‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 65 sur 278 · GANT DE NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

GANT DE NOTRE-DAME

Digilalis pnrpiireci (T.) DicjiiaUs pv.rpurea (L.)

La digitale se trouve dans les bois des environs de Paris, et surtout dans la Normandie et la Bretagne , le long des roules, dans les terrains sablonneux et élevés. On la cultive dans les jardins, où elle se sème d'elle-même. Les feuilles et les fleurs sont usitées.

(1) La gale consiste dans de jielitcs vésicules occupant les interstices des doigts, les aisselles, la partie interne des cuisses, et contenant une matière séreuse qui, de transparente qu'elle est d'abord, devient jaunâtre, épaisse, concrèle. Le prurigo se développe le plus souvent dans le sens de rextcntion des membres, et les papules qui le consliluent, décliirces par les ongles, se couvrent ordinairement de petites croûtes noires de sang desséché.. Mais ce qui distingue surtout le prurigo de la gale, c'est que dans celte dernière les malades éprouvent du soulagement en se grattant, tandis que dans le prurigo, la démangeaison n'en devient que plus vive. L'absence de Yacarus scabici dans le prurigo établit encore une différence entre ces deux dermatoses.

Préparnlloiis ol do8e«.

À L'iNTÉniECR ; Infusion des feuilles (comme diiirtHiqiie), 4 à 4 Sram. par kilo:,', tl'eaii bouillante.

Ixfusion des feuilles ( comme conlro-slimulant), 4 à 42 gram. par kilog, d'eau.

Suc exprimé (comme dlurélique el sédatif), 2 à 8 fïram.

Sirop (i''iu fusion ( I de feuilles sur 40 d'eau el autant de sucre) ,

•15 à 100 gram., comme diurt'ti(iue.

Sirop de suc {2 de teinture de suc sur 7 d'eau et 15 de sucre) ,

45 à 400 gram.

Poudre (comme diurétique), 5 à 60 centigram., progressivement. Poudre (comme contro-slimulant) , 50 ceuligr. à 4 gram., progressivement.

Extrait alcoolique ( 4 sur 8 d'alcool à 24° ), 2 à 50 centigram., en pilules, potion , etc.

Extrait aqueux | opéré par évaporation avec le suc) , 2 à 50 centigram., en pilules; etc.

Suc. épaissi, 2 à 50 centigrammes.

Teiniure alcoolique (1 de feuilles sur 4 d'alcool), 10 centigram. à 1 gram. comme diurétique , et de 4 à 2 gram. et plus comme contro-stimulant.

Teiuiute élhérée^ comme la teinture alcoolique.

A l'extékieur : Poudre, en frictions (macérée dans la salive ou dans l'eau), oii par la méthode endermique. Teinture , 2 à 45 gram., en frictions.

Feuilles en décoction^ cataplasme, fomentations, pommade, etc.

Propriétés*

La digitale , d'ime savour d'abord nauséeuse , puis trèsamère, détermine l'excrétion d'une assez grande quantité de salive , un léger sentiment d'àcreté dans le gosier, un faible soulèvement de cœur el de la sécheresse dans la bouche. Celle plante exerce une action stimulante sur les organes digestifs , sur le système nerveux, sur divers organes sécréteurs, et même, quoique d'une manière instantanée, sur le système sanguin. Ses effets sur l'organisme sont, comme pour toutes les substances toxiques, subordonnés aux doses auxquelles on l'administre. A hautedose, elle irrite fortement la muqueuse gastro-intestinale, stupéfie le système nerveux, cause des nausées , des voniissemenls, des cardialgies, des vertiges, des syncopes, du délire, des hallucinaiions, un coma profond et la mort. A dose modérée, elle stimule l'estomac, augmente d'abord l'action du cœur, et devient secondairement contro-stimulante. A petite dose, elle augmente la sécrétion urinairc et active les fonclionsdu système absorbant. Presque toujours clic dimi-

il3

nue la fréquence du pouls : cette diminution peut être d'un tiers ou même de moitié. On l'a vue quelquefois , chez certains sujets, exciter la salivation et même la sueur.

[L'elTet sédatif de la digitale sur la circulation est d'autant plus facilement obtenu que l'estomac, qui en reçoit l'action primitive, est moins irrité. Broussais a ie premier remarqué que lorsque l'irrilalion gastrique est prononcée, la sédaiion n'est point opérée, ce qui peut jusqu'à un certain point expliquer la diversité des opinions émises sur les effets de cette plante. Cependant lorsqu'il n'existe pas d'irritation gastrique antérieure et qu'on n'élève pas les doses de la digitale au-delà de 15 à 30 centigrammes par jour, l'excitation que celte plante détermine momentanément et à diverses reprises dans les premières voies ne l'empêche pas de produire le ralentissement du pouls.

Si après avoir obtenu ce ralentissement, on continue d'administrer la digitale à la même dose, le pouls revient à son rythme habituel. Il est donc nécessaire d'en suspendre de temps en temps l'usage, et de recommencer par desdoses légères qu'on augmente progressivement.]

