‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 247 sur 278 · ALCOOL · texte numérisé non relu

ALCOOL

L'alcool est un liquide blanc obtenu par la fermentation de tout végélal sucré, ou par la distillation des vins, où il se trouve tout formé. A l'état de pureté on l'appelle esprit de vin rectifié. L'alcool du commerce estordinairement impur; il est mêlé à des proportions variables d'eau et d'autres subslances, et reçoit des noms différents, tels qu'esprit devin, eau-de-vie, rhum, tafia, etc.

L'alcool est un stimulant difTusible dont l'action porte sur le cerveau et surtout sur la moelle épinière. Concentré, c'est un poison violent ; à forte dose, il produit l'ivresse : à l'excilalion générale, à la gaieté, succèdent la faiblesse, l'abattement, l'hébétude, quelquefois même des convulsions, le délire, l'assoupissement, l'immobilité, un état apoplectique qui se dissipe quelquefois au bout de quelques heures, mais qui aussi devient souvent mortel.

L'usage habituel de l'eau-de-vie produit l'inflammation chronique de l'appareil digestif, l'induration squirreuse du foie, des ulcérations et des callosités dans les intestins, l'hydropisie, des calculs rénaux avec dysurie, ischurie et autres symptômes plus ou moins graves; la perle de la mémoire, la stupidité, des vertiges, des tremblements dans les membres, le rfe/w'mm /rmen^, en un mot, tous les symptômes que nous avons signalés en parlant de l'abus du vin, sont les suites funeste de l'abus de l'eau-de-vie et de toutes les liqueurs alcooliques.

Etendu dans l'eau, l'alcool est tonique, stimulant, et peut

èlre iilUe dans le typhus, l'aclynaniie, les convalescencesdes maladies graves, le iremblcmcntalcooliqiie. J'ai vu beaucoup d'ivrognes dont les mains tremblaient chaque matin jusqu'à ce qu'uue certaine quantité d'eau-de-vie fiit ingérée dans l'estomac, et qui ensuite avaient la main ferme. Les campagnards emploient contre le chaud et le froid, c'est-à-dire les suppressions de transpiration, ce qu'ils appellent le gloria, mélange d'eau-de-vie et d'eau chaude, de thé ou de café. Ils réussissent quelquefois ainsi , par une abondante transpiration, à faire avorter un catarrhe pulmonaire, une pleurésie ou une pneumonie ; mais , combien de fois n'a-t-on pas, par cette conduite, rendu très-graves et même mortelles des maladies légères dans le principe? Les bronchites chroniques, avec expectoration abondante , cèdent souvent à l'eau-de-vie brtilée , au mélange d'eau chaude et d'eau-de-vie. On se trouve bien dans l'asthme humide de l'usage d'une petite quantité de genièvre.

L'alcool en lotion convient au début des brûlures et des entorses, dans les contusions, les ecchymoses, etc. Il est stimulant, irritant, réfrigérant ou rubéfiant, suivant ses degrés de concentration ou la sensibilité plus ou moins grande des tissus avec lesquels on le met en contact.

Teinture médicinale. Liqueur préparée avec de l'alcool dans lequel on fait dissoudre diverses substances en les y laissant digérer pendant un certain temps à une douce chaleur. Ces substances doivent être sèches, pulvérisées ou concassées, et en quantité suffisante pour saturer autant que possible l'alcool. Les teintures sont simples ou composées, suivant qu'elles contiennent un ou plusieurs médicaments. Dans ce dernier cas, on doit mettre en contact avec l'alcool, d'abord les substances les plus dures , ensuite celles qui se dissolvent facilement.

La force de l'alcool varie selon la nature des substances à dissoudre. On doit se procurer l'alcool le plus pur possible, et le ramener ensuite, par l'addition de l'eau distillée simple, au degré le plus convenable pour chaque teinture.

On emploie, en médecine, un grand nombre de teintures. Cependant elles ne contiennent pas tous les principes du médicament qui a servi à leur préparation. Souvent même les substances employées ont des propriétés opposées à celles de l'alcool. La digitale est sédaiive, par exemple, et l'alcool est stimulant ; il paraît donc contradictoire d'allier ces deux médicaments qui se neutralisent l'un l'autre jusqu'à un cerlain point. Le degré de celte neutralisation n'étant pas

appréciable , il cri résulte des niécornplcs fôclieiix dans la pratique.

On ne devrait doue admettre , pour ces préparations , que des médicaments dont le modo d'action est analogue à celui de l'alcool, tels que l'opium, les substances aromatiques, l'ammoniaque, etc. Ces remarques peuvent s'appliquer aux alcoolats, esprits, eaux spiritueuses, baumes, essences, etc.

Les teintures se conservent dans des vases bien bouchés.

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