DE WECKER. — GLAUCOME
Les préparations microscopiques se rapportent à un vieillard de soixante-dixsept ans, qui, deux jours avant de se présenter, perd la vue de l'œil droit, sans souffrance aucune, au point de ne plus pouvoir lire que le n° 20 de Jaeger. La rétine se trouve parsemée de nombreux petits foyers apoplectiques. Trois jours plus tard les phénomènes glaucomateux éclatent avec des douleurs ciliaires des plus intenses, qui augmentent à tel point qu'après dix-neuf jours on procéda à Ténucléation. L'œil ne présentait plus qu'une simple perception lumineuse. Le malade succomba dix mois après à une attaque d'apoplexie. La rétine, épaissie dans toute son étendue, présente sur la coupe un aspect ondulé. De petites apoplexies, ponctuées ou striées, se rencontrent partout, affectant, autour de la macula, un arrangement en arc. La section du nerf optique, par contre, ne présente aucune altération pathologique. Les parois des artères se trouvent sensiblement augmentées d'épaisseur au point de ne laisser le passage qu'à une série successive de globules sanguins; des branches fines sont même oblitérées par cette dégénérescence des parois, qui ne présentaient plus trace de leur ancienne structure. Le réseau capillaire montre des dilatations variqueuses et de véritables ampoules. Les parois des capillaires sont épaissies et parsemées de gouttelettes de graisse. La rétine, épaissie, montre que toutes les couches participent assez uniformément à l'épaississement. Des amas de corpuscules rouges se trouvent parsemés dans toute l'épaisseur de la rétine, à l'exception des couches des bâtonnets et des cônes.
Ce qui reste encore à élucider dans les recherches d'anatomie pathologique des rares cas de glaucome hémorrhagique est de savoir jusqu'à quel point la dégénérescence des vaisseaux de la rétine concorde avec semblables altérations des autres membranes de l'œil, en particulier de la sclérotique et des vaisseaux de l'orbite, ainsi que de tout le sysième artériel. Les très abondantes hémorrhagies qu'on constate, en pareils cas, après l'énucléation, îa protrusion de tout le tissu graisseux de l'orbite, qui se gorge de sang, plaident pour une altération des parois vasculaires des parties avoisinantes de l'œil.
Nous passerons en revue les diverses formes de glaucomes secondaires, après avoir traité de la nature et de l'étiologie du glaucome, leur place se trouvant alors, par cette exposition, naturellement marquée.
ARTICLE V