‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 183 sur 278 · PULMONAIRE DE CHÊNE · texte numérisé non relu

PULMONAIRE DE CHÊNE

JIOUSSE PULMONAIRE, LICHEN d'aRBRE, PULMONAIRE d'arbre, lichen PULMONAIRE.

Lichen arhnreus sive puhnonaria aiboreu (T.) Lichen imlmonâria (L.)

Cette plante vient sur les troncs des vieux chênes, des hêtres, des sapins et d'autres arbres sauvages. On recueille ordinairement celle qui se trouve sur les chênes.

Propriétéiit.

Tonique et mucilagineux, le lichen pulmonaire est employé depuis longtemps dans les affections de poitrine, Tasthme, les diarrhées chroniques, etc. Cramer, d'après sa propre expérience, a proposé, dans une disserlatien publiée en 1780, de substituer ce lichen à celui d'Islande. Willemet l'a employé en poudi'c, à la dose d'un gros (4 gram.) délayé

dans une forie décoclion de la même plante, édulcorée avec le sucre candi, à prendre matin et soir, contre les toux invéiérées. Scopoli,au rapport d'Hoffmann,a guéri des hémoplysies avec toux au moyen delapoudre de lichen pulmonaire, à la dose de quatre gram., quatre fois par jour; mais il avait soin auparavant de combatlre l'état inllammatoire et la pléthore par les antiphlogisliques. Pour moi, je relire du lichen pulmonaire le même avantage que de celui d'Islande ; il m'est d'une grande ressource pour mes pauvres. Je le fais prendre en décoclion avec du miel dans les catarrhes pulmonaires chroniques et dans la phthisie ; je l'emploie dans tous les cas où l'on use habituellement, et d'une manière si générale, du lichen d'Islande. Selon les circonstances, je joins à la décoclion de pulmonaire de chêne, les fleurs de tussilage, de mauve, le mucilage de graine de lin, les bourgeons de peuplier baumier, de sapin, etc.

P[ILSATILLE COMMUNE/

ANÉMONE PULSATILLE, COQUELOURDE , FLEUR DE VENT, HERBE AU VENT, FLEUR DE PAQUES, PASSE-FLEUR, TEIGNE-ŒUF.

PulsatiUa iolio crassiore et majore, [lore (T;) Anémone imlcaiilUi {L.)

La coquelourde se trouve dans les terrains secs et montagneux de la France. Elle se rapproche beaucoup de 1 anémone des prés [pulsalilla nigricans L.) par ses caractères botaniques comme par ses propriétés ; elle semble même ne s'en distinguer que par la plus grande élévation de sa tige et la rectitude de ses pétales. On emi^loie toute la plante.

Propriété*'».

La pulsaiille commune , presque inodeje, esi acre et vésicante. Cette âcreté est plus prononcée dans les feuilles que

dins les ricines 'Storclî \ de imi pulsatilla nigricant medic, Yindebon , 1771) a mis en vogue la pulsaiille des près, espèce trèsvoisine , ainsi que'nous venons de le faire remarquer de notre pulsaiille commune. Ces deux plantes, données a 1 intérieur à haute dose, enflamment l eslomac et frappent de suipeur le système nerveux. Elles sont rangées parmi les

^'ivTse aiXapeulique,la pulsaiille a été vantée par Slorpk et d'autres auteurs, comme propre à combailre cflicacement

i'aiiiaurose. la pimUysie. la syph.lis coiisccuUvc, la calarac t, t^taies dé la cornée, les ulcères opin.alres, les dartres. C'est surtout dans le traitement de ces dernières que le célèbre médecin de Vienne dit avoir obtenu les résultats les plus avantageux de cette plante. Il employait ordinairement ['extrait, en commençant par une petite dose, qu .1 augmen-

"^IfS^::^, Smucker , Richter et Bergius, dont le témoignage est également irrécusable, ont répète sans succès lel expériences de Storck. Entre ces résultats contradictoires, l'observateur, en se livrant à de nouvelles études sur cette plante, doit se placer de manière à voir sans prévention jusqu'à quel point l'exagération est chez les uns et le scepticisme chez les autres. . - / ^ kq Bonnel de laBrageresse {ancien journal de med., t. 58, V 476] regardait l'extrait de pulsatille comme le remède le plus efficace contre le vice dartreux. Il l'administrait a la dose de 8 cenligram. deux fois par jour, et faisait en même temps lotionner les parties affectées avec la décoction de jusquiame et de cigûe. ,

Le docteur Deramm [Bibl.méd. nat et elrang.J. 4, p. 521) a obtenu des résultats avantageux de l'extrait de pulsatille dans la coqueluche. Il prétend avoir employé ce remède pendant dix ans chez un grand nombre de malades , et ne l'avoir vu échouer qu'une seule fois. Il donnait l'extrait à la dose d'un quart de grain à un grain et demi , suivant l'âge , quatre fois par jour. Il le prescrivait aussi aux adultes atteints de toux sèches et spasmodiques, à la dose de 2 ou 3 grains répétée trois fois dans la journée.

Quelques médecins ont employé , dit-on , avec avantage l'infusion des feuilles de pulsatille commune dans les engorgements des viscères abdominaux et dans l'hydropisie. On ne doit pas dépasser, dans celte infusion, la dose de 2 gram. chaque fois. Sous quelque forme qu'on administre la pulsatille il ne faut commencer que par de petites doses , en augmentant progressivement et avec circonspection.

La coquelourde ne se rencontre que rarement dans le pays que j'habite -, je ne l'ai jamais employée. Les vétérinaires appliquent les feuilles de coquelourde sur les vieux ulcères des chevaux pour les déterger. Les paysans entourent le poignet de ces mêmes feuilles pilées pour se guérir de la fièvre intermittente. BuUiard [ouv. cil,, p. 178) signale le danger de cette application trop longtemps prolongée, et rapporte le fait d'un vieillard chez lequel cette plante , laissée pendant douze heures sur le mol'et dans l'intention de guérir un rhumatisme très-douloureux , produisit la gangrèHe^

cVunc grande partie du membre. Le mal céda aux scarifications et aux fomentations d'eau-de-vie camphrée. Cet homme fut en même temps complètement débarrassé de son rhumatisme.

On peut néanmoins , en agissant avec prudence , mettre à profit la propriété rubéfiante et vésicante de la coquelourde quand , dans un cas pressant , on est privé de sinapismes et de vésicatoires.

L'anémone pulsalille perd presque toute son âcreté par la dessiccation ; sèche , les bestiaux la mangent sans danger ; mais verte ils n'y touchent pas, à moins qu'ils n'aient rien autre chose , et alors il est rare qu'ils n'en meurent pas.

On emploie les fleurs de cette plante cuites dans l'eau pour teindre les œufs ; de là le nom de teigne-œuf qu'elle porte dans quelques contrées.

PUTIET,

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