‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 2)Chapitre 34 sur 87 · ANATOMIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE

Par a. IWANOFF(^)

La tunica vasculosa, ou tunica uvea, constitue le revêtement interne de la sclérotique, en s'intercalant entre celle-ci et larétine. A la distance de 1 millim, du bord de la cornée elle se replie à pic par rapport à l'axe oculaire pour s'adosser à la surface du cristallin et former avec cette partie repliée verticalement la paroi postérieure de la chambre antérieure.

La partie postérieure de la T. vasculosa, qui revêt la sclérotique, est désignée comme membrane vasculaire ou choroïde; la partie antérieure, visible déjà pendant la vie, derrière la cornée transparente, et munie d'une ouverture, la pupille, s'appelle iris.

Les deux membranes portent ensemble le nom tunica vasculosa, pour la raison que toutes deux renferment un très grand nombre de vaisseaux et que les vaisseaux se trouvent en communication la plus directe. On a donné la seconde dénomination de « tunica uvea n à la choroïde et à l'iris à cause d'une ressemblance lointaine avec la pelure d'un grain de raisin noir, dont le trou formé par la pupille, correspondrait à l'insertion de la queue (Brùcke) (2), pourtant beaucoup d'anatomistes désignent actuellement par le nom à'uvea, en particulier la couche de pigmeqt qui recouvre la face postérieure de l'iris.

§ 1. La choroïde représente une mince enveloppe très vasculaire (d'une épaisseur de 0,08-0,16 millim.) qui se rattache plus particulièrement en

(1) Notre illustre confrère m'avait adressé, peu de temps avant sa mort, par lettre datée de Merane (Tyrol) du 12 juin 1879 les modifications qu'il voulait apporter à son travail. Voici le passage de sa lettre concernant ces changements : «Vous aurez la bonté d'effacer de l'ancien travail (Graefe-Ssemisch) les trois pages à partir des mots p. 267 (ligne 20). « An cler choroïdea unterscheidet man gewôhnlich » jusqu'aux mots p. 270 (ligne 12) vsondern auch ihren Ort.» A la place de cette partie, je vous prie d'intercaler la traduction de mon manuscrit. J'ajoute un dessin représentant les cellules de la choroïde que vous voudrez bien, si possible, ajouter aussi. Je vous prie de séparer complètement dans l'édition française mon travail de celui de M. Arnold avec lequel il n'a aucun rapport. Nous nous sommes scrupuleusement conformé aux désirs de notre regretté ami. (De \V.)

(2) Anatom. Beschreibung des menschlichen Augapfels. 1847, p. 2.

DE WECKER ET LANDOLT. Il, — Î6

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deux endroits avec la sclérotique: en arrière, près de l'entrée du nert optique, là où ses couches les plus internes se transforment en un anneau qui embrasse la masse du nerf optique émergent, anneau d'où partent quelques minces fibres pour pénétrer dans le nerf même (H. MûUer) (2) ; en avant au lieu de transition de la sclérotique en cornée (constituant le tendon annulaire du muscle cilaire). A part cela ces deux membranes se trouvent attachées par les artères et les nerfs, qui perforent la sclérotique pour se rendre à la choroïde, ainsi que par les veines qui prennent le chemin inverse.

La surface externe, dirigée vers la sclérotique et colorée en brun, est d'aspect fibrillaire ; en avant, au point de jonction de la choroïde et de la sclérotique, se voit un épaisissement en anneau grisâtre, delà largeur de 3-4 millim. qui contourne la partie antérieure de la membrane vasculaire, c'est le muscle ciliaire.

Depuis longtemps, cette partie antérieure de la choroïde porte déjà une autre dénomination. Ainsi Versai l'appelle tunica ciiiaris; plus tard, les anatomistes distinguent de cette T. ciiiaris, une pars plicata et non plicata. Le premier qui a déssigné cette partie de la choroïde comme corpus ciiiaris e&tFalopius. Henle n'appelle ainsi que la partie la plus antérieure qui comprend les processus ciliaires et le muscle; il nomme orbiculiis ciiiaris la partie située entre Vora serrata et le corps ciliaire, sans prétendre pour cela qu'on puisse tracer une limite exacte entre corpus et orbiculus ciiiaris. Lusckka décrit sous le nom de corona ciiiaris cette portion de choroïde qui, rattachée à la zonula Zinnii, s'étend de ïora serrate jusqu'au delà du bord du cristallin; il appelle le muscle ciliaire annulus ciiiaris. Nous pensons que pour mieux s'entendre en terminologie, il serait utile de s'arrêter une bonne fois à une désignation précise, même si celle-ci ne répondait pas au desideratum, de comprendre en elle toutes ces propriétés anatomiques. Nous choisissons la dénomination de corps ciliaire {corpus ciiiaris), non parce que nous la considérons comme la meilleure, mais parce qu'elle se trouve la plus répandue, c'est dans ce sens que KoRlliker l'a aussi donnée dans son manuel, ainsi que//. Millier, qui se sert constamment dans tous ses travaux du nom de corpus ciiiaris.

La surface interne de la choroïde, dirigée vers la rétine n'est jusqu'à Vora serrata que très faiblement attachée à cette membrane, cependant elle y adhère encore de telle façon que, dans la plupart des cas, en voulant la détacher, toute la couche externe de la rétine (à savoir la couche d'épithélium pigmenté) reste fixée à la choroïde, ce qui a fait attribuer à celle-ci cette couche épithéliale. A partir de Vora serrata ces membranes se rattachent encore plus intimement, attendu qu'à partir de là, la couche épithéliale s'accroît sensiblement comme lien de rattachement entre la portion ciliaire de la rétine et la choroïde. C'est pour cette raison aussi qu'on ne réussit pas, ou du moins imparfaitement, à détacher la rétine de la choroïde. Après avoir enlevé le pigment, la surface interne de la choroïde se montre jusque vers Vora serrata absolument lisse, de couleur grisâtre. A partir de Vora serrata cette surface interne devient rugueuse, présentant une série d'élevures en sens méridional séparées les unes des autres par de profonds interstices. Ce sont ce qu'on appelle les processus ciliaires.

Les processus ciliaires au nombre de 70-80 ont l'aspect d'une collerette régulièrement plissée, et en se soulevant progressivement ils finissent par

TRACTUS UVÉÂL.

atteindre avec leurs replis le bord ciliaire de l'iris. Leur surface interne se trouve en entier, même dans les replis, recouverte jusqu'à la limite antérieure d'une épaisse couche de pigment et de cellules de la portion ciliaire de la rétine (pars ciliaris relinœ).

La partie antérieure de la choroïde et Vora serrata portent conjointement aveclesprocessusciliairesetle muscle le nomdecorpus ciliare, corps ciliaire.

La trame essentielle de la choroïde se trouve constituée par des vaisseaux; voici aussi la raison pour laquelle dès l'antiquité on lui a attribué un rôle important dans la nutrition de l'œil. Cette richesse en vaisseaux est aussi la cause sans doute de la part notable que cette membrane prend aux divers processus morbides intra-oculaires.

Une autre partie essentielle pour la fonction de l'œil que contient celte membrane est constituée par les fibres musculaires lisses que renferme en majeure partie le corpus ciliaris, mais qui ne font pas défaut non plus dans la partie postérieure de la choroïde.

Enfin la membrane vasculaire est aussi très riche en nerfs.

Tous ces éléments sont réunis par un stroma qui se caractérise par le rès grand nombre de cellules pigmentaires étoilées qu'il renferme.

On distinguait, il n'y a pas longtemps, les cinq couches suivantes : la couche pigmentaire, la membrane vitreuse, la membrane chorio-capillaire, la couche des gros vaisseaux et enfin la membrane supra-choroïdea. La couche pigmentaire doit à cause de son origine (elle émane de la lamelle externe de la vésicule oculaire secondaire) être attribuée à la rétine, de manière qu'il ne reste que quatre couches choroïdiennes. Dans ces derniers temps on a ajouté à ces quatre couches une nouvelle qui se trouve située entre la membrane chorio-capillaire et la couche des gros vaisseaux. Celle couche a été décrite par Sattler (1). Lœwe{T) la désigne sous le nom de zone intervasculaire, stratum intervasculare cJioroïdeœ, attendu qu'elle se trouve placée entre la couche des gros vaisseaux, stratum vasculosum (Lœwe), et la couche de . capillaires. C'est en nous tenant à ces cinq couches que nous décrirons le stroma de la choroïde. Les muscles et les nerfs seront décrits à part; de même il sera consacré un chapitre pour les vaisseaux.

1) La lame vitreuse, Lamina vitrea {F. Arnold) (3), lame élastique {Kœlliker) (4), membrane basale (Henle) (5), a été décrite pour la première fois par Bruch (6) et appelée par lui membrana pigmenti. Elle se présente dans sa partie postérieure (presque à Vora serrata) comme une très mince enveloppe (0,0006-0,0008'""'), "en apparence sans structure propre ou fai-

(1) Arch. f. Ophthalm, t. XXIT, 2, 1—100. Ueber den feineren Bau der Choroïdea. {H) Arch. f. microscopische Anatomic, t. X, V, 4-, Beitriige zur Anatomie de Auges.

(3) Anatomie II, p. 1030

(4) Handbuch der Gewebslehre, 1867, p. G61.

(5) Handbuch der systematischen Anatomie des Menchen, 1866, II B., p. 620.

(6) Korniges Pigment, 1844. '

IWANOFF. — ANATOMIE MIGROSCOPIQI E.

blement fibrillaire {KôUiker), qui se trouve intimement unie au slroma de la choroïde. La surface, qui est dirigée vers l'épithèle pigmenteuse, est jusque vers Vora serrata absolument lisse, tandis que l'externe, tournée vers la membrane chorio-capillaire, présente un aspect fibrillaire. Cette différence résulte de ce que la membrane vitreuse se compose de deux lamelles {Sattler), d'une interne sans structure et d'une externe un peu plus épaisse qui présente une structure particulière. Sous le microscope et à un fort grossissement, on y découvre un réseau épais de fibres très ténues. On ne peut distinguer à ces fibres d'embranchements, ni d'un côté ni de l'autre. Sur une coupe verticale, ec le long des plis, cette lamelle paraît absolument lisse. Donc, les fibres de ce réseau courent parallèlement à la surface ; elles sont comme imbriquées dans le ciment, et absolument dépourvues da structure, mais leur coefficient de réfraction diffère assez pour laisser voir les fibres comme constituant un réseau parfaitement apparent. Cette structure fibrillaire que présente la partie externe de la lame vitreuse s'aperçoit surtout lorsqu'on l'a traitée pendant quelque temps avec une solution de sel marin à 10 pour 100. Si l'on se sert d'alcalins ou d'acides, il se forme alors des plis, et toute la membrane vitreuse se recoquille en dedans. Il est impossible de distinguer sur cette membrane des noyaux. Sans doute, les noyaux que Bnich et Henle ont décrits appartiennent à des capillaires.

