‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 195 sur 278 · ROSIER · texte numérisé non relu

ROSIER

1" Rose de Provins, Rose rouge, Rosnsu de France. {Rosa rubra multiplex [T].— Rosa gallica (L.) Cet arbrisseau, cultivé dans les jardins, croît naturellement dans les montagnes de l'Orléanais, de la Touraine, de l'Auvergne. Les pétales sont usitéés.

Préparations et dosem*

A l'intérieur : i»fusiim , de 8 à 15 gram. par kil. d'eau. Poudre, de 2 à 8 grammes duos un véhicule approprie.

Conserve, de CO à 120 gram.

Sirop, de 30 à 00 gram.

Miel rosat, de 50 à 100 gram.

A L'EXTÉuiEUu: iufusiou, dc 15 à GO gram. par Kil. d eau, en lo.

FflîTl'siir'jcde^Nin rouge), en in.jeclion, lotions, etc. Miel rosat, en gargarisme, collutoire, etc. p'iuaigre rosat.

Propriétés.

La rose ronge est astringente, amère tonique; elle convient dans les écoulements muqueiix chroniques, les cardes diarrhées chroniques, les leucorrhées les hén o'rhagies passives, etc. Beaucoup d'auteurs onialinbue à la conseîve de rose une grande effîcaci té contre la phth.s.e nulmonaire. S'il faut en croire Avicenne.Valenola, torestus. Rivière, Murray, Buchan, on serait parvenu au moyen de son usage longtemps continué, à suspendre la marche de celle maladie et môme à la guérir. Ces auteurs administraient ce médicament en grande quantité;, ils citent des malades qui en avaient pris jusqu'à vingt et trente livres dans le cours de leur traitement.

Cette conserve m'a été utile dans les sueurs et les diarrhées

des phthisiques. , . , . , • „-„.,n.

L'infusion et le vin de roses rouges, le miel et le vmaigi e rosats s'emploient en lotions, injections, gargarismes, collyres, comme astringents, toniques, résolutifs. Un met fréquemment en usage, contre les ulcères aïoniques, blalards, les roses infusées pendant une demi-heure dans du vm rouge bouillant (l partie sur 16 devin). On applique des fomenlalions, des calaplasmes et des sachets de roses sur les tumeurs froides et indolentes, sur les engorgements atoniques, œdémateux.

Les pétales de roses doivent être recollées avant leur epanouissemenl; el es perdent de leurs qualités en sedéveloppant; leur aslringence est beaucoup plus développée lorsque leur dessiccation a étéopéréerapidemenl,à l'éluve,que lorsqu elles sont desséchées lentement. On doit les conserver a l abri du conlact de l'air, dans un lieu sec.

2° Rosier musqué, Rose musquée ou de damas, Rose MuscATE ou muscade. ( Rosci moscliatci (L.) — Rosa damascena.)

Ce rosier, originaire de l'Orient, est naturalisé en France. ) La plupart des auteurs de matière médicale regardent plusieurs espèces de roses, et surtout la rose musquée, comme purgatives. Les Allemands se purgent avec la seule

infusion des pétales de celte rose dans du petit lait. Vend dit avoir puri>é une femme avec quinze pétales de rose musquée en infusion, et que quatre fois ce purgatif lui a réussi Amatus Lusitanus regarde cette rose comme un pur'^atif violent. Dans le Languedoc et la Provence, les pétales de trois ou quatre roses musquées sullisenl, suivant Lémery pour purger. Ce purgatif est en effet plus actif dans les pays chauds que dans le Nord.

L'eau distillée de rose musquée est également purgative à la dose de 500 grammes. Loiseleur-Deslonchamps {man. des pL^ us. ind. p. 204) s'étonne qu'un médicament aussi agréable soit tombé dans l'oubli, tandis que tous les jours les médecins prescrivent, pour purger, des préparations dégoûtantes par leur couleur, leur odeur et leur saveur.

Le rosier à fleurs blanches [Rosa alba L.), et le rosier à fleurs pâles (iîosa paltida L.), jouissent des mômes propriétés.

3° Rosier de chien (i), Rosier sauvage, Cynorrhodon (voyez Eglantier). Loiselier-Deslonchamps a obtenu plusieurs évacuations alvines au moyen des pétales de cette

^ rose pulvérisées et données à la dose de 1 à 2 grammes 50 centigrammes. — J'ai administré celte poudre à la dose de quatre grammes; elle a provoqué cinq selles, précédées de légères, coliques.

Le duvel qui entoure Tes semences du cynorrhodon, appliqué sur la peau, y cause une démangeaison insupportable suivie de douleur, d'un léger gonflementel de points rouges qui se dissipent spontanément dans l'espace d'une heure. Ce duvet peut être employé à l'intérieur comme vermifuge; il agit immédiatement et mécaniquement sur les vers, en les piquant à la manière du pois à gratter [Doliclios pruriens L.) que Chamberleyne (a practical treatisc on the ejjicacy of stilozobium or coiolage, etc. Lond. 1784) a vanlé comme anihelmintique. J'ai plusieurs fois employé les poils de l'églantier, à la dose de 15 à 30 centigrammes, mêlés dans du miel. Ce vermifuge,, que les enfants prennent avec facilité, tue les vers lombrics, et n'a aucun inconvénient. Ni les poils du dolichos, ni ceux de l'églantier, ne produisent sur la muqueuse des voies digeslives l'irritation qu'ils déterminent à la peau ; ils agissent exclusivement sur les vers.

CO Ce nom vient de ce que les anciens supposaient à la racine de cet arbrisseau la propri( té de guérir la rage. Les dieux m(înic, suivant Plino (vm. 41 ), avaient rtîvcld en songe ceUe merveilleuse propricle à une mère dont le Gis avait été mordu par un chien atlciut de cette terrible maladie.

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