‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 74 sur 278 · ÉPINE-VINETTE · texte numérisé non relu

ÉPINE-VINETTE

BERBÉRIS, VINETIER.

Berheris dumeiorum (T.) Berberis vulgaris (L.)

Cet arbuste, remarquable par la faculté contractile de ses étamines (1), croît partout, le long des bois, dans les haies, au voisinage des fermes. L'écorce, les feuilles et les fruits sont usités.

Préparations et doses.

A l'intériedr : Décociioli de Vècorce intérieure de la tiqe ou de la racine, 4 grammes pour SOO grammes d'eau. Ivlf o f â^^F^'^ines par Idlog.d'eau pour boisson.

Sirop {2 de suc des fruits sur S de sucre) 30 à 150 grammes en potion, et pour édulcorer les boissons. S^'^mmes en

Bob, gelée, conserve, etc., de 30 à 60 grammes.

Propriétés.

^ Toutes les parties de l'épine-vinette sont utiles.I^i seconde ecorce de la lige, ou mieux de la racine, est amère et légè-

Les fleurs de berberis présentent un plicnomène curieux • les éti mmes sont douées d'une irritabilité telle, qu'au plus léqer attouchement elles se contractent et se portent aussitôt vers le ^istil.oLlles X nemen extîdcS °' P«"^ ^« de toute a tëiuî^

lement purgative. Gillbertla regarde comme un bon fondant indiqué dans les embarras du foie et de la raie. Je l'ai mise en usage avec succès dans les hydropisies. Je me sers de la formule suivante : Seconde écorce de berbéris 4 grammes, eau froide trois verres ; faites cuire jusqu'à ce que l'eau soit bouillante, relirez alors de dessus le feu ; ajoutez du sucre et laissez refroidir l'infusion ; pour une dose à prendre en trois fois chaque jour le malin. Quelques praticiens ont recommandé la même écorce macérée dans du vm blanc, contre l'icière, sans préciser l'indication de son emploi, comme si lacoloraiion symplomalique delà peau, qui caractérise celte maladie.tenail toujours à une seule et même cause.

La décoction des feuilles de berbéris, avec addition d'un peu de miel, a été employée dans le scorbut et dans quelques espèces de dyssenteries.

Les fruits de cet arbrisseau ont la saveur et les avantages réunis delà groseille et du limon. On en prépare un rob, un sirop et une gelée. On confit, pour l'usage de la table, des trappes d'épîne-vinetie dans le sucre. Les baies fermentees avec de Teau miellée fournissent un hydromel aigrelet fort a«-réable. On emploie avec avantage la limonade faite avec le suc de ces baies dans l'angine, les fièvres inflammat^oires, bilieuses et typhoïdes. Cette limonade, comme celle d alléluia, est à la fois simple, agréable et économique; elle est supérieure à celle que l'on prépare avec le citron. Les truits d'épine-vinetle, séchés pour l'hiver, conservent leurs qualités Il serait à désirer que l'on cultivât celle plante partout où elle n'est pas assez abondante ; elle n'est sans doute si négligée que parce que le groseiller, plus productit, .donne des produits analogues.

EUPATOIRE,

EUPATOIRE d'aVICENNE, EUPATOIRE DES ARABES, HERBE DE SAINTE CUNÉGONDE.

Eupaiorium cannaUmm (T.) Evpaiorium. cannaliinim (L.)

Cette plante se trouve partout, sur les bords des eaux Stagnantes, dans les prés humides, les marais. Ses feuilles et ses racines sont usitées.

A L'INTÉRIEUR : Tufusion ou dècociiou dcs fexdUcs, de 30 à 60 gram. par kilog. d'eau.

Décoction des racines dans l'eau, ou infusion dans le viu ou dans

la biérc, de 30 à 60 gram. par kilog. d'eau. Suc des feuilles, de 30 à 120 grammes.

A L'EXTÉniEOR : FcuHles^ eu cataplasme, décoction, pour fomeiitatious, lotions, etc. •

Propriétés.

Toutes les parties de celle plante ont une saveur amère, aromatique et piquante. Elle est purgative, apéritive, stimulante, tonique. On l'a employée dans les hydropisies, les catarrhes chroniques, la chlorose, le scorbut, l'ictère, les engorgements du foie et de la rate, les alTeclions cutanées chroniques, l'aménorrhée, etc., et à l'extérieur comme résolutif, détersif, tonique, etc.