Sattler décrit ce réseau comme un grillage ténu et pàle qui se compose de fines lignes réfractant faiblement la lumière et s'entre-croisant dans les directions les plus variées, contournant des champs quadrangulaires, ou en polygones excessivement étroits. Comme ce grillage ne dépasse jamais en aucun cas le bord de la partie examinée de la lame vitreuse, et ne peut en outre être -séparé de celle-ci, Sattler l'envisage comme résultant d'une différence de substance de la membrane vitreuse à sa surface externe. Endilacérant à la fois la couche chorio-capillaire et la lame vitreuse, on réussit parfois à séparer les deux sur une petite étendue. La membrane vitreuse, ainsi séparée des vaisseaux qui la recouvrent, se divise parfois, en continuant à la lacérer, en ses deux couches sus-mentionnées. Sur des portions de la lame vitreuse externe isolées de celte manière, j'ai dans quelques cas réussi à voir sur les bords des émanations du réticulum. Elles se présentaient soit comme de très fines fibrilles lisses et courtes, soit sous l'aspect de fibrilles ponctuées. Cette manipulation réussit mieux sur la choroïde provenant d'yeux pathologiques, par exemple dans les cas d'irido-choroïdites chroniques.

Dans la partie antérieure de la choroïde, dans le corps ciliaire, la membrane vitreuse change sensiblement de qualités anatomiques. Ici, elle est plus pâle, plus épaisse et se comporte d'une façon moins indifférente à l'action des alcalins et des acides. Elle perd son aspect lisse; à sa surface interne, apparaissent des élevures et des dépressions microscopiques qui forment ce qu'on appelle le réticulum du corps ciliaire {H. Millier) (1). Ce réticulum est constitué par des élevures qui s'anastomosent les unes avec les autres, et renferment des dépressions dans lesquelles se trouve imbriqué du pigment. Les m.ailles de ce réticulum sont d'autant plus serrées qu'on s'éloigne de

(l) Arch. f, Opthalm, t, II, Anatomisch, Beitràge zur Optlialmologie.

TRACTUS UVÉAL.

Vora serrata. On peut poursuivre vitreuse jusqu'à l'iris.

La totalité de la membrane vitreuse du corps ciliaire se laisse diviser en trois zones {H. Millier) : une partie, la plus proche de Vora serrata, se présente comme membrane vitreuse, en ce sens que l'on n'y aperçoit que des traces de plis superficiels dirigés, partie en sens méridional, partie en sens équatorial (a, fig. 51 ) . La portion médiane de la membrane vitreuse se compose d'un réseau à mailles qui sont, pouj.

la plupart, dirigées et tiraillées en sens méridional [h). Ici, le diamètre le plus court est avec le plus long dans le rapport de 1 à 2, parfois à 10. La longueur des mailles mesure 0,06-0,05""™.

La zone la plus antérieure se compose de mailles très étroites de forme arrondie ou polygonale d'un diamètre de 0,008-0,012-- (c).

2) La couche chorio-capillaire (chorio-capillaris) s'étend de l'entrée du nerf optique jusqu'à Vora serrata. Elle représente un réseau serré de forts vaisseaux capillaires (ce sont, d'après Sattler, les plus larges capillaires qui se rencontrent dans le corps humain) ; ils ne se distinguent en rien dans leur structure d'autres capillaires. On rencontre dans leurs fines parois sans structure des noyaux ovales, finement granulés (en désaccord avec ce qu'avance Renie), qui s'observent, non seulement sur déjeunes sujets, mais aussi chez des individus très avancés en âge. Ordinairement, il se rencontre dans c

la structure réticulaire de la membran

Fig. 51.

3s capillaires un très grand nombre de

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corpuscules sanguins (Iwanoff (i), Sattler) (2). Çà et là, on voit à réclosion des parois des vaisseaux capillaires des cellules adventices ; un long noyau aplati et deux prolongements protoplastiques partent des extrémités opposées. Les interstices des capillaires sont comblés par une masse finement granulée.

3) Après les capillaires, suit le stratum intervasculare décrit par Sattler. Il se compose d'un réseau serré de fines fibres élastiques. Plusieurs couches de ce réseau forment entre elles des lamelles superposées, et sont séparées du stratum chorio-capillaris par une pellicule endothéliale qui se montre en cet endroit d'une manière très évidente, surtout lorsqu'on a recours à la coloration avec l'hématoxyline, et cela grâce aux noyaux pâles et ovales rangés dans une même couche. Celte couche intervasculaire se différencie exactement de la couche voisine de la choroïde par l'absence de cellules pigmentaires. Une exception doit être faite ici pour les yeux excessivement pigmentés ; mais aussi, dans ces cas, les cellules pigmentaires que renferme le stratum intervasculaire sont excessivement pâles et ne contiennent qu'une couche de granules pigmentaires faiblement réparties.

La pellicule endothéliale qui recouvre le stratum suivant, le sépare des couches pigmentaires de la choroïde.

Le parcours des veines à travers cette couche intervasculaire est caractéristique. Les veines de la choroïde possèdent, à part leur enveloppe adventive, encore une gaine périvasculaire. Celle-ci, elles ne la conservent que jusqu'à la pellicule endothéliale ; quant à l'autre, elles l'ont déjà perdue auparavant, de manière que les veines pénètrent dans le stratum, dépouillées de leurs enveloppes. Elles ne conservent encore quelques traces que de la couche adventice seulement. Cette couche de Sattler s'étend de cette manière jusqu'au corps ciliaire. Arrivé dans le corps ciliaire, à la région de Vora serratat les cellules endothéliales deviennent de plus en plus clairsemées pour disparaître bientôt complètement. Le réseau se raréfie aussi, mais se maintient toutefois dans toute l'étendue du corps ciliaire.

D'après les recherches de Lôwe, il pénètre alors encore dans l'iris.

Avant Saltler, qui a publié ses observations en 1876, on ne connaissait de cette couche en quelque sorte rein. Ses recherches étendues en anatomie comparée et pathologique lui permirent non seulement de décrire exatement cette couche, mais de faire aussi ressortir sa grande importance pour la choroïde.

Il résulte de ses recherches que cette couche représente chez l'homme et chez les animcaux dépourvus de tapetum l'analogue de celui-ci. Comme on le voit, le tapetum est composé d'après deux types distincts. Ou ce sont des cellules qui entrent dans sa structure (tapetum cellulosum) , ou il se compose de fibres [tapetum fibrosum). Le T. cellulosum est représenté chez tous les mamifères par la pellicule endothéliale sous-capillaire. Le T. fibrosum trouve son analogue dans le tendre réseau élastique non pigmenté (Sattler). A part cela, cette découverte a acquis une nouvelle importance grâce aux derniers tra-

(1) Arch. f. Opthalm., XY, p. 18, Beitvage zur Ablosung des Glaskorpers.

(2) Loc. cit p. 7.

TRAGTUS UVÉAL.

vaux de Lœwe qui trouva que la chorio-capillairc et cette couche sont les seules qui pénètrent dans Viris. En outre, Satller a constaté que dans les inflammations aiguës de la choroïde la maladie se localise tout d'abord dans cette couche.

4) La couche suivante, celle des gros vaisseaux (stratum vasculosum), se trouve séparée de la précédente par une pellicule endothéliale à laquelle succèdent alors les cellules pigmentaires. Elle se compose de vaisseaux et de lamelles d'un réseau formé de fines fibres élastiques. Ces fibres sont plus épaisses que celles que renferme la couche précédente. Les mailles du réseau sont plus grossières et le nombre des lamelles plus considérable. Les cellules pigmentaires étoilées se trouvent disséminées en nombre considérable dans cette couche. Elles sont toutes dirigées parallèlement à la surface des lamelles. Leur répartition, en ce qui concerne les vaisseaux, est caractéristique; superposées en plusieurs couches dans les interstices des vaisseaux, on ne les rencontre pas du tout, ou très clairsemées dans les points qui correspondent aux vaisseaux plus éloignés, de façon que le parcours de ceux-ci se révèle par des stries non pigmentées.

5) La dernière couche de la choroïde est la membrane supra-choroidea. En séparant la sclérotique et la choroïde, il reste attaché autant à l'une qu'à l'autre un revêtement fibrillaire et pigmenté. La membrane adhérente à La sclérotique s'appelle lamina fusca, celle qui s'enlève simultanément avec la choroïde lamina supra-choroïdea. Toutes deux recouvrent la sclérotique et la choroïde de l'insertion du muscle ciliaire jusqu'au proche voisinage de l'entrée du nerf optique.

La lame superchoro'idienne se compose de plusieurs lamelles superposées. Chaque lamelle est constituée par un réseau plus ou moins serré de fines fibres qui, tant par leur aspect que par la manière dont elles se comportent en présence des réactifs, ne se différencient en rien des fibres élastiques. Entre ces fibres se rencontre un nombre très considérable de cellules pigmentaires étoilées. Elles sont imbriquées dans une fine couche de ciment. Chaque lamelle se trouve recouverte à sa surface libre d'une pellicule endothéliale qui se révèle facilement sous le microscope par la présence de ses noyaux ovales, pâles et finement granulés {Schwalbe) (1).

La lamina fusca est constituée d'une façon analogue aux lamelles de he membrane superchoroïdienne ; elle n'est, en quelle sorte, que la lamelle la» plus externe qui se trouve intimement liée à la sclérotique par un nombre notable de fibres qui y pénètrent.

La masse principale des fibres de la membrane superchoroïdienne naît derrière le muscle ciliaire représentant l'extrémité ultime de ses faisceaux méridionaux. Le réseau fin, dans lequel se perd le muscle, se condense plus loin en formant les lamelles qui constituent, ainsi que nous venons de le

{i)Arch. f. Micros. Anatomie, VI, 1. Untersiichungen uber die Lymphbahnen des Auges und ihre Begrenzungen.

