‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 79 sur 278 · FOUGÈRE MALE · texte numérisé non relu

FOUGÈRE MALE

Filix non ramosa, dentata (T.) PoJypodium filix mas (L.)

L'espèce dont il est ici question, placée d'abord parmi les polypodes, appartenant aujourd'hui aux aspidiwn, se rencontre partout dans les lieux incultes et dans les iDois. On emploie la souche, ou stipe, improprement nommée racine.

Préparations et doses.

A l'intérieur : Décoction, de 15 à 60 gram. par kilog. d'eau. Poudre, de 4 à 15 gram. en substance, pilules, électuaire, etc. Eau distillée, de 30 à 400 gram. en potion. Extrait alcoolique, de 1 à 2 gram. en pilules. Extrait résineux, de 50 cent, à 2 gram. en pilules. Uuile éthérée, de 2 à 10 gram. en potion.

A l'intéhieur : DècQction en lavement^ de 13 à 60 par kilog d'eau.

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Propriétés.

La racine de fougère mâle, d'une saveur d'abord slypilque, ensuite douceâirc, un peu aromalique, visqueuse ei légèremenl amère, est généralement regardée comme anthelniintique. On l'administre contre les ascarides lombricoïdes, les tricocôphales, et môme contre le ténia. On a aussi préconisé cette racine comme adoucissante, tonique, el légèrement astringente; elle a été employée contre la goutte, le rachitisme, le scorbut, les embarras viscéraux. On a été jusqu'à lui attribuer la propriété d'activer la sécrétion du lait, de rappeler l'écoulement des règles, et de provoquer môme l'expulsion du fœtus.

Pour déterminer avec précision les véritables propriétés d'un médicament, il faut l'administrer isolément. Ce n'est pas ce que l'on a fait pour la fougère. Le remède de M™" Nouffer, qui a mis celte plante en vogue, se compose de 12 grammes de poudre de racine de fougère, par-dessus lesquels on fait avaler au malade un mélange de calomel ( 60 centigrammes), de scamonée ( 60 à 75 centigrammes), de gomme-gulte (25 à 40 centigrammes) . Bourdier donnait la fougère conjointement avec les doses assez fortes d'éther. Mathieu, pharmacien de Berlin , l'associait au fer et h la limaille d'étain. Comment distinguer, dans ces divers traitements, ce qui appartient à la fougère et ce qui est l'effet des autres médicaments vermifuges et purgatifs?

La fougère mâle, en décoction ou en poudre, ne m'a réussi que d'une manière peu fidèle. Chez certains enfants, elle a réellement agi comme anlhelmintique, tandis que, chez d'autres, elle n'a point eu cet effet, bien que la présence des vers ai t été prouvée par l'expulsion de ces derniers après l'administration de vermicides plus énergiques. Ces faits portent à croire, avec Guersent, que la fougère n'a pas d'autre action que celle des astringents et des toniques ordinaires.

[Il paraît démontré, néanmoins, que l'huile grasse, aromalique el un peu empyreumatique, obtenue par le pharmacien Peschier, el à laquelle on a donné le nom d' oléo-resine, a été emplovée avec le plus grand succès contre le ténia. La dose de 'l'oléo-résine de fougère est de 30 à 36 gouttes dans de l'huile de ricin, à prendre en deu:!:fois, l'une le matin et l'autre le soir. On peut aussi la donner en pilules, une £ïOutle pour-chaque, ou dans un éleciuaire approprie, dans un sirop, uneémulsion. Ainsi administre ce médicament ne cause aucune douleur inlesiinale. Deux heures après la seconde dose on fait prendre deux onces d huile de ricin pour provoquer la sortie du ver. Il est rare, dit-on.

<iu on soit obligé de revenir à une seconde dose de ce mèdicameni.

Le docteur Albert, professeur à l'université de Bonn, emploie avec succès, depuis vingt ans, l'exlrait éiliéré de fougère mâle à la dose de 15 décigrammes répétée au bout de (rois heures ; après celle seconde dose il fait avaler au malade 30 grammes d'huile de ricin. Une ou deux heures sont à peine écoulées depuis l'ingestion de celle huile, que le ver est ordinairement rendu au milieu de matières muqueuses abondantes.]

Les feuilles de fougère servent, dans nos campagnes, à composer la couche des enfants. Les coussins et les matelas qu'on en fait sont beaucoup plus sains que ceux qui sont faits avec la plume. On les recommande surtout aux scrofuleux et aux rachi tiques.

[La racine de fougère maie perd en vieillissant une grande partie de ses propriélés. Il faut la prendre fraîche pour en exlraire les parties actives ; sèche, elle est bien moins sûre dans ses effets, et vieille, elle est presque nulle. Elle doit €lre récoltée avec soin, plutôt dans l'été que dans les autres saisons, parce qu'à celle époque elle est dans toute sa vigueur, ee que l'on reconnaît à sa cassure verte. L'oubli de ces conditions a peut-être été la cause de la diversité des opinions émises sur les propriétés de celle plante.

La Fougère femelle {Filix ramosa major (T.), Ptcris aquilinina (L.), qui n'est pas du même genre que la précédente et appartient snwpteris, a joui de'la même réputation contre le ténia. Malgré les assertions de Haller, d'Alston et d'Andry, qui ont élevé sa vertu anthelmintique au-dessus de.celle de la fougère mille, les effets réels de cette racine sont encore à constater. Il est probable que, Aiiblement astringente et tonique, elle n'a dû la faveur qu'on lui a accordée comme vermifuge et purgative, qu'aux substances drastiques ou résineuses qui lui ont toujours été associées.]

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