‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 1 sur 136 · TRADUIT PAR M. LE DOCTEUR GAURAN (DE ROUEN · texte numérisé non relu

TRADUIT PAR M. LE DOCTEUR GAURAN (DE ROUEN

On peut considérer chaque paupière comme formée par un repli du tégument externe, et par conséquent composée de deux feuillets : Un feuillet superficiel cutané, un feuillet profond (conjonctive), ayant revêtu dans les couches les plus internes, à partir du bord libre en contact avec le bulbe, le caractère des muqueuses. L'espace compris entre ces deux feuillets sert de gaine à un muscle peaucier à fibres striées. C'est le muscle orbiculaire des paupières. L'étude des paupières comprend donc celle: (A) de la peau, (B) de son repli muqueux, (C) des muscles.

Le cartilage tarse, communément tarse, n'étant qu'une modification spéciale du tissu sousconjonctival et partie intégrante du repli muqueux, est compris dans cette description.

Nulle part ailleurs que dans les paupières on ne saurait rencontrer une structure plus compliquée, des éléments plus hétérogènes, condensés dans un plus petit espace. Aussi est-il nécessaire, pour avoir une juste idée de l'ensemble, de montrer sur le dessin d'une coupe à faible grossissement chaque partie constituante, isolée, et les rapports topographiques qu'elle affecte avec ses voisines.

La figure 1 ci-contre représente : En A la région de la peau de la paupière, en B le tissu cellulaire sous-cutané à larges mailles, en G la couche musculeuse s'étendant d'une extrémité à l'autre de la paupière ; à la région du canthus interne (1), quelques petits faisceaux isolés se séparent de la masse totale du muscle sous le nom de muscle ciliaire de Riolan (13). En D le tissu cellulaire lâche qui sépare le tarse (F) du muscle orbiculaire ; entre les deux, en E les fibres lisses de Millier. En G le tissu conjonctival propre avec son épithélium; ce tissu infiltré de petits corpuscules lymphoïdes est séparé du tarse proprement dit par une longue bande de fibres parallèles (19). En H

(1) Ce travail a paru en langue allemande dans V Encyclopédie de MM. Graefe et Saemiscli, mais il a été, comme l'article Cornée-Sclérotique, complètement remanié et augmenté pour ce traité.

DE WKCKEP, F/r LANDOLT. I — 1

2 WALDEYER. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

s'opère la jonction du bord libre (I) et de la muqueuse. Cette dernière présente antérieurement une surface lisse, postérieurement des plis (L) audessus desquels la figure montre la coupe de deux glandes acino-tubuleuses, qui appartiennent encore ici à la portion tarsale de la conjonctive (glandes de Krause). Les glandes de Meibomius (15) s'étendent à partir de ces dernières dans toute la longueur de la paupière jusqu'au bord libre. La coupe a ici justement atteint le canal excréteur (14) de l'une d'elles, situé entre deux faisceaux du muscle de Riolan. En se rapprochant de la peau, en amont des plus gros faisceaux de ce muscle, on peut remarquer une glande de forme particulière (12) que je considère comme une glande sudoripare. Son canal excréteur s'ouvre dans un follicule sébacé. A l'extrémité postérieure de la glande, en 26, se voit la coupe d'une grosse artère palpébrale, branche de l'arc tarsal supérieur, puis deux cils dans leur gaîne (11). Autour de celle du plus gros, nous trouvons de nouveau quelques fibres musculaires striées (13); (7) est un follicule pileux un peu plus grand. Dans la peau de la paupière, nous remarquons des follicules pileux (6), des glandes sudoripares (5) , des coupes de Taisseau (9), des nerfs (8) et des cellules pigmentées (4). Toute la région K est désignée sous le nom de portion ciiiaire.

©e la peau de la paupière. — La peau de la paupière présente une structure différente suivant qu'on l'étudié h la face dorsale ou dans cette partie qui, limitant la fente palpébrale, a reçu en raison de sa conformation le nom de bord tranchant.

A la paupière le derme peu épais est constitué par des faisceaux ondulés et extensibles de tissu conjonctif: il contient des papilles peu développées, lesquelles sont, d'après ce que je vois, sans exception des papilles vasculaires. A la région du bord libre, ces deux éléments se modifient d'une façon remarquable : ici, en effet, le derme composé de tissu conjonctif compacte renferme des papilles bien développées, dans les sinus desquelles s'enfoncent à la manière ordinaire les cônes épidermiques. Ces papilles renferment en partie des corpuscules du tact {voy. plus loin).

L'épiderme de la face dorsaje est mince : mais ses trois couches sont parfaitement visibles, à savoir : la couche cornée, la couche moyenne avec ses cellules dentelées, ainsi que la plus profonde, composée de cellules cylindriques. A la région du bord libre, l'épiderme est plus épais, parce que les sinus sont plus profonds et les papilles plus grosses. La manière dont il se com porte à son passage sur la conjonctive sera étudiée à propos de cette membrane.

Les poils, en assez grand nombre, courts, fins, très-peu profondément implantés, présentent des directions variées. Les glandes sébacées qui s'ouvrent dans leur follicule sont petites, mais développées avec une grande régularité. Les glandes sudoripares sont aussi remarquables, tant par leur grand nombre que par leur petit volume. Un fait à signaler parce qu'il se répète du reste dans tous les tissus analogues, c'est que toutes les produc-

