‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 254 sur 278 · ARTICHAUT · texte numérisé non relu

ARTICHAUT

Cynara horiensis aculeata (T.) Cymra scohjmus (L.)

L'artichaut, cidtivé dans nos jardins, est originaire du midi de l'Europe,

Les racines et les feuilles d'arlicbaiu soiil amèrcs, tonkmcs, diurétiques. Le docleiirMoiiiain {Aracl. de Méd. (838) a cm- Pj^y^J'^^^''^'^ fl'^^''l'^haut avec succès comme vermifu'-e MM. Trousseau et Pidoux [owo.cïL] oui vu emplover^là poudre des feuilles contre les fièvres intermiiienies mais ils n'en ont pas constaté eux-mêmes les propriétés. Fournier et Vaidy [Bict. des Scienc. méd., t. XV, p. 324) ont obtenu des succès assez constants de la décoction de queue d'ariichaud dans les fièvres quotidiennes et tierces, particulièrement dans une épidémie de fièvre tierce qui régna à Valençay et dans les campagnes environnantes. Cependant, M Bailly a fait un rapport peu favorable à l'Académie de Médecine sur l'extrait d'artichaut que M. Monlain avait présenté sous le nom d'extrait cynarique, comme amer et fébrifu"-e La commission ne lui a pas reconnu les vertus fébrifuges qu'on lui avait attribuées; ce n'est qu'à la dose de plusieurs onces qu'il est parvenu à supprimer les accès de fièvre ; mais son amertume est tellement insupportable, qu'à cette dose les malades ne peuvent se décider à le prendre. Cependant la commission a pensé que si l'on ne peut l'employer comme fébrifuge, il pouvait être utile comme amer. (Jonrn. deméd et de chir. prat., t. 9, p. 237.)

Le docteur Copeman [Tho. London. Méd. Gaz. 1833) dit avoir employé avec succès rarlicliaut contre le rhumatisme aigu et chronique. Il a employé la teinture et l'extrait des feuilles; la première était obtenu en faisant macérer pendant quatorze Jours deux livres de ces feuilles dans deux pintes d'alcool ; la dose était de 2 gros, trois fois par jour, portée ensuite à une once. L'extrai t. préparé avec le suc évaporé des liges et des feuilles, était administré à la dose de 3 grains quatre fois par jour.

M. Levrat-Perrotton [Jiev. méd., nor). 1845) apublié quelques faits qui constatent l'efficacité du suc de cette plante dans le traitement de l'ictère chronique. Le docteur Wilson [Conspecl. des pharm. de Dublin, etc., p. 45) affirme avoir obtenu de bons effets du suc épaissi d'artichaut dans les hydropisiesprovenant d'une affection hépatique, et qui avaient résisté à beaucoup d'autres remèdes. J'ai vu des paysans employer avec succès, comme recette de famille, la décoction de racine d'artichaut dans le vin blanc contre l'hydropisie, la jaunisse et les engorgements abdominaux qui accompagnent ou suivent les . fièvres intermittentes. Le suc des feuilles, à la dose de 30 gram. dans un verre de vin blanc, €si aussi mis en usage dans les mômes cas

AUNE [p. 36). Miin-ay {Apparat, méd., t. l, p. 121) a proposé les feuilles d'aune, appliquées sur le sein, comme un moyen efficace pour arrêter l'écoulement du lait chez les nourrices. Buclvner [Jour, de C/dm. méd., jam. 1843) a employé ces feuilles avec succès, en pareil cas, et pour résoudre les engorgements laiteux des mamelles. On les hache, on les fait sécher dans une assiette jusqu'à exsudation d'un liquide, et on les applique sur le sein plusieurs fois par jour. Ce moyen m'a réussi l'année dernière dans un cas de galaclirrhée, ou écoulement spontané de lait, qui durait depuis un mois.

AUNÉE DYSSENTÉRIQUE,

INULE DYSSENTÉRFQUE , INOLE GONYSIÈRE , ENULE TONIQUE , CONYSE DES PRÉS, HERBE DE SAINT-ROCH.

Âsier aulamnalis pratensis^ conysœ folio (T,) Inula dyssenterica (L.)

Celle plante, qui fleurit en juillet et août, se trouve abondamment dans les prés humides , au bord des fossés et des rivières.

L'année dyssentérique, d'une saveur ûcre et un peu aromatique, a été vantée contre la diarrhée et la dyssenterie. Les Russes, au rapport de Linnée [Linn. flor. suce. p. 294), l'ont employée avec succès dans une dyssenterie épidémique dont leur armée fut atteinte pendant leur expédition contre la Turquie. J'ai administré l'année dernière l'inule dyssentérique en décoction (30 gram. pour 1 kil. d'eau), par tasses dans la journée, dans un cas de diarrhée qui durait depuis un mois. Dès le second jour il y avait une amélioration sensible, elle cinquième jour le malade était guéri. Je me propose de soumettre cette plante à de nouveaux essais.

