FRÊNE COMMUN
Fraxinus excelsior (T.) Fraxhms excelsior (L.)
Cet arbre croît dans toutel'Europe. On emploie son écorce, ses feuilles et ses fruits.
Préparalions et doses.
A l'ixtériedr : Décoction de l'écorce ou des semences, de 50 à 60 grammes par kilog. d'eau.
Infusion ou décoction des feuilles, de 8 à 12 grammes pour 2S0 grammes d eau.
Poudre de l'écorce, de \0 à 30 gram.en élecluaire ou dans du vin. Semences en [joudre, de 10 à 50 gram.en élecluaire ou dans le vin.
Propriétés*
Bocrhaave a dit de l'écorce de frêne, comparée à celle du quinquina : Si duplo majori copia sumatur, tune eundem effectuni prmstat ac Cortex peruvianus. Ilelwig appelle cette écorce le quinquina d'Europe. Bergius, Cosle et Wilmet la recommandent comme fébrifuge. Je l'ai employée en cette qualilé dans six cas de fièvres intermittentes tierces ou doubles-tierces. J'en faisais prendre la décoction à la dose de 30 grammes dans 500 grammes d'eau. J'ai réussi à intercepter les accès chez trois malades; mais chez l'un d'eux l'effet a été douteux, attendu qu'avant l'administration du médicament la maladie avait déjà diminué d'intensité. L'écorce de saule blanc m'ayant donné des résultats beau-
coup pins avantageux, j'ai cessé d'eipployer celle de frêne conire les fièvres inlermiltenles.
[J'ai vu un paysan, âgé de cinquante ans, se guérir- Irèspromptement d'une Icucophlcgmaiie par l'usage d'une tisane faite avec l'écorce de racine de frêne, à la dose, chaque jour, de deux onces environ pour un litre d'eau. L'alkali tiré des cendres de l'écorce de frêne, est, selon Gilibert, un puissant diurétique.]
Petetin, médecin de Lyon, a employé les feuilles de frêne conire les scrofules. Gilibert dit aussi avoir guéri plusieurs affections scrofuleuses commençantes, et arrêté les progrès de celte maladie chez d'autres sujets, au moyen, des bains faits avec les feuilles de frêne, et par l'usage de ces mêmes feuilles à l'intérieur. On sait que tous les amers conviennent dans ces affections, sans pour cela posséder une propriété qui leur soit spécialement applicable.
"Tablei assure que les feuilles de frêne, prises à la même àase et de la même manière que le séné, purgent tout aussi bien et sans coliques. Bodart dit que dans les essais qu'il en a faits à Pise, en Toscane, ces feuilles, administrées à double dose du séné, ont constamment procuré des purgations efficaces, sans coliques et sans aucun iiffconvénient.Il ne les a pas essayées en France. Quant à moi, j'ai administré plusieurs fois ces mêmes feuilles à double et triple dose du séné, afin de constater leur vertu purgative, et je n'ai obtenu que des résultats irréguliers et incertains. Cette différence dans les effets peut s'expliquer par celle des climats : mes essais ayant eu lieu dans le nord, ne peuvent infirmer les résultais obtenus par Bodart sous l'influence vivifiante du ciel de l'Italie.
J'ai administré la semence de frêne en poudre dans des cas de cachexie, d'engorgements hépatiques et spléniques chez des sujets lymphatiques et exempts d'irritation ou de phlegmasie des voies digesiives. J'en ai obtenu des avantages appréciables ; mais d'autres plantes amères auraient, sans doute, produit le même effet. Cependant, le frêneétant très -commun, doit être préféré pour les malades indigents.