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voir, la membrane superchoroïdienne. Fort peu de lamelles adossées à la sclérotique recouvrent conjointement, avec la lamina fusca, le tendon même du muscle.

En donnant la description des diverses couches de la choroïde, il a été fait mention de cellules que nous devons étudier actuellement avec plus de soin.

On peut diviser toutes les cellules de la choroïde en pigmentées et non pigmentées. Les premières se trouvent dans toutes les couches externes de la choroïde, jusqu'à la couche de Sattler (à de rares exceptions près, comme cela a été mentionné plus haut). Les cellules non pigmentées se rencontrent dans toutes les couches sans exception.

Les cellules pigmentées de la choroïde se présentent sous les formes les plus variées : rondes sans aucun prolongement, aplaties, à forme irrégulière, montrant des prolongements épais, et enfin, munies d'étroits prolongements à extrémités allongées et ramifiées.

Quelques-unes sont gorgées de granules pigmentaires foncées; sur d'autres, le pigment se trouve disposé en couche; enfin, on rencontre des cellules dans lesquelles le pigment, de couleur pâle et brunâtre, ne se voit que çà et là, délimitant faiblement les contours de ces cellules.

Les noyaux sont, dans ces cellules, ronds ou ovales, à peu d'exceptions près, très visibles, attendu que, ni sur eux, ni dans eux-mêmes, il ne se trouve déposé de pigment. Le corps de la cellule, ainsi que les prolongements, se trouvent ordinairement couchés dans le même plan.

Les fibres du stroma se répartissent parfois au-devant des cellules; et, dans ce cas, après les avoir détachées, leur parcours se dénote encore par des stries claires se dessinant sur le fond foncé de la cellule (fig. 52, a).

En ce qui concerne les cellules non pigmentées , grâce aux travaux de Schwalbe, les prétendus noyaux, libres de la choroïde, ont acquis une importance toute particulière. Ce sont des noyaux pâles, ovales, finement granulés, qu'on savait depuis longtemps exister en bien des endroits dans la choroïde, mais dont on ignorait, jusqu'à ces derniers temps, absolument la signification. Schwalbe a démontré qu'ils appartiennent aux cellules endothéliales qui, sous forme de pellicules, recouvrent en continuité toutes les lamelles de la choroïde.

Plus tard, Sattler les trouva sur la couche fibrillaire, ainsi que sur la couche choroidienne qui suit celle-ci.

Un autre genre de cellules non pigmentées sont ^les cellules rondes que Haase (1) a étudiées. Suivant sa description, elles changent de forme et de place. Non seulement en ce qui concerne leur configuration, mais aussi touchant leur présence dans la choroïde humaine, il se présente de nombreuses variantes. Parfois, leur nombre est si restreint, que ce n'est qu'à grand'peine qu'on rencontre, soit dans Tune, soit dans l'autre des couches dj la choroïde, une ou deux de ces cellules. En ce cas, vu cette rareté de pareilles cellules.

(1) Arch. f. Qpthalm., t. XIV, p. 57.

TRAGTUS UVÉAL.

il est tout naturel de se montrer sceptique et de soupçonner qu'elles pourraient bien provenir d'un vaisseau déchiré, attendu que leur aspect ne diffère absolument en rien des corpuscules blancs du sang.

Dans d'autres circonstances, et celles-ci se rencontrent plus fréquemment chez l'homme, on les trouve sur des yeux en apparence parfaitement sains dans toutes les couches, même dans celles de la chorio-capillaire.

FiG. 52.

Il est difficile de dire quelle est la cause de cette diversité de présence de ces cellules dans la choroïde. Un examen exact de l'œil ne suffirait pas, mais l'attention devrait aussi surtout se porter sur l'état général de santé que présente le malade, et sur le genre de maladie auquel il a succombé.

Cette inconstance dans la présence de ces cellules dans la choroïde, explique aussi les contradictions notables que montrent les diverses opinions des auteurs dans cette question. Ainsi Schwalbe, en opposition avec Haase, ne trouve pas ces cellules dans la membrane superchoroïdienne ; Sattler, en

IWANOFF. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

contradiction avec moi, ne les rencontre pas dans la chorio-capillaire. Du reste, il décrit aussi sa couche comme étant à l'état normal absolument dépourvue de cellules. Schwalbe n'a pas rencontré pareilles cellules chez l'homme, mais une fois il les a vues chez le porc. Sattler, qui ne les avait pas vues dans l'œil humain sain, les trouve dans l'oèil myope et chez des sujets qui avaient souffert d'affections oculaires plus ou moins distinctes delà choroïde (keratitis, neuritis optica, etc.), ce qui l'engage à conclure (( qu'un degré minime d'irritation de la choroïde paraît suffire pour permettre aux cellules incolores de traverser les parois des capillaires ».

Ce que peuvent déterminer des affections morbides de la cornée et du nerf optique, de même des maladies générales paraissent pouvoir l'engendrer. C'est dans ce but que j'ai examiné quelques yeux de leucémiques qui ne s'étaient plaints, pendant la vie, d'aucune sensation morbide du côté des yeux, et j'ai rencontré constamment la choroïde sensiblement infiltrée par des corpuscules blancs du sang. J'ai retrouvé la même chose, quoique d'une façon moins accusée, dans des cas de typhus; et enfin, sur deux yeux ayant appartenu à des adultes morts de méningite tuberculeuse , et qui, soumis à l'examen ophthalmoscopique peu de temps avant leur mort, n'avaient présenté rien d'anormal.

Toutes ces observations nous conduisent jusqu'à présent à cette conclusion, que le nombre des cellules de ce genre qui se rencontre dans la choroïde est fort inconstant, et que les raisons de cette circonstance nous sont peu connues actuellement. Un avertissement qui pourra fournir l'explication de ce fait, est l'observation importante que les vaisseaux de la choroïde, en particulier les capillaires, se trouvent dans certains cas gorgés de sang (Iivanoffy Sattler) ; mais, même pour ce fait, une explication suffisante fait encore défaut. Voudrait-on rapporter ce phénomène à la durée plus ou moins longue de l'agonie, ce qui a probablement sa raison d'être pour bien des cas; il n'importerait pas moins de constater que j'ai rencontré le même état d'engorgement dans un cas de suicide, et dans un œil qu'on avait énucléé pour un épithélioma de la cornée. Dans le cas de suicide, la mort avait été déterminée instantanément par lésion du cerveau.

A part ces cellules non pigmentées, Haase a encore rencontré une autre forme de cellules rondes et plates, munies d'un petit noyau rond. Ce ne sont nullement des cellules particulières, mais seulement des cellules migratrices des parois vasculaires ayant changé d'aspect, et que nous avons décrites plus haut. Haase les a rencontrées dans la couche chorio-capillaire. Les recherches de Schwalbe, Sattler (ainsi que les miennes ont pu le confirmer) démontrent que ces cellules se rencontrent, quoique en nombre amoindri, dans toutes les couches.

A part ces fibres déjà mentionnées, que la plupart des auteurs désignent ^ comme appartenant au tissu élastique (H. Millier, Kôlliker, Renie), on rencontre encore dans le stroma choroïdien des fibres de tissu cellulaire.

Ces fibres de tissu cellulaire comblent, dans la portion antérieure de la

TRACTUS UVÉAL.

choroïde, non seulement toutes les lacunes entre les divers faisceaux musculaires, mais aussi l'espace laissé entre le muscle ciliaire et la lame vitrée du corps ciliaire à laquelle celui-ci est entièrement attaché. Par contre, on ne retrouve dans les parties postérieures de la choroïde le tissu cellulaire que le long des vaisseaux (H. MuUev, Kôlliker).

Une partie fort importante, au point de vue de la physiologie de la vision que renferme la choroïde, est constituée par les fibres musculaires lisses que cette membrane montre dans ses diverses parties en nombre très inégal.

Le gros des fibres se trouve dans la moitié antérieure de la choroïde — dans le corps ciliaire. C'est ce qu'on appelle le muscle ciliaire dont l'impor-

FiG. 53.

Muscle ciliaire. — a, cornce; — b, limbe conie'en; — c, scle'rotiqiie ; — c, espace de Fontaaa;— partie mérdioiiale du muscic-ciliairc ; — g, partie radiale de celui-ci ; — li, muscle annulaire de Miiller ; — i, tendon antérieur du muscle ciliaire; — k, tendon postérieur de la partie méridionale du muscle ciliaire.

tance physiologique ressort clairement de sa participation dans l'acte de l'accommodation. Le restant des fibres musculaires lisses se répand dans la partie postérieure de la choroïde, et cela essentiellement sous forme de faisceaux qui accompagnent les vaisseaux. Du reste, chez l'homme, ils ne sont que faiblement développés, et soumis à d'importantes fluctuations individuelles. Leur importance physiologique nous échappe encore pour le moment.

Le muscle ciliaire {mo^. fig. 53) embrasse les processus ciliaires sous forme d'un anneau prismatique dont la base se trouve dirigée en avant, l'arrête en. arrière ; — de cette manière, il constitue la partie antérieure et externe du

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corps ciliaire, n'étant séparé de la sclérotique que par une très mince couche de la L. suprachoro'idea et fusca ; toute la surface interne et une partie de la surface antérieure du muscle, sont garnies des processus ciliaires; le restant de sa surface antérieure est en partie dirigé vers le bord ciliaire de l'iris, en partie vers l'espace de Fontana, par lequel le muscle ciliaire se trouve séparé de la chambre antérieure. Sur une coupe méridionale, le muscle ciliaire se présente sous forme d'un triangle rectangle, dont le côté le plus court, dirigé en avant, forme avec le côté le plus long, placé en dehors, un angle droit. L'épaisseur du muscle est de 0"'"\8 ; — la longueur de 3-4 millim.

Les faisceaux musculaires du corps ciliaire affectent trois directions différentes. La partie externe, la plus importante, est composée de fibres musculaires dirigées en sens méridional ; dans la partie moyenne, les fibres ont une direction divergente et rayonnante ; enfin, dans l'angle antérieur et interne du muscle, se trouvent des fibres circulaires.

