‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 208 sur 278 · SAUX BLANC, OSIER BLANC · texte numérisé non relu

SAUX BLANC, OSIER BLANC

Salix vulgnris (L.) Salix alla (T.)

Le saule blanc est un arbre très-commun le long des roules, près des villages, au bord des ruisseaux, des rivières, dans les terrains humides. Son écorce est usitée.

Préparations et domcs.

A l'intérieur: (Ucociioii, de 50 à CO gram. par kil. d'eau.

Poudre^ de 8 à 50 gram. en pilules, élecluaires ou dans du \in,

delà bière, etc.

Teinlure (1 sur 4 d'alcool), de iO à 50 gram. en potion,

- par dLdiO.l (1 sur 8 d'eau a 2grara en pilules,

- yl/cooHf/.(c,(1 sur 5 d'alcool), ) bols.oudansdu v.n.etc.

A EXT ÉMEVw. décoction, pour lolious, fomentations, injections, gargarisme, cataplasme, etc.

Propviéiéfi.

L'écorce de cet arbre est un tonique énergique et un peu astringent, propose comme un bon succédané du quinquina; on l'emploie contre les fièvres intermittentes avec succès. Comme tonique, elle est très-utile dans l'atonie du tube digestif, les névroses, les hémorrhagies passives, les (lux muqueux aloniques et surtout la leucorrhée; on la donne aussi comme vermifuge. On en fait des bains toniques contre la faiblesse des enfants, etc.

L'écorce de saule blanc doit être considérée comme l'un des ioniques indigènes les plus énergiques. Un grand nombre d'expériences ne permettent plus de douter de sa vertu fébrifuge; à cet égard, elle est, de toutes les écorces des arbres d'Europe, celle qui se rapproche le plus du quinquina.

Longtemps avant que les médecins eussent lait mention de l'écorce de saule comme fébrifuge, nos paysans l'employaient en décoction aqueuse ou vineuse. Elle est, dans quelques villages de ma circonscription pratique, d'un usage populaire et traditionnel. On la prend, en forte décoction, en infusion dans le vin, dans la bière ou dans le cidre, suivant les ressources locales ou individuelles.

• Tous les médecins savent que Slone, Gunz, Gerhard, Mayer, Harthmann, Gilibert, Wilkinson, Coste et Wilmet, ont combattu avec succès des fièvres intermittentes de tous les types avec l'écorce du saule blanc et de quelques autres espèces du même genre. Koning, {de cort. salicis M.) rapporte beaucoup de faits en faveur de l'efficacité de cette écorce employée comme fébrifuge. Burlin {Mémoire couron. par l'AcacL des Scienc. de Bruxelles), qui en a obtenu aussi beaucoup de succès, affirme qu'il l'a vu quelquefois réussir dans des cas où le quinquina avait échoué. Wautcrs {répert. cit.) a administré l'écorce de saule à quarante-neuf malades atteints de fièvres intermittentes de divers types; sur ce nombre, trente-deux guérirent parfaitement, onze furent soulagés, les six autres n'en éprouvèrent aucun effet. Closslcus a retiré les mêmes avantages de cette écorce, nonseulement dans les fièvres intermittentes, mais encore dans d'autres maladies périodiques. Il arrêta un vomissement pituiteux périodique, en administrant celte substance, Imcinent pulvérisée, à la dose de 24 gram. dans l'interraission.

M Barbier. d'Amiens {om. cii.),c\\i que de nombreuses observai 01 s juslifienl les éloges qu'on accorde a 1 ecorce de ^aul'cLns le\railement des alïections P^-d-ques. P^^^^^^^^ {Bullet. de Phann., 1. 1) , assure que n a^anl p^^ i eut e mraîtrc une lièvre tierce au moyen du quinquina , il em le ?îà-"ir de la voir céder à 60 gram. d eco..e de sau^^^^^^^^^^^^ éviler une rechute, une égale quantité f"^/^?'^^^"^^^^^^^ niiatre iours. Depuis plus de vingt ans que j emploie cette écorce, il m'arrive rarement d'avoir recours au qu.nquma. Cependant , j'avouerai que , malgré l'observat.on rapportée par mS-, médecin à Apt, consfaiant la guer.son par ce moyen, d'une fièvre intermittenle pern.c.euse cholérique, Tn'a" pu encore me décider à m'en tenir a l'emploi de l'écorce de .saule dans les fièvres pernicieuses. Le danoe.r imminent que présentent ces fièvres commande au praticien consciencieux de ne substituer au^ quinquina aucun autre médicament, quelque vanlé qu'il ait ete. il ne pourrait être autorisé à une telle substitution qu autant que l'écorce du Pérou lui manquerait ; celle de saule serait alors le seul succédané qu'il put choisir. Il faut, contre line fièvre pernicieuse , une action prompte et sure , telle que celledu sulfate de quinine. Si, dans une fièvre intermittente ordinaire , l'accès ne disparaît pas après 1 administration des premières doses d ecorce de saule , ce qui arrive souvent , on peut, sans danger, attendre un résultat favorable de la continuation de l'emploi de cette écorce. Il n en est pas de même de la fièvre intermittente ou rémittente ataxique, qui, abandonnée à elle-même ou mollement combattue, peut emporter le malade au deuxième ou au troisième accès.

