 20 mois, avait les yeux immobiles et la tôle agitée d'un mouvement latéral vif et continuel; le pouls était petit et concentré, les membres tremblants. Je lui fis prendre assez difficilement de l'eau tiède sucrée etémétise (5 cent.) en assez grande quantité

(d) Chyque narcotique a une action motliScativc qui lui est propre : j'ai vu des ieinmes d'un tempérament éminemment nerveux ne pouvoir pas supporter deux gouttes de laudanum sans éprouver tous les symptômes du narcotisme, se trouver très-bien de l'usage de la jusquiame A dose ordinaire.

pour produire le vomissement. Quelques lavements acidulés avec le vinaigre, le sirop de limon, le suc de citron étendu dans l'eau, pour boisson, complétèrent le traitement. Les principaux accidents se dissipèrent dans la journée ; mais le mouvement latéral de la tôte, qui cependant avait diminué, persista encore pendant près de deux mois. Le petit malade n'avait pris, au rapport du médecin traitant, que trois ou quatre Tîenligrammes d'extrait de stramonium dans les vingt-quatre heures. C'était trop pour un début.

L'usage longtemps continué du stramonium occasionne quelquefois des douleurs dans les membres, du prurit a la peau, le hoquet, la somnolence ou un sommeil très-agile; il rend parfois les malades comme stupides et produit plusieurs anomalies de la vue. , ,

[Sorck est le premier qui, en 1763, employa a l intérieur la stramoine pour combattre l'épilepsie et les convulsions. Ses essais furent - répétés peu de temps après sur quatorze malades par le docteur Odhelins, de Stockholm, et ensuite par Bergius , Greding . Durande , Wedinberg , Maret, etc. Depuis lors , on a employé ce remède contre la chorée, la mélancolie, la manie, les hallucinations, et autres névroses ; les névralgies , le rhumatisme , l'asthme , etc. etc.

Â'dose toxique modérée, la stramoine manifeste ses effets par la sécheresse à la gorge, l'irrégularité du pouls, des sueurs abondantes ou un flux d'urine , la congestion au cerveau , la rougeur de la face, la dilatation des pupilles, la perversion des organes des sens, des aberrations dans la faculté perceptive , des vertiges , un engourdissement des muscles soumis à la volonté , de l'agitation pendant le sommeil, des idées fantastiques, etc. ; à dose plus élevée, elle cause une soif ardente , un sentiment de strangulation , des douleurs cardialgiques , la tuméfaction de l'abdomen , une sorte d'ivresse, un délire quelquefois furieux , des convulsions ou le coma , la paralysie , la perte de la voix , la petitesse et la vitesse du pouls , des sueurs froides et la mort. Cette dernière a lieu ordinairement au bout de dix à quinze heures. On trouve l'estomac enflammé , le cerveau injecté et contenant des grumeaux de sang. Quand le malade a -pu résister à l'action du poison , il reste souvent frappé, pendant des mois ou des années , d'une perte absolue de la mémoire, d'aliénation mentale, de tremblement dans les membres ou d'une grande débilité. ]

On a souvent combattu les aliénations mentales parle dutara stramonium. Sur 55 cas rapportés par Slœrck , Schmalz , Ilagslroem , Reef , Meyer , Odhelins , Durande ,

Marel , Bergius , Grediiig , Schneider , Bernard cl Anieluiig , 21 ont été termines par la guérison ; 24 ont résisté.

Dans les Éiats de l'Union , on traite la manie sans fièvre par le suc de datura , à la dose de 20 à 30 gouttes par jour. (De Candolle , Essai sur les propr. méd. des plantes, p. 226.)