La partie méridionale du muscle ciliaire se compose d'une série de lamelles dirigées parallèlement et réunies à la sclérotique ainsi qu'entre elles-mêmes. C'est là la portion la plus importante du muscle; son épaisseur varie et oscille entre 0,3-0,6 millim.

Chaque lamelle de cette partie méridionale du muscle est composée de faisceaux lisses et parallèles qui ne fournissent que çà et là des prolongements latéraux, prolongements qui les font anastomoser avec les faisceaux voisins. Cet arrangement régulier, les lamelles fasciculaires le conservent à partir de la naissance du muscle dans une étendue de 2'"'",50 ; plus en arrière, elles divergent et changent leur directioa méridionale, contre une disposition en sens équatorial, de façon que vers l'extrémité postérieure du muscle, les faisceaux forment un large réseau (0,3-0,6) dans lequel les anses musculaires s'entrelacent largement par des prolongements latéraux.

Mais le muscle ciliaire ne se termine pas par ce réseau, car il part de ce réseau de nombreux et très fins faisceaux musculaires qui vont se jeter dans la choroïde, ou, pour mieux dire, dans la couche la plus superficielle.

Ces fins faisceaux se terminent de telle façon que les fibres musculaires se fusionnent avec les fibres du stroma choroïdien; là ces faisceaux se réunissent par des prolongements plus ou moins longs avec des épaississements musculaires en forme d'étoiles (fig. 54) situés à une profondeur variée et de grandeur et d'épaisseur diverses. Sur des préparations empruntées aux couches profondes, c'est-à-dire proches de la couche vasculaire de la choroïde, ces nœuds musculaires sont épais et allongés en sens méridional ; par contre, sur des préparations prises dans les couches les plus superficielles de la choroïde, on ne rencontre que des nœuds musculaires fins, disséminés, à contour précis et en forme d'étoiles. Les nœuds superficiels, et ceux profondément situés, s'anastomosent les uns avec les autres par des émanations

TRAGTLS UVÉAL. 253

plus ou moins effilées, — parfois composées seulement de deux ou trois fibres musculaires (Jeropheeff).

Aussi bien, les fibres musculaires qui se terminent après leur passage par

FlG. 54. — Une des lamelles dans laquelle se trouve reproduite l'extrémité postérieure et méridoniale du muscle ciliaire isolée.

I a, faisceaux longitudinaux qui constituent la lamelle ; — b, roseau musculaire poste'ricur dans le- ! quel se terminent la majeure partie de la porlion méridionale et la tolalité de la portion radiée du muscle ciliaire ; — c, prolongements musculaires émanant du réseau musculaire postérieur et n'appartenant qu'à la partie méridionale du muscle ciliaire; — d, renflements ou nœuds en forme d'étoile placés aux l points d'entrecroisement des prolongements musculaires.

es anses du réseau directement dans le slroma choroïdien, que celles qui, jiprès l'avoir traversé forment à leurs points d'entrecroisement un réseau Inusculaire à renflement, toutes aboutissent au tissu élastique, qui donne laissance à la série susdécrite de lamelles extrêmement fines sous-jacentes la lamina suprachoroidea. De façon que ces lanielles représentent en

-254 IWANOFF. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

quelque sorte le tendon postérieur très élargi de la portion méridionale du muscle ciliaire.

La portion radiale du muscle ciliaire, ainsi que la méridionale, se compose de lamelles. Pourtant, les lamelles de la première se distinguent de celles de la partie méridionale en ce qu'elles sont composées de faisceaux non entassés

FiG. 55. — La terminaison d'un prolongement musculaire qui ne se perd pas dans les renflements étoilés.

a, le prolongement musculaire ; — b, fibres nerveuses ; — c, celluies ganglionnaires.

^t arrangés aussi régulièrement que ceux de la portion méridionale ; en outre, «lies donnent des prolongements en si grand nombre, que toute la lamelle prend l'aspect d'un réseau dont les mailles grossissent à mesure qu'on s'avance vers l'extrémité postérieure de la lamelle. A part cela, les lamelles fournissent encore un nombre considérable de prolongements qui rattachent les diverses lamelles entre elles (fig. 55). — De son côté, chaque lamelle

TRACT us UVÉAL.

se termine en un réseau épais qui, par Tarrangement de ses faisceaux musculaires, rappelle beaucoup le réseau des lamelles méridionales.

Nous retrouvons dans ce réseau la même image que nous avons vue pour les lamelles de la partie radiale : de chaque faisceau, part une moitié de prolongements par lesquels tous les réseaux de cette portion de muscle se trouvent intérieurement réunis entre eux.

Toutes les lamelles radiales commencent près de l'angle interne et antérieur et se dirigent en arrière et en dedans, en divergeant par leurs extrémités postérieures. Les plus longues de ces lamelles sont les plus supérieures, les plus proches des lamelles méridionales, leur longueur mesure S""'", 50;

FiG, 56. — Extrémité postérieure du muscle ciliaire.

a, Lamina supcrclioroidea et fusca ; — b, partie méridionale du muscle ciliaire; — c, sclérotique; — d, terminaisons de la partie radiale du muscle ciliaire ; — e. étalement en lamelles des fibres par lesque'lcs se termine la partie méridionale du muscle ciliaire.

! chaque lamelle suivante devient de plus en plus courte, de façon que la plus courte est celle qui se trouve la plus antérieure. Toutes sont un peu incurvées I à leur surface.

j Sur une coupe méridionale (fig. 56) du muscle toute la partie radiale se présente, par suite de ses nombreuses anastomoses, sous forme d'un réseau, dans lequel les lamelles à parcours radial se dessinent pourtant comme les

I plus accentuées, avec un contour assez précis.

j Le côté interne et l'angle interne du muscle ciliaire sont constitués par le muscle annulaire de MûUer. Ses faisceaux circulaires, parallèlement dirigés au bord cornéen, sont en partie situés directement sous l'attache de l'iris ou corps ciliaire, en partie aussi placés plus bas, le long de toute la surface antérieure des processus ciliaires. Ces faisceaux, d'uné épaisseur différente, sont

256 IWANOFF. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

séparés les uns des autres par une épaisse couche de tissu cellulaire et ils ne sont munis que çà et là de prolongements qui les font s'anastomoser entre eux. Par conséquent toute cette partie du muscle ciliaire forme un muscle annulaire absolument indépendant. Seule, sa partie postérieure, c'est-à-dire celle qui touche aux faisceaux radiaires les plus antérieurs, est formée de telle façon que les faisceaux radiés quittant leur direction ordinaire se replient en sens circulaire. Ces faisceaux radiés se terminent justement en ce point en un pareil réseau musculaire ainsi également qu'à toute la surface interne du muscle ciliaire, de manière que ce réseau des faisceaux antérieurs s'anastomose avec le muscle annulaire de Mûller.

Le muscle naît par un large tendon, situé en dedans du canal de Schlemm (Plexus venosus Leberi), les fibres de ce tendon prennent alors une direction antérieure vers la cornée, dans le tissu de laquelle ils se perdent finalement. Par contre, les fibres du tendon dirigées en arrière se divisent en lamelles d'où naissent toutes les lamelles musculaires du muscle ciliaire. — Donc les limites du tendon sont formées en dehors par le canal de Schlemm, de telle façon pourtant qu'aucune des fibres du tendon n'arrive sur le côté externe du canal; — en dedans le tendon est limité par la membrane de Descemet et l'espace de Fontana avec lequel il n'échange non plus aucune fibre. JDu côté temporal et nasal de la choroïde seulement on peut aussi poursuivre le parcours ultérieur des faisceaux qui, réunis en deux paquets, s'adossent aux côtés internes des artères ciliaires longues.

Dans quelques yeux H. Mûller a vu ces masses fasciculaires, après avoir suivi l'artère ciliaire tout le long de son parcours, l'accompagner encore jusqu'à une certaine distance dans le canal scléral même.

Le muscle ciliaire a été découvert par Briicke en 1846 qui le désigna alors comme tensor choroideœ. Dans cette même année il fut, indépendamment de Briicke, décrit par Jodd et Bowman qui lui assignèrent le nom de muscle ciliaire.

Briicke ne connaissait que les fibres méridionales. 11 s'exprime ainsi : Ces fibres à parcours antéro-postérieur, d'une part sont pourvues d'un solide réseau fibreux qui contribue à former chez l'homme la paroi antérieure du canalis Schlemmii s'attachant entre la sclérotique et la cornée ; d'autre part elles s'insèrent dans une zone assez large à la partie antérieure de la choroïde.

' On trouve déjà chez Bowman quelques indications touchant les fibres radiées ; c'est avec plus de détails encore que se trouve décrit le parcours des fibres musculaires dumuscle ciliaire par Reeken (1855) qui fit ses recherches sous la direction de Donders. Chez lui nous rencontrons pour la première fois l'indication d'un arrangement circulaire de quelques fibres musculaires. Comme faisant époque dans la littérature du muscle ciliaire il faut regarder le travail de H. Muller, publié en 1857 dans le troisième volume des Archives d'Ophlhalmologie, sous le titre : « D'un muscle circulaire du corps ciliaire de l'homme et du mécanisme de l'accommodation. » Après avoir passé en revue ce qui était déjà connu des faisceaux méridionaux et rayonnants du muscle ciliaire, il décrit en outre le muscle annulaire découvert par lui, auquel, d'après sa propre manière d'envisager l'action, de ce muscle sur l'accommodation, il donne le nom de compressor lentis. Dans ce même volume III des Archives, et seulement dans le fascicule suivant, Arlt décrit des faisceaux, circulaires, que lui et Lambe avaient déjà découverts depuis une année; mais ces faisceaux, comme position aussi bien que comme épaisseur, sont différents. Les travaux ultérieurs de Maukert, ainsi que le volumineux mémoire de Meyer ne renferment au fond rien de nouveau.

De tous les travaux modernes sur le muscle ciliaire, celui de F.-E. Schultze est incon-

TRAGTUS UVÉAL.

testablement le meilleur (Le muscle ciliaire deVhomme, {Arch. f. Mikros. Anat., 111,1867). En examinant suivant la méthode qu'il a proposée (chlorure de palladium), non seulement il a décrit avec plus de détails et de précision la disposition déjà connue des faisceaux musculaires, mais encore il a découvert un réseau complet de faisceaux circulaires qui se répand le long de la paroi antérieure du muscle.

