‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 246 sur 278 · VINAIGRE · texte numérisé non relu

VINAIGRE

Le vinaigre, ou acide acétique impur, pris à jeun dans l'état de santé pendant un certain temps, occasionne des crampes d'estomac, l'anorixie, et fait maigrir au point de produire " à la longue le marasme et la mort.

Etendu dans l'eau (6 sur 50 d'eau), il forme l'oxicrat, qui est tempérant, diurétique, antiseptique. Hippocrale en faisait un grand usage comme remède aniiphlogistique contre les fièvres, pour éteindre la soif et appaiser les inflammations. Son action est affaiblissante, analogue à celle delà saio-née. Van Swiélen le regardait avec raison comme un exc^ellent sudorifique et diurétique. Il convient dans les fièvres bilieuses et putrides, les fièvres typhoïdes, l'ictère, le scorbut, etc.

Il est à remarquer que le vinaigre, quoique tiré du vin, a une action dynamique opposée à celle du vin et de l'alcool. Il est en effet reconnu comme un des meilleurs remèdes contre l'ivresse, qu'il dissipe promptement. S'il faut en croire Giacomini , le vinaigre , donné à très-forte dose (demi kil. dans l'eau en vingt-quatre heures), a guéri plusieurs cas d'hydrophobie canine bien déclarée. Mais d'autres praticiens l'ont inutilement employé dans celte funeste maladie, contre laquelle tant d'autres moyens proposés comme eflicaces ont échoué.

En Allemagne, le vinaigre a été donné avec avantage, à la dose de 92 grammes plusieurs fois par jour, contre la folie aigûe. Fodéré [Dict. des Scienc. méd., t. 58, /?. 135) dit l'avoir essayé plusieurs fois dans cette maladie sans aucun avantage.

Le vinaigre est astringent ; on a pu arrêter l'épistaxis en appliquant des linges trempés dans le vinaigre sur les tempes ei sur le front, et en introduisant dans les narines un bourdonnct de charpie imbibé de cet acide. On y a recours aussi dans les perles qui accompagnent l'avorlement, en tamponnant les parties avec de l'éloupe trempée dans l'oxicrat, et dans celles qui suivent l'accouchement, en appliquant des compresses imbibées de ce liquide et en en injectant dans la matrice. Un mélange de vinaigre et d'eau-de-vie, injecté dans l'utérus, m'a souvent réussi, après l'accouchement, pour faire cesser l'inertie utérine et la méti^orrhagie qui en

élait la conséquence. Les injections d'cmi vinaigrée froide dans le cordon ombilical, ont été conseillées par M. Mojoii', et depuis par plusieurs accoucheurs soit poui' hûter le décollement du placenta, soit pour ûiirc cesser des perles utérines.

Le vinaigre n'est pas moins utile, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, dans les hémorrliagies passives des scorbutiques, dans le purpura hemorrhagica, dans les stomacaces, le relâchement de la luette, les fongosi lés des gencives, etc. Fédéré {loc. cil.) dit avoir employé avec succès des demi lavements de vinaigre dans des fleurs blanches très-abondantes, qui épuisaient les malades, dont la cause élait due au relâchement, et contre lesquelles on avait inutilement employé les autres moyens. Les lavements d'eau vinaigrée (30, 60, 92 gram., suivant les médications, sur 184 gram. d'eau) ont été conseillés dans l'iléus, la constipation rebelle et l'apoplexie. Tabès, chirurgien à Toulouse [Journ. gén. de méd., L 304), a retiré de grands avantages dansles'cas de poilulions nocturnes et d'écoulemcns involontaires de semence, suite de la masturbation, de l'application au périnée d'une éponge trempée dans du vinaigre.

M. Barber [The Lancet, et Gaz. méd. 1849) emploie avec avantage le vinaigre pour le pansement des ulcères. Il suffit de baigner chaque malin le membre où siège l'ulcère dans de l'eau chaude ou froide; on le lave ensuite avec du vinaigre conur.un, et enfin l'on y applique un n)orceau de linge imbibé de ce liquide; le tout est maintenu par un bandage roulé. Sous l'influence de ce pansement régulièrement continué, on voit la suppuration diminuer peu à peu et les bourgeons charnus prendre un bon aspect.

