FIEL DE TERRE
Fumaria officinarum (T.) Fumariu officinalis (L.)
Cette plante croît dans toute l'Europe, et se rencontre dans les terres cultivées et principalement dans les jardins. L'herbe est usitée.
Préparation» et doseis.
A l'intérieur : Décociion et infusion, de oO à 60 grammes par kilogramme d'eau.
Suc exprimé, de 30 à 400 grammes.
Sirop (parties égales de suc et de sucre), de .50 à 100 grammes. Extrait, de 2 à 10 gram. en bols, pilules, julep, potion, etc. Conserve, de 3 à 13 grammes.
A l'extérieur : Décoction pour fomentation. — Suc délayé dans l'eau, herbe en cataplasme.
La fumelerre, d'une saveur amère qui augmente par la dessiccation, est tonique, fondante, dépurative, vermifuge. On l'emploi dans la débilité des voies digestives, l'ictère, les engorgements des viscères abdominaux ; dans les afTections cutanées, scorbutiques et scrofuleuses; dans les dartres, l'éléphantiasis, etc.
[Les médecins de l'antiquité faisaient un grand usage de la fumeterre contre les diverses maladies que nous venons d'énuniérer. Les modernes l'ont aussi employée avec succès. Gilibert regarde cette plante commeunbon antiscorbutique, et Hoffmann lui attribue de grands succès contre les affections lentes des viscères, l'hypocondrie et les scrofules. C'est principalement contre les affections culanées chroniques qu'elle a montré une efficacité incontestable. Leidenfrost, Thomson, Bodart, rangent la fumelerre parmi les meilleurs moyens curaiifs de la lèpre en général, et particulièrement du radesyge, que le docteur Demangeon appelle éléphantiasis du nord. Le médecin suédois Strandberg a constaté ses propriétés anlidartreuses. Je joindrai à ces témoignages celui de Pinel, dont la réserve thérapeutique est connue. «Je pourrais citer, dit ce médecin, une observation faile avec soin sur laguérison d'une dartre invétérée qui se manifestait au bras. La malade eut la constance de faire usage, pendant près de six mois, de la fumeterre infusée dans du lait, en même temps qu'elle pratiquait des lotions sur la partie avec la même infusion. Après cette époque, il n'a resté aucune trace de maladie. [Encydop. mélliod.) ] »
Je fais un usage fréquent delà fumeterre dans les tisanes dépuratives. L'été, j'emploie de préférence le suc de cette plante ; comme elle est beaucoup plus commune que le trèfle d'eau, je la substitue souvent à ce dernier dans les sucs antiscorbuliques. Les enfants atteints de croûtes de lait, de débilité des voies digestives et d'affections vermmeuses, se li^ouvent irès-bien de l'usage du sirop de fumeterre, qu'on
administre seul ou mêlé à la décoclion de pensée sauvage.
r Suivant la pluparl des auteurs, plusieurs autres espèces de fumeterre, telles que les fumaria média, spicaia , capreolata, etc., jouissent des mômes propriétés que la fumeterre officinale, et elles peuvent remplacer celle-ci. M. A. Sleinheil (archiv. de botaniq., 1833, ^. i, j?.420j , a remarqué que dans les fumaria capreolata et média, a saveur, au lieu d'être franchement amère, comme dans la fumeterre officinale, était excessivement acre et brûlante. Celle différence de saveur avait porté M. Sleinheil a croire qu'il pouvait en exister une dans les propriétés médicinales de ces plantes; il attribua dès lors l'effet purgatif qui a quelquefois lieu par l'administration de la fumeterre, a la subsiilulion du fumaria média et du fumana capreolata au fumaria officinahs dans la préparation du suc. J'ai employé séparément, et à plusieurs reprises, ces trois espèces de fumeterre , et j'ai pu me convaincre qu'en effet l'excitation intestinale et la purgation se manisfestaient toujours d'une manière plus ou moins prononcée après l'ingestion du suc des deux premières espèces, tandis que celui de fumeterre officinale , donné h la même dose , ne produisait rien de semblable. Il est donc prudent de n'employer que la fumeterre officinale , dont le degré d'énergie et les propriétés sont bien connus. ]