Dans ces derniers temps, Wende n'a pu dans ses recherches découvrir nulle part dans le muscle ciliaire de traces des fibres circulaires.

Quanta ce qui concerne l'origine du muscle les opinions diffèrent essentiellement.

D'après Briicke, le muscle commence par un réseau fibreux qui constitue chez l'homme la paroi interne du canalis Schleinmii ; Bowman, van Recken et phis récemment Wende décrivent le tendon du muscle comme un prolongement de la membrane de Descemet. Wende prétend que les faisceaux musculaires naissent de la membrane de Descemet à laquelle ils se rattachent par un court tendon, de façon que celle-ci doit être regardée comme un point d'implantation. D'après Manchardt une partie seulement du muscle vient de la membrane de Descemet effilée en frange, tandis qu'une autre partie sort de la pars ciliaris iridis. H. Millier dit dans sa description de l'insertion du muscle : « Son point d'insertion antérieur se trouve dans les réseaux élastiques qui s'adossent à la paroi postérieure interne du canal de Schlemm. » Arlt indique, en ce qui concerne les points d'attache du muscle ciliaire avec la cornée et la sclérotique : «que ces éléments sont des fibres particulières qui en dedans partent du canal de Schlemm (entre celui-ci et la membrane de Descemet), de la cornée, mais qui en dehors émanent de la sclérotique et peuvent par conséquent être envisagées comme le tendon du muscle ciliaire. » Suivant l'avis de F. E. Schultze, la majeure partie des fibres tendineuses se trouve placée en dedans du canal de Schlemm; en dehors de celui-ci il n'arrive plus de fibres tendineuses, seule une petite partie, c'est-à-dire les plus internes de la gaine se continuent dans la membrane de Descemet.

Si nous nous rangeons aussi complètement à l'avis de F. E. Schultze, dont les recherches sont les plus méticuleuses, nous ne pouvons néanmoins pas partager sa manière de voir, ainsi que celle de quelques autres, en admettant une union quelconque du tendon avec la membrane de Descemet. Celle-ci se trouve séparée du tendon par l'espace de Fontana. Les fibres du tendon, à la rigueur, pourraient, en ce qui les concerne, donner quelques émanations dans l'espace de Fontana, et peut-être, grâce à l'intervention du stroma qui contourne cet espace, les mettre en rapport avec la membrane de Descemet ; mais il ne m'a même pas été donné de constater cette communication indirecte.

Le fonctionnement des trois parties distinctes du muscle ciliaire s'effectue en trois sens divers : les fibres du muscle annulaire de Millier agissent en se contractant dans la direction de l'axe de l'œil; les fibres radiées exercent par leur resserrement une traction dans le sens de leur tendon, vers leur punctum fixum. Il n'y a nullement une traction en sens opposé par le réseau musculaire, dans lequel se terminent les lamelles et où les fibres paraissent sur la coupe méridionale courir en sens circulaire. Ces fibres circulaires ne sont que la continuation des fibres radiées, avec lesquelles elles forment un ensemble d'anses; cette couche élevée de pareilles anses n'a pour effet que d'en réduire l'ouverture. Les fibres qui- réunissent les lamelles et leurs entrelacements rapprochent par leur contraction ces lamelles ; mais comme la plus antérieure de ces lamelles se rattache avec son réseau au muscle annulaire de Miiller, une contracture simultanée de toutes les lamelles radiales a non seulement pour effet de les entasser, mais aussi de les attirer en bloc en avant. — La contraction de la partie méridionale du muscle exerce une traction dirigée principalement en avant, dans le sens de son tendon. Il est aussi évident qu'étant donnée pareille direction de l'action musculaire de la partie méridionale, elle doit évidemment exercer une influence manifeste sur la distension de la choroïde, si elle se trouve adhérente à celle-ci. Cela nous explique pourquoi Briicke, qui ne connaissait que cette partie du muscle ciliaire, l'appela tendon chordidal. Hensen et Veelkers ont, il y a peu de temps, démontré expérimentalement la possibilité d'un déplacement de la choroïde, mais il me paraît qu'une connaissance plus approfondie de l'anatomie du muscle et de ses parties adjacentes devra quelque peu modifier cette manière de voir. Jusqu'à ces derniers temps, on n'a que fort peu tenu compte de la manière suivant laquelle se termine le muscle en arrière. F. E. Schultze a été le premier qui reconnut la présence des fibres circulaires qui courent tout le long de la paroi interne du muscle. J'ai moimême décrit ce réseau dans le Handbuch der Lehre von den Geweben de Stricker, réseau par lequel se termine en arrière la partie méridionale du muscle. Enfin, mes dernières recherches m'ont amené à cette conclusion, qu'en un pareii réseau se terminent non seu-

FiG. 58. — Muscle ciliaire d'un hypermétrope.

IWANOFF. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

terminaison en anses fermées, le muscle se trouve solidement attaché avec le tissu cellulaire très développé du corps ciliaire. Si nous nous rappelons que ce tissu cellulaire est, de son côté, intimement imbriqué à la lame vitrée du corps ciliaire (Henle); qu'en outre cette même membrane vitrée présente ici une rétraction sous forme de plis; il devient évident que Je principal effet de la contraction du muscle ciliaire doit en totalité se localiser dans le corps ciliaire même; peut-être un simple étalement des plis de la membrane vitrée suffirait-il pour relâcher notablement la zonula zinnis.

En outre, la partie méridionale du muscle ne se termine même pas dans le réseau susmentionné, car de celui-ci partent encore de nombreuses émanations qui forment en arrière le réseau musculaire fin décrit plus haut (Jeropheeff). Tout ce réseau terminal se perd dans la L. suprachoroïdea qui, ainsi que le montre le corps ciliaire, se compose de toute une série de lamelles superposées et formées par des fibres élastiques intimement entrelacées. Il est évident qu'en présence d'une pareille disposition de la partie méridionale du muscle par rapport à la L. supra choroïdea, et en présence de la structure particulière de cette dernière, la traction que la contraction du muscle peut exercer sur les couches choroïdiennes profondes (chorio-capillaire et membrane vitreuse moyenne) doit être très insignifiante.

En conséquence, la totalité de l'effet de la contraction du muscle ciliaire se bornera à la distension du corps ciliaire et à celle de la zonula zinnis, qui, comme on le sait, y est le plus intimement possible adhérente, tandis que, pour ce qui concerne la choroïde même, seule une distension de la L. suprachoroïdea peut avoir lieu, ce qui ressort encore clairement si l'on considère que la partie de la choroïde qui se trouve située en arrière de Vora serrata ne se trouve en aucun rapport direct avec la zonula.

En ce qui concerne le degré de développement relatif des diverses parties du muscle ciliaire chez l'homme, on rencontre de très sensibles variations suivant les individus. Ces variations portent surtout sur les fibres circulaires de Mûller et la partie méridionale du muscle. La règle générale est que les faisceaux circulaires se développent d'autant moins que les méridionaux ont acquis plus de développement; inversement, dans un muscle à faisceaux circulaires fortement développés, les faisceaux méridionaux sont plus petits et plus courts. Ces déviations de l'état normal s'accentuent jusqu'à l'extrême, surtout dans deux types de muscles ciliaires.

a) Tout le muscle se compose de boucles à direction méridionale et se trouve notablement allongé. Le muscle annulaire manque complètement; les lamelles radiaires se rencontrent en quantité plus ou moins considérable seulement dans la partie antérieure et inférieure du muscle. La forme primitive de la coupe méridionale a changé : l'angle droit qui est formé par le côté antérieur et externe est remplacé ici par un angle aigu, attendu que la partie antérieure du muscle occupée par les fibres circulaires fait défaut.

On rencontre pareille musculature essentiellement dans les yeux allongés, autrement dit qui ont souffert pendant la vie d'un haut degré de myopie (voy. fig. 57).

(b) Comme second type apparaît un muscle à fibres circulaires fortement développées. On rencontre des yeux dans lesquels les fibres circulaires occupent tout un tiers du muscle. Un pareil muscle est très court, ses fibres méridionales sont réduites à quelques lamelles, de façon que sa masse se compose presque exclusivement de faisceaux circulaires et de lamelles radiées. L'angle droit a, sur une coupe méridionale, subi la transformation en angle obtus, attendu que le nombre des faisceaux que renferme la partie antérieure du muscle a augmenté sensiblement.

TRAGTUS IIVÉAL.

On rencontre pareil muscle le plus souvent dans des yeux courts, c'està-dire chez des individus qui souffrent pendant leur vie d'hypermétropie (voy. fig. 58).

Comme nous, Arlt a aussi trouvé, dans ses recherches sur le muscle ciliaire, que les fibres circulaires sont, suivant leur position et leur épaisseur, susceptibles de nombreuses fluctuations individuelles. La même chose fut observée par F. E. Schultze pour

les fibres méridionales, car en disant que cette partie du muscle prend du volume

de la totalité du muscle, il ajoute encore : « Mais ces proportions varient sensiblement suivant les divers individus, et j'ai rencontré des yeux où cette couche extérieure compacte occupait presque la moitié du muscle. »

La négation absolue do l'existence de faisceaux circulaires dans le muscle ciliaire, pour laquelle Wende vient en 1866 de se prononcer, ne peut guère être attribuée à une erreur dans ses recherches. Certainement le hasard a voulu que les yeux examinés par Wende étaient tous des yeux dont le muscle ciliaire ne renfermait pas de fibres circulaires, et qu'il existe de pareils yeux, c'est ce que nous avons déjà fait observer. Jusqu'à l'année 1868, j'avais examiné six yeux ainsi conformés, tous provenaient de myopes. Plus tard, j'ai eu occasion d'observer nettement qu'entre ces deux types moyens du muscle ciliaire il s'en place encore deux : l'un où les fibres ciliaires font absolument défaut, et un second où elles sont développées à l'excès. Ces dernières recherches m'ont, en outre, encore convaincu que ces deux types musculaires ne doivent pas absolument et exclusivement provenir de myopes et d'hypermétropes, attendu qu'il m'est arrivé, au moins chez les hypermétropes, de trouver un muscle ciliaire avec un muscle de Millier faiblement développé.