Les auteurs sont loin d'être d'accord sur les propriétés de l'eupatoire d'avicenne. La vertu purgative de la racine, constatée par les uns, a élé révoquée en doute par les autres. Mais, ainsi que Guersenl l'a judicieusement remarqué, cela lient probablement à ce que la racine a élé, dans les diverses expériences, récollée à des époques diiïérentes. On sait, en etfet, qu'après la maiuriié des semences, les racines des plantes les plus aclives sont dénuées d'une grande partie de leurs propriétés. Il paraît démontré aujourd'hui, par les essais de Gesner, confirmés par ceux de Boudet et de Chambon de IMoniaux {Bulletin de pharm., lom. 1" et 3), et ma propre expérience vient à l'appui de celle opinion, fondée sur des faits, que la racinede celte planle, récollée en saison convenable, est purgative, et que les feuilles agissent à la manière des toniques amers. J'ai vu des paysans employer les racines et les feuilles d'eupaioire infusées ensemble dans la bière, afin de produire à la fois un effet purgatif, tonique et surlout vermifuge. Infusées de la même manière dans le vin blanc, elles peuvent être utiles dans l'hydropisie, l'œdème, les engorgements viscéraux succédant aux fièvres intermiiienles, les cachexies, elc; mais rien n'est venu justifier les merveilleuses propriétés attribuées h l'eupatoire par un grand nombre d'auteurs. Ses propriétés résolutives sont tout aussi douteuses. J'ai essayé l'applicaiion de ses feuilles en cataplasme sans en retirer aucun avantage appréciable. La racine pilée a élé un peu plus active, sans cependant produire un effet qui puisse la faire adopter de préférence à tant d'autres agents de même nature, et que l'on a abandonnée depuis loug-temps. Ce qu'on dit du suc de celte plante, associé au vinaigre et au sel commun, pour le traitement (Je la gale, paraît plus conforme à l'observation joui^nalière.

lorsqu'on réfléchit que les lotions faites avec la décoction de presque toutes les plantes acres ou aromatiques suffisent souvent pour guérir cette affection.

[L'eupatoire ayant une action analogue à celle de la rhubarbe, comme à la fois purgative et tonique, me paraît pouvoir être substituée souvent à cette dernière dans la pratique rurale.]

EUPHORBE CYPARISSE,

l'ETITE ÉSULE, EUPHORBE A FEUILLES DE CYPRÈS, RHUBARBE DES PAYSANS.

Euphorhia cyparissias (T.) Euphorhia cxjparissias (L.)

Celte plante croît partout, sur les lisières des chemins et des bois, dans les lieux incultes. Ses feuilles ressemblent si bien à la linaire qu'on ne les dislingue que par le lait dont l'ésule est remplie etque la linaire n'a point, ce qui a donné lieu à ce vers :

EsuJa lactescit-, sine lacté linaria crescit.

[Ainsi que d'aulres espèces de la même famille, la petite ésule a des propriétés analogues à celles de l'euphorbeépurge. Sa racine, avalée, même en très -petite quantité, exciie de violents vomissements et purge abondamment. C'est à sa vertu drastique qu'elle doit le nom vulgaire de rhubarbe des paysans. Cette plante est plus active encore que répurge; elle enflamme, corrode et ulcère la membrane muqueuse du tube digestif. Toutefois, son acreté peut être corrigée soit en la faisant macérer pendant vingt-quatre heures dans le vinaigre, dans le suc d'oseille pu toute autre liqueur acide, soit en la faisant dessécher selon le procédé de Coste, indiqué pour l'épurge. Dans cet état, on peut l'administrer comme drastique en substance à la dose de 50 centigram. à 1 gramme. Géoffroiy l'employait même à la dose de Igram. 25 centigram. à 4 grammes. On en a quelquefois donné les feuilles en décoction dans le lait ou dans l'eau de racine de guimauve à la dose de 8 grammes. Les fruits de cette plante, au nombre de dix à douze, purgent violemment les sujets les plus robustes. C'est avec la poudre des feuilles de petite ésule que l'on préparait le fameux purgatif appelé pohjchreste, toul-à-fait oublié aujourd'hui comme tant d'autres compositions de la polypharmacie des anciens. Haller a vu une ophtalmie suivie de cécité résulter de l'application du

suc do petite ésule à la face externe des paupières. Vicat* ÏAit menlion d'un homme qui eut le visage écorché pouis'être frotté avec le suc de cet euphorbe, et Lamoite parle d'un clysière préparé avec celte herbe, qu'on avait prise en place de mercuriale, et dont l'effet fut mortel.]

