BLÉ
Triiicutsi hyhermim (T.) Trilicum sativum (L.)
Parmi les graminées le froment lient le premier rang comme servant à la nourriture de l'homme. La farine qui
provient de sa graine conlieni, sous un volume donne, uneplus srande quantité de parties nutritives. On en fait le pain qui sert comme aliment journalier, et dont on ne se dégoûte point tant qu'on est en santé. On regarde môme, comme l'annonce d'une prochaine convalescence, le désir qu'a un malade de manger du pain.
Vers la fin des maladies aiguës, chez les convalescents et dans les phlegmasies chroniques des voies digestives, dans tous les cas enfin où une alimentation est nécessaire, maigre l'irrilalion qui semble l'interdire, on fait usage d'une crème de pain ainsi composée : Faites bouillir pendant une heure 125 grammes du meilleur pain dans un kilogramme d'eau ; après avoir bien brisé et passé ce mélange, remettez-le au feu pour le faire cuire jusqu'à consistance d'une crème légère; ajoutez-y 30 grammes de sucre et 10 grammes d'eau de fleur d'oranger.
La décoction de pain (eau panée) est adoucissante, rafraîchissante; elle convient dans les maladies aiguës. La mie de pain entre dans la décoction blanche de Sydenham. On corrige la crudité de l'eau en y mettant tremper une croûte de pain rôtie deux heures avant de la boire. J'ai vu maintes fois, à la campagne, des malades atteints de fièvre typhoïde, n'avoir d'autre ressource que cette boisson, refuser toute autre médication, et guérir tout aussi bien et peut-être plus facilement qu'avec le concours des nombreux moyens employés contre cette maladie, et tour-à-tour vantés ou dépréciés suivant la prédominance de telle ou telle doctrine.
La mie de pain sert à lier les pilules, à étendre des sub-stances actives; on la donne quelquefois seule en pilules qui passent pour contenir des médicaments auxquels on feint d'attribuer de grandes vertus. Corvisart, qui, certes, n'était pas charlatan, donna à l'impératrice Josépîîine des pilules demica panis aiirata, qui la guérirent d'une maladie qu'elle n'avait que dans son imagination. C'est une petite fraude que le médecin peut se permettre en vue des bons effets qu'il en attend. En pareil cas, ou lorsque la maladie est incurable, une ordonnance console le malade, inspire la confiance,etcacherimpuissance de l'art. Quel prix, d'ailleurs, attacher à une visite dont tout le résultat est de ne rien faire ?
On compose descataplasmesémollients avec la mie de pain mêlée à l'eau, au lait ou à la décoction de semences de lin. Le levain ou pâle fermentée sert à former un vésicatoire étant étendu sur du linge et saupoudré de cantharides. Ce même levain, cuit avec une suffisante quantité de vieille bierre, peut être employé en cataplasme comme maluratif.
TJn campagnard m'a dit s'élre guéri d'un rhumaiisme ariiciilaire chroniqiio, en s'ctcndanl à nu sur une couche d« pâle amincie au moyen d'un rouleau et saupoudrée de farine, ei se faisant recouvrir avec pareille couche de la même pâte jusqu'au cou, de manière à en être complètement enveloppé. Il restait chaque jour pendant deux ou trois heures dans cette singulière enveloppe, laquelle provoquait une abondante transpiration, qu'excitait encore l'ingestion de quelques tasses d'infusion chaude de fleurs de sureau.
M. le doctour Faverot a récemment publié, dans la Revue médico-chirurgicale de Paris, plusieurs observations sur les avantages de la farine de froment dans !e traitement des érysipèles. Ce moyen, pour n'être pas nouveau, n'en est pas moins bon : les habitants de la campagne l'ont employé de temps immémorial. Théodore Zvvinger en parle ainsi, d'après Schroeder : Trilica farina sicca cum fructu erysipelati adspergikir. (Compend. medicinœ univers. Basileœ, 1724, pageik'l). CuUen l'a indiqué, et Pinel [nosograph. philosoph., tom. m, p. 78), ne recommande que ce topique pulvérulent pour calmer rinfiammation érysipélaieuse. Je le mets moi-même en pratique depuis plus de trente ans, surtout quand la phlegmasie a son siège à la face, en raison de la difficulté de recouvrir cette partie de compresses imbibées d'infusion de fleurs de sureau, comme on le fait habituellement sur les membres. La farine dimhiue constamment et promptement l'inflammation, et par suite la réaction fébrile qui en est la conséquence mais le plus souvent la maladie, bien que moins intense, n'en parcourt pas moins ses périodes. Considéré comme local, l'hérysipèle simple guérit de lui-même ; ce qui est ûvl à la nature est souvent attribué aux moyens successivement préconisés par les médecins qui se sont occupés du traitement externe de cette maladie.
La farine, ajoutée aux bains généraux, convient dans les affections cutanées chroniques accompagnées d'irritation. Afin d'administrer avec plus de facilité une poudre active, on peut la diviser avec de la farine.
Le Son en décoction (une poignée pour un kilog. d'eau) est adoucissant, émollienl, rafraîchissant. On l'emploie souvent dans les catarrhes aigus, les irritations gastro-inlestinales, en boisson, en lavements, en fomentations et en bains. Chaufl"é à sec et appliqué en sachet, le son convient dans les douleurs rhumatismales, la pleurodynie, les coliques nerveuses, les douleurs gaslralgiques, les engorgements articulaires chroniques, l'asphyxie par submersion, etc., ces sachets doivent être fréquemment renouvelés, afin d'entre-
tenir le degré de chaleur propre à atteindre le but qu'on se propose. Les cataplasmes de son et de décoction de graine de lin ou déplantes émollienies, sont les plus légers et les plus économiques.
L'Amidon est une fécule amylacée qu'on relire plus particulièrement du froment. Cette substance est adoucissante, émoliiente, nourrissante; elle convient dans les inflammations intestinales, la diarrhée avec irritation, la dyssenierie, etc. On la donne en décoction (de 8 à 15 gram.par kilog. d'eau), en lavement (de 8 à 15 gram. par 500 gram. d'eau )^ en cataplasme, et pour solidifier les bandages à fracture. Beaucoup de médecins se contentent, quand ils prescrivent des lavements amylacés, de mettre la poudre d'amidon dans l'eau; il est nécessaire, potir l'effet adoucissant qu'on se propose d'obtenir, de la faire un peu décocter, afin de lui donner la consistance d'une bouillie légère.
La Dextrine. L'eau chaude convertit l'amidon en nne espèce dégelée que Ton nomme empois. Cet empois, traité par l'orge germé, se fluidifie et forme un principe soluble connu sous le nom de dextrine. Ce principe sert à la préparation des appareils employés pour le maintien des fragments dans le traitement des fractures. Seutin, inventeur du bandage amidomé, lui préfère l'empois simplement fait avec l'amidon. Je n'ai jamais employé que ce dernier.
L'IoDURE d'amidon cst un composé d'iode, d'amidon et d'alcool. Il a les mêmes propriétés que l'iode et est particulièrement employé contre les effections scrofuleuses. On l'administre ordinairement à la dose de 6 à 18 grammes en boisson, potion, etc.
Le Gluten, composé de gélatine et d'albumine végétale, est extrait des céréales et plus particulièrement du froment. Cette substance est analeptique et adoucissante. On la conseille dans la débilité d'estomac, dans la convalescence des maladies graves, lorsque l'on ne peut ingérer aucun autre aliment. Taddéi l'a proposé pour combattre l'empoisonnement par le sublimé corrosif; on l'administre en décoction à la dose de 30 à 60 grammes par kilogramme d'eau.
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