‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 207 sur 278 · SAUGE · texte numérisé non relu

SAUGE

1° Sauge communr, clillivée, franche, officinale, grande sauge, pelite sauge. Salvia officinalis (L.)

2° Sauge iiormia. Salvia horminum (L.)

3° Sauge sclarée, orvale. Salvia sclarea (L.)

4° Sauge des bois, sauge sauvage, germandrée des bois, faux scordium. Salvia sylveslris.

5° Sauge des prés. Salvia pralensis.

La sauge officinale croît naturellement dans les provinces méridionales de la France; on la cultive dans les jardins. Les autres espèces se rencontrent dans les bois, le long des chemins, dans les prés, etc. Les feuilles et les fleurs de ces diverses espèces sont employées.

Préparations et doses»

A l'intérieur: infusion ihéïforme, de 15 à 50 grain, par kil. d'eau. Eau distillée^ de 30 à 100 gram. en potion. Fin, de GO à 400 gram.

Huile essentielle, 10 à 00 centigr. en potion. Extrait {\ sur 16 de vin rouge), de 1 à 5 gram. en bols, pillules,etc. Conserve, del à S gram, en pilules, bols, etc. Poudre, de 1 à 4 gram.

Suc, de 4 à 16 gram.

A l'extérieur : de 15 à 60 gram. par kil. d'eau, pour lotions, fonienlalions, etc.

Feuilles sèches, fumées dans une pipe ou en cigarettes. Vin et infusion vineuse, pour lotions, etc.

Propriétés*

Ces plantes sont aromatiques, excitantes, détersives, résolutives ; on les emploie contre la paralysie, les vertiges, les tremblements des membres, la goutte atonique, le rhumatisme chroniquc^les fièvres alaxique et typhoïdes, les catarrhes ataniques, la toux avec expectoration, l'hydropisie, les cachexies, les engorgements froids des viscères abdominanx, etc.

Les sauges agissent toutes, plus ou moins, comme les plantes aromatiques du même genre. Elles sont stimulantes et ont un effet secondaire sur le système nerveux. Si, au lieu de romarin, j'avais trouvé de la sauge dans le jardin du malade dont j'ai rapporté l'histoire (page 470), je l'aurais probablement employée avec autant de succès; en pareille circonstance, je n'hésiterais pas à le faire.

Trousseau et Pidoux {ouv. cit.] regardent la sauge officinale comme un médicament utile danS les fièvres mu-

r.Pii -1 cet ada"-e de l'Ecole de Salerme .

ç^/Wr coiMat nervos manuum que tremoremiolkU "rft us Ae sauge, dit M. Deslandes [DicL de med et .//.M? ^ S de la chaleur dans l'eslomac, faci-

me la dWiin, exciie notablement la sécrétion urma.re,

"^tn^lJiS^n ^^;=^n de sauge, à la dose de ^ h s V cui èrées, pour arrêter les sueurs nocturnes et debili- ?.ntes qui surv ennent après la convalescence des fièvres de ono^e durée. Quand le vin était insuffisant, ^ il ava. recours ÏÏa'ïeinture, à la dose de deux cuillerées, répétée deux fois mi iouî L'infusion de sauge, administrée à froid, m'a réussi pouJ diminuer les sueurs nocturnes et les diarrhées coUiqua-

"^ZZâ^^^^ avantage le vin de sauge dans le scorLt et lUiydropisie, dans l'état de langueur qm accompagne fréquemment la convalescence des fièvres muqueuses, adynamiques etataxiques. , cni

On a employé la sauge avec succès dans la diarrhée ; Salviasicca est alvim sisUt, dit Hippocrale. Les succès que i nl obtenu de l'infusion de sauge édulcorée avec le sirop de coin- dans les diarrhées abondantes et épuisantes des enfants à la mamelle, confirment pleinement cette propriété.

Dans les contrées froides et humides de nos départements du Nord, les habitants delà campagne font usage de la sauge onffuise de thé; ils prétendent, avec raison, que cette boisson les préserve des fièvres. Les Grecs modernes s en servent habituellement de cette manière, ce qui l'a fait appeler, dans l'Orient le thé des Grecs. « Un verre de son infusion, dit M Barbier iouv. cit.] en parlant de la sauge, pris avant ou après le repas, donne toujours plus d'activité aux forces din-estives Ce remède sera favorable quand l'estomac et les fntestins ont éprouvé une altération matérielle, un ramollissement ou une oligolrophie de leurs tissus qui nuit a l'exercice de leurs fonctions, ou quand une diminution de l'influence des nerfs sur l'appareil digestif met ce dernier dans un état d'incrlic.))