Le docteur Amelung affirme que , dans les vésanics périodiques on parvient, par l'usage prolongé.de la teinture de datura stramonium, à rendre les accès moins violents et les intervalles de plus longue durée. Il reconnaît à ce moyen une action plus spéciale qu'à tous ceux que l'on a vantésjusqu'à ce jour. Je dois dire, dans l'intérêt de la vérité , que dans trois cas de manie aiguë sans apparence de congestion cérébrale , et dans lesquels j'avais d'ailleurs combattu par les antiphlogistique sies symptômes indammaloires ou la pléthore , j'ai obtenu du soulagement, une sorte de rémission par l'efTet du stramonium chez le premier malade; mais point de guérison. La guérison a pu être attribuée à l'effet du médicament dans le second cas , en raison de l'amélioration graduellement obtenue par son administration ; chez le troisième malade le rétablissement eut lieu spontanément longtemps après la cessation de tout traitement.

Greding n'a réussi que dans un seul cas d'épilepsie traitée avec le stramonium. Sur 14 épileptiques traités par Odhelins avec l'extrait de celte plante , 8 ont été guéris , 5 soulagés (1). Les malades éprouvaient, pendant le traitement, une céphalalgie légère, des étourdissements , l'obscurcissement de la vue , etc. ; mais ces accidents se dissipaient peu à peu.

Il résulte des diverses observations rapportées par les auteurs que, dans un certain nombre de cas d'épilepsie où il n'v a pas eu guérison, la maladie a été avantageusement modifiée : les accès étaient remplacés par une espèce de syncope légère et périodique , ou par un sentiment de formication incommode et revenant aussi périodiquement.

MM. Trousseau et Pidoux ont employé le datura avec un succès très-remarquable dans deux cas d'asthme essentiellement nerveux, iniermittenlet d'une extrême intensité. L'un des malades depuis sept mois , l'autre depuis quatre , n'avaient pu se coucher. Nous leur fîmes fumer du datura stramonium , et, à la lettre, disent ces auteurs, la maladie fut guérie à l'instant même , au point que , dès la première

Cd) Greding fait observer de l'Jcad. do Stockholm) que les ma-

lades d'Odelins étant trop pi oinplcmcnt sortis de 1 liôpilal , il était unpossible de rien atlirnier sur la guérison d'une maladie dont les accès laissaient queUiuefois entre eux un grand intervalle.

éprouvent les P-mi^res atu^mtes ei peu ^ pa?lill seul pour les calmer. C est donc 9^"^ ceuu f lière de l'asihmc que le dalura ^euss^^ ^"/^^^ s'en faut qu il guérisse toujours. '^'ôin^^^^^^^ avons souvent" réussi . niajs aussi "«"^^/J^^^^^^^S^"^ cdioué et quelquefois aussi , dans 1 asthme spa^mo"'M"^ non ïntennl^^^ cède en .-"^ral moins b^^^^^^^^^

tnn nous avons vu ce médicament calmer les accicieiub aveVaumt de rapidité que dans l'asthme nocturne. Ce moven it encor^^ employé avec avantage pour calmer la "rx etla dypsiedesphthisiques, des malades atteints de canrrle el de malade de cœur, lorsqu. h éprouvent de SmS en temps de l'oppression, que l'on do t rapporter a unTmodificaUon nerveuse plutôt qu'aux lésions organi-

niiPQ oTives aue l'on a pu constater chez eux ^^^^

SiS^ vapeur d^au chaude eh^i^^ d^;^^u^^tramonium conviennent aussi , mais sont loin d eue aussi ac Tes • elles ne peuvent d'ailleurs être employées quand la uffL^atfon est extrême , car elles augmentent momentanément les accidents dyspnôiques . . . . 0"^"^ "^^^^^^^^ iration interne de ce médicament , dans le cas de d sp"/^^^ nous n'avons jamais eu à nous en louer. » [TiaitedG

'^terbons'êffets du dalura stramonium dans l'asthme ne font plus doute. M. English rapporte [ Edimb. ^^d-J^l surg.joiir. L vir. 1811 ), que. sujet a des accès d asthme extrêmement violents que rien ne soulageait , il tut gueri immédiatement en fumant du datura st'-amonium Rnmer fjourn. compL du clict. desscienc. medic. ^. y. p. 375 ) cite cinq cas d'asthme guéris en fumant de la stramoine. Meyer, IJourn. d'Hufeland, avril 1827) l'a employée avec le même succès. Christie , Reid , Ripton , ont également publié des faits favorables à l'emploi de ce médicament Laenec en faisait usage dans les dyspnées. MM. Martni-Solon, Andral , Cruveilher , se louent aussi des bons effets qu ils en ont obtenu en s'en servant de la môme manière.