J'ai rencontré des sujets chez lesquels je n'ai jamais pu produire la sédation par la digitale administrée sous toutes les formes et avec toutes les précautions possibles. J'ai quelquefois même constaté une accélération soutenue du pouls par son usage, sans qu'il se manifestât la moindre irritation d'estomac. Ces cas exceptionnels se rencontrent très-rarement ; mais, quoiqu'il soit plus facile de les observer que de les expliquer, il n'est pas inutile d'en faire mention.

[J'ai vu la digitale en poudre, donnée à la dose de 25 centigrammes en trois prises dans la journée à une jeune femme atteinte de palpitations par suite de chagrins domestiques, causer des vertiges, des étourdissemenls , suivis de vomissements, d'anxiété précordiale , et d'un ralentissement si prononcé dans la circulation , que le pouls ne donnait plus que trente-quatre pulsations par minute. Ces accidents se dissipèrent peu à peu , et je pus de nouveau et sans inconvénient employer le médicament en teinture, à la dose de trois gouttes, et en augmentant progressivement jusqu'à celle de quinze gouttes par jour. La sédation s est manifestée par la cessation graduelle des palpitations.

Ce qui arrive presque toujours, comme nous l'avons dit plus haut, par l'action de la digitale prise à une certaine dose, c'est une excitation du cœur et des vaisseaux sanguins, à laquelle succède bientôt un ralentissement , un

^ffct sédatif qui ne saurai L êlre conicslé. Ces changemenls physiologiques sont d'autant plus prononcés que la dose de la plante a été plus élevée cl que l'on a persisté dans son usage. Saunders, dont les expériences sont connues, a vu la fièvre inflammatoire être le résultat immédiat de cette persistance. Un fait à peu près semblable s'est offert à mon observation chez un jeune homme de 15 ans, atteint de palpitations telles qu'on en observe à l'âge de puberté, et qui ne reconnaissent le plus souvent d'autre cause que le développement naturel , le surcroît d'activité des organes contenus dans la poitrine. Il a suffi de six doses de 5 centigrammes chacune , prises dans l'espace de quarante-huit heures, pour donner lieu à une fièvre violente, qu'une saio-née de 400 grammes et l'usage des boissons émulsives el mucilagineuses ont promptemenl dissipée. Un ralentissement marqué dans la circulation a succédé immédiatement à l'excitation fébrile: de 105 pulsations le pouls était tombé à 65. L'état des voies digeslives me le permellant , i'ai pu entretenir ce ralentissement en donnant au malade l'extrait aqueux de digitale à la dose légère de 2 centigrammes, trois fois par jour , et progressivement a celle de 10 centigrammes, que je n'ai point dépassée. Le malade , dont l'affection morale était grande, par la crainte d un anévrisme , était guéri le irentièmejour.

J'ai cru devoir dans ce cas suspendre 1 administration de la di'-iiale quelques jours après l'émission sanguine, afin de nVassurer de la réalité de son action sédative ; dès le troisième jour de cette suspension, le pouls était revenu a 80 pulsations : la reprise du médicament l'a ramené de nouveau à une variation de 60 à 65 battements.

On peut induire des faits que nous venons de citer : i» que dans l'administration des médicaments énergiques en gênerai et de la digitale en particulier , il est important de varier Ips doses et de ne commencer que par les plus légères; 90 nu'il est quelques fois utile de substituer une préparation h une autre ; 3» que l'on obtient le ralentissement du pouls -sans excitation primitive appréciable, en commençant 1 usage de la digitale par des doses très- légères qu on n augmente que peu à peu.

L'infusion de la poudre de digilale pendant une heure , dans s. q. d'eau, à la dose de 50 centigrammes a l gramme, u'a spmblô la préparation la plus active; mais elle est plus difficilement supportée par l'estomac que la poudre , la te nture et l'exlraii aqueux préparé par évaporation avec le suc Quelquefois, après avoir donne inutilemenl la

leinlure , j'ai obtenu de prompts effets de la poudre chez le même malade et lout-à-fail dans les mêmes circonstances.

J'ai reconnu que la poudre de digitale, en substance ou en infusion, el l'extrait aqueux préparé avec le suc exprimé, avaient un effet plus certain et plus constant que toutes les autres préparations. J'emploie le suc exprimé de digitale dans les palpitations, les dyspnées, etc. Je commence par la dose de 1 à 2 grammes, et j'augmente graduellement jusqu'à celle de trois cuillerées à café, mêlées avec une sufïisante quantité d'eau miellée ou sucrée.]

L'influence si marquée de la digitale sur la circulation a dû la faire employer dans les maladies du cœur, où elle a eu des avantages réels dans les palpitations anévrismaliques, dans certaines liémorrhagies actives, telles que l'hémoptysie, la métrorrhagie par afflux utérin, l'épilaxis, etc. La teinture alcoolique de cette plante, à la dose de 1 à 2 grammes , avec 4 grammes de nitrate de potasse dans 220 grammes d'eau distillée de laitue, donnée par cuillerées d'heure en heure , m'a parfaitement réussi dans plusieurs cas d'hémoptysie grave , principalement caractérisés par le molimen hémorrhagique très-prononcé et par la fréquence du pouls. J'ai pu ainsi m'abstenir de saignées répétées et conserver les forces dans des circonstances où une disposition phlhisique rendait redoutables les émissions sanguines trop abondantes.