Le mélange, à parties égales, de vinaigre et d'eau-de-vie, que l'on peut toujours se procurer instantanément, m'a constamment réussi, en lotions continuelles, dans les brûlures. En enlevant le calorique, il calme prompiement la douleur et prévient l'inflammation et la vésication. J'ai vu, maintes fois, des enfants alteinls de larges brûlures, s'endormir sous l'influence bienfaisante de ces lotions. On applique sur la partie des compresses imbibées du môme mélange et tenues constamment humides. Quand l'épiderme s'enïève ou que les essarres se détachent, je panse avec le cérat safniné (voyez S'a/raw) . J'emploie comme résolutif, dans les contusions, etc , le mélange d'eau-de-vie, de vinaigre et de sel commun. Cette fomentation économique, et que l'on peut toujours facilement et prompiement se procurer, remplace toutes celles que fournit la pharmacie et dont l'usage, continué plus ou moins long-temps, devient très-dispendieux.

Le vinaigre, réduil à l'éiat de vapeur, est resokilif. Celle vapeur, dirigée sur des tumeurs lymphatiques, des engorgements œdémateux, etc., au moyen d'un appared convenable, les a irès-souvent dissipés. J'ai vu un engorgement du testicule, suite d'orchiie, céder à l'action de la vapeur du vinaigre versé sur des cailloux cliaurfes au rouge.

Vinaigres médicinaux. Les vinaigres médicinaux se préparent par macération. On choisit un vinaigre fort, tresodorant et le plus déllegmé possible. Les substances medicamcnleuses y ajoutent des parties aqueuses qui tendent a l'affaiblir ; mais l'ébuilition, qu'on peut employer ici, et qui est contraire dans la préparation des vins, dépouille les vinaigres de leur humidité. C'est une précaution qu'il faut avoH' de temps en temps. Les vinaigres médicinaux sont simples ou composés. Les premiers ne se font qu'avec une seule substance, comme le vinaigre framboisé, le vinaigre scillilique, le vinaigre colchique, etc., lesquels servent a composer le sirop de vinaigre framboisé, l'oximel scillitiqile, l'oximel colchique. Les vinaigres composés, sont ceux dans lesquels entrent plusieurs substances, tel que celui des quatre voleu rs

Acide acétique concentré ou Vinaigre radical. Il se rencontre tout formé dans le règne organique, surtout dans ungraod nombre de fruits, dans la sève, etc., dont on peut l'obtenir par la distillation. On le tire ordinairement du vinaigre et de l'acétate de cuivre ; il n'est point employé intérieurement à l'état de concentration, son action étant caustique. Aussi le délaie-t-on dans beaucoup d'eau ou de tisane (1 gram. pour 1 kil. de véhicule). Il est alors un puissant antiphlogistique ; il appaise la fièvre, ftworise la transpiration et la' sécrétion urinaire, abaisse la vitalité. A l'éial de pureté, l'acide acétique est un poison dont le mode d'action paraît être asthénique commecelui des autres acides.

A l'extérieur, l'acide acétique concentré esl rubéfiant et vésicant. On peut s'en servir quand on craint l'action des cantharides sur la vessie. Pour cela, on coupe un morceau de laffetas d'Angleterre, on humecte sa surface gommée avec cet acide, et on l'applique sur la peau. Dans le cas de syncope et d'asphyxie, on stimule la membrane pituitaire au moyen du vinaigre radical mis sous le nez,

Àcide pyro-ligneux, acide pyro-acétique, vinaigre de bois impur. D'une odeur et d'une saveur acides, rendues trèsdésagréables par celles d'empyreume, ce liquide tient en dissolution de l'huile pyrogénée (goudron), et cette huile contient beaucoup d'autres corps qui ont reçu les noms d'eupionC; de créosolC; depicamare, etc.

Les docteurs Piilchafl't, Teussel, de Leipzig, l'oiil employé avec succès à l'iniérieur contre la gaslro-maiacie ou ramollissement gélaliniformo delà membrane muqueuse des voies digeslives. Ils le conseillent, à la dose de 4 gram. associé à 60 gram. d'eau de fleurs d'oranger et 30 gram. de sirop d'orgeat, pour une mixture à prendre par petites cuillerées de temps en temps. M. Bcrres, de Lemberg, le présente de plus comme avantageux contre le ténia, les affections scorbutiques, etc.; et, à rexlérieur,dans les ulcérations carcinomalcuses et la gangrène. M. Klantsch, de Berlin, l'a aussi indiqué, il y a peu d'années, comme anli-septique, contre le cancer aquatique ou noma. M. Schulze, de Karan, l'a souvent employé en topique conire les ulcères phagédéniques des pieds, dont il détruit, dit-il, la mauvaise odeur, amollit les callosités, améliore la suppuration, et amène promplement la cicatrisation.

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