‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 261 sur 278 · DESSICATION · texte numérisé non relu

DESSICATION

ET

les plantes qui doîvent être employées f^tcltes seront récoltées par un temps serein plutôt que nébuleux o» pluvieux.

Les racine, se récoltent au printemps et en automne. Nous p érons en général l'automne pour les racmes anlelL et bisannuelles , - le P^n-emps pour celles ^q^^ durent plus de deux années. Il est des racines qu., essen tllement ligneuses , peuvent être récoltées en tout temps^ Il en est qu'il ne faut arracher de terre que lorsque a partie ligneuse et solide est déjà formée ; telles sont celles dont on n'emploie que l'écorce,. comme les racines de cynoglosse, d^barlne. d^ quinte-feuille, etc. Il faut, en effet, que cette écorce soit devenue assez épaisse pour qu on puisse la detar cher facilement du corps ligneux.

Pour conserver les racines on ne doit pas les laver; 1 eau en retarde et en rend la dessiccation plus difficile , surtout pour celles qui sont mucilagineuses. Il vaut mieux les étendre h l'air pendant un jour ou deux , et les ratisser ensuite légèrement, les brosser, ou les agiter fortement dans un sac de grosse toile pour en séparer la terre et toutes les parties.

étnu.sère,, les lilameius, eic. On les coupe ensuite entran ches d autant plus minces qu'elles sont plus charnues et plus difficiles a sécher. Les racines chargées de mucilage, comme celles de guimauve, d'année, de grande gentiane, de bardane, de grande consoude, etc., se dessèchent diflicilement et se moisissent. Leur dessiccation doit être opérée h l'étuve, ou mieux au four, après qu'on en a retiré le pain • mais alors il nuules surveiller, parce qu'elles peuvent se griller si l'on dépasse le point nécessaire. Les racines fibreuses et Jigneuses se dessèchent facilement. Il suffit souvent de les placer sur des claies ou de les enfiler dans une corde et de les exposer à un courant d'air dans un grenier.

Les racines se conservent en raison directe" de leur état desiccîlé. Il en est cependant, comme celles de bardane qui sont dès la seconde année attaquées par les vers, et d autres qui se conservent en bon état au-delà de cinq ans II est à remarquer que la racine d'angélique que l'on récolte au pi intemps est bientôt attaquée par les vers, tandis que celle qui est arrachée en automne se conserve plusieurs années ; ce qui indique qu'en général, ainsi que nous l'avons dit plus haut, on doit récolter de préférence les racines en automne.

On doit placer les racines dans des boîtes bien fermées ou dans un local bien sec, les visiter souvent, et si les vers les attaquent, qu'elles se ramollissent ou moisissent, les nettoyer, les passer à l'étuve ou dans un four modérément chauffé.

Il est des racines que l'on veut conserver pleines de leurs sucs le plus long-temps possible, parce que leur énergie diminue beaucoup par la dessiccation : telles sont celles du raifort, du pied-de-veau, de l'iris, de la bryone, etc., que l'on conserve en les couvrant de sable sec.

Les bulbes, les oignons, comme ceux descille, par exemple, doivent être séchés et conservés de la manière suivante : Après avoir enlevé les tuniques et la lige centrale , on détache toutes les autres squammes, à l'exception des plus voisines du centre,on les déchire longitudinalement en plusieurs

nîèces, et, après les avoir enf.lées dans une licelle , ou le. suspend dans une étuve dont la température est très-elevée. jusqu'à ce qu'elles soient bien sèches.

Les feuilles et les tiges herbacées doivent être choisies sur des végétaux sains et exposés autant que possible au midi, cueillies à l'époque de la floraison de la plante , pai- u n. temps sec, après le lever du soleil et lorsque la rosée est dissipée On ne doit pas les laisser en tas m les presse le Unes co! les autres parce qu'elles s'échaulTent bientôt e se détériorent. On les étend sur des draps de toile , sur des. claies recouvertes d'un tissu à larges mailles , exposes aux rayons du soleil, ou dans une étuve dont la chaleur, de vingtcinq degrés d'abord, est graduellement élevée jusqu'à trentetrente-six et même pTus. Un grenier exposé au midi et suffisamment chauffé par le soleil peut remplacer l'étuve. On les remue de temps en temps afin que la dessiccation s'opère d^une manière égale , et on les retire lorsqu'elles se brisent entre les doigts. On les laisse alors au contact de l'air pendant quelques heures ; et dès qu'elles ont repris un peu de souplesse , on les enferme dans des boîtes que l'on place dans un lieu sec. Les feuilles ainsi préparées conservent leur couleur et une partie de leur arôme. Les feuilles sechées lentement et à l'ombre perdent quelquefois leur odeur et contractent une couleur fauve ou noire : dans cet état elles sont dépourvues de propriétés.

Les bourgeons doivent se récolter au moment où le mouvement d'ascension de la sève commence, un peu avant leur épanouissement.