BELLADONE (p. 43). M. Debreyne [Journ. des conn. médico-chir., déc. 1849, p. 231 ), qui regarde cette solanée comme la plus précieuse de toutes les plantes indigènes de France, a rapporté un grand nombre d'observations constatant son efficacité dans i'épilepsie. Ce praticien donne ordinairement l'extrait de belladone à la dose de 20 à 30 cent, par jour, et lorsque la maladie est dissipée, il diminue graduellement la dose. Quand la guérison ne peut être obtenue, presque toujours les accès s'éloignent et diminuent d'intensité. Les effets de ce médicament sont surtout marqués chez les épileptiques dont les accès sQnt très-fréquents et même

journaliers. II faut en continuer longtemps l'administration. Un ôpileptiquc , âgé de quarante-huit ans, a pris pendant \iiigt mois vingt centigrammes d'extrait de belladone par jour sans que les accès fussent suspendus, mais ils étaient moins longsj on continua le traitement, et à la fin ces accès s'éloignèrent et disparurent complètement. Une petite fille âgée de huit ans, dont les accès s'éloignèrent dès le quatrième jour, fut guérie au bout d'un mois ; elle prit néanmoins encore pendant deux mois cinq centigram. d'extrait de belladone chaque jour.

M. Debreyne a employé avec succès la belladone dans la chorée, l'hystérie, l'asthme, les névralgies, la nyclalopie, les toux nerveuses, la pholophobie, les taies ou cataractes centrales, l'incontinence d'uvine nocturne, la constriction spasmodique de divers orifices, le paraphymosis, etc. Dans des cas de panaris très- graves, il a jugulé le mal en un ou deux jours à l'aide d'une pommade faite avec deux parties d'onguent mercuriel et une partie d'opium et d'extrait de belladone. Contre les constriciions spasmodiques des orifices (de la gorge , du larynx , du col de la vessie, du col utérin , de l'anus), la hernie et le paraphymosis, il a recours à l'extrait de belladone à la dose de 4 à 13 gram. pour 15 gram. de céral de Galien. Il emploie souvent, contre les névralgies, la pommade suivante : extrait de belladone 12 gram., axonge 12 gram., opium 2 gram. Mêlez exactement et aromatisez avec quelques gouttes d'huile de thym ; en frictions sur le siège du mal, au moment des exacerbations, ou trois fois par jour. Chaque friction comprenant le volume d'une noisette de cette pommade , se fait pendant cinq ou six minutes ou jusqu'à parfaite absorption. On y ajoute de temps en temps un peu de salive pour mieux faire pénétrer le médicament dans la peau. Dans la nyclalopie et dans toutes les affections oculaires qui nécessitent l'emploi de la belladone, M. Debreyne conseille l'extrait de celte plante en collyre (2 gram. d'extrait sur 125 gram. d'eau de rose].

Pour l'usage interne, ce médecin emploie les pilules suivantes : extrait de belladone 8 gram., poudre de gomme arabique 2 gram., poudre inerte quantité suffisante pour 120 pilules. Doses : une pilule le premier jour, deux le second et troisle troisième, matin, midi et soir, et une heure ou deux avant le repas. On continue ainsi si l'on n'éprouve point un trouble notable dans la vue. Si ce trouble se manifeste, on diminue la dose, ou on cesse tout-à-fait pendant quelques jours. Si l'on n'observe aucune altération dans la vue , ni autres effets fâcheux, on pourra porter la dose à quatre ou cinq pilules, ce qui fera environ 30 centig. d'extrait par jour.

M. Debreyne fait ainsi préparer l'extrait de belladone : on coupe toute la plante, feuilles et liges, vers la fin du mois de iuin, lorsqu'elle est en pleine floraison ; on la fait fortement et longtemps bouillir jusqu'à cuisson parfaite des tiges. On met en presse, on décante et on fait bouillir vivement d'abord pour diminuer prompiement le volume du liquide, puis on termine l'opération lentement, suivant le procède ordinaire des extraits aqueux. Cet extrait est uni et homof^ène et peut se conserver plusieurs années sans moisir, ou du moins il ne moisit que fort peu. L'extrait fait avec la coupe d'automne est moins bon; il est plus granuleux, moins liant, et moisit davantage.

L'Atropine, principe extrait de la racine, des tiges et des feuilles de la belladone, jouit des propriétés de cette plante, mais à un bien plus haut degré. On l'emploie à la dose de 3 millig. à 1 cent, progressivement, avec du sucre, de la gomme, en pilules, sirop, etc.

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