HERBE AUX TEIGNEUX , GLOUTERON , DOGUE
Lappa major (T.) — Arciivm lappa (L.)
Celte plante , commune dans presque tous les climats , croît le long des chemins, surlcs terrains incultes, au voisinage des masures. On emploie la racine , les feuilles et quelquefois la semence.
(1) Cet article n'dtait pas dans le mémoire courenne.
i*rëpnrallon« et (lo»e«.
A l'imérikhh : Racine on feuilles, 60 grain, par kiîog- d'eau,
en tlécoctiou on infusion.
Siroj) H de racine t'raîniie snr 8 d'eau et 8 de sucre ) , de 30 à
100 gram , seul on en pot ion Teinlure (I de racine sur 5 d'alcool), de 1 à 10 grara.. en polion. Ej Irait {\ sur 6 d'eau par infusion , décoclion ou inspissaùon du
SUC), de i à 10 gram., en pilules, bols, etc Pouf/rp (rarement) , de 1 à 4 gram , en bols, pilules, ou en
substance dans un véhicule.
A l'extérieur : Fi'uiUes, q. quelconque, en cataplasme. Décociioit , pour lavements.
Suc des feuilles, pour pommade, etCr
Proprictés.
La racine debardane, regardéecomme sudorifique, diurétique et dépuralive, a été recommandée dans le rhumatisme, la goutte , le catarrhe pulmonaire , les dartres squainmeuses et sui^furacées , les afl'ections syphilitiques secondaires et tertiaires. Baglivi la recommande dans celte dernière maladie, à cause'de sa vertu diaphorélique. Les feuilles ont à peu près les même» propriétés.
Henri III, roi de France, fut guéri de la syphilis au moyen de la bardane etdu séné , par Péna. Samuel Formius ( Observât. 41) rapporte ainsi les détails de cette cure : <( HipRicus tertius GaLlonim rex lue venered laborans à medicis ordi- 7iarus curari non poterat. Monitus fuit Penam tune temporis Lutelim medicinam facientem multos ab hoc morbo liberare remedio peculiari quod à quodamTurcadidicerat ; ùlumvocarijussit ; ab eoque curatus est. Remedium taie
CTCtt »
» Radie, bardanœ in toleolis sectœ une. 8.— Vini albi et aqim funtis lib. 2. — Bulliant ad medim partis consumptionem, addenda sub finem, Senn. miind. une. lib, 1 1/2 pro dispositione œgrotantis : colaturm copiât manè l'b- j 1/2. SVrdores provocando cum silicibus majonbus calidis linteis obvolutis , quorum unus admnveatur plantis pedum , duo tibiis, duo cruribus, duo juxta médium parte exterwre,et duo juxta humer os, probe tegendo mgrum-, sudores copiosi exeitantur per horam unam cum dimidia et circa vesperam alvus solvitu/r bis aut ter ; hoc remedium prœmissis uriiversalibus uswrpabatur per spatium quindecim aut vigmti dierum. Posteà capiebat manè singulis diebus decoctum. bardanœ sine senîid et sine ullo regimen per memem mHgrum aut die s qwidraginta. »
On voit , d'après celle observaiiou , que les suaur^pTovonuées onlété irès-uliles , et qu'elles ont pu , api-ès plusieurs traitements mercuriels , amener la guérison de la syphilis dont était atteint Henri III II est à remarquer que ce n'est guère que dans ces circonstances que les végétaux dits sudoriliques guérissent la vérole.
J'ai employé la racine de bardane en décoction dans un cas'de syphilis tertiaire, chez un militaire libéré du service, et chez lequel , après une guérison apparente, il était survenu des pustules au front [corona veneris) et des douleurs noctures au périoste des tibias [périoslite] tellement vives que le malade ne pouvait trouver un seul instant de repos que vers le matin. Je l'ai traité absolument et de point en point comme Péna avait traité Henri III, et j'ai obtenu le même résultat. Ce malade , affaibli par deux traitements mercuriels subis dans les hôpitaux militaires, élait dans les conditions les plus favorables pour l'usage des sudoi-ifiques. Il a continué pendant cinquante jours la décoction de racine de bardane; mais je n'ai eu besoin de provoquer les sueurs que pendant quinze jours. Les symptômes avaient promplem en t cédé. Il y a maintenant près de six ans que la guérison a eu lieu , et aucune récidive ne s'est manifestée.