L'emploi de la digitale, indiqué quand il y a hypertrophie, contractions énergiques des ventricules avec ou sans dilatalion, est évidemment nuisible dans la dilatation des cavités du cœur avec amincissement des parois, débilité générale, teinte violacée de la face, etc.

Dans les palpitations résultant d'une surexcitation primitive du système nerveux, l'effet sédatif de la digitale est bien moins marqué et même souvent nul : c'est directement sur la cause première qu'il faut agir, et non sur le cœur, qui n'est que sympathiquemenl atteint ou seulement sous l'influence d'une concentration essentiellement vitale.

[Considérant l'eflet sédatif de la digitale, on a été conduit à l'employer dans les inflammations. Beddoes, qui a exagéré les propriétés de celte plante, a cru néanmoins devoir signaler les dangers auxquels expose l'abus qu'on peut en faire< « Si quelqu'un était assez fou, dit-il, pour négliger la ressource presque certaine qu'offre la lancette dans la pleurésie, en faveur de la vertu sédative de la digitale, il augmenterait la maladie s'il se bornait à des doses modérées. Si, voulant associer divers agents thérapeutiques, il faisait en même temps

des saignées copieuses, sa pratique ne serait pas rationnene, le bien-être produit par la phlébotomic pouvant masquer les mauvais effets causés par le remède. »

Cependant nous ne devons pas laisser ignorer que Tommassini employa la digitale dans un cas de pleurésie où les saignées lui avaient paru inutiles, et que Mac-Léan cite un cas h peu près semblable. Cette plante m'a réussi dans les épanchements pleuréliques, où elle agissait plutôt comme diurétique que comme sédative ; mais ayant toujours appliqué en même temps un vésicatoire sur le côté malade, je ne puis faire la part du médicament dans les résultats heureux que j'ai obtenus.

La digitale a été placée par les médecins italiens au nombre des remèdes contro-stimulants. Rasori l'a employée dans la pneumonie, et J. Frank l'a proposée en décoction , unie au nitrate de potasse (1 à 2 gram. de feuilles de digitale dans 650 gram. d'eau réduite à 500 gram., avec addition de 4 gram. de nitrate de potasse et 30 gram. de sirop simple ) Mais comme on a dans le tartre stibié un moyen beaucoup plus certain, la digitale, dont les avantages dans ce cas sont loin d'être démontrés, a été avec raison abandonnée.

Comme diurétique, la digitale est un des meilleurs moyens curaiifs dans leshydropisies essentielles. Dans l'hydroihorax dépendant d'une lésion organique du centre circulatoire , elle produit un soulagement tel, en dissipant rinfiltraiion et les collections séreuses, que des malades ont pu prolonger leur existence pendant plusieurs années et rester quelquefois long-temps sans récidive. Ici l'hydropisie n'est que 1 effet d'une autre maladie; mais cet effet devient lui-même une cause qui lue le malade avant que la lésion essentielle soit arrivée à sa dernière période. Dans ce dernier cas, la ^dioitale agit à la fois comme sédative et comme diurétique contre les palpitations et contre l'hydropisie. Comme diurétique elle est si énergique qu'après quatre ou cinq jours de son usage, les hydropiques rendent quelquefois six li tres d'urine en vingt-quatre heures, quoique dans le même temps ils n'aient pris qu'un litre de boisson. Celle diurèse ne commence en général que trois à cinq jours après 1 emploi de la digitale, et elle est annoncée par la limpidité des urines, lorsque celles-ci étaient auparavant troubles et sedimenleuses. Quand ce changement a lieu, lors même que la sécrétion urinaire n'est pas augmentée, je puis pronostiquer avec certitude le succès désiré : c'est un fait de semeiotiaue que j'ai constamment observe. Lorsqu au bout de ihuit jours de l'usage de la digitale l'effet diurétique ne s est

pornl nianifeslé, il est iniilile d'én conlinuer l'adminislralion. Il faut recourir à d'aulres moyens ou l'employer à l'extérieur, ce qui réussit quelquefois.

Je pense avec le D"" Vassal [Dissertation sur les effets de la digitale pourprée dans les hydropisies) , que la digitale est sans effets dans les hydropisies eiîkislées et dans celles du cerveau et du rachis. Je crois môme qu'elle réussit bien rarement dans Tascite, à moins que cette dernière maladie ne soit essentielle et passive fl).

J'ai rencontré en 1840 un cas de cette espèce , survenu à la suite de la scarlatine , chez un garçon de douze ans, ayant le sang appauvri par la misère, et qui fut guéri d'un épanchement séreux abdominal par l'usage de la poudre de digitale à l'intérieur et des frictions avec la teinture de Id même plante sur le bas- ventre.

