FRAISIER
Fragaria vukjaris (T.) Frcujaria vesca (L.)
Tout le monde connaît celte plante et surtout les fruits agréables qu'elle fournit. Ses racines, ses feuilles et ses fruits sont usités.
Préparations et do»cM.
± L'iNTÉMEiin : Décociion des racines ou des feuilles, de 30 à 80 gram. par kilog. d'eau. Siic des fruils, quaniiié suffisante étendue dans l'eau pour boisson- Sirop, en potion, et pour étlulcorer les boissons.
Propriétés.
La racine et les feuilles de fraisier sont diurétiques et un peu astringentes. Elles sont fréquemment employées dans les affections des voies urinaires, dans quelques hémorrhagies passives, surtout dans l'hématurie lorsque l'irritation est calmée, dans la période d'atonie des diarrhées, etc. La décoction de racine de fraisier donne aux urines une teinte rosée
[On trouve dans un recueil scientifique d'Amérique, le Southern médical and surgical Journal, l'exposé de diverses expériences tentées par le docteur Blackburn avec les feuilles du fraisier sauvage dans la dyssenterie. Ce médecin a fait usao-e des feuilles de fraisier sous toutes les formes, dans le traitement de cette maladie; mais voici la formule à laquelle il s'est arrêté, comme étant la meilleure : Pr. feuilles vertes, 375 grammes; bonne eau-de-vie 1 litre i 5 centilitres; faites bouillir jusqu'à ce que le liquide soit réduit à 55 centilitres. Filtrez On administre cette boisson par cuillerées à bouche toutes les trois heures jusqu'à ce que les symptômes alarmants aient disparu. M. Blackburn cite plusieurs observations, desquelles il résulte que dans des cas de dyssenterie où les moyens ordinaires avaient échoué, il a sufiî de dix cuillerées de la décoction de feuilles de fraisier pour produire une amélioration qui, bientôt, a fait place à une gue-
rison complète.»
« Nous ajouterons à ce qui précède, une observation encore plus récente que celles de M. Blackburn, et qui ne prouve pas moins en faveur du rejnède préconise par ce praticien • c'est la relation sommaire d'un fait recueilli par M Mal-^aigne , et consigné dans la Revue médico-cliirurnicale de>aris. «Le Ùjanvierl848. dit le rédacteur en chef de ce iournal, est entré à l'hôpital Saint-Louis un militaire réformé, âgé de vingt-cinq ans. Ce jeune homme avait la diarrhée depuis plusieurs mois. Il était dans un état anémique très-prononcé ; la peau était décolorée ; il y avait iusqu'à douze selles dans les vingt-quatre heures, accompagnées de coliques ayant leur siège du cote de la fosse Jiîaue gauche et vers l'ombilic, mais sans lenesme m chaleur à l'anus. Les selles étaient abondantes, liquides, jaunes,
mêlées de mucus non sanguinolent. Pas de douleur à la pression ; pas de nausées ; pas de vomissements; pas de lièvre.
«M. Malgaigne prescrit : gomme sucrée, 2 pots; ipéca, 1 gramme en trois paquets. Le 13, le malade a vomi ; il n'y a eu que six selles dans les vingt-quatre heures. Prescription : ipéca 0,50 centigrammes. Le 14, pas de vomissements; encore six selles dans les vingt-quatre heures. M. Malgaigne se résout à essayer les feuilles de fraisier. Il prescrit, en conséquence, la décoction suivante : feuilles fraîches de fraisier, a(/ libilîim ; eau-'}e-\iQ, trois fois leur poids. Faites bouillir jusqu'à réduction à moitié. Trois cuillerées par jour.
a Le 15, il n'y a eu que trois selles moins liquides avec moins de coliques. L'appétit est augmenté {même potion, deux portions). Le 16, une seule selle, rendue même avec .quelques efforts et sans coliques [même prescription, trois portions). IjQ 17, ni selles, ni coliques, l'appétit va croissant [on cesse la potion, quatre portions). Le 21, pas de selles depuis le 17 ; le malade reprend progressivement ses forces et sort de l'hôpital le 24, treize jours après son entrée. (1) [Journal de méd. et de chir. prat., tom. xix, art. 3585.) ] » Les fraises sont ra|raîchissanles et tempérantes. Elles conviennent aux tempéraments bilieux et sanguins. J'ai vu nne gastro-entérite chronique survenue à la suite de l'abus des spiritueux, chez un cultivateur âgé de trente-quatre ans, d'une constitution sèche, d'un tempérament nerveux, se dissiper entièrement par l'usage des fraises mangées en grande quantité et presque comme seul aliment pendant mi mois. Cette cure eut lieu en 1826. Depuis cette époque, aucun symptôme de gastrite n'a reparu. On sait que Linné parvint à se garantir des attaques douloureuses de la goutte par ce moyen, et que plusieurs goutteux ou calculeux en ont fait avec succès leur principale nourriture. Le journal de chimie médicale (année 1840) rapporte que M. Sauquet, pharmacien à Sigeau, a adressé, à la Société des sciences physiques, une observation relative à un de ses amis qui
(1) Ces faits sont h ajoutera Ions ceux cjne nous posse'ilons, et qui militent en faveur de Tusaue des plantes indigènes. Que les médecins haut placés et doués de l'esprit d'observation, acceptent les richesses que notre flore leur offre si libéralement, qu'ils commencent l'œuvre de la réforme thérafieutique, et bientôt tous les praticiens, entraînés par l'exemple, se convaincront de la possibilité de mettre les ressources de la médecine lia portée de la classe ouvrière, et d'affranchir en même temps la France des millions qu'elle paie à l'ctranger poof des drogues dont elle peut facilement se passer.
s'était délivré de la goutte en mangeant annuellement, soir et malin, des fraises. On a aussi conseillé l'usage de ce fruit contre la jaunisse, les obsiruclions, laplithisie, la bronchite avec toux sèche et chaleur des voies aériennes.
[Van Swieten rapporte que des maniaques, ayant mangé jusqu'à vingt livres de fraises par jour, pendant plusieurs semaines, ont été complètement rendus à la raison. Gilibert et ïloffman citent des guérisons de phlhisie qui n'étaient sans doute que des catarrhes pulmonaires, d'inflammations chroniques de la poitrine, accompagnées, comme cela a souvent lieu, de fièvre lente et de marasme. Gesner rapporte que le suc exprimé des fraises, macéré dans l'esprit de vin. administré à la dose d'une cuillerée à bouche chaque matin, a puissamment soulagé des personnes atteintes de la pierre. Boerhaave dit que la propriété diurétique réside plus particulièrement dans les graines; il les prescrit infusées dans du \in blanc. M. Juste Liébig, chimiste distingué de Giessen, a prouvé par l'analyse que, pendant l'usage des fraises, 1 urine cessait de contenir cet excès d'acide nrique qu'elle présente ciuelquefois chez les individus sujets ou prédisposés a la néphrite calculeuse. Ce fait confirme les observations des auteurs que nous venons de citer. ]♦
Les fraises déterminent, chez certaines personnes, une éruption, une sorte de roséole occupant une étendue plus ou moins o-i'aude et surtout marquée au cou et à la face. J'ai observé ce fait sur moi-même jusqu'à l'âge de trente ans environ. J'ai pu ensuite m'habiluer peu à peu a 1 usage ae ce fruit sans en être incommodé.