Les nerfs de la choroïde (nervi ciliaris) proviennent de la troisième et de la cinquième paire, ainsi que du nerf sympathique. Les plus longs {nervi ciliaris longs) naissent au nombre de deux, moins souvent de trois, de la pars nasociliaris trigemini, les autres, les courts (nervi ciliaris brèves) au nombre de 8 à 14, partent du ganglion ciliaire. Les uns comme les autres traversent non loin du nerf optique la sclérotique et courent à l'intérieur de l'œil, à la surface externe de la choroïde. Après avoir traversé la sclérotique ces nerfs donnent de nombreuses ramifications, composées en partie de fibres pâles, et en parties de fibres à contour foncé qui forment après des divisions répétées et anastomosées un épais réseau nerveux superficiellement placé. Pourtant les troncs mêmes du nerf se dirigent tout en s'amincissant progressivement, directement en avant, vers le corps ciliaire ; arrivés là ils se partagent par divisions dichotomiques en plusieurs réseaux nerveux épais, dont le mieux développé occupe la surface du muscle, tandis que les plus fins pénètrent dans le muscle même afin de se reporter entre ses lamelles.

Le premier mentionné de ces deux réseaux nerveux se trouve placé dans la L. suprachoroïdea et envoie de nombreux filets nerveux fins qui traversent toute la substance choroïdienne. Ilestaisé de poursuivre ces fibres le long des vaisseaux de calibre moyen, après quoi elles disparaissent dans la couche de la chorio-capillaire. Ce qui caractérise ce réseau superficiel de la choroïde c'est son extrême richesse en cellules ganglionnaires. Chez les nouveaunés où l'absence des cellules pigmentaires de la choroïde permet d'examiner avec une facilité particulière ce réseau nerveux, on trouve pareilles cellules ganglionnaires isolées, ou réunies en véritables groupes presque à chaque entre-

262 IWANOFF. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

croisement de nerfs. Chez l'adulte le nombre de ces cellules paraît -moins considérable, néanmoins ici on les rencontre aussi assez souvent (H. Mûller, Schweigger, Ssemisch), en groupe de vingt ou même plus. Ces groupes (ou noyaux ganglion aires) (fig. 59 et 60) se montrent surtout dans le réseau nerveux

FiG. 59. — Groupe ganglionnaire provenant des réseaux nerveux d'un nouveau-né.

Ganglion de la partie vaso-motnce des nerfs delà choroïde; — a, petite artère; — &, cellules ganglionnaires; — c, fibres nerveuses pâles.

superficiel. Dans les fibres nerveuses situées plus profondément et qui accompagnent les vaisseaux se rencontrent aussi des cellules ganglionnaires rangées les unes après les autres dans la membrane adventice des vaisseaux. Les

TRAGTUS UVÉAL.

cellules ganglionnaires de tout ce reseau nerveux sont proportionnellement assez volumineuses. Indubitablement ce réseau affecte un rapport intime avec les vaisseaux choroïdiens ; voici aussi pourquoi Jeropheef appelle ce

FiG. 60. — Groupe ganglionnaire du réseau nerveux de la choroïde d'un adulte.

réseau, qu'il a particulièrement étudié, vaso-moteur, afin de le distinguer de celui qui reste à décrire.

Le second réseau nerveux se forme, ainsi que nous l'avons déjà dit, par la division dichotomique des nerfs ciliaires dans le muscle même. 11 se compose

264 IWANOFF. - ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

de plusieurs couches et renferme un nombre considérable de fibres nerveuses à contour foncé, tandis que les fibres pâles prévalent dans le premier réseau. Outre cela, une différence sensible existe entre les deux pour ce qui concerne le nombre et la grandeur de leurs cellules ganglionnaires, car dans ce second réseau, les cellules sont petites, plus isolées et pour la plupart bipolaires, tandis que les cellules du premier réseau sont plus souvent multipolaires. Par conséquent on peut désigner ce second réseau musculaire comme moteur. Quelques petites branches de ce dernier réseau retournent de nouveau vers la choroïde, mais nous ne pouvons poursuivre ces rami récurrentes que jusque vers Vora serrata, et il est difficile de ce prononcer si ces branches servent seulement à faire communiquer les deux réseaux, ou si elles sont destinées aux muscles de la choroïde.

On sait depuis longtemps que les nerfs de la choroïde renferment des cellules ganglionnaires, aussi déjà Krause les mentionne.

H. Mûller porta le premier sur ce sujet une attention particulière. En 1859, dans son travail : (( Sur les cellules ganglionnaires du muscle

Il j . |i|pp»fc cihV/ ire (/éî l'homme », et dans un autre intitulé I ' ifil wS Des muscles lisses et des plexus nerveux de la M î llllii^ii choroïde de Vœil humain (H. Mûller, Gesammelte und hinterlassene Schriften, 1. 1, p. 198- 201), il fait mention de cellules de la grandeur de 0,01 6 à 0,025 qu'il a rencontrées dans les ramifications des muscles ciliaires et qui ressemblaient complètement aux cellules ganglionnaires.

De même, dans les parties postérieures de la choroïde, cet auteur a rencontré des cellules ganglionnaires de la grandeur de 0,04™'" et Fir.. fit. - Gan-iion des pnr(ies ^^^^ pg^jg ^^oncs des nerfs ciliaires, où

vaso-motrices des nerfs de ]a „ „ . , .

choroïde. elles se trouvent parlois reparties en groupes

a, petite nrtèrc;— 6. cellules £ran- de Vingt. Schwcigger décrit aussi de pareilles

glionnaires;-c, fibre nerveuse pAle. cellulcS ganglionnairCS daUS la COUChcvaSCU-

laire ((( couche vasculaire la plus interne » comme il la désigne) de la choroïde. Dans ces derniers temps, Jeropheeff s'est occupé chez moi de cette question; nous donnons ici les dessins empruntés à son mémoire.

2. On distingue dans Viris un bord pupillaire, margo pupillaris, qui

TRAGTUS UVÉAL.

contourne l'ouverture centrale de la pupille, et un bord ciliaire, margo ciliaris, qui l'attache au corps ciliaire et à la cornée, enfin une surface antérieure et une postérieure.

I On voit à la surface antérieure de l'iris une ligne en zigzag qui la divise en deux zones. La zone pupillaireinterne, à peujprès de la largeur de 1 millim., est garnie de petits plis ramassés et rayonnants ; la zone externe, zone ciliaire,

i mesure à peu près 3 millim. (lors d'une dilatation moyenne de la pupille de I 4 millim. sur le cadavre) et possède dans la moitié externe 5-7 plis disposés ^ concentriquement, qui font saillie, surtout lorsque la pupille se dilate.

La surface antérieure de l'iris est recouverte d'un épithélium qui est en quelque sorte la continuation de celui de la membrane de Descemet, mais qui s'en différencie un peu, car il se compose de cellules plus petites qui sont grumeuses et moins précises comme forme hexagonale ; aussi les cellules ne se différencient pas autant les unes des autres, que celles de l'épithélium de la membrane de Descemet.

La surface postérieure de l'iris est teintée en noir, ce qui provient de la j présence d'une épaisse couche pigmentaire; c'est l'uvée des anatomistes. ' L'uvée commence au bord de la pupille qui pendant son resserrement en est j nettement ourlé (tandis que pendant la dilatation cet ourlé disparaît tout I d'abord) et se termine près du bord ciliaire en passant dans la couche pigmentaire des procès ciliaires. La limite entre ces deux sortes de pigment est toujours nettement indiquée, attendu que le pigment des procès ciliaires se j trouve, jusqu'à son point de jonction avec celui de l'uvée, recouvert d'une I partie de la portion ciliaire de la rétine.

I En ce qui concerne la composition histologique des cellules de l'uvée, leur protoplasma est farci de granules pigmentaires qui recouvrent complètement le noyau. En dilacérant cette couche, il se place ordinairement sous le mi -

ii croscope des grumeaux de dimensions les plus diverses et d'une surface rugueuse; il est donc impossible de déterminer par l'aspect que présentent ces fragments la forme des cellules. Les noyaux complètement recouverts de pigment sont ronds, finement granulés.

La surface libre de l'uvée possède une série de plis peu saillants et disposés en rayons; ceux-ci, régulièrement rangés en lignes droites, s'étendent ou nombre de 70-80 du bord pupillaire vers le bord ciliaire.

Il n'existe chez l'homme aucun revêtement membraneux de cette couche de pigment. Ce qu'on désignait autrefois sous le nom de membrana limitans

; Pacini, Jacobi, pigmenti, est représenté, suivant Kôlliker, par la réunion des parois externes des cellules pigmentaires; d'après Henle, ce serait la limite du ciment qui réunit les granules pigmentaires, interprétation qui paraît

I d'autant plus plausible qu'on ne réussit pas à découvrir de parois aux cellules de cette couche.

Le tissu de l'iris se compose, comme celui de la choroïde, de vaisseaux, de muscles, de nerfs et d'un stroma.

IWANOFF. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

Les vaisseaux de Viris se distinguent en général par l'extrême épaisseur de leurs parois (Arnold), particulièrement celle de la membrane adventive (Henle), qui est à elle seule plus importante, comme épaisseur, que toutes les autres parois des vaisseaux. En outre, les parois des vaisseaux de l'iris

FiG. 62. — Muscles de l'iris.

a, sphincter ; — b, dilatateur et terminaison ciliaire du dilatateur.

montrent le puissant développement de leur musculature ( Arnold et Hûttenbrunner).

Les mouvements de l'iris s'accomplissent par deux muscles, le sphincter, qui resserre la pupille, et le dilatateur, dont l'action entraîne la dilatation de la pupille.

Le sphincter de la pupille (fig. 62, a) occupe la zone pupillaire de l'iris et s'étend du bord pupillaire à une distance de 0™°\9-l,3 en dehors. Près du bord pupillaire il est moins épais (il mesure ici, comme épaisseur, 0'"",10), puis

TRACTUS UVÉAL.

il s'épaissit et atteint, non loin de son bord externe, l'épaisseur de O^^^âS. Il est situé plus près de la surface postérieure de l'iris, de manière à n'être séparé de l'uvée que par une mince couche de tissu cellulaire ainsi que par des trames musculaires extrêmement tendres qui appartiennent au dilatateur.

