‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 55 sur 278 · CONCOMBRE COLOQUINTE · texte numérisé non relu

CONCOMBRE COLOQUINTE

Colocynthis fruciu rotondo majore (T.) Cucumis colocynthis (L.)

Cette plante, originaire de la Syrie, d'Alep. des îles de l'Archipel, est naturalisée et cultivée en France. Ses truits sont usités.

Préparation» et dose».

A i'intériEDr: Infusion ou décocHon, de l à 8 grani. pour 1 Mo-: d'eau (rarement employée à cause de son amertume.)

La pulpe bien pidcèrisée, de 20 à CO cent-, seule ou associée à la

adraffanle. , .

Teinture (\ sur 12 d'alcool), de 20 cent, à \ gram., progressivement, dans un véhicule approprie.

Vin (vin sucré) (i sur 6 de vin blanc), de 1 5 a 60 gram. Extrait aqueux (\ de chair sur 7 d eau froide), 1 de 5 « 40 cent., Extrait alcoolique (2 sur 3 d'al. et 9 d eau froide), f en bols,'pilules. A l'extérieur : Pulpe, appliquée sur l'ombilic, comme purgative et vermifuge.

Propriétés.

La coloquinle, d'une saveur très-amère , est un purgatif drastique, hydrogougue, emménagogue et vermifuge. On l'a vanté dans les hydropisies passives , les affections soporeuses, certaines maladies de la peau , la manie, 1 epilepsie, la colique saturine , la goutte, l'arthrite chronique, lascialique, les engorgementsaloniques des viscères, les douleurs mercurielles, les congestions cérébrales, et comme vermifuge assez énergique pour tuer le ténia.

Ce purgatif drastique agit avec la même énergie que la gomme-gùtte. A grande dose, il est toxique ; il produit des évacuations sanglantes très-douloureuses , l'érosion et l'ulcération des intestins. J'ai vu des militaires atteints d'enlériie pour avoir pris intérieurement de fortes doses de coloquinte, dans l'inlenlion de supprimer promptement la chaude-pisse. Elle agit plus spécialement sur le rectum.

Je l'ai administré dans le cas d'hémiplégie appopleclique , en lavement à la dose de 4 à 8 grammes décoctés, toutefois après une déplétion sanguine suffisante.

Les anciens ont regardé avec raison la coloquinte comme un purgatif violentet dangereux. Les Anglais font un usage fréquent de l'extrait de celle plante, mêlé à d'auti'es ingrédients, est surtout au calomel, dans les maladies chroniques du foie.

Mais de toutes les maladies dans lesquelles on en a fait usage, la syphilis conslitulionnelle, s'il faut en croire Schrœder, serait celle où la coloquinte aurait ou le plus de siuH'.ès,

J'applique souvent sur l'abdomen des enfants, connue vermifuge, un mélange d'exlrail de cohxininio. 1 graunue; d'aloës pulvérisé, 2 grammes, et de suc d'absynli!;'. (juaulité suffisante. Je place ce mélange au coiiirc d'un eaipLure agglutinalif, afin de le mainienir assez long-îeinps en place pour lui faire produire Teifel désiré. Ce topique fait souvent rendre les lombrics qui existent dans les intestins chez les enfants auxquels il est difficile d'administrer les vermicides à l'intérieur. En pareil cas, j'ai aussi employé la coloquinle par lu méthode endermiquc.

J'ai quelquefois appli(iué sur le noiubril , pour produire le môme effet, la pulpe de coloquinte mêlée avec le fiel de bœuf.

[Le docteur Chresiien de Montpellier {de la Méthode la- Imleplique, Paris 1841), a employé avec succès la coloquinte en frictions sur l'abdomen ou à l'intérieur des cuisses, dans les affeciions mentales. Ce médecin rapporte huit observations de manie guéries par l'usage de ces frictions, pratiquées soit av^c la teinture (60 à 100 gouttes), soit avec la poudre de coloquinte (1 i\ 2 grammes), mêlées ù l'axonge. L'action du médicament se manifestait tantôt par des évacuations alvines, tantôt par l'augmentation de la sécrétion des urines.]

[La coloquinte doit ses propriétés à un principe très-actif que Vauquelin en a séparé sous le nom de colocynihine, substance résinoïde d'une amertume extrême, et si énergique qu'elle peut , à la dose de 5 à 10 centigrammes, remplacer l'huile de crolon tiglinm. La coloquinte entre dans une foule de médicaments conqîosés dont les forn;!ules ne se trouvent plus que dans les anciennes pharmacopées telles que celles de Lemerv, de Charas, de Beaumé et antres.]

(Voy. p. 624).

Page 1