Les campagnards font disparaître les verrues avec le suc de toutes les tithymales, et surtoutavec celui de l'espèce appelée reveiUe-matin,qu\ estbeaucoup pluscommune que lesautres; mais il faut, avant d'appliquer ce suc, enlever légèrement la superficie de l'excroissance avec un instrument tranchant.

L'euphorbe réveille-matin [euphorbia helioscopia) , qui croît dans tous les terrains cultivés et principalement dans les jardins, était considéré par les anciens comme la moins active de ses congénères. Ils attribuaient, en outre, plus ou moins d'aclivilé à chacune des parties de celte plante : le lait était la substance la plus violente ; la graine l'était moins, les feuilles moins encore que les graines, et les racines moins aclives que les feuilles. Hippocrate et Dioscoride incorporaient le lait de réveille-matin avec la pulpe de figue sèche, et l'y laissaient séjourner plus ou moins long-temps avant d'en faire usage. La graine, récoltée en automne, séchée et pulvérisée, élait mêlée avec du miel, ou bien, selon Pline, avec le raisiné ou le vin cuit, à la dose de 20 grains (1 gram.) Actuarius faisait torréfier les feuilles de réveille-matin' dans un vase de terre neuf; après les avoir pulvérisées, il en mêlait 4 grammes avec de la farine d'orge, dans une tisane mucilagineuse, dans du miel, dans la pulpe de raisin, dans du raisiné, dans l'eau simple ou dans un bouillon de poulet. On l'employait aussi dans le vin blanc, le suc d'absynthe, de mélisse, etc., ou en pilules. Constantin, dans son brief Traité de la Pharmacie -provençale et familière, recommande les graines pulvérisées, ou la racine en poudre, avec la pulpe de prunes aigres ou douces, avec celle de raisins secs ou de figues, en forme de lénitif.

On faisait encore macérer pendant quelque temps les feuilles, l'écorce ou la semence de réveille-matin, à la dose de 8 à 12 grammes dans une décoction de bourrache, de bulglosse, de chicorée, de mélisse, de pourpier, d'alUekenge, d'oseille, d'hypocisle, de raisins secs, de pruneaux cl de grande consoude. Après avoir passé cette tisane on la donnait au malade à dose plus ou moins forte, selon les cas. On adminislrail aussi en électuaire les feuilles macérées de la plante, après les avoir fait sécher et pulvériser ; l'effet en élait alors mitigé.

D'après le degré d'énergie des diverses parties de la;

plante, le suc laiteux corrigé était donné h la dose de 1 grani. à 2 grammes; les semences h 1 gramme, les feuilles à 1 gramme 25 centigrammes, et les racines à 1 gramme 50 centigrammes.

D'autres espèces de lilliymales." telles que l'euphorbe des vignes [euphorbia pepulus) , Y cuiihovhG des marais ou grande ésule {euphorbia palustris) , l'euphorbe nummulaire ou petit tithymale [euphorbia chamœcice), peuvent être employés comme ceux dont nous venons de parler, et être substitués à l'euphorbe oHîcinale ou des anciens, elà la gomme-gutte, à la scamonée. Tous les lilhymales bien vérifiés, dit Gilibert, offrent divers degrés d'activité; manié par des praticiens sagement hardis, ils peuvent produire des effets très-heureux. Cependant on les néglige, quoiqu'une foule d'observations anciennes parlent en leur faveur ; et, par une étonnante contradiction, les médecins ordonnent chaque jour, dans les maladies aïoniques, des drogues étrangères qui ne sont que des sucs résineux plus acres dans leurs plantes vivaces que celui de nos tithymales.

