‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 43 sur 278 · CHANVRE · texte numérisé non relu

CHANVRE

Cannabis saiiva (T.) Camahis saina (L.)

Bien que le chanvre soit originaire des Indes orienlales, il cvoU spontanément sur les bords de la Nevva , du Boryslène et duWolga. On le cultive dans nos champs pour l'emploi industriel de la partie textile de sa tige, et pour sa

(d) Cet article n'clail pas clans le nicmoirc prc^scnlc au concours.

o-rainc, connue sous le nom do chenevis. Les feuilles et les semences sont usitées en médecine.

Préparations) et doses.

A ViyTÉriiEVVx: liifiision aqueuse des feuilles, 30 à 60 gram. par kilog. d'eau.

roftisioii des semences, 30 à 00 gram. par kilog. deau. Emulsio)x, 8 à 10 gram. pour. 130 gram. d'ean.

A l'extérikuu : Feuilles fraîches ^ en cataplasme.

Propriétés.

Tout le monde connaît l'odeur vireuse qui s'exhale chi chanvre. On sait aussi que ceux qui dorment près du champ où il se trouve en pleine vigueur éprouvent en s'éveillant des vertiges, des éblouissements, une sorte d'ivresse. Cet effet ne se produit pas aussi facilement dans le nord que dans le midi. Cependant on m'a dit l'avoir observé dans le Calaisis, chez un enfant de neuf ans qui s'était endormi en plein midi près d'une cheiievière exposée aux rayons ardenis du soleil. L'eau dans laquelle on rouit le chanvre exhale des miasmes qui occasionnent des maladies graves ; elle contracte un degré de putréfaction tel que les poissons soumis à son action délétère languissent et meurent. Cependant la toux, l'hémoptysie, l'asthme, la phthisie, qui attaquent les individus qui battent et cardent le chanvre, sont plutôt produits par la poussière qui pénètre avec l'air dans les bronches que par les exhalaisons qui se dégagent de cette plante.. Ce qui vient à l'appui de celte opinion, c'est que les cardeurs de lin , respirant aussi un air chargé d'une poussière fine et ténue, sont sujets aux mômes maladies.

Gilibert a étudié sur lui-même l'action des feuilles de chanvre. Il en fit infuser une once dans une demi-livre d'eau. Celte infusion , d'une odeur et d'un goiit nauséeux , souleva rcslomac, produisit la céphalalgie, augmenla le cours des urines et détermina une sueurVélide. Lq même praticien a vu réussir celle boisson dans le rhumatisme chronique elles dartres ; il dit aussi que les feuilles fraîches appliquées en cataplasme raniment les tumeurs froides , et les disposent à la résolution.

Le chenevis, écrasé et infusé dans de l'eau bouillanle , fournit une émulsion adoucissante que Tode et Swediaur ont employée avec avantage dans la gonorrhée accompagnée d'une vive irritation innammaloire.''Elle est aussi trôs-ulilo suivant Murray, dans la blennorrhagie arthritique , ensuivant d'aulres auteurs, dans l'ictère spasmodiquc. Je l'ai cm-

ployée avec succès dans la période d'irrilaiion du catarrhe vésical, el dans un cas de rélcniion d'urine accidentelle et occasionnée par l'abus des spiritueux. Je pense que celte émulsion peut être aussi administrée avec avantage dans les plilegmasies gaslro-intesiinales et bronchiques. 11 paraît que la semence de chanvre participe jusqu'à un certain point des propriétés narcotiques des feuilles de cette plante.

Ne pourrait-on pas, en médecine, substituer l'huile qu'on en lire à celle d'amandes douces ?

Le chenevis , pour cire de bonne qualité, doit être gros, lisse, noirâtre et pesant.

Tout porle à croire, malgré l'opinion du botaniste Lamarck, que le cannabis indica avec lequel les Orientaux préparent le haschish des Ismaéliens , le bangiie des Usbecks, le maslac des Turcs, compositions exhilarantes, enivrantes et aphrodisiaques, n'est autre chose que le cannabis saliva rendu plus énergique par l'influence du climat. Cette plante, comme tant d'autres, diminue d'activité à mesure qu'on avance dans le nord, et, si l'on en croit Bergius , les chanvres de la Suède sont loui-à-fait dépourvus de la propriétés enivrante, quoique provenant de la même semence que ceux du midi.

Page 1