AIL
AUiim satîvum (T- AUium salivum (L.)
Celle plante exotique est devenue indigène par sa culture dans nos jardins.-La bulbe est la seule partie usitée.
Prcparallonis et doses.
A L'iMÉRiEUU : DècocUou,8 à 20 grani. par kilogr. d'eau ou
Si?oV(S' MU- 2 d'eau et 2 de sucre), 50 à GO gram., en notion.
Suc 25 cent, à 00 cent., en potion, bols, pilul.
Oxymel (1 de vinaigre d'ail sur 2 de miel).. 30 à 60 grara., en
Fil!«î!!!"'( l sur 12 de vinaigre), 3 à 20 gram. dans 50 à 400 gram. de tisane.
A l'extérieuu : En siib.slance, comme épilhènie rubéfiant, vésicant.— Le vinaigre pour lotions, fumigations, etc.
Propriétés.
L'ail est un excitant énergique, mais d'une action momentanée. Il facilite la digestion, augmente l'appétit et excite les organes urinaires et pulmonaires. On l'emploie dans diverses" maladies chroniques sans phlegmasie , dans les fièvres intermittentes, les liydropisies, l'asthme humide, le catarrhe chronique, les alTeciions scorbutiques, vermineuses. — A l'extérieur, on l'applique comme rubéfiant et vésicant, comme résolutif sur les tumeurs scrofuleuses, l'œdème, eic. A Sumatra une feuille stimulante frottée d'ail sert de vésicatoire.
J'ai souvent employé l'ail comme vermicide , expectorant et fébrifuge. Je lui ai reconnu une vertu plus particulièrement prononcée sur l'appareil génito-urinaire et sur la peau. Il m'a été très-utile comme expectorant. L'emploi de l'ail comme vermifuge et comme préservatif du mauvais air est tout-à-fait populaire dans nos campagnes. Son odeiir forte, extrêmement volatile et très- pénétrante, semble justifier son emploi pendant le règne des épidémies. Je ne pense pas qu'il agisse ici seulement comnie tonique. Son arôme, imprégnant l'atmosphère et pénétrant dans nos humeurs, peut les modifier et s'opposer à l'intoxication qui produit les fièvres de mauvais caractère, le typhus et la peste. J'ai connu des paysans qui ont pu se préserver des fièvres intermittentes sévissant dans les marais du Calaisis, qu'ils habitaient, en mangèanl de l'ail matin et soir. Il serait à désirer ^ue l'on en fît un usage habituel dans les lieux aquatiques. La vertu fébrifuge de l'ail, reconnue par Celse,etconstatée par Bergius et par Bocrhaave,ne m'a laissé aucun doute depuis que je l'ai moi-même employé dans des cas de fièvres invétérées et accompagnées d'un état cachectique voisin de l'hydropisie. Comme les célèbres médecins que je viens de citer, je fais prendre malin et soir une gousse d'ail que le malade mange; j'augmente jusqu'au nombre de six. Quand la fièvre
est passée, Je fais diminuer jusqu'au nombre de deux, elle malade conlinue ce iiombi-e pendant plusieurs semaines.
Le suc d'ail mêle dans un verre de vin blanc , et pris à jeun, m'a réussi pour dissiper en peu de temps l'anasarque essentielle, suite de suppression de transpiration ou de fièvres intermittentes. Sydenham vante les bons effets de l'ail dans l'hydropisie.
J'emploie souvent ce précieux bulbe dans la bronchite chronique et apyrclique, dans l'asthme humide, dans les affections vermineuses. Dans ces cas je le donne en décoction dans le lait. Rosensten cite une femme qui, après avoir mangé pendant six mois une gousse d'ail tous les malins , rendit enfin un ténia de seize brasses de longueur.
Je fais un vin d'absynihe et d'ail (15 gram. d'ail et 30 gram. d'absynthe) , que J'administre par cuillerées plus ou moins rapprochées, suivant l'âge et le but que je me propose. Ce vin est surtout employé comme anthelmintique et fébrifuge. Lind employait l'ail dans le scorbut.
Desséché au point de perdre plus de la moitié de son poids , l'ail ne perd presque rien de sa saveur ni de son odeur; mais cuit dans l'eau ou dans le vinaigre, il perd l'une et l'autre, et se réduit en un mucilage très-visqueux, qui peut rendre les plus grands services comme émollient, et remplacer les gommes arabique et adraganl.
A l'extérieur, l'ail agit comme rubéfiant, et excite même des phlyctens comme la semence de moutarde. Je l'ai souvent employé dans mes tournées à la campagne, faute d'autres substances, pour remplacer la moutarde ou les cantharides. C'est surtout pendant l'hiver que j'employais ce moyen. Pendant l'été , des plantes acres et vésicantes s'offrent en foule pour produire le même effet.
J'ai fréquemment appliqué à la plante des pieds, contre la coqueluche , un mélange de parties égales d'axonge, de feuilles de jusquiame et d'ail , réduit en pommade. Une légère rubéfaction avait lieu , et raclion de la jusquiame se faisait remarquer par une diminution marquée dans la fréquence des quintes. Celte diminution n'avait pas lieu aussi promptement par le simple mélange de l'ail et de l'axonge employé comme révulsif , bien que la rubéfaction fût plus fortement produite.
J'ai vu un garçon de ferme se débarrasser de la gale par des frictions pendant huit jours faites avec un mélange de suc d'ail et de beurre salé. (Voy. supplément, p. 601).
ALCHIMILLE,