‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 2)Chapitre 5 sur 87 · WALDEYER. - ANATOMÏE MICROSGOPIQl E · texte numérisé non relu

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corps ciliaire, car la racine de l'iris et le muscle ciliaire, allant à la rencontre l'un de l'autre, séparent en quelque sorte le corps ciliaire de ce réseau.

Pour ce qui concerne les rapports de l'iris avec ce réseau à trabécules caverneuses, il faut y revenir, attendu qu'on rencontre ici des variétés sensibles. Chez le bœuf, le cheval, le porc et d'autres animaux, on voit partir du tissu iridien des trabécules pigmentées et isolées les unes des autres, qui se rendent à la surface postérieure de la membrane de Descemet, pour s'y perdre insensiblement. Sur des préparations empruntées à des yeux de cheval, que Mihalkovics a faites à l'Institut anatomique de Strasbourg, on a pu voir que la membrane de Descemet formait sur la partie des trabécules

FiG. 26. — Région du passage de la membrane de Descemet à l'angle iridien : verrues, anneau limitant antérieur, trabécules de l'angle iridien (prolongements iridiens), endothèle de la chambre antérieure. (Préparation prise sur un homme d'environ trente ans. Hartnack, IV, tube rentré.)

1. Région de la membrane de Descemet, portant des verrues entremêlées de cellules endothéliales altérées. — 2. Même région sans cellules endothéliales, — 3. Cellules endothéliales de forme ordinaire. — 4. Anneau circulaire (fibres équatoriales). — 5. Prolongements de l'iris. — 6. Cellules endothéliales sur les prolongements de riris.

qui lui était proche une véritable couverture en forme de gaine ; ce sont les prolongements que Rollett et Iwanoff ont désignés comme « prolongements iridiens ». La gaîne de ces trabécules se perd insensiblement sur l'iris. Ces forts prolongements iridiens forment en quelque sorte un système de palissades, placé au-devant du réseau trabéculaire et caverneux à mailles étroites de l'angle iridien, et laissent entre eux des espaces assez larges et vastes, les soi-disant espaces de Fontana. Je partage l'opinion de Schwalbe, qu'on a tort de parler ici, chez le cheval, d'un véritable canal, le canal de Fontana, car un pareil canal circulaire clos, situé dans la section interne du tissu de l'angle iridien, n'existe en réalité pas ; à sa place se trouve une série d'espaces plus ou moins larges entre les prolongements iridiens de Rollett. Il en est autrement chez l'homme. De forts prolongements iridiens ne se montrent pas ici comme

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chez les animaux susmentionnés. Par contre, il se trouve dans la partie du tissu trabéculairele plus proche de la chambre antérieure des Irabéculcs plus fortes et pigmentées, qui naissent de la racine iridienne et (jui ne vont que jusque vers l'anneau terminal antérieur. Ces trabécules n'attcii-^nent jamais la membrane de Descemet, à proprement parler. Ce sont ces trabécules de plus fort calibre auxquelles on adonné, depuis llueck (115), le nom de « lu/, pectinatum iridis », nom qui est (ont à fait superflu, si Ton ne veut pas l'étendre à tout le tissu caverneux de l'angle iridien. Parfois ces trabécules de plus fort calibre et leurs mailles plus larges, qui sont l'analogue de l'espace de Fontana des animaux, font complètement défaut, et le tissu trabéculaire à fines mailles constitue par lui-même la limite externe de la chambre antérieure. Dans quelques cas, j'ai pourtant, aussi chez l'homme, pu découvrir sur des coupes méridionales un ou deux de ces trabécules plus forts munis de leurs larges mailles, ce qui aurait alors correspondu à un espace de Fontana.

Aussi bien qu'il existe en arrière, vers la limite qui regarde la chambre antérieure, un système d'espaces particulièrement conformés, les espaces de Fontana que nous venons de décrire, aussi bien on rencontre du côté opposé à la surface antérieure près de la sclérotique, et en partie même dans celle-ci, un second canal qui, il est vrai, est généralement simple. Ce canal, qui appartient au tissu sus-décrit, est le « canal de Schlemm ». Schwalbe (265) décrit la configuration de ce canal de telle façon qu'il existerait près du bord scléro-cornéen une rainure circulaire, « la rainure sclérale de Schwalbe; » cette rainure étant, du côté du muscle ciliaire et de la membrane de Descemet, couverte par le tissu trabéculaire et caverneux sus-décrit qui appartient à l'angle iridien, se transformerait en canal qui serait le canal de Schlemm. On peut, en général, se rallier à cette interprétation, pourtant il ne faudra pas perdre de vue que toute trace d'une pareille rainure peut parfois faire défaut, et que le long des deux bordures le tissu scléral peut affecter le même caractère trabéculo-caverneux, comme le présente le tissu de l'angle iridien, même les deux tissus se confondant, et qu'enfin la paroi antérieure du canal de Schlemm qui, elle, est exclusivement formée par la sclérotique, peut avoir la structure caverneuse. Évidemment, l'image d'une occlusion, au moyen d'un pont, facilite l'interprétation, mais elle peut aisément induire en erreur, en faisant supposer qu'il s'agirait de deux tissus tout à fait différents.

Je dois faire ressortir ici qu'en principe, le canal de Schlemm n'est pas, pour ce qui concerne sa formation, différent des espaces deFontana. Tous les deux consistent dans des lacunes du tissu de l'angle iridien de diverses grandeurs, seulement placées en des endroits différents. L'un peut tout à fait faire défaut, comme par exemple chez l'homme, où l'on ne trouve pas habituellement d'espaces de Fontana bien développés, et chez le porc qui, ainsi que Schwalbe l'a démontré, n'a pas de canal de Schlemm. Ajoutons que les deux espaces sont très changeants dans leur forme, pour ce

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