Je pourrais produire un grand nombre d'observations en faveur de l'emploi de la digitale dans les hydropisies ; mais elles ont tant d'analugie avec celles qu'on trouve dans les auteurs (2), qu'elles ne pourraient être qu'une répétition de faits connus de tous les praticiens , et sur lesquels il ne reste aucun doute.]

Je me contenterai de rapporter ici un cas d'albuminurie aiguë bien caractérisée (maladie de Brigh : hydropisie dépendante d'une affection des reins), et dans lequel la teinture de digitale a été employée avec succès, M""^ de Lamarlière, âgée de 35 ans, d'un tempéramment lympathicosanguin, enceinte de cinq mois environ, et n'ayant jamais eu d'enfant , était dans un état alarmant lorsque je fus appelé , bien qu'elle ne fiJt malade que depuis une dizaine de jours. Elle avait de fréquents vomissements , le pouls était dur, vîie et plein, et la difficulté de respirer tellement grande, qu'elle était obligée de se tenir sur son séant. Une douleur sourde, plus prononcée à gauche, existait à la région lombaire; les extrémités inférieures étaient œdéma-

(1 j Dans ces liydropisies les absorbants et les exbiilaiits sont in.iclifs ou agissent avec beaucoup moins tl énergie. Je sais qu'où a oie l'existence de celle cause tlans les hydropisies, comme on a rcpf>us^é dans la doctrine physiologique la possibilité îles h(.-morragies passives ; coniuie si dans l'inertie de l'ulérus, par exemple, où ies orifices vasculaircs laissent échapper le sang, on n'avait pas une preuve irrécusable de l'existence de ces himorragics. Eh bien! l'epanchement séreux dont je parle est-il autre chose qu'ut.e hémorragie blanche passive ?

(2) Ces auteurs sont principalement Bm*m,T-DF,-ViLLF.ns ( Essai sur les propriclcx mcd'ic. delà digiude, 2e édit., 1812) ; Vassal (Dissert, inaug. sur les effets de la digitale dans les hydropisies, iSÙ9) ; Comtf, (de l' Hydropisie de poitrine cl des palpitations de cœur, 2e édit., 1822;.

liées, volumineuses, tendues, crypsipélaleuses vers la partie inférieure, où se trouvaient d'anciens ulcères variqueux et ini engorgement cellulaire habituel. Les urines étaient sanguinolentes.

La région du cœur m'offrit à l'exploration des battements précipités, profonds, sourds, de la matité à la base dans une étendue assez considérable , et telle que je pus constater l'existence d'un épanchement péricardique. Ce fut le 17 mai 1845 que je vis la malade pour la première fois. Je pratiquai immédiatement une saignée du bras de 500 gram. Je constatai dès le lendemain, d'abord par l'acide nitrique, ensuite par l'action de la chaleur, d'après les procédés indiqués par M. Rayer, la présence d'une grande quantité d'albumine dans l'urine. Le sang tiré la veille était très-couenneux et avec retrait considérable du caillot. Le soulagement étant peu sensible, je pratiquai une seconde saignée le 21, de 600 grammes environ, et je prescrivis la teinture de digitale à la dose de dix gouttes dans un peu d'eau sucrée , quatre fois dans les vingt-quatre heures , en augmentant d'une goutte chaque fois tous les jours. Le soulagement ne se fil pas attendre : après deux jours de l'usage de ce médicament, la dyspnée diminua considérablement ; bientôt les urines, qui étaient beaucoup moins abondantes, augmentèrent, le pouls fut moins fréquent, l'œdématie des cuisses moins considérable.

Mais vers le 27 (dix jours après ma premi^-e visite ) il y eut recrudescence des symptômes ; le pouls reprit de la dureté et de la fréquence, l'oppression revint, la douleur rénale augmenta, et une plus grande quantité d'albumine se fit remarquer dans l'urine, qui reprit aussi plus de coloration et devint noirâtre au bout de quelques minutes de repos. Une troisième saignée de 500 grammes environ fut pratiquée. On continua l'usage de la teinture de digitale à l'intérieur, toujours à doses graduellement augmentées, et l'on fit des frictions à la partie interne des cuisses avec cette même teinture, à la dose de 12grammes pour chaque friction, que l'on pratiquait matin et soir. Dès lors le mieux fut progressif et très-sensible; dans les huit jours qui suivirent, la respiration devint beaucoup plus facile , les urines furent de nouveau plus abondantes, à peine sanguinolentes, mais toujours plus ou moins albumineuses. Les battements du cœur plus rapprochés de la paroi thoraciquc, et la matite precordiale tout à-fait dissipée, me rassurèrent. Cependant, maigre 1 amélioration des symptômes principaux, les jambes et la partie inférieure des cuisses restaient œdématiées, les urines

coiuenaieiit toujours plus ou moins de flocons albumincux ; enfin la cure n'était pas complète et je craignais de nouveaux accidents, lorsque le 22 juin (33 jours après ma première visite, 43"'" jour de la maladie), la malade ressentit vers minuit les douleurs de l'enfantement. Acinri heures du matin, le 23, elle accoucha d'un garçon mort depuis quelque temps, en étal de macération putride, cl au terme de six mois environ. Dès ce moment,- et sans médication aucune, l'œdème et tous les autres symptômes se dissipèrent avec une promptitude telle, que dix jours après il ne restait aucune trace de la maladie. Les suites de couches furent naturelles, les forces se rétablirent peu à peu , et la malade se livra bientôt à ses occupations ordinaires.