Le dilatator pupillœ (fig. 63, b) se développe aux dépens des faisceaux du

FiG. 63. — Segment de l'iris vu de face. a, sphincter; — dilatateur.

sphincter formant ainsi sa continuation non interrompue. Son origine se présente sous la forme d'une zone de faisceaux, en arcades entrelacées placées en partie dans l'intérieur même du sphincter, en partie à sa surface externe, entre celui-ci et la couche pigmentaire. Ces faisceaux se réunissent

FiG. 64. — Arrangement des traînées musculaires de l'iris.

après avoir déjà dépassé la limite du sphincter, en une plaque musculaire continue qui recouvre toute la surface postérieure de Tiris ; toutes les fibres de cette plaque ont une disposition régulière, parallèle, les unes aux autres, et rayonnent du bord pupillaire vers le bord ciliaire.

A la distance de 1/2 millim. de son point d'insertion, le muscle se divise en faisceaux isolés qui se placent suivant deux couches superposées (fig. 64, a'). Les fibres de ces faisceaux changent, tout près du bord ciliaire , de nouveau leur direction , se retournent en arc b) et forment, en s'entrelaçant, un

268 IWANOFF. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

mince plexus musculaire (c) qui embrasse, sous forme d'anneaux, le bord ciliaire.

La littérature qui se rapporte au dilatateur nous suggère inconsciemment l'idée que, jusqu'à Henle, on a admis l'existence de ce muscle c/ie:5 Vhomme, plutôt d'après la nécessité physiologique de sa présence que parce qu'on en avait démontré, en réalité, la présence. Que la plupart des auteurs l'aient vu chez les animaux, cela est indubitable; il ne paraît pas moins probable également qu'ils ont rapporté à l'homme les résultats de leurs recherches. Mais en raison des particularités que tout l'appareil du mécanisme accommodateur et musculaire présente chez l'homme, une simple transposition des résultats que donne l'examen des yeux des animaux, ainsi faite sur l'homme, n'est pas admissible. — Les particularités de structure du dilatateur de l'homme forcèrent même Henle à faire cette juste remarque que, entre l'objet de sa description et ce que Briicke et Kolliker avaient indiqué comme dilatateur, il n'y avait rien de commun.

Kolliker (1) ne cache même pas que sa description du dilatateur est empruntée au lapin. Le dilatateur se compose, d'après lui, de faibles faisceaux isolés qui sont situés entre les vaisseaux, par conséquent, dans la substance même de l'iris. Henle (2) indique une couche particulière de fibres qui se trouve sur la surface interne de l'iris, et pense reconnaître dans cette couche uniforme et sans lacunes, mais très mince, des fibres radiées s'étendant du bord pupillaire au bord ciliaire, le muscle dont la contraction a pour résultat la dilatation de la pupille.

Cette opinion engagea à de nouvelles recherches sur le dilatateur. D'après Hiittenbrenner (3), le dilatateur montre, chez le lapin, cette couche continue de fibres musculaires située immédiatement derrière l'épithélium qui remplace, chez ces animaux, la couche pigmentaire. Ce muscle s'étend jusqu'au bord ciliaire ; quelques fibres peuvent aisément être poursuivies jusqu'au lig. pectinatum. Kolliker l'a vu chez le lapin. Suivant Hiittenbrenner, le dilatateur serait aussi chez l'homme, disposé de cette manière. D'après ce que nous venons de dire, cet auteur coi)firme, à l'exception du passage des fibres musculaires dans le lig. pectinatum, l'opinion de Henle, et cela non seulement en ce qui concerne fhomme, mais encore les animaux.

Merkel (4) décrit et dessine le dilatateur de nouveau plus semblable à la définition de Kolliker. Il n'est pas ici question d'une couche uniforme sans lacunes, comme Henle l'a vue, mais de faisceaux isolés qui pourtant se trouvent, comme chez Henle, situés immédiatement derrière le pigment.

Dogiel (5) décrit un muscle qui s'adapte à la description que Briicke et Kolliker ont donnée. Il commence à la surface de l'iris à partir du sphincter; alors il se dirige, fendillé en faisceaux isolés, entre les vaisseaux, en arrière et en dehors, et se fixe à l'anneau ciliaire.

En présence de ces contradictions, j'engageai M. Jeropheeff à examiner le dilatateur chez l'homme. Les résultats de ces recherches sont indiqués plus haut; ils concordent avec la description de Henle. A part cela, M. Jeropheeff a encore réussi à découvrir complètement les faisceaux circulaires près du bord ciliaire.

Depuis le manuel de Stricker {Lherevon der Geiveben), tr(>is travaux ont déjà apparu sur le dilatator pupillœ : deux appartiennent à Griinhagen, l'autre à Merkel.

Griinhagen est, de longue date, un adversaire du dilatateur. Déjà, en 1864. (6), et ensuite en 1867 (7), il s'est élevé, dans deux grands mémoires, contre la doctrine qui avait cours en ce temps sur le siège et la structure du dilatateur.

Le mérite de Griihagen, en ce qui concerne cette question, ne doit, en réalité, pas être négligé. Grâce aux deux mémoires susmentionnés, on est arrivé à ce résultat qu'on

(1) Handbuch des Gewebelehre der Meuchen, 1867, p. 667.

(2) Handbuch des systém. anatom. des Menchen, t. II, p. 635.

(3) Sitzungsberichte d. K. Akademie d. Wissenzchaften, 1 Abth., 1868.

(4) Zeitschrift fur rat. Med., XXXI, XXXIV.

(5) Archiv fur mikrosc. Anat., t. VI, p. 95.

(6) Archiv f'ûr pathol. Anat. u. Physiol. v. R. Virchow, t. XXX. Ueber Irisbewegungen- [von Griinhagen).

(7) Zeitschrift fur rationnelle Medicin., v, Henle et Pfeuffer, t. XXVIII, 2, 3.

TRAGTUS UVÉAL.

1 ne s'est plus contenté de copier simplement, d'un manuel dans l'autre, une description inexacte du dilatateur. La question, alors, se posait donc ainsi : on devait, ou nier avec Griinhagen la présence du dilatateur, ou le découvrir. — C'est ce que fit Henle en démontrant que le dilatateur se trouve à la surface' postérieure de l'iris adossé à l'uvée. Les travaux ultérieurs de Griinhagen concernant ce point sont toujours conçus de cette manière, qu'ils nient tout de suite les recherches confirmant l'existence du dilatateur.

Lorsque, par exemple, Merkel décrit, en 1868, pour confirmer les observations de Kolliker et Henle, que le dilatateur court sous le pigment de l'iris en forme de faisceaux rayonnants, Griinhagen (1) réplique tout de suite qu'il n'existe pas ici de muscle, attendu que, dans la couche de fibres décrite par Merkel comme composée de faisceaux musculaires, il ne rencontre nulle part de noyaux, j J'indique moi-même, dans le manuel de Stricker (2) (me basant sur les recherches que 1 JeropheefF avait faites sous ma direction), le siège du dilatateur, là oii il commence, là où I il cesse. Il me fut répondu de même par Griinhagen (3) que mon dilatateur n'était pas ) un muscle, mais plutôt une membrane de structure toute particulière qui se divisait en beaucoup de fibres, lesquelles suivant leur aspect et leur réaction chimique, ressemblaient ! à de fines fibres élastiques. En outre, qu'on réussissait à enlever, sur de grandes étendues, cette membrane sans rencontrer trace de noyaux.

Lorsque, plus tard, Merkel (4.) eut confirmé ces travaux et ceux de Jeropheeff (5), en donnant un magnifique dessin dans lequel chaque fibre contient une cellule fibrillaire ' avec son noyau très visible, Griinhagen (6) se procura des préparations de Merkel, en prépara lui-même, et put se convaincre enfin, qu'en réalité, chaque fibre renferme un noyau. Nonobstant il conserva son opinion qu'il ne s'agissait plus de cellules musculaires.

Grâce à cette persécution concernant le dilatateur, on est au moins renseigné sur la question en litige. Toute celte polémique se réduit à ceci : Faut-il, oui ou non, envisager les fibres cellules situées dans la membrane susjacente à l'uvée comme des cellules de fibres musculaires? — J'ai donc de nouveau examiné cette membrane et crois devoir affirmer qu'on peut bien les envisager ainsi. Toute la membrane qui recouvre la face postérieure de l'iris se compose d'une couche de fibres rayonnantes. Chaque fibre se rend régulièrement du sphincter au bord ciliaire de l'iris oii elle prend une direction circulaire. En les dilacérant, les fibres se déplacent aisément, ainsi que le montre le dessin (fig. 65, a). Chaque fibre se compose d'une série de cellules fusiformes avec noyau en forme de bâtonnet. Sur ce même dessin (b) se trouve représentée une pareille fibre composée d'une série de cellules. Ces cellules mêmes (c) présentent une structure assez singuhère; elles sont fusiformes et renferment, pour la plupart, des noyaux semblables à des bâtonnets, mais parfois aussi ovales. Beaucoup de ces cellules contiennent, dans le protoplasma qui entoure le noyau, du pigment. Une pareille structure de cette membrane composée de i fibres, les fibres des cellules étant très semblables aux cellules des muscles, nous engage à envisager cette membrane comme musculaire.

Tout ce que l'on peut objecter toutefois, c'est qu'il reste avéré que le dilatateur est un dilatateur physiologique dont nous ne saurions nous passer, et nous nous félicitons d'avoir enfin trouvé une membrane qui ne soulève pas, au point de vue anatomique, de sérieuses objections quant à sa nature musculaire, et qui répond ainsi parfaitement à ce que réclame la physiologie.

Les nerfs de l'iris, par suite des grandes difficultés qui s'opposent à des : recherches sûres, ne sont pas encore étudiés d'une façon satisfaisante. Les

(1) Zeilschrift fur rationelle Medicin., v. Henle et Pfeuffer, t. XXXI. Zur Anatomic. der Iris.

I (2) Ibid., t. XXXI, p. 403.

j (3) Sirickefs Handbuchder Lehre von den Geweben, p. 1046

! (4) Archiv fur mikrosc. anatomie von M. Schultze, t. IX. Ersies Heft. Zur Frage ùber die I Iris musculaten, p 286 .

! (5) Die Musculatur der menschl. Iris Rostock, Stiller'sche Buchhandlung , 1873.

(6) Archiv fur mikrosko. Anatomic von M. Schultze, t. IX. Erstes Heft. Ueber die hintere Begrenzungsschicht der Iris. Griinhagen, t. X.