J'ajouterai à ces considérations thérapeutiques, que les drastiques sont supportés plus facilement dans le nord que dans le midi, dans les campagnes que dans les villes, dans les lieux bas et aquatiques que sur les moniagnes. De là les opinions contradictoires des praticiens sur l'action plus ou moins véhémentes de nos euphorbes et des autres drastiques indigènes. J'ai été plus d'une fois à même d'observer que tel médicament de ce genre, administré sans inconvénient aux paysans, occasionnait chez les citadins, où le système nerveux est habituellement surexcité, des superpurgations et des accidents sympathiques très- graves. L'action des médicaments énergiques est donc subordonnée à l'étal du système nerveux.]

EUPHORBE-ÉPURGE,

ÉPURGE, CATAPUCE, EUPHORBE LATHYRIENNE.

Tithymalvs laiifolhis, catapuUa diclus (T.) Euphorbia lathijris (L.)

Celte pTanle,une des plus belles espèces d'euphorbe parmi celles de l'Europe, se trouve sur les lisières des grandes routes, dans les terrains sablonneux et boisés, et est plus abondante dans les parties tempérées delà France que dans les départements du nord. Je la cultive dans mon jardin, ou

elle se sème d'elle-même. On utilise les semences, les feuilles et les racines.

Préparatious et closes.

A l'intérieur : Semences, G à 12 entières comme cathartiqiie, cmélo-calliarliqiie o:i drastique.

Huile des semences, 20 centigrammes à 1 gramme en pilules, poiion, cmuUion.

A l'extériedr ; Huile en friciions, de 4 à 2 grammes.

Propriétés.

L'épurî^e est un purgatif drastique des plus violents. La semence de cette plante n'en est pas moins d'un emploi toutà-fait vulgaire dans nos campagnes. On en avale six à douze graines pour produire un effet purgatif suffisant. On prend aussi quelquefois quatre ou cinq de ses feuilles broyées avec du miel. Les paysans qui se purgent avec les semences les mâchent bien avant de les avaler quand ils désirent produire un grand effet ; ils les concassent légèrement lorsqu'ils ne veulent qu'un effet modéré. Pour moi, je les emploie en émulsion avec le jaune d'oeuf et une suffisante quantité d'eau. Cependant, chez les sujets robustes et surtout dans les hydropisies non accompagnées d'irritation gastro-intestinale ou d'inflammation, je les administre en substance. Ces semences peuvent remplacer avantageusement l'huile de croton tigllum; elles sont d'une action moins violente et tout aussi ceriaine.

[L'huile qu'on en relire est, au rapport de Carlo Calderini, qui le premier l'a obtenue, un purgatif très-doux. A la dose de trois gouttes chez les enfants, et de six à huit gouttes pour les adultes, elle produit des évacuations alvines sans coliques, sans ténesme. Ce n'est que lorsqu'elle est rance qu'elle cause des coliques. Avec le temps, et surtout par l'influence d'une température chaude, elle se trouble et rancit ; alors sa saveur, de douce qu'elle était, devient piquante. Dans l'usage que j'en ai fait, je l'ai vue produire assez souvent des contractions de l'estomac, et absolument le môme effet, sur les intestins, que l'huile de croton tiglium. Louis Frank pense que l'huile d'épurge pourrait être employée contre le ténia, l'ascile, l'hysiéralgie, etc. M. Martin Solon l'a administrée avec succès à la dose de 1 gramme 25 centigrammes jusqu'à 4 et 6 grammes dans plusieurs cas d'albuminurie chronique {Bulletin de ihérapeut., lom.yiu). Mais, ainsi que le fait judicieusement remarquer M. Valleix [Guide du méd. praticien, tom. vu), dans d'autres cas aussi, en continuant trop longtemps son administration, on a pro-

duil une irriiaiioii assez vive de la muqueuse iiilestinalev qui a paru hâier la mort. Lorsque dans celle maladie il y aopporlunilé pour l'emploi des purgatifs, je donne la préférence à la racine de bryone, à l'écorce intérieure de sureau, à la graliole, au nerprun, etc., qui remplissent la même indication avec moins de violence.