M T dit le docteur Lefebvre, f de l'asthme; mem. couronné par la SOc. royale de Méd. de Toulouse,- Pans 1847, ». 108 et 180) qui a expérimenté cette plante sur lui-même , ne saurait lui donner trop d'éloges ; il fume les feuilles de stramonium sous forme de cigarettes, et il dit que c'est au moment où on éprouve une sorte de vertige que le soulagement commence à se manifester ; l'innuence

de CCI agent se borne à modifier l'accès contre lequel on l'emploie, il n'a aucune action sur le paroxisme suivant, qui , dit-il , n'en arrive pas moins avec toute son intensité. Le temps n'a fait que confirmer h mon confrère T. les avantages qu'il lui avait reconnus pour arrêter instantanément le développement des accès d'asthme, seulement il l'emploie pur et sans mélange avec le tabac. — Un autre médecin de mes amis, qui est astlimalique depuis plus de quarante ans , ne s'est décidé à y recourir que dans ces dernières années, et il le vante avec enthousiasme.... La meilleure manière de l'administrer consiste à hacher les feuilles comme on fait du tabac, à en charger des pipes ordinaires, ou mieux encore à en faire des cigarettes en papier , à la manière espagnole. On doit se borner d'abord aune ou deux pipes ou cigarettes, pour augmenter plus ou moins vite, suivant le résultat. Il est rare que le soulegement ne se manifeste pas très-promptement, Quelques asthmatiques se bornent à fumer le stramonium lorsqu'ils ressentent les avant-coureurs d'un accès, qu'ils parviennent ainsi à enrayer. . . . Plusieurs médecins conseillent de ne prescrire ce médicament qu'après s'être assuré qu'il n'existe aucune phlogose pulmonaire. »

Le docteur Meyer recommande de commencer par une demi-pipe, surtout pour les personnes non habituées à la fumée de tabac, les femmes surtout, et de cesser au bout de quinze jours si ce moyen ne soulage pas. On peut augmenter graduellement jusqu'à deux pipes par jour, jusqu'à produire le vertige. Le docteur Krimer n'en préconise l'emploi que dans l'aslhme purement essentiel , et pense que l'on pourrait s'en servir avec avantage dans la période non inflammatoire des coqueluches. Le docteur Ducros jeune, de Marseille, Va employée avec succès dans un cas d'angine de poitrine. [Lancet., iOjanv. 1837.)

Les névralgies ont été efficacement combattues par le stramonium. Vaidy (Journ. compL des scienc. méd., t.\m, p. 18 et t. XI p. 176) a rapporté deux cas de névralgie faciale où il l'a employé avec succès. Dans le premier , il donna 2 centigrammes et demi d'extrait de semences par jour , et quatre prises suffirent pour assurer la guérison^ du malade ; dans le second , il prescrivit 5 centigramnies d'extrait des capsules , et, après en avoir pris 40 cenligram. , le malade fut tellemeut soulagé qu'il ne jugea pas à propos de continuer, cette dernière (c'était une feunne), pendant qu'elle usait de ce remède, était étourdie, éprouvait des vertiges, de la sécheresse au gosier, accidents qui cessèrent en discontinuant l'emploi du médicament. Kirckhoff