J'ai depuis employé celte plante sans succès dans une circonstance à peu près semblable ; mais la salsepareille ellemême , à laquelle on a proposé de substituer la bardane, réussit-elle toujours? [Il est bien certain qu'aujourd'hui l'iodure de potassium l'emporte en effîcgcité sur ces moyens pour combattre la syphilis constitutionnelle ; mais ce médicament est d'un prix très-élevé. ]
J'ai acquis la certitude que la semence de bardane infusée dans du vin blanc, à la dose de 4 gram. pour 500 gram. de vin , est diurétique Je l'ai donnée avec succès dans un cas d'anasarque survenue chez une petite fille de dix ans à la suite de la scarlatine. On peut donner cette semence en émulsion.
A l'extérieur. Les feuilles de bardane appliquées extérieurement sont résolutives et détergent les ulcères Percy employait le suc des feuilles de cette plante dans les exco- 'riations légères avec inflammation , dans les crotales de lait et la teigne squammeuse ; usage ancien sans doute d'où vient probablement le nom d'herbe aux teigneux qu'on donne vulgairement à celte plante. Il recommandait surtout un onguent , espèce de nutritum qu'il faisait préparer avec un demi-verre de suc de feuilles de bardane non clarifié et uuiant d'huile, qu'on triturait et qu'on agitait à froid avec
plusieurs balles de plomb dans un vase d'étain; il en résullait une poniinadt; vcrlc contenant un peu d'oxide de plomb, qui sans doute ajoutait encoreaux. propriétés du suc de bardane. La plupart de ces ulcères atoniques variqueux, si opiniâtres , aux jambes, {guérissent très-facilement en les recouvrant d'un plumaccau trempé dans cet onguent , et pardessus d'une feuille de bardane. 11 est rare , dit Percy , de les voir résister à ce puissant topique : il en ramollit les bords calleux, y attire une suppuration de bonne qualité. Enfin, cette pommade a été souvent appliquée avec succès sur des tumeurs scrofuleuses ouvertes , et même sur des cancers , dont elle a ralenti la marche et calmé les douleurs.
Les cataplasmes de feuilles de bardane soulagent dans les gonflements articulaires chroniques, suite de l'arthrite aiguë. J'ai vu un engorgement de celte nature au poignet se dissiper au moyen de cataplasmes de feuilles de bardane bouillies dans l'urine avec une suffisante quantité de son , appliqués soir et matin pendant quinze jours , et recouverts avec les feuilles fraîches de la môme plante.
Les fouilles vertes de bardane , légèrement froissées et appliquées sur les tumeurs blanches , à l'envers , excitent une exhalation cutanée qui soulage beaucoup. Pour povoquer la transpiration aux pieds dans les affections catarrhales , j'ai vu des paysans se les envelopper avec de larges feuilles de bardane. Cela m'a donné l'idée d'en appliquer sur la poitrine et entre les épaules dans les maladies de poitrine, ce qui m'a parfaitement réussi. Il est plus facile de trouver ce moyen à la campagne que de se procurer un empKure de poix de Bourgogne. Je dois faire remarquer que ces feuilles , étant glutineuses , adhèrent quelquefois fortement à la peau.
La bardane , comme on le voit , peut rendre quelques services dans la pratique rurale. C'est à tort que Cullen et Desbois , de Rochefort, regardent les propriétés de cette plante comme inutiles et fort douteuses.
BECCABUNGA ,
VÉRONIQUE AQUATIQUE , CRESSONNÉE.
Veronica aquntica major (T.) Veroiiica beccabuuga (L.)
Cette plante est très-commune sur le bord des ruisseaux et des fontaines. Ellea bien moins d'analogie, sous le rap-
port médical, avec les véroniques qu'avec la famille des crucifères. On ne se sert que de la plante Iraiche.
Cette plante fraîche est excitante et antiscorbulique.
A l'intérieur. On administre pour l'ordJn^^"^f ^^J^^^^f" primé à la dose de deux à quatre onces ( 60 a 120 gram ) , soit seul, soit mêlé à ceux de cresson , de cochleana soil uni au laitou au petit-lait. i.es autres préparations de beccabunga sont aujourd'hui abandonnées.
BELLADOiVE ,