‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 36 sur 278 · CAMOMILLE PUANTE · texte numérisé non relu

CAMOMILLE PUANTE

MAROUTE, CAMOMILLE FÉTIDE.

Chamcemelum fœiidwn (T.) Aniliemis coiula (L.)

Celle plante est très-commune dans les champs incultes. Toute la plante est usitée.

Prâpamtlonfit et doses.

A l'intérieur : Infusion des [leurs, 5 à 12 gram. par i/2 kiiog. d'eaii. •

A l'extérieur : En fomentation (toute la plante), cataplasmes, etc.

Propriétés.

La camomille fétide, d'une saveur amère, d'une odeur pénétrante, est aniispasmodique, carminalive, antihystérique.

Celle plante, trop négligée, et que l'on peut se procurer si facilement, peut être employée avec avantage dans les

névroses, etsurloul dans l'hystérie, la gastralgie, Tenléralgie. Elle m'a réussi dans les cas où la gastralgie s'accompagne de natiiosilés, qu'elle dissipe Irès-pronipiemenl.

[Peyrillie ordonnait la camomille fétide avec succès, h forte dose, contre des lièvres intermillenles rebelles au quinquina. On sait que quelquefois ces fièvres sont entretenues par un état nerveux qui cède à l'emploi des sédatifs et des antispasmodiques, après avoir résisté aux fébrifuges amers et astringents.

[On peut, pour l'usage intérieur comme pour l'extérieur, substituer les fleurs de celte plante à celles de camomille romaine.]

CAPUCINE (grande),

CRESSON DU PÉROU, CRESSON d'iNDE , CRESSON DU MEXIQUE.

Cardaminclum ampliore folio et majori flore (T.) Troi)œohini majus (L.)

Originaire du Mexique et du Pérou , celte plante fait aujourd'hui l'ornement de nos jardins : toutefois elle n'y est qu'annuelle, tandis quelle est vivace dans son pays natal. Les feuilles, les fleurs, les boulons et les fruits tendres, sont usités.

Préparations et doses.

A l'intérieur : Décoctiov, de IS à 30 gram. par kilog. d'eau. Suc exprimé , de 30 à 60 gram., seul ou mêlé avec le lait, la conserve de roses , etc.

Propriétés.

Douée d'une saveur acre, piquante, et d'une faculté stimulante et tonique, elle offre un antiscorbulique qui n'est pas assez employé. On confit au vinaigre les jeunes boutons el les fruits verts , comme ceux du câprier, qu'ils peuvent remplacer. On doit dire cependant que l'action médicamenteuse de ce cresson péruvien est très-inférieure à celle de nos cressons indigènes comme antiscorbulique.

On a préconisé le suc de capucine contre la phthisie : a On entend ici, à ce que je crois, dil Etimuller, la phlhisie scorbutique, lorsque l'acide du scorbut corrode le poumon.» Je crois plutôt, avec Roques et Biett, que le catarrhe pulmonaire ayant été très-souvent confondu avec la phlhisie, on doit ajouter peu de foi à ces cures brillantes faslueusement prônées par des médecins inhabiles, incapables de saisir le vrai caractôi^e d'une maladie. J'ai été à même de vérifier

ïa justesse de celle remarque, et d'apprécier en m^me temps les propriétés de la capucine. Marie Rousselle, âgéede 30 ans, d'un tempérament lymphatico- sanguin, avaii été prise, dans les premiers jours du mois d'août, à la suite de travaux pénibles, et après avoir bu de l'eau froide élant en sueur, d'une bronchite très-intense. Cette affection fut négligée, devint chronique- et prit toutes les apparences d'unephthisie pulmonaire au seconde degré. C'est dans cet état que je vis la malade , vers la fin de septembre 1842. Elle avait perdu tout son embonpoint ,. avait des sueurs nocturnes, toussait beaucoup, et expectorait abondamment des crachats épais et muqueux, principalement le matin. Avant d'avoir percuté et ausculté la poitrine, je la croyais moimême phthisique. L'exploration la.plus atlenirve ne m'offrit que l'existence d'un râle muqueux très-prononcé. Je fus rassuré, sans cependant annoncer une guérison à laquelle je n'osais croire,, malgré les signes favorables fournis par l'examen local , tant l'éiat général état peu satisfaisant. Je saisis cette occasion d'essayer l'usage du suc exprimé de capucine. J'en fis prendre d'abord une once dans une tasse de petit lait. J'augmentai la dose peu à peu , jusqu'à celle de 3 onces en deux fois, dans la journée. Dès les premiers jours la toux diminua , ainsi que l'expectoration ; les sueurs cessèrent peu à peu , le mouvement fébrile du soir disparut, le pouls, habituellement fréquent dans ce genre d'affeclion, reprit son rythme habituel, les forces revinrent avec l'appétit et le sommeil, et au boul de 25 à 30 jours le rétablissement était assuré. Il fut consolidé par l'usage pendant quinze jours d'une décoction de racine d'aunée^ dont la convalescente prenait trois tasses par jour.

Je suis convaincu que le suc de cresson de fontaine , dont j'ai fait usage dans des cas analogues, eût produit le même effet.

CARDAMINE,

CRESSON DES PRÉS, CRESSON ÉLÉGANT, CRESSON SAUVAGE , PASSERAGE SAUVAGE.

Nastiiriium pratensc (T.) Cardamine pratensis (L.)

On irouve cette plante partout, dans les prairies basses et humides, dans les marais , le long des fossés. On met en usage la plante et les sommités fleuries.

Préparation» et doseat.

A l'intékieur : Décoction ou infusion, de 30 à 30 giam. par kilog'.

Suc exprimé, de 30 à i 00 gram., en potion, dans un bouillon,etc. Feuilles pulvérisées, de \ à-i gram. (d'après Georges Baker, qui:

en préconise l'emploi dans l'hystérie, la chorée, la dysphagie,

l'asthme, etc.

Propriété».

La cadarmine se rapproche du cresson. Les jeunes feuillespourraient se manger, comme celles de ce dernier, en salade, ou servir à assaisonner les salades d'une saveur plus douce.. On peut considérer celle plante comme anliscorbutique, tonique, excitante. Je l'ai vu employer dans l'asthme commeexpectorante, chez un vieillard. Il en éprouvait beaucoup de^ soulagement en la prenant en décoction aqueuse avec unesuffisante quantité de miel.

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