M. Giacomini regrette que la sauge officinale ne soit pas aussi souvent employée qu'elle pourrait l'être, etc'est surtout dans le traitement des fièvres rhumatiques, des aiïections érupiives aiguës, des broncliilcs aiguës et choniques, qu'elle lui parait oll'rir des avantages réels si on l'administre à la haute dose. Ce médecin porte la dose de cette plante jusqu'à 40 grammes en infusion dans un demi litre d'eau.

Quelques auteurs ont regardé la sauge comme emménagogue. Elle peut avoir celte action sur l'utérus, comme tous les excitants, lorsqu'un état d'inertie de cette organe s'oppose à l'écoulement des règles. Je l'ai employée avec avantage danslagaslralgieel les affections nerveuses des chlorotiqii«s. Deker [Prax. med.) la [préconisait dans la cardialgle.

Aëtius a conseillé l'emploi de la sauge pour combattre l'hémopthysie; mais on conçoit que l'administration de celte plante doit être subordonnée à la nature de la maladie, à l'état du malade et à celui des organes affectés. Une pléthore générale ou locale, un état flcgmasique aigu accompagnant l'hémorrhagie , contre-indiqueraient évidemment l'usage des excitants.]

La sauge officinale est, de toutes ses congénères, celle qui a le plus d'énergie. La sauge orvale ou sclarée pourrait cependant, à quelques égards, la remplacer; elle a une odeur très-pénétrante ; infusée dans le vin, elle lui communique une saveur analogue à celle du vin muscat, et le rend très-enivrant. C'est un moyen de fraude employé par les marchands...

La sauge des bois ou sauvage est mise en usage dans nos campagnes contre l'anasarque; on la fait infuser dans le vin blanc, et l'on donne un verre de ce vin trois ou quatre fois par jour. Ce remède convient, en effet, dans les cachexies, l'œdème et l'anasarque, qui suivent ou accompagnent les fièvres intermitienies, le scorbut et autres affections qu'une atonie manifeste caractérise.

A l'extérieur, j'emploie quelquefois l'infusion vineuse de sauge officinale dans les engorgements articulaires, suites d'çntorses, dans l'œdème ; en gargarisme avec le cochléaria ftUune cerlaine quantité de miel, dans les engorgements ulpéreux et scorbutiques. Il suffit, disent MM. Trousseau et Pidoux [ouv. cit.), de loucher les aphthes des enfants et des femmes grosses avec un pinceau trempé dans une décoction vineuse de sauge pour les voir disparaître. J'emploie souvent, en pareil cas, une forte infusion de sauge en collutoire. Le thé de sauge, avec un peu de vinaigre, est, suivant Macbride [inst. meth. à la prat. t. 2, p. 198), un gargarisme

efficace coiUie l'angine lonsillairc. M. Giacomini recommande l'infusion ou le suc de sauge en lolion dans les contusions, les blessures, les ulcères. MM. Trousseau et Pidoux ont vu plusieurs fois les ulcères aloniques des jambes se fermer, se couvrir d'un tissu cutané nouveau par l'application de compresses imbibées de vin cuit avec la sauge et le miel, et même d'une simple décoction de sauge. M. Jobert, de Lamballe, emploie avec succès, dans le traitement des ulcères aloniques et scrophuleux, une pommade préparée avec la sauge et le lierre terrestre (sauge et lierre terrestre, de chaque, 30 gram , axonge, 230 gram., cire blanche, 45 gram.) Les vulnéraires et les cicatrisants, depuis longtemps tombés dans le domaine de la médecine populaire, reprennent donc dans la matière médicale leur antique renommée.

[ u Des bains préparés avec la sauge ont contribué, dit Loiseleur-Deslonchamps [Dict. des Scienc. méd. t. L., p. 62), à rendre le mouvement à des membres paralysés et à faire cesser l'endurcissement du tissu cellulaire des enfiints. Elle agt mêaie assez fortement de cette manière pour qu on ait vu un état fébrile résulter d'un pareil bain. Appliquée même seulement en sachets, la sauge ne paraît pas avoir été lout-à-fait inutile pour dissiper des engorgements œdémateux et autres tumeurs atoniques. »

La sauge des pays méridionaux, et celle qui a crû dans les lieux secs et éleVés, est plus énergique que celle que l'on a cueillie dans les lieux humides ou que l'on a cultivée dans nos jardins. Il est bon de laver avec soin les feuilles de cette plante avant d'en faire usage, la poussière et d'autres impuretés se fixant facilement entre les papilles qui en rendent la surface comme chagrinée.

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