‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 87 sur 278 · GAROU · texte numérisé non relu

GAROU

( Les plus usitées : trois espèces. )

4«. Garod Saint-Bois.— T^î/meïœa foins Uni {T.)—Dnph}e gnidiion (L.) croît dans les déparlements méridionaux.

2°. Lauuéot.e, Lauréole uxLE,—Tliymelea laiiri 'folio deciduo seu laureola mas (T.)—Dapline laureola (L.) se trouve dans les lieux ombragés du milieu et du midi de la France, et dans tonte l'Europe méridionale.

3°. Mézeuéon, Bois-Gentil, Lauuéole femelle,— 77ij/niefœa laurî folio deeidvo sive laureola fœmina (T.), — Daphne mesereum (L.)— vient nalnreileraent sur les Alpes, les Apennins, les Pyrénées, dans h; midi de la France, et est cultivé dans les jardins pour la beauté de ses fleurs.

Les écorces et les fruits des trois espèces sont usités.

Prépara<fonsi et doses.

A i/iNTÉRiEUR : DécocUon du mesereum, de i à 8 gram. par kilog. d'eau.

Poudre de mesereum, de S à 30 cenlig. en pilules, bols, élecliiaire, etc.

A l'extérieur : Extrait alcoolique de Tune des deux espèces pour taffetas et papier vésicants.

Huile vèsicaule (I d'écorce pilée sur 2 d'huile). Pommade (1 de poudre sur 14 d'axonge), comme épispaslique. Ecorce en morceaux, pour vésicatoires, cautères, etc.

Pa'opriétés.

[Les feuilles dans l'état frais, les écorces el les semences de ces plantes , soit fraîches, soit sèches, font éprouver , quand on les mâche un certain temps, une sensation acre et brillante qui s'étend jusqu'au gosier et qui ne se dissipe que lentement. Comme poison, elles déterminent une vive inflammation de l'estomac et des intestins, et une irritation sympathique du système nerveux. Linné rapporte qu'une demoiselle , atteinte d'une fièvre intermittente , mourut hémoptoïque après avoir pris douze baies de mesereum ou bois-gentil. Vicat cite un cas où le garou a occasionné une diarrhée mortelle. ]

Ce sont des médicaments dangereux quand ils ne sont pas maniés avec la plus grande circonspection. Comme stimulantes el diaphorétiques, on a employé ces plantes à l'intérieur dans les maladies du système osseux, les douleurs ostéocopes, les exosloses, les scrofules, les affections dartreuses , la syphilis secondaire ou tertiaire, le rhumatisme chronique, etc.

Gilibert conseille la pulpe des baies de mesereum un peu torréfiée, unie avec la gomme en pilules de cinq centigrammes , comme un des meilleurs fondants et comme le vrai spécifique contre les dartres rebelles. J'ai employé deux fois cette médication avec un succès complet contre des dartres qui avaient résisté à divers irailemenls. Russel, Home,

Swediaur WriglU recommandent, dans les aCfeclions sypliilitiaiies consliuuionnelles, l'usage de l'écorce de mesereum comme un remède précieux. On la donne ainsi préparée : écorce réceniede racine de mesereum, 4 grammes, eau de fontaine 7 kilogrammes et demi. Faites bouillir jusqu'à réduction d'un tiers ; ajoutez : racine de réglisse 30 grammes,, décantez et gardez pour l'usage, à la dose de 250 grammes répétée quatre fois par jour. J'ai plusieurs fois, dans le cours de ma pratique, employé ce remède dans la sy^nli s secondaire ou tertiaire. Je n'ai pu constater son efficacité que dans un seul cas, où il existait un ulcère serpigineux a la. joue et une tumeur gommeuse au bras, à la suite de diverses infections vénériennes et de plusieurs traitements mercuriels. Le malade .fut complètement guéri au bout de cinquante jours de traitement. Dans deux autres cas, des douleurs osléocopes m'ayant obligé à donner concurremment les préparations d'opium, le succès obtenu a pu être également attribué à ce dernier médicament, qui, comme on sait, suffit quelquefois seul, dans certaines circonstances, pour <yuérir la syphilis invétérée. Hufeland cite un malade qui avait une exostose du crâne, avec de violentes douleurs à l'intérieur de celte cavité, qui, dès le sixième jour de l'usage du garou, éprouva du soulagement, et fut guéri au bout d'un mois. {Journal d' Hufeland, 1808.)

Le mesereum, macéré pendant vingt-quatre heures, à une dose plus ou moins grande, selon les cas, dans un mucilage, dans le petit lait ou dans le lait, devenait, dans les mains des anciens, et surtout des médecins du seizième siècle, un purgatif sûr ou un fondant efficace et exempt de danger.

Constantin, qui s'attachait particulièrement â tirer parti des végétaux indigènes, employait le topique suivant sur'le ventre des hydropiques pour produire un effet purgatif : feuilles de dapimé, 20 grammes. Faites tremper dans deux kilogrammes et demi d'eau pendant vingt-quatre heures; faites bouillir jusqu'à réduction de moitié. Passez, ajoutez 250 grammes d'huile d'amandes douces ; faites bouillir encore jusqu'à ce que l'eau soit toute consommée. Ce moyen ialraleplique mérite une attention toute particulière. Je m'empresserai de l'essayer à la première occasion.

L'écorce des garous, macérée pendant quelques heures dans du vinaigre et appliquée sur la peau, agit comme rubéfiant et vésicant. C'est un épispastique habituellement employé et qui supplée à l'action des canlharides sans avoir l'inconvénient de porter sur la vessie, mais qui a

c^^,.^^ L^J-C-'^i^^^ .^-^ ^ ^ y^-v^^ ■'■ >y^^ fr*^^'^^* -^'^

celui d'occasionner souvent une démangeaison insupportable, une éruption boutonneuse et de l'i^nflammation autour de la partie sur laquelle il est appliqué. La pommade de garou, que l'on mitigé à volonté, sert à entretenir les vésicatoires.

Page 1