(Bull des scienc.méd.,Férussac, t. xi. pAo^) rappor e qi a- ,c cas de névralgies qui avaient leur s.ôgc dans d.lïercn les réo-iSns eldont il obtint la guérison au moyen de fr.ct.ons f'ftes SI r le trajet douloureuxavec la teinture de feuilles de su-amon ïum. Amclung a constaté l'efficacité de l'usage micrne et externe de cette teinture contre les crampes aux mollets qu quelquefois, affectent si douloureusement les femnies enceintes. M. Marcet (Jom-n. umv dessamc^ méd t XVI ». 107) a donné avec un succès complet 1 renti^rLmie et demi^à 2 centigrammes et demi par jour d^l ?àit de semences de cette plante, dans es douleurs nerveuses qui avaient résisté aux autres remèdes. M. Or- ÇA^ iNouv. iour. de méd., décembre 1819) a vu une cephalée se dissiper par l'emploi de 10 centigrammes d extrait de stramonium , qui causa d'abord un narcotisme effrayant. ^ L'on a retiré de grands avantages du stramonium , soit a l'intérieur soit à l'extérieur, contre le rhumatisme chronolique. Le docteur ZoUickoffer [Reme med. , t, xi,p.469) l'a mis en usage de l'une et de l'autre manière dans cette affection. Il se sert, 1° d'une teinture composée de 30 grammes de semences sur 230 grammes d alcool , dont la dose est de 8 à 12 gouttes par jour, en augmentant progressivement jusqu'à ce qu'il survienne du malaise et des étourdissements ; 2" d'une pommade composée de deux parties d'axonge sur une de feuilles de stramonium, qu'on fait cuire à un feu modéré. Lorsque la tête se prend par l'effet de la teinture , on cesse l'usage de cette dernière pour se borner à des frictions sur la partie douloureuse avec cette pommade. L'auteur rapporte un grand nombre de cas de guérison par ce double moyen. Le docteur Van Nuffel [Nouv. hibl. méd. , t. u , p. 451 ) guérit un manouvrier atteint depuis longtemps de douleurs intolérables a l'épaule droite en lui administrant par cuillerées , d'heure en heure, le mélange de 10 centigrammes d'extrait de stramonium dans 250 grammes d'eau distillée; on frictionna en môme temps la partie douloureuse avec un liniment composé de 2 gram. du même extrait et de 125 grammes d'huile d'olive: en moins de huit jours la douîeur avait disparu. Il prit en tout 14 décigrammes d'extrait à l'intérieur et 12 grammes en frictions.

De tous les remèdes que j'ai employés pour combattre cette maladie (rhumatisme chronique), je n'en ai point déplus efficace, dit le docteur Kirckhoff [Journ. compl. des scienc. méd. , t. xxvii, p. 191 ) , que la pomme épineuse, iontjene cesse, depuis nombre d'années, d'obtenir les meilleurs effets. Je l'administre à l'intérieur , sous forme

d'cxlrail préparé avec les feuilles , en commençant par un grain pour vingt-qualre heures, dose que j'augmente journellemenl, cl par gradation, jusqu'à ce qu'il se manifesie de la sécheresse à la gorge , des verliges et la dilataiiun de la pupille. J'emploie également à l'extérieur, sur les parlies douloureuses, de légères frictions avec de la teinture de stramoine, ou bien les feuilles de celte plante en cataplasme et dans les bains chauds.

Nous dirons encore, pour ce qui concerne l'emploi à l'intérieur du stramonium,qu'Odhelins l'a recommandé dans les convulsions hystériques et dans la ehorée , que Begbie l'a employé dans le tétanos , et Marcel dans l'ascite et le cancer.

La stramoine est employée le plus ordinairement en extrait ou en teinture. La préparation de l'extrait exige beaucoup de soin pour conserver le principe actif de la plante ; l'extrait des semences est plus énergique que celui des feuilles. Il peut encore varier suivant le climat ou certaines causes inexplicables, et qu'il faut se contenter d'admettre comme démontrées par l'expérience. Ainsi Greding rapporte que l'extrait de Vienne , que lui avait envoyé Stoerk , exigeait une dose trois fois plus forte que celui de Leipsick pour produire le même effet.