Je ne rapporterai point les cas nombreux de guérison de fièvres intermittentes que j'ai été à même de constater ; ce serait grossir inutilement le répertoire de tous ceux que les auteurs citent et que les praticiens connaissent. Je dirai seulement que de tous les faits que j'ai observés j'ai pu conclure que l'écorce de saule, administrée à grande dose (double ou triple de celle de l'écorce du Pérou) , compte autant de succès que le quinquina dans les fièvres intermittentes ordinaires ; que, néanmoins, le type tierce cède plus facilement que le type quotidien et quarte, par la raison que les fièvres printannières guérissent plus tôt que les fièvres automnales. Dans les premières, il me suffit souvent de donner 8 gram. de poudre d'écorce de saule dans chaque intermission pour obtenir la guérison au bout de trois ou quatre jours, avec la précaution, comme pour l'emploi du quinquina , d'en continuer l'usage pendant huit h quinze jours , afin d'empêcher la récidive. Dans les quotidiennes el

qiiaries aulonanales, je porte la dose à 30 , 60 cl inéfrie 80 grain. , divisés en quatre, cinq ou six prises pour chaque intervalle d'accès. C'est à l'élévation des doses , selon les cas, que je dois les succès constants que j'obtiens. La décoction et le vin que je fais préparer sont toujours irèsconcentrés. Ainsi que le pratiquait Sydenhani pour l'administration du quinquina, je fais reprendre l'usage de l'écorce de saule le huitième jour depuis la dernière dose , et je reviens jusqu'à trois ou quatre fois à cet usage, en laissant toujours huit à quinze jours d'intervalle ; quelquefois je donne alors le fébrifuge pendant trois ou quatre jours.

Dans les fièvres automnales rebelles, avec bouffissure, engorgement spléniqne, je me suis bien trouvé de l'addition de sel commun à l'écorce de saule, dans la proportion de 1 gram. pour 5 ou 6 gram. de poudre de cette écorce. Je mêle ce sel au vin de saule dans les mêmes proportions pour chaque dose de vin , au moment de son administration. J'emploie aussi, dans ces cas, le vin concentré de saule et d'absyntlie , avec addition de cendre de genél ou de genévrier. La teinture d'écorce de saule, celle d'absynthe et de semences d'anpélique me servent, mêlées, à composer un vin fébrifuge extemporané.

Dans les cas d'hvdropisie accompagnant les fièvres intermittentes , j'ai associé avec avantage h l'écorce de saule la racine de raifort sauvage ou de celle deBryoneà dose diurétique et légèrement laxalive, les baies de genièvre concassées et la semence de moutarde blanche, infusées dans le vin blanc , la bière ou le bon cidre.

[ J'ai employé l'écorce de saule avec un succès incontestable, comme moyen de préserver des fièvres intermittentes les habitants qui, constamment soumis aux influences marécageuses, en étaient atteints chaque année. Je ponrrais citer vingt familles indigentes qui , par l'usage habituel, au printemps et en automne, de la décoction ou de la simple infusion à froid d'écorce fraîche de saule, se sont délivrés de ce fléau périodique et de la misère qui en était la consénuence. Je citerai , comme le plus remarquable , le fait suivant • La famille Pinchedé, composée du père , de la mere, cl de huit enfants , habitant la vallée humide de la Liane, ( où les fièvres intermittentes sont devenues endémiques demiis l'établissement de fossés qui longent le chemin de fer ) et soumise, en outre, aux effets débilitants d une position voisine de l'indigence, était atteinte chaque année, depuis cinq ans, de fièvres intermittentes de divers types. Cette famille était littéralement ruinée par l'emploi reilere du sulfate de quinine. Il m'a suffi, durant le printemps de

De lels lésullais, qu .1 e t f ^f"^^ P ^^.^ où sévissent

le saule croît en abondance dans les ne généralement les fièvres .niermiltenieb , soni fixer l'attention des Pl^>'^"l^"'^P^/,: .-ée comme tonique