270 IWANOFF. — ANATOMIE MICR0SG01>IQUE.

meilleures recherches concernant ce sujet sont celles de Arnold (1) et elles ne se rapportent qu'aux nerfs du lapin.

Les nerfs de l'iris sont des branches des nerfs ciliaires de la choroïde. Après avoir pénétré dans l'iris, ils se divisent à leur extrémité dichotomiquement, forment des arcs et se perdent en un réseau composé de branches de grandeur moyenne. On aperçoit dans ce réseau un échange de fibres entre les troncs nerveux, dont le groupement rappelle

FiG. 65.

beaucoup le chiasma nerv. opticorum. De ces points d'entrecroisement naissent trois sortes de fibrilles nerveuses : a) des fibres pâles appartenant, suivanttoute probabilité, au nerf sympathique, prennent la direction de la surface postérieure de l'iris où elles forment un réseau très fin (par conséquent destiné au dilatateur) ; b) des fibres à moelle qui se dirigent vers la surface de l'iris et se perdent ici en un épais réseau de fines fibres, ce sont les fibres sensibles de l'iris ; c) enfin un troisième réseau est réparti dans le sphincter, les nerfs très fins qui le composent sont pour la plupart moteurs.

(1) Archiv fïir pathol. Anafomic et Physiol, t. XXVII. Ueber die Nerven u. dus Epiihel. der Iris.

TRAGTUS UVÉAL.

Les vaisseaux et les nerfs de l'iris se trouvent couchés dans un stroma composé en majeure partie de fibrilles et de cellules de tissu cellulaire.

Le tissu cellulaire accompagne sous forme de faisceaux tibrillaires minces les vaisseaux , en outre on rencontre aussi dans les interstices des vaisseaux des fibres qui courent de préférence en sens longitudinal.

Dans les yeux foncés, la plus grande partie du stroma se compose de cellules pigmentées, étoilées, qui communiquent entre elles par des anastomoses serrées. Ces cellules se trouvent surtout entassées dans la couche la plus superficielle de l'iris. Dans les yeux noirs, on rencontre encore en outre des cellules libres, rondes, fortement pigmentées.

Dans les yeux clairs, on trouve des cellules étoilées sans pigment, munies de longs prolongements minces, et à part cela encore une grande quantité de «ellules rondes, ressemblant aux corpuscules lymphatiques.

MALADIES DE L'IRIS

Par L. de WECKER

ARTICLE PREMIER

HYPÉRÉMIE DE l'iRIS

Principalement au point de vue d'un diagnostic précis, il est nécessaire de séparer de l'inflammation de l'iris, la simple hypérémie, qui, tout en ayant bien des symptômes communs avec la première, sera pourtant constamment privée de produits inflammatoires, que ceux-ci soient fournis par exsudation, migration, ou prolifération cellulaire. Dans nombre de cas, il est vrai, ces produits viennent, par leur apparition, transformer l'image de la simple hypérémie en celle d'une véritable inflammation, mais cette transformation n'étant nullement obligatoire, il nous faut tracer cliniquement les phénomènes que présente la simple hypérémie de l'iris.

Lorsque l'iris, à la suite d'une irritation quelconque, est hypérémié, les parties parcourues par les vaisseaux nourriciers de cette membrane présentent des modifications : ce sont, en particulier, les parties antérieures de la choroïde et le tissu épiscléral voisin de la cornée dans lequel courent les > vaisseaux ciliaires antérieurs. Les variations survenues dans l'afflux sanguin qui se fait dans les parties antérieures de la choroïde échappent même à l'examen ophthalmoscopique, tandis que la congestion anomale des vaisseaux du tissu épiscléral s'aperçoit nettement par suite de l'injection périkératique. Comme premier symptôme de l'hypérémie de l'iris, on trouve donc cette injection plus ou moins accusée, sans qu'aucune altération de la cornée en explique la présence : on peut même dire que, lorsque l'injection périkératique est très prononcée par le fait d'une altération de la cornée, elle coïncide presque toujours avec une hypérémie de l'iris.

Un second symptôme de l'hypérémie de l'iris est la décoloration de cette membrane. Les diverses couleurs que présente ce voile membraneux se modifient par la suraddition d'une nuance rouge jaunâtre. Ainsi, le bleu devient légèrement verdâtre, le brun prend une teinte rousse, et le gris bleuâtre se transforme en un jaune verdâtre particulier. Les changements de coloration sont quelquefois bien plus tranchés dans les cas de simple

HYPÉRÉMIE DE L'IRIS.

hypérémie de Tiris que dans Pir.flammation franche de cette membrane : car, dans ce dernier cas, les exsudais versés à sa surface et dans l'humeur aqueuse, et les métamorphoses que subit le tissu, donnent lieu à des changements de coloration d'une autre sorte, tandis que l'humeur aqueuse reste parfaitement transparente dans le cas de simple hypérémie , et permet d'apprécier les moindres différences survenues dans la coloration de l'iris. II ne faut en effet qu'un trouble à peine sensible de l'humeur aqueuse pour rendre cet examen fort difficile.

Il est encore assez difficile de s'expliquer pourquoi, dans les cas de forts épanchernents de sang dans son voisinage, l'iris change de couleur. Lorsque pareils épanchernents se sont faits sous la conjonctive, l'observateur doit se mettre en garde contre l'effet d'un contraste de couleurs. Dans le cas d'épanchenient considérable dans les chambres, la matière colorante du sang peut, par imbibition, changer la coloration de l'iris, à l'instar de ce qu'on observe lorsque des parcelles métalliques et oxydables occupent le cristallin ou la chambre antérieure. Cette coloration peut non seulement s'être communiquée à l'iris, mais 1 aussi avoir teinté l'humeur aqueuse et rendre alors très difficile l'appréciation du véritable degré d'altération de couleur qu'a subi l'iris.

Nous devons encore signaler un changement de coloration de l'iris qui ne s'observe que dans les cas d'hypérémie très chronique. Il consiste dans une diminution du contenu pigmentaire des cellules du stroma, analogue à celle que l'ophthalmoscope permet de voir dans la choroïde. Pour que ces j changements s'effectuent, il faut que la circulation ait été notablement trou- I blée pendant un temps assez long. La modification qui en résulte se manifeste par une teinte grisâtre qui altère le brillant de l'iris. En même temps on peut observer une atrophie des cellules pigmentaires de l'uvée, au pourtour de la pupille dont les bords perdent leur coloration foncée et leur régularité.

Un troisième symptôme caractéristique de l'hypérémie de l'iris est la paresse avec laqueUe il se contracte. En outre, il offre une résistance anomale à l'action des mydriatiques et myotiques. La rapidité avec laquelle se produit l'action de ces alcaloïdes et, d'autre part, la durée de leurs effets fournissent donc au praticien une indication précieuse sur /e degré d'irritabilité de l'iris, ainsi que sur la conservation de ses qualités fonctionnelles, que la persistance plus ou moins prolongée d'états hypérémiques pourrait avoir plus ou moins sensiblement modifiées. Plus les mydriatiques et les myotiques agissent rapidement et conservent longtemps leur action, plus on peut compter sur un état normal de l'iris, quant à ce qui concerne sa structure anatomique et son degré d'hypérémie. Celle-ci se révèle du reste constamment par un certain degré de contraction pupillaire.

Toutes les irritations directes de l'œil et de ses annexes peuvent amener, nous le savons, une contraction de la pupille. L'instillation d'un caustique faible, d'une simple goutte de laudanum, nous en donne aisément la preuve. Dans les cas d'hypérémie, qui sont le plus souvent le résultat d'une irritation directe de Pœil, la pupille se trouve contractée. Aussi, l'atropine n'agit que

DE WECKER.

— MALADIES DE L'IRIS

lentement, et la pupille ne se dilate, pleinement qu'à la suite d'instillations répétées de ce mydriatique. . , :

Étiologie. — L'hypérémie de l'iris se rencontre dans tous les cas où les membranes internes ou externes de l'œil se congestionnent fortement. Ainsi elle ne manque jamais quand une congestion aiguë de la choroïde s'est développée surtout dans les parties antérieures de cette membrane. Tandis qu'il peut exister au pourtour du nerf optique des inflammations de la choroïde qui restent sans influence sur le degré de vascularisation de l'iris, mais on ne voit guère survenir des inflammations étendues de la choroïde ou de la rétine, un décollement rétinien considérable, sans hypérémie de l'iris. Cela s'explique du reste aisément par la distribution particulière du système artériel.

On l'observe encore fréquemment dans l'inflammation du tissu sous-conjonctival, par exemple lors de l'apparition des granulations, de l'ophthalmie purulente, de la diphthérite et même de la conjonctivite pustuleuse intense. Les altérations morbides de la cornée se compliquent presque constamment d'une hypérémie de l'iris, lorsqu'elles proviennent d'une lésion directe, c'est ce qu'on peut constater après la pénétration dans la cornée d'un corps étranger qui y séjourne quelque temps. Ainsi, les inflammations ulcéreuses qui atteignent les couches profondes de la cornée sont presque constamment suivies d'une hypérémie de l'iris. Il nous faudrait passer en revue toutes les causes nuisibles capables de produire une congestion des parties internes ou externes de l'œil pour épuiser les causes de cette altération.

Pour la thérapeutique, nous renvoyons au traitement de l'iritis.

ARTICLE II

INFLAMMATION DE l'IRIS, IRITIS

Pour que l'hypérémie de l'iris prenne les caractères d'une iritis, il faut, ainsi que nous l'avons fait observer dans le précédent article, qu'il s'y ajoute un symptôme essentiel, la production d'un exsudât, ou l'hygergenèse des éléments du tissu cellulaire ; ou encore, ce qui arrive le plus fréquemment, une infiltration d'éléments cellulaires. C'est la nature variée de ces produits et leur localisation en divers points de la membrane malade, autrement dit rétude anatomo-pathologique des produits inflammatoires, qui nous guident dans la classification pour admettre trois formes principales d' iritis. Les simples données étiologiques nous mettraient singulièrement daas l'embarras, car le rhumatisme, la syphilis et les traumatismes peuvent, suivant le degré d'intensité avec lequel ils agissent, produire, non une unique, mais des formes variées d'inflammation.

Comme dans l'hypérémie, les principaux symptômes de l'iritis sont l'in-

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