Stoerck administrait 2 centigrammes et demi d'extrait en pilules , malin et soir, et allait jusqu'à 15 centigrammes. Odhelins , Wedenbcrg commençaient par la même dose que ce dernier et montaient jusqu'à 35 ou 40 cenlig. par jour. Greding donnait 10 cenlig. de l'extrait de Vienne et augmentait graduellement jusqu'à 1 gram.et même 1 gram. 20 cenlig par jour. Il donnait, en commençant, 2 à 5 centigrammes de l'extrait de Leipsick et s'élevait à 20 cenlig. sans jamais dépasser celle de 30 cenlig. Marcel commençait par 7 à 8 cenlig. en trois fois, et Begbie par 1 a2 cenlig. et demi toutes les trois ou quatre heures. ]

A l'extérieur , on se sert de la stramoine en décoction , fomentation , bains , etc. , ou en cataplasme sur les ulcères cancéreux , les chancres , les hémorroïdes douloureuses , sur certaines tumeurs inflammatoires irès-douloiireuses , sur les mamelles engorgées pour suspendre la sécrétion laiteuse , sur les brûlures, etc. (i) Le suc entre à la dose de quelques gouttes dans les collyres ; il n'est pas moins efli-

( I ) L'observation suivante prouve tout !c danger de l'application du slramonium sur la peau mise à nu : a Un paysan tomba dans une chaudière d'eau bouillante , et en fut retiré ayant les deux jambes bruldes jusqu'aux genoux. Un nic'dccin applique sur les parties qui avaient elc brûlces des feuilles de datura slramonium , ce qui produisit un Ircs bon

cace nue la belladone pour faire cesser .l^».,P«"irac.f fapupine pour calmer rexcessive sens.b.l.lc elles douleurs de l'œil , pour combattre l'ophtalmie.

POTENTILLE ARGENTINE/

POTKNTILLE ANSÉRINE , ARGENTINE, BEC d'OIE.

PeniaphUhndes aroenieum, cdaium; seupoteutilla (T.) PoteuiUla enserUm (L.)

Cette plante vivace, très-commune , cj^J^ P^r^^^lî^^^^^^Jf terrains humides, au bord des chemins et des luisseaux.

^iq^ni? " e odeur nulle , d^ne odeur ^^ent slvmiaiie noircit la solution de sulfate de fer , et son suc rSïïe papier bleu. Elle a joui longtemps d'une grande épSlition comme astringente contre les hernorrhag.es la dysenterie, la diarrhée, les fleurs blanchÇ^; «'«g^^^^^^^^ e Dodaens la recommandent dans ces '^^^'^^^'^f, ^^^rie [H,st. mcd. de Dysent., p. 148) d.t que dans une àysenlene nui régna en 1736, on employa avec succès a decocl on d'argentine dans du lait. Ce remède est vulgairement employé dans nos campagnes, ^t réussit souvent con t e es diaprées. Les propriétés fébrifuges antiphthisuiues c urelinues, lithontiipliquos, attribuées à cette plan e par W therng , Rosen et Bergius sont lo ut-à-fait illusoires ; elle n a point justifié le titre de potenlille [do potenUa, PU'Ssance vertu, efficacité), bien que l'illustre Boerhaave 1 ait considérée comme l'égale du quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes.

Quancloque bonus dormitat Homenis (Hor.)

d'iivacuer la sérosilc . d'enlever l'^^P'^'crme et de i^r. desalurne- mais le premier médecin qui Un avait donne des soms , ntS voîr'arracUc rJpiderme , recouvrit do nouveau les plaies du da- ?îi-a slramonium . cl bientôt le mala.'c éprouva les ^,lus graves accidents. La bouche devint sèche, les yeux étaient fixes et éteints, les sens exirêmenicnt émoussés , le pouls inlermitient et presque insensible. JVl. ES éNant arrivé , enleva avec soin les Uues qui recouvraient les plaies lava les parties brûlées et les recouvrit avec du céral de saturc. Bientôt les symntùmes de l'empoisonnement disparurent ; U ne resta (nruuc faiblesse extrême et des étourdissemcnts semblables a ceux cVun homme qui revient d'un état profond d'ivresse. . (Journ. do med. et dû chir. pra . , f . II , /J. 63. )

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