L'écorce de saule peut être ^^J^^ '''^^^^^ J'ai dans tous les cas où l'emploi du ^"f Xgies pas-

fait cesser des din-hées chron.qu^^^^^^^ ^^^^^P sives , des leucorrhées des gasliaU,ies^^ ,^ ^^^^^

décoction aqueuse, du vm de 1^ V^'^^";^;^^,,,.!^ ^l,,oni-

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semaines, deux ulcères ''l^^-^^^'^^^^^i "'a^m^^^^^ l'autre au re.n „^ 1^"^^

^^StS'ef L;;r:^ô.^^iécon.é l'écorce de s^ commTun anihelminlique puissant. Ils en ont surtout ei - Xé la décoction en lavement conlre les ascarides verm cùhires Je rai aussi administrée avec succès comme ve - S'e mai on retire de bien plus grands avantages o s r.nnôrl de l'écorce de saule à feuilles de laurier, vantée Sr ÏMn?Harthman ) Dissert, de virlut. sdms JoUo iofurm "^^tMm^: FrU 1781) , oubliée de -s 30urs emnloYée comme anlhelminiique avec beaucoup tle succès dSpull^^plus de vingt ans. On pourrait aussi l'employer com-

"'ll'exféfeur , l'écorce de saule blanc est employée soit en décocUon, s >it en poudre contre les ulcères aton.ques ou Jonou^x , contre la gangrène et la pourriture d hôpital Toît éUrd encore, elfe se rapproche du quinquina et agit de Ta même manière. J'ai fréquemment mis en "sage cet e érorce en décoction comme antiseptique ; i ai pu anclei romntement la gangrène dans un cas d'érys.pele ph legmone^ix occupant toute la jambe gauche chez un vieillard cacochvme , âgé de soixante-neuf ans , cultivateur au village de Besinoiien , par cette seule décoction très-concenlree, emplovéo^M^ fomentation sur toute l'étendue du membre, et en

iiijecliou dans les siimusités causées piw la fonte suppuraloirc du lissii ceUiilaire et le déoolleinenl de la peau, nui oui toujours lieu dans cene adeclion. Je me suis trouvé très- Lien de celle même décoction pour baigner les cnfanls scropliuleux ou ceux qui sont aiLcints de débilité des e>:Uémilés inférieures. Après chaque bain , je fais pratiquer des fi-iclions sur le racliis avec la leinlure d'écorce de saule et de sommités de romarin ou de sauge. Je crois que ces bains peuvent suffire chez les enfants pour guérir les fièvres imermiltenlcs, quand l'étal du tube digestif ou la répugnance du malade ne permet pas l'administration de l'écorce de saule à l'intérieur.

Les chatons de saule en fleurs exhalent une odeur agréable ; suivant Gunz, ils sont calmants et hypnotiques , et l'on peut en préparer une eau distillée assez analogue à celle des fleurs de tilleul.

Dioscorlde dit que l'usage habituel des feuilles de saule en décoction suffit pour rendre les femmes stériles. C'est sans doute d'après cette assertion que Etimuller el autres conseillent le suc de ces feuilles aux femmes trop ardentes ou atteintes de nymphomanie : Commendantur contrà libidinem imprimis mnliebrem arcendam , ad quam decoctum horum cum vino egregiè valet. Imo, ut Ettmuller dicit, per salicem non solum appetitus muUercularum minuitur, sed se possiint illa redderc omnino stériles, jejuno vmtriculo aliguoties si adhibentur: sic contra furcrem uterinum, item contra nimiam salacitatem mulierum prodcst, si primo vere ex salicis surculis tenellis sauciatis aqua seu succus colligatur et devndè cum pane in placentulas formentur ac mulieribus propinentur, sic meliùs coercetur libido ut nungiiàm ampliîis œstiment res venereas et stériles reddantur (Boeder, Cynosur. mat. med., t. 3, p. 589.)

Bien que la vertu anti-aphrodisiaque des feuilles de saule s'accorde peu avec les propriétés toniques bien reconinies de cet aibre, on n'en doit pas moins les soumettre à l'expérience. Les caractères physiques ne sont pas toujours en rapport avec les propriétés ihérapeuliques des substances, el la chimie même est souvent impuissante pour en découvrir le principe actif el spécial. J'offrirai pour exemple le seigle ergoté, qui est loin de laisser soupçonner, par ses propriétés physiques et chimiques, l'énergie de son action spéciale sur l'utérus. Si l'on ne doit pas accueillir avec crédulité tout ce que les anciens nous ont dit sur les propriétés des plantes, il ne faut pas non plus toujours rejeter sans examen ce que l'apparence ne justifie pas, ou même ce qui nous paraît absurde.

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desséchées prompiemen contact de l'air et de l'humidiK.

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