Dans les cas où il n'existe pas trop d'irritation intestinale, j'ai pu remplacer l'huile de ricin par un mélange d'huile d'olive ou d'œillelie et d'huile d'épurge (6 à 12 cemig. pour 30 grammes d'huile.]

J'ai produit la rubéfaction et une éruption à la peau, comme avec l'huile d'épurge, dans les affections bronchiques, dans la scialique, etc., en employant l'huile d'olive ou d'œillelie dans laquelle j'avais fait macérer les semences concassées d'épurge. Celte huile m'a été d'un grand secours dans les épidémies de coqueluche, concurremment avec l'usage intérieur de la belladone. L'irrilalion qu'elle produit en friction sur la poitrine est moins douloureuse que celle qu'on provoque par la pommade slibiée, et l'aclion en est plus facilement graduée. Les feuilles fraîches d'épurge et de quelques autres espèces d'euphorbe, avec lesquelles on friclionne la peau, produisent aussi la rubéfaction; mais je leur préfère les frictions huileuses préparées avec la semence comme je l'ai indiqué plus haut. Le prix élevé des huiles de crolon et d'épurge n'en permet pas l'usage à l'extérieur dans la médecine des pauvres.

L'épurgene doit être employée à l'intérieur qu'avec une extrême prudence ,; dans les mains du vulgaire elle peut devenir un poison violent. J'ai vu déterminer une diarrhée rebelle chez un cultivateur qui avait pris quinze semences de cette plante dans un jaune d'œuf. Ce ne fut qu'après un long usage des mucilagineux et des opiacés que je parvins à le guérir. Au reste, dans les circonstances où l'énergie de répurge est indiquée, le médecin n'a d'autres précautions à prendre que celles que réclame l'emploi de la scamonée, de la scille, de la gomme-gutte, etc.

[Bulliard conseille d'administrer l'épurge de la manière suivante : « Vous faites infuser 8 grammes des feuilles, des liges ou des fruits de liihymale encore vert, dans une livre d'eau tiède, dans laquelle on délaie une cuillerée de miel, et l'on prend de celle eau de la même manière que l'eau émelisée, c'est-à-dire, que l'on en prend d'abord deux cudlerees, une heure après deux autres cuillerées, et de demi-heure en demi-heure une nouvelle cuillerée, jusqu'à ce que ce remède produise l'effet qu'on en attend ; il faut, à chaque fois que

l'on prend de celle eau, avaler un pelit bouillon gras {Hist. des plantes vénén., pag. 236.)

On peut modérer l'énergie de l'épurge par la dessiccalion prolongée ou par une légère torréfaclion. Séchée à l'air libre pendant dix mois et mêlée avec du sucre, les feuilles, la racine et l'écorce des lilhymales, agissent, suivant Coste, sans inconvénient comme purgatif et même comme émélique à la dose d'un gramme : huit paysans robustes, atteints de fièvre tierce, à qui on a administré ce remède, en ont fourni la preuve. ]

EUPHRAISE,

EUPHRAISE OFFICINALE.

Eiiphrasia officinarum (T.) Eiiphrasia officiualis (L.)

Je ne parle de cette plante que parce qu'un grand nombre d'auteurs lui ont attribué les propriétés les plus merveilleuses. II faut la crédulité de Malhiole pour croire que l'eiiphraise guérit la cataracte, l'épiphora, l'obscurité delà vue, la cécité et presque toutes les maladies de l'appareil oculaire. Des hommes célèbres, tels que Fabrice de Hilden, Lanzoni, Camérarins, Hoffmann, Rai, Jean Frank, se sont laissés entraîner par le préjugé en faveur d'une plante, très-jolie du reste, mais sans vertus. Quand de grands noms accréditent l'erreur, elle marche , traverse les siècles et vient s'asseoir gravement à côté de la science. Croira-t-on qu'il est encore des praticiens instruits qui prescrivent comme un précieux anti-ophtalmique l'eau distillée d'euphraise?

Quel est donc l'origine de la réputation de l'euphraise ? La voici : La tache jaune qu'on observe sur ses fleurs est remarquable ; on lui a trouvé la forme d'un œil, dit Chaumelon, et, à une époque où l'absurde système des signatures était en vigueur, on en a conclu que l'euphraise devait être un remède infaillible contre les maladies ^des yeux.

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