GENÊT A BALAI
Ciitiso-genisla vidgaris scoparia (T.) Genistu scoparia (L.)
Celte plante est très-commune et se trouve principalement dans les bois. On emploie l'herbe entière, les fleurs, les graines et les écorces.
Préparalions et (loises<
A l'intéhieur : Décoction concentrée de l'herbe ou des fleurs, de
50 à 60 gramm. parkilog. d'eau.
Suc exprimé fies branches tendres, à 50 grani. seul ou mêlé
au miel comme purgatif.
Sernence en poudre, de 2 à 4 gram. infusée pendant une nuit dans
un verre de vin blanc comme éméto-cathartique, purgatif ou
diurétique, suivant la dose administrée.
Conserve des fleurs, de iS à 30 gram. comme éméto-cathartique
ou purgatif.
Vin diurétique (30 à 45 gram. de cendre de genêt, infusée à froid, par kilog. de vin blanc ou de bon cidre), — de GO à 90 gram. deux ou trois fois par jour.
Sirop des fleurs, de 50 à 00 grum.
A l'extériedr : Lessivedes cendres, décoction, en cataplasmes, etc.
Propriélés.
Le genêt est purgatif et diurétique. La fleur est plus purgative que la semence. L'une et l'autre sont employées vulgairement dans l'hydropisie. Les paysans prennent le suc exprimé des branches tendres, qui agit souvent comme éméto-cathartique. Le vin préparé avec la cendre de genêt est un excellent diurétique que j'emploie fréquemment dans l'anasarque. Ce remède agit sûrement et promptement. II débarrassa le maréchal de Saxe d'une hydropisie contre laquelle on avait inutilement mis en usage les ordonnances des plus célèbres médecins de l'armée et de la Faculté de Paris.
[La lessive de cendre de genêt (30 à 45 grammes par kilogramme d'eau) se prend par verrées dans l'hydropisie. la gravelle sans irritation phlegmasique des reins, l'albuminu-
rîe chronique, les engorgemcnls viscéraux, suite de fièvres intermiltcnies, dans tous les cas, en un mot, où lobi-carbonale de potasse est indiqué. On lit, dans les mémoires de rAcadéniie des sciences de Slockolm, qu'en 1759, l'armée suédoise, ayant beaucoup souffert d'une épidémie catarrhale qui se terminait par l'anasarque, dut saguérison à une boisson lixivielle des cendres de genêt, donnée à la dose d'une pinte par jour.
A défaut de carbonatede potasse (de 8 à 15 grammes pour un kilogramme d'eau), Levret se servait, contre les engorgements lymphatiques et laiteux des mamelles, de la lessive ae cendres de genêt ou de sarment, qu'il considérait comme un des plus puissants résolutifs ; il faisait entretenir sur le sein malade, après quelques douches, une compresse suffisamment imbibée de cette liqueur chaude, et recouverte d'un taffetas ciré. (Levret, Art des accouchements, page 184, 3""^ édition). J'ai employé ce moyen avec succès, non-seulement dans les engorgenients des mamelles, mais aussi contre l'hydarthrose, l'œdème, les engorgements scrofuleux, les tumeurs blanches , en un mot, dans tous les cas où les fomentations, les douches et les bains alkalins conviennent.
L'infusion et le sirop de fleurs de genêt , à dose altérante ou légèrement laxaiive , ont été conseillés dans le rhumatisme chronique, la goutte , l'œdème , les maladies du foie et les engorgements mésentériques. Administré ainsi, le genêt active les sécrétions; il augmente à la fois les urines et les selles.
Les branches tendres, les fleurs, les gousses et les fruits du genêt à balai sont résolutifs et peuvent être appliqués en décoction ou en cataplasme sur les tumeurs scrofuleuses , les abcès froids, l'œdème, etc.]
Genêt d'Espagne. Spartium jimccum. — Genisiajuncea.
[ Cette espèce, dont les fleurs sont si odorantes et que l'on cultive dans les jardins, possède les mêmes qualités que le genêt à balai , mais à un plus haut degré. L'infusion de 2 gros (8 grammes) de fleurs de cet arbrisseau, purge ; on en fait un fréquent usage à la campagne. Leur saveur est sucrée, peu désagréable, recherchée des abeilles. Des enfants, trompés par cette saveur, en mêlent une assez grande quantité dans une omelette, et la mangent. Quelques heures après, ils éprouvent des nausées, des vomissements, de la faiblesse, de l'anxiété, avec mal de tête; un d'eux en est purgé. L'eau chaude donnée abondamment, puis l'oxycrai, les guérissent. [Gazette de santé, n° 38 ; 1776. )
Genêt des Teinturiers, Génistrole. Genisia iinctorid.
Celle espèce de genêt, que l'on trouve dans les lieux arides, les pâturages des montagnes, etc., a les mêmes propriétés que les précédentes ; mais on lui a attribué, déplus, dans quelques provinces russes , celle d'empêcher le développement de la rage. Le docteur Marochctti a lu un mémoire à ce sujet à la Société médico-physique de Moscou, le 4 octobre 1820. On administre pendant six semaines une forte décoction de celle plante, associée au rhus coriaria; on en lave aussi les plaies ; on s'en sert en gargarisme, etc. Mais il faut, en même temps, examiner le dessous de la langue, où, dit-on, il se développe du troisième au neuvième jour après la morsure, des pustules que l'on doit cautériser dans les vingt-quatre heures. Le docteur Salvalori attribue tout l'effet obtenu à cette dernière opération. La cautérisation des pustules sublinguales suffît, suivant lui, pourpréserver de la rage, et l'on doit se borner, après l'avoir pratiquée, à des lotions d'eau salée sur les parties cautérisées. En attendant que l'expérience ait prononcé sur la valeur de ces moyens, on fera bien de ne compter que sur l'emploi de la cautérisation prompte de la plaie, comme pouvant seule préserver de l'infection rabieïque.
Il y a soixante ans que le gouvernement fit publier, comme un spécifique contre l'hydropisie, un remède qui n'était autre chose que les semences de genêt des teinturiers réduites en poudre. On la donnait tous les deux jours à la dose d'un gros (4 grammes) dans six onces de vin blanc, avec raltention d'en adoucir l'effet par deux onces d'huile d'olive, prises une heure après la poudre. Ce remède, devenu tout- à-fait populaire, et que j'ai vu réussir quand beau- ^coup d'autres avaient échoué, doit prendre place parmi les moyens thérapeutiques que le médecin de campagne se pro- 4curc le plus facilement.