‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 90 sur 278 · GRANDE GENTIANE · texte numérisé non relu

GRANDE GENTIANE

Genlicinu major hdea (T.) Geidiana lutea (L.)

Cette belle plante, que Haller a célébrée, et qui doit son nom à Genlius, roi d'Iilyrie, lequel, d'après Dioscoride, l'employa le premier, croît dans les départements du milieu et du midi de la France, aux environs de Lyon, dans les Alpes, l'Auvergne, les Pyrénées, la Suisse, les Cévennes, etc. On emploie sa racine.

Préparation Si et doses.

A l'intérieou : Hlacératwt ci décoction, de 40 à 20 grammes par kilog. d'eau.

Sirop (1 sur \0 d'eau et \ 0 de sucre), de 30 à 400 grammes en potion.

Extrait (par infusion I sur 8 d'eau), de 3 à lOgrammesen pilules, potions, bo's.

Pondre, de 50 cenlig. à 1 gramme, comme Ionique, et de \0

à 20 grammes comme fébrifuge.

Vin (I sur -16 de vin), de 30 à 100 grammes. Teinture, de 2 à 8 grammes en potion ou dans du vin.

Propriétés.

La racine de gentiane est amère, tonique, fébrifuge, antiseptique, vermifuge. On l'administre dans les dyspepsies, les flatuosiiés, les diarrhées et tous les écoulements entretenus par la débilité de l'appareil digestif; dans les scrofules, le rachitis, l'ictère avec absence d irritation des voies biliaires, le scorbut, la chlorose, certaines hydropisies atoniques sans inflammation viscérale, l'œdème qui suit ou accompagne les maladies chroniques, les fièvres intermittenles, etc.

J'associe quelquefois la gentiane à l'écorce de saule dans certaines fièvres intermittenles; mais comme cette plante ne croît pas dans nos contrées, je la remplace par d'autres amers et surtout par la petite centaurée.

[La vertu fébrifuge delà racine de gentiane était connue des anciens. Malihiole en vante l'infusion contre les fièvres tierces et quartes. C'était, avant la découverte du quinquina, le remède le plus usité contre les fièvres intermittentes. On l'associe quelquefois à l'écorce du Pérou quand ces fié-

vres sont rebelles, avec eugoi-gement de la raie, élai cacheclique; plus amôre qu'aslringenle, elle modifie avanlageiiscmeiil, dans ces cas, raclioii du quinquina. Boerhaave dit que la décoction de celte racine convient dans toutes les fièvres inlermiltentes. En Pologne, on administre, avant l'invasion de l'accès, quatre grammes de racine de gentiane en poudre dans du vin. Vicat assure que ce remède réussit dès la première prise, et que, bien que l'emploi de ce fébrifuge n'ai télé précédé d'aucun médicament préparatoire, la maladie n'a jamais eu de mauvaises suites. Wiilis, Eller, Alibert l'onlvanlé. Le docteur Julia de Fontenelle, étant médecin en chef de l'hôpiial de convalescence italien de l'armée de Catalogne, lorsque le quinquina était à un prix exorbitant^ traita tous les fiévreux, avec beaucoup de succès, par la racine de gentiane en poudre. Il adressa à ce sujet un mémoire à la Société royale de Médecine de Marseille, qui, reconnaissant déjà les avantages de l'emploi des plantes indigènes, lui décerna une médaille d'encouragement.

D'un autre côté, MM. Trousseau et Pidoux se prononcent ainsi sur la gentiane : « Quant à ses propriétés fébrifuges, elles sontnulles très-certainement, quoi qu'en aient pu dire les nombreux auteurs qui ont expérimenté sur des fièvres intermittentes vernales, ou sur des fièvres rémiltentes qui^ ordinairement cèdent sans le secours de la médecine [Traité de thérap. et de mat.méd., l. ii, 2^ partie, p. 252). » Je r.e partage pas fopinion de ces auteurs. Il est vrai que la gentiane" ne jouit pas, comme le quinquina, d'une propriété anti-périodique spéciale ; mais son action, comme celle de tous les toniques amers, n'en est pas moins efficace dans certains cas de fièvres inlermiltentes prolongées : c'est un fébrifuge relatif, et qui trouve son application comme l'absinthe \Voy. Absinthe).

La racine de gentiane, mêlée avec celle de historié, avec l'écorce de chêne ou celle d'aune, à parties égales, soit en décoction, soit en poudre, agit plus efficacement comme fébrifuge que lorsqu'on l'administre seule : c'est une remarque faile par CuUen, et que j'ai été cà même de vérifier. Prise à trop haute dose, la gentiane produit du malaise, un sentiment de pesanteur à l'épigastre et même le vomissement. Il est donc de toute évidence qu'elle ne convient point dans les fièvres qui ont le plus léger caraclère inflammatoire ou qui sont accompagnées d'une irritation gaslrique plus ou moins vive. Il est nécessaire, dans les longues maladies, d'en suspendre l'usage de temps en temps ; car, par une influence que Cullen attribue à un principe vireux existant

dans tous les amers, son emploi, long-temps conliniic, (mit par produire une gaslriie chronique qui détruii la faculté digeslive, et exige un traitement anliphlogistique.

La racine de gentiane sert en chirurgie, comme l'éponge préparée, pour agrandir les orifices iistuleux et dilater certaines ouvertures, particulièrement le canal de l'urêire des femmes affectées de la pierre. On l'applique aussi, en poudre ou en décoction, sur les plaies gangréneuses, atoniques, scorbutiques, etc.; on en (ait môme des pois à cautère, qu on emploie de préférence quand il s'agit de rendre au fonticule l'étendue que le temps lui a fait perdre.

La racine de gentiane doit être peu ancienne, de moyenne grosseur, spongieuse, jaune en dedans, très-amère, n'ayant pas beaucoup de petites racines. On doit rejeter comme mauvaises les racines qui sont ridées, cariées, noirâtres, et moisies à l'intérieur.

GENTIANIN.

Le geniianin, principe actif de la gentiane, est une substance jaune, inodore, très-amère, cristallisant en aigrettes.

Prcparalioiis et doscsi

A l'intériedr (pur) : à 20 centig. en pilules, dans un liquide approprié.

Teinture (I sur iOO d'alcool à 24°), de 2 à 8 gram. en potion. Sirop (I sur fiOO de sirop de sucre) de 30 à CO grammes, seul ou en potion.

PropriéïéSi.

Le geniianin convient dans les mêmes cas que la gentiane. J'ai souvent administré, dans ma pratique urbaine, le sirop de geniianin conlrerhelminliase chez les enfants, et comme tonique chez les sujets lymphatiques, pour combattre la tendance scrofuleuse.

GÉRANION, *

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