Les fleurs se cueillent, pour la plupart, avant leur en- ~ lier épanouissement. Il en est même plusieurs qu'on récolte quand le calice ne fait à peine que s'entr'ouvrir. La rose de Provins est dans ce cas. Il en est cependant quelques-unes, comme les violettes, les pensées, etc., qu'on ne

dûilcneillir qu'après leur entier épanouissement, mais H ftmt que eet épanouissement se soit opéré depuis peu. Les neursdeslab.ees, telles que celles de romarin, de lavande,

e sauge, de thym, doivent être cueillieset séchées avec leur cal.ce, parce que c'est là que réside principalement leur odeur. Celles dont l'odeur réside spécialement dans les pétales sont ordinairement séparées du calice pour la dessiccat.on ; cependant Beaumé a observé qu'on les conservait bien mieux lorsqu'on les faisait sécher avec leur calice.

II y a des fleurs qui , étant trop petites pour être conservées séparément, doivent être cueillies avec les sommités de la plante : telles sont celles de l'absynihe , de la petite centaurée, de Thyssope, de la fumeterre, du caille-lait etc Après les avoir fait sécher en petites bottes, on les enveloppe dans des sacs de papfer.

Pour conserver le plus posssfble la couleur et l'odeur des fleurs, on doit les faire sécher promptement au soleil, à une étuve, ou, comme pour les feuilles, dans un grenier dont le loîl est suffisamment chauffé parla chaleur atmosphérique, en les plaçant sur des papiers soigneusement rangés euxmêmes sur des claies. On les remue de temps en temps, et lorsqu'elles sont sèches au point d'être réduites en poudre , on les retire pour Tes placer dans des boîtes ou des bocaux à l'abri de l'humidité. Il est essentiel que la partie épaisse des fleurs soit également sèche , sinon elles se décolorent et se détériorent promptement.

Il est des fleurs, surtout celles qui sont bleues, qui perdent bientôt leur couleur. Cependant celles de mauve restent colorées jusqu'à trois années. La lumière solaire contribuant à leur décoloration, nous conseillons de les sécher à l'éiuve ou dans un grenier, et de les conserver dans des boîtes garnies de papier, bien fermées et placées dans un lieu sec. Les violettes exigent des soins particuliers : après avoir enlevé les calices et les étamines, on fait sécher les corolles entre deux papiers, dans une étuve chauff"ée à 30 degrés R.,

,t on les conserve ensuite à l'abri du coi)iact de l'air, de la lumière et de riiumidité. Il ne faut pas mettre tropdnnportance à la conservation de la couleur des fleurs médicinales : ce n'est point là que résident leurs propriétés.

Les frmts qu'on veut employer frais doivent être choisis bien mûrs et pleins de sucs ; mais si l'on se propose de les faire sécher, il faut les cueillir un peu avant leur matunte parfaite, et par un temps sec. En général, pour la dessiccation des fruits on doit suivre la même marche que pour les feuilles, les fleurs, les racines, etc. Les fruits pulpeux, tels que la figue, la prune et le fruit du rosier sauvage ne doivent jamais être séchés au point de devenir tout-à-fait durs ; il suffit d'en faire évaporer l'excès d'humidité, ce qu'on obtient en les exposant à une chaleur d'abord très-douce , qu'on élève ensuite peu à peu, jusqu'à ce qu'ils soient arrives au de-ré de mollesse convenable. Les semences émulsives, les farineuses et toutes les autres, récoltées parfaitement mures, se placent sur des toiles de chanvre dans des greniers, a un libre courant d'air, ou dans une étuve médiocrement échauffée. On a soin de les remuer souvent , pour renouveler les surfaces en contact avec l'air.

Les écorces résineuses doivent être récoltées au printemps, quand les arbres commencent à être en sève ; les non-résineuses, ordinairement en automne. Il faut choisir les écorces produites par des arbres vigoureux, sains, dans la force de l'âge , sur des branches de deux ou trois ans. Après les avoir séparées de l'aubier qui pourrait y adhérer, ainsi que des mousses qui couvrent l'épiderme, on les coupe en morceaux d'autant plus petits qu'ils contiennent plus d'eau de végétation ; on les fait sécher au soleil ou dans une étuve , et on les conserve à l'abri de l'air, de l'humidité et de la poussière. Bien préparées, les écorces se conservent en bon état pendant plusieurs années.

Les bois indigènes usités en médecine , tels que ceux de

géncvrier, de buis, de gui de chône, doivent élie récollés avant le développement des bourgeons ou après la chute des feuilles. On doit choisir les grosses branches, et, à l'exception de celui de génevrier, on laisse l'écorce et l'aubier. Tl suffît, pour la dessication, de les exposer au soleil ou à l'air, à l'abri de la pluie et de l'humidité.

—Nous ne terminerons pas sans dire qu'il faut, autant que possible, renouveler les plantes chaque année, et apporter à leur récolle tous les soins que nous venons de recommander. La négligence h cet égard, en diminuant ou anéantissant le principe médicamenteux des plantes indigènes, a puissamment contribué à les faire tomber dans le discrédit.

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