Cette dame est de nouveau enceinte. Elle a été saignée au cinquième mois de sa grossesse : elle est maintenant arrivée au neuvième mois sans le moindre indice de reproduction de symptômes pouvant faire craindre le retour de la néphrite albumineuse (1).

[Considérée sous le rapport de son action sur le système absorbant et dans l'ensemble de ses propriétés, la digitale a été préconisée dans la phlhisie, les scrofules, l'asthme, les toux spasmodiques , les dyspnées, quelques névroses, et même contre l'épilepsie.

Withering, Darwin, Broc, Fovvler , Kinglake, Bediers , Drake, Mossmann, Ferriar, Beddoes, Magennis, etc , citent de nombreuses cures de phthisic opérées à l'aide de la digitale. Drake prétend avoir guéri radicalement des phthisies confirmées avec expectoration purulente, et Beddoes s'écrie avec enthousiasme que la digitale est le spécifique de la phlhisie comme ic quinquina est celui des fièvres intermittentes et le mercure celui de la syphilis. Magennis dit avoir guéri tous les malades au premier degré, et 23 sur 48 au troisième [Journ. de Mcd.ct de chinirg .prai.Um\Q,y\, page 149). Malheureusement, depuis que le diagnostic de la phlhisie est devenu plus certain au moyen de l'ansculiaiiun médiate, l'expérience n'a eu pour résultat que la presque cerliinde que les auteurs que nous venons de citer ont cru traiter la phlhisie quand ils n'avaient affaire qu'à des caiharres pulmonaires chroniques. J'emploie la teinture de digiiale avec succès dans ces derniers cas , surtout quand il existe , ainsi que ce.'a a souvent lieu , une accélération marquée dans la circulation. Je m'en suis bien trouvé aussi comme

(1) Mme lie Lninarlici c est accouclicc à la fin tic juillet •IS^'i?, d'un cnlanl Ircs-bicn portant, et jouit elle mOmc d'une bonne santé.

moyen de ralentir amant qiia possible la marche rapide de certaines phthisies et de procurer au malade quelque soulagement A l'exemple du docteur Mayer, j'administre 10, 15 et 20 goiilles dansun demi-verre-d'eau sucrée, d'un mélange de parties égales de teinture de digitale et d'eau distillée de laurier-cerise. Quelquefois je donne la teinture de digitale seule, et j'en élève graduellement la dose , que je n'ai cependant jamais portée au-delà de 100 gouttes par jour.

L'efficacité de la digitale dans les affections scrofuleuses laisse encore bien des doutes. C'est à Van-Helmont qu'on doit les premiers renseignements sur son emploi dans ces affections. Ce médecin conseille de faire prendre intérieurement la racine de cette plante , et de l'appliquer à l'extérieur, unie sous forme d'emplâtre, à la gomme-résine ammoniaque et au Bdellium. Hulse prétend que la digitale, mile dans les scrofules humides ou suppurantes , ne convient point aux sèches. Meyer, Hufeland et Mossmann affirment , au contraire, qu'elle est dans ces dernières d'une grande efficacité. Haller rapporte des ebservalions de scrofules dans lesquelles la digitale a été employée avec succès; parmi ces observations, nous avons remarqué les deux suivantes: on administra pendantplusieurs mois une décoction de feuilles de digitale à un homme scrofuleux par une cause héridilaire ; les symptômes s'améliorèrent et disparurent presque entièrement. Un homme était atteint d'un ulcère à la cuisse droite , qui avait fait de grands ravages; on ne croyait pouvoir en arrêter les progrès que par l'amputation. On lui fitprendre une petite cuillerée de suc de digitale dans une demi-bouteille de bière chaude, pendant quatorze jours. On appliquait en même temps des cataplasmes de feuilles de digitale sur les ulcères, qui changèrent de nature et s'animèrent ; l'élat du malade s'améliora, et après quelques mois la guérison fut complète.

