‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 234 sur 278 · TORMENTILLE DROITE, TORMENTILLE TUBÉREUSE · texte numérisé non relu

TORMENTILLE DROITE, TORMENTILLE TUBÉREUSE

TormeniiUe sylvestris (T.) TormeniUla erecia (L.)

La lormentille se rencontre partout, dans les bois, les lieux frais, le long des haies : on emploie la racine.

A L'iNTÉRiEun: di^coction, de ^5 aSO^ram. par kil. d'eau. TeiuUire. (\ sur 8 d'alcool), de 5 à tO grain, en potion. Poudre, de 2 à 12 grain, en bols, pilules on dans dn vin généreux. Extrait ( \ sur 8 d'eau), de 4 à 4 grani. et plus, dans du vin, eu

pilules, bols, etc.

Vin (\ siir iQ devin), 60 à 100 gran».

A l'extérieur : décoction (36 à 60 gram. par kil. d'eau), pour lotions, fomentalions, etc.

Poudre, quanlilé suflisaule pour cataplasme. Pommade (l de poudre sur 5 ù tO d'axonge.

Propriétés.

La racine de tormentille, d'une saveur slyptique et un peu aromatique, est énergiquement astringente ; comme la bistorte, elle est employée dans les flux et écoulements muqueux aïoniques, les liémorrhagies passives, les fièvres intermittentes, etc. Haller la préférait à toutes les autres plantes astringentes. «La tormentille, disent MM. Mérat et Delens {Dicù. \le mat. méd.), est un des meilleurs astringents indigènes connus; c'est une plante trop négligée, et sa ra-

cine, sous le seul rapport économique, devrait élre recueillie avec soin et employée plus qu'un ne fait. »

La tormenlille et la historié peuvent remplacer, dans la médecine rurale, le ralanhia. Je leur ai constamment trouvé la même eiïîcaciié. Comme tous les autres astringents, la racine de lormentillc ne doit être employée dans la dyssenleric, la diarrhée, etc., que lorsque la période d'irritation est passée. Loiseleur-Deslonchamps et Marquis {Dict. des Scienc. méd., t. 44, p- 383) disent que c'est uniquement à son emploi intempestif qu'il faut attribuer la diminution de sa réputation dans les dyssenteries et les fièvres intermittentes, et non à son défaut d'énergie ; et ils ajoutent que si quelquefois elle a été nuisible, il est probable que ce n'a été qu'entre des mains inexpérimentées.

Cullen a éprouvé de bons effets de la racine de cette plante dans certaines fièvres intermittentes, en l'unissant à la gentiane; ce mélange m'a réussi dans la leucorrhée atonique. Gilibert dit avoir vu un phthisique guérir parle seul usage d'ungros (4 gram.) de tormentille en poudre, administrée tous les malins, pendant un mois, par le conseil d'un paysan. Cette phthisie élait consécutive de fréquents crachements de sang avec langueur d'estomac. Il estprobable qu'il n'existait chez ce malade qu'une grande débilité causée par de fréquents crachements de sang, et que les poumons n'eussent offert, h l'exploration, aucune lésion semblable à celles que l'on trouve chez les phlhisiques.

[A la campagne, on emploie la décoction de racine de tormentille contre l'hématurie des bestiaux.

A l'extérieur, on emploie celle plante en décoclion aqueuse ou vineuse dans les cas de ramollissement des gencives, pour résoudre les contusions, les ecchymoses, pour exciler les ulcères atoniques, blafards, etc. Le docteur Morin, de Rouen {Butlet. de thérap., nov. 1839] a recommande le remède suivant contre le panaris : on fait sécher au four la racine de tormentille , on la pulvérise, et, au moyen d un jaune d'œuf, on lui donne une consistance pâteuse; on étend sur un linge une ou deux lignes d'épaisseur de celle pâte, et on enveioppe la partie malade ; on doit de plus avoir la précaution de recouvrir le tout d'un cataplasme ordman-e, afin de relarder la dessiccation de la pâle par la chaleur de la partie malade ; ce remède réussit aussi contre le furoncle. Quel est, dans ces cas, sa manière d'agir ?]

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