Le médecin allemand Merz rapporte, dans son opuscule {De Digikdi purp. e jusque usu in scrofulis medico, dissert, inaug. ienœ, 1790), trois observations qui sont loin d'être concluantes : le premier malade n'a pas guéri, malgré l'emploi de la digitale, de la ciguë, du quinquina , des antimonieux; et chez les autres, les caractères de l'affection scrofuleuse ne me paraissent pas bien établis , malgré les efforts de l'auteur. Pour mon compte, j'ai employé plusieurs fois la digitale, soit en poudre, soit en teinture, dansles affections scrofuleuses, sans en retirer des avantages appréciables el qu'on puisseaitribuer à l'cffeldu médicament. C'est ainsi, par exemple, que, donnée pendant près de trois mois à une

jeune fille alleiiite d'engorgements lymplialiques ulcérés, la digitale aurait pu être considérée comme ayant amené une notable amélioration, si le changement d'air et les elTorts salutaires de la nature à l'âge d£ puberté, n'étaient venus revendiquer leur puissante influence. Dans le cas dont il s'agit, on a cessé l'usage de la digitale, et la guérison s'est opérée spontanément. Il estplus difficile qu'on ne le pense communément de savoir jusqu'à quel point, dans certaines maladies et au milieu de circonstances concomitantes, les médicaments contribuent à la guérison.

Lorsque dans la chlorose il existe de violentes palpitations , je joins avec avantage la digitale aux préparations ferrugineuses qui forment le traitement principal.

Wi\hering, Parkinson, Kinglake, ont conseillé la digitale dans l'épilepsie. M. Patrice Sharkey, [iheLancet, 1831) emploie contre cette maladie la digitale à dose pertubatrice ; il l'unit au polypode de chêne; mais cette addition ne paraît pas y être d'une nécessité absolue; car, suivant l'auteur, le traitement a souvent réussi sans le secours de cette substance. Voici la formule de M. Sharkey : feuilles de digitale récentes, trois onces et demie ; broyez-les dans un mortier en consistance de pulpe, et ajoutez-y ensuite une livre de forte bière; faites infuser pendant sept heures, coulez et exprimez. La malade prend quatre onces deceite infusion avec dix grains de poudre de feuilles ou de racine de polypode de chêne. Peu de temps après, il éprouve des vomissements nombreux et violents qui durent quelquefois plusieurs jours ; le pouls se ralentit, devient irrégulier, intermitti^nt , la faiblesse est extrême, et des crampes, que l'on regarde comme de bon augure, surviennent dans les membres. La force revient , le pouls se relève , la réaction a lieu , les accès épileptiques sont d'abord moins nombreux et finissent par ne plus reparaître.

M. Sharkey commence, avant d'administrer la potion, par s'assurer qu'il n'existe aucune affection des viscères : «Dans plusieurs cas, dit-il, j'ai trouvé l'épilepsie liée à une maladie du foie, et j'ajouterai que celle liaison est beaucoup plus fréquente qu'on ne le pense généralement.» S'il reconnaît quelque maladie de cet organe ou du cerveau, des poumons, de l'estomac, etc., il la traite par les moyens convenables. Quand il y a manie ou quelque affection cérébrospinale , il n'administre jamais le remède anti-épileptique. Ce irix'ilemenl préparatoire guérit quelquefois l'épilepsie; mais s'il est insuffisant, on emploie la digitale, dont les effets curatifs ont lieu sans qu'on ail besoin de l'adminis-

ircr une sccontlc fois. Quels que soient l'àgc, le lempérauimcnl, h\ coiislitulion du sujet, lu dose est toujours la même. « Les sujets les plus délicats, dit M. Shatkey, supportent ce médicament au moins aussi bien que les plus robustes. — J.ai observé , ajoute l'auteur , que lorsqu'il survient des crampes dans les quarante-huit premières heures, la guérison a généralement lieu , quoiqu'elle puisse être obtenue sans que ces symptômes se manifestent. S'ils étaient portés au point de causer quelque inquiétude, on pourrait les modérer en donnant au malade une pinte de bouillon de pouletou quelquestimulant, sinon il vaut mieux les laisser suivre leur cours. Dans aucun cas il n'est arrivé d'accident, et je conçois les craintes qu'inspirait aux anciens l'administration de la digitale. Donnée à petites doses , comme ils le pratiquaient, et à des intervalles assez éloignés pour lui donner le temps d'être absorbée, elle devait exercer une action délétère. Aussi n'ai-je jamais changé les doses, quelque fût l'âge du malade, de peur qu'une moindre quantité ne devint vénéreuse.»

Le nombre des épileptiques que M» Sharkey a guéri est considérable. Toutefois il avoue des insuccès, et dans un eas où il s'agissait d'une demoiselle de seize ans, il conçut des craintes sur l'effet du médicament : u Je fus très-alarmé sur son compte, dit-il, car l'heure qui suivitl'administration de la potion se passa sans vomissements, ce qui est extraordinaire. La prostration était excessive, le pouls très-irrégulier, intermittent, à peine sensible, à quarante-quatre, etc. Mais heuieusement le vomissement survint, et elle ne cessa de vomir pendant trois jours. »

Parmi les observations que rapporte M. Sharkey, il en est une surtout qui nous semble de nature à la recommander. «Le cas suivant, dit l'auteur, est celui d'un homme qui était épileplique depuis vingt ans. îl était robuste , d'un tempéramment sanguin, d'une bonne santé en général , quoique habituellement constipé. Il avait été traité par plusieurs médecins distingués, et déclaré incurable Entre autres remèdes, il avait pris une grande quantité de nitrate d'argent qui avait donné à sa peau une couleur horrible, sans soulager son mal. Pour abréger, je me contenterai de dire que je lui fis subir un traitement préparatoire pendant deux ou trois mois, sans amender les accès. Je lui fii prendre la digitale et les feuilles de polypode en poudre. La prostration et la faiblesse du pouls devinrent effrayantes. Il y a dix. ans qu'il est guéri, et il n'a pas eu le moindre accès depuis. Six après je guéris son frère , et celte guérison a elc tout

aussi complète.» Celte observation est remarquable à cause de l'aiiciennelé delà maladie, parce que celle dernière était probalement hérédiiaire, puisque son frère en éiait aileint, et parce qu'enfin il n'y eut aucune récidive dans les dix ans qui suivirent l'époque de la guérison.

La méthode suivie par M. Sliarkcy mérite toute l'altenlion des praticiens. Si elle présente des dangers qui réclament tous les soins du médecin , il a pour compensation l'espérance de pouvoir triompher d'une maladie contre laquelle les moyens ordinaires échouent presque toujours.

Lorsque l'irrilaiion de l'estomac s'oppose à l'usage intérieur de la digitale, on emploie cette plante à l'extérieur, en fomentations," en cataplasme, en friciions avec la teinture ou la poudre, et par la méthode endermique ; quelquefois on l'administre simultanément à l'intérieur et à l'extérieur, surtout dans les hydropisies, afin d'obtenir à la fois des effets plus prompts et plus certains. Bréra employaitla poudre de digitale à la dose de 60 centigrammes à 1 gramme, macérée pendant douze heures dans 1 à 2 gros de salive. On se sert généralement de la teinture alcoolique en frictions sur l'abdomen ou à la partie interne des cuisses. J'ai employé avec succès le suc délayé dans l'eau ou l'infusion chaude de digitale sur l'abdomen dans les hydropisies. Dans deux cas d'anasarque j'ai observé un effet très-prompt d'un demi-bain dans lequel j'avais fait ajouter une décoction de 60 grammes de cette plante dans un litre d'eau. Ce demi-bain, répété chaque jour , a fait désenfler les malades en moins de quinzejours.

J'ai aussi employé la digitale en injection dans le rectum chez les malades atteints d'irritation gastrique ou de vomissements : l'absorption est plus prompte par cette voie que par la peau. Je préfère ce moyen à la méthode endermique, qui nécessite l'application répétée et plus ou moins douloureuse d'un vésicatoire. L'introduction de ce médicament dans le gros intestin n'exige pas moins de précaution que son administration par la bouche. J'ai plus d'une fois observé, dans le cours de ma pratique , que les substances énergiques données en lavement avaient un effet aussi prononcé et quelquefois même plus prononcé que par leur ingestion dans l'estomac. L'emploi de ces substances doit faire exception à la règle générale établie dans tous les livres de thérapeutique, et qui consiste à doubler ou tripler les doses qu'on injecte dans le rectum. L'expérience m'a dicté à cet égard des précautions dont je ne m'écarte jamais.

Le docteur Rademacher, de Berlin, emploie la digitale à l'extérieur dans les cas de croup où il est impossible de faire

avaler quelque médicament que ce soil aux petits malade». Ce médecii) met en usage une pommade composée de 8 grammes d'extrait de digitale et de 30 grammes de cérat ; il fait recouvrir toute la partie correspondant à la trachéeartère , depuis l'os hyoïde jusqu'à la partie supérieure du sternum , avec des compresses largement enduites de celle pommade : il fait réitérer ces applications très-souvent dans les vingt-quatre heures. Sous l'inlluence de ce moyen , les accès de suffocation diminuent prompiement d'intensité et de fréquence ; la fièvre baisse en même proportion, et dans l'espace de trois jours le rétablissement est obtenu. [Abeille Médicale, tome 2, page 195.j II est à croire que le docteur Rademacher n'a pu obtenir un résultat aussi hein'cux que dans le cas de pseudo-croup. Dans le vrai croup bien caractérisé , nous ne conseillerons pas de s'en tenir à un moyen que nous ne pouvons regarder que comme auxiliaire.

Pour les maladies externes, on se sert de feuilles de digitale réduites en pulpe, comme maturatif, détersif et résolutif. On les fait aussi macérer dans du miel ou dans une décoction de sauge. On en prépare un onguent avec l'axonge, qu'on applique sur les engorgements lymphatiques et scrofuleux, les lumeurs blanches, les engorgements glanduleux des mamel'es. Je me suis servi avec avantage du suc de digitale mêlé à l'onguent digestif simple pour déterger les ulcères scrofuleux recouverts d'une couche blafarde ; mais il faut surveiller les effets de son absorption, et en cesser l'usage dès que la surface de la plaie est rouge et offre des bourgeons charnus.

La digitale est plus ou moins énergique, suivant la saison où elle a été récoltée et son plus ou moins de vétusté. Toutes les propriétés de la plante paraissent s'être concentrées dans les feuilles. On doit choisir celles qui ont reçu l'inlluence du soleil, et les cueillir lorsque les fleurs commencent à se montrer. Leur dessiccation doit être opérée'avec beaucoup de soin et à l'étuve. Les feuilles verles ont moins d'efficacité que les feuilles sèches ; mais celles-ci perdent en vieillissant une grande partie de leurs vertus : on donnera donc la préférence à celles de l'année.]

DIGITALINE.

[La digitaline est le principe actif de la digitale, et a été administrée dans les mêmes cas que celle dernière. Nous

rapporterons sur celle siibstaTice, ciicoro peu connue, ce nu'en ont dit MM. Homolle, docieur en médecine, el Oue- Ycniie pharmacien de l'iiôpiial de la Charilé. La digitaline qu'ils 'ont extraite se présente sous la forme d'une poudre blanche inodore, d'une saveur très-amère, se faisant surtout sentira l'arrière-boucbe, el pouvant provoquer de violents éternuemen s lorsqa'elle est disséminée en particules irèsicnues dans l'air.

Préparations et doses.

A L'iNTÉuiEnB : Granules ( \ gram. de digitaline sur 50 gram. de sucre), 4 à 6 dans les ymgt-quatre heures. Sirop (m cent, de digitaline sur ^S00 gram. de s;rop de sucre),

de 60 à 90 gram. par jour.

Poiion (digitaline, S milligr.; eau distillée de laitue, 100 gram.; sirop de fleurs d'oranger, SSgram.), à prendre par cuillerées dans les vingt-quatre heures, pur ou dans une boisson appropriée. A l'extèriedr : Pommade (digitaline dissoute dans quelques gouttes d'alcool à 22°, Scenligr.; axonge basalmiqiie, 10 gram.

Propriétés*

L'administration de ce médicament demande une grande circonscription: 4 milligrammes de digitaline représentent 40 centigrammes de poudre de digitale préparée avec soin et prise en nature. Ce principe actif offre donc à la thérapeutique une énergie centuple de celle de la préparation de la digitale la plus active et la plus constante dans ses effets.

Les granules, d'une solubilité complète et d'une inaltérabilité parfaite, n'exigeant d'autre précaution que celle d'en compter le nombre doivent être préférées. Afin de n'être pas obligé de peser une si petite quantité, ce qui est souvent difficile, on peut , pour la potion , préparer à l'avance une solution de digitaline dans l'alcool à 50 degrés centigrades, dans la proportion de 2 milligrammes par gramme.

Ecoutons M. Homolle sur l'emploi de la digitaline : « Si l'on cherche à pénétrer le mode d'action de cetxigent médicamenteux, si l'on étudie les affections dans lesquelles il a été employé avec succès, on reconnaît qu'il agit comme altérant, c'est-à-dire comme modificateur puissant des fonctions de la vie organique, doué d'une action spécifique sur l'organe central de la circulation. A ce titre, combien d'indications n'est-il pas appelé à remplir? C'est à bien préciser ces indidations que doit tendre le médecin jaloux d'augmenter les ressources de la thérapeutique; c'est le travail qui nous occupe.

» Nous sera-t-il permis, après avoir répondu aux objections élevées contre l'emploi du principe actif de la digitale pour-

préc, do dire en quelques mots Jes avantages qu'il piésenlc sur celui des préparations pharmaceutiques de la plante?

» Il n'est pas de praticien qui n'ait eu à déplorer l'ijifidélité de ces dernières. La plante elle-mênic varie d'énergie selon son âge , le terrain où elle a poussé , le plus ou moins de sécheresse de la saison pendant laquelle on l'a récoltée, le soin mis à la dessiccation et le temps depuis lequel elle est conservée.

» La poudre peut être ancienne ou récente, plus ou moins chargée de parties ligneuses , altérée par l'influence de la lumière ou de l'humidité.

)) L'infusion, la teinture et l'extrait de digitale varieront nécessaii'ement en vertu des qualités de la plante, et, de plus, en raison des inconvénients attachés à ces divers modes de préparations , inconvénients trop connus pour que nous croyions devoir insister.

» Avec le principe actif, et en adoptant nos formules, le médicament est toujours identique et n'expose à aucun mécompte ; on observe des effets certains en rapport avec les doses employées; l'administration n'excite pas la moindre répugnance, et le dosage est toujours facile.

» Quant à l'impossibilité d'employer la digitaline par la méthode endermique ( impossibilité que nous avons le premier dénoncée), il faudrait renoncer au plus grand nombre des agents thérapeutiques, si elle devait constituer un arrêt de proscription. N'oublions pas d'ailleurs qu'elle n'implique nullement la nécessité de rejeter l'usage des frictions avec la solution alcoolique de ce principe actif ou la pommade provenant de son incorporation dans l'axonge.» [L'Abeille médicale, tom. 2, page 181.)

D'après ces considérations, la digitaline jouirait de tous les avantages de la digitale, sans avoir les inconvénients attachés aux autres préparations de cette plante , et conviendrait dans tous les cas où ces mêmes préparations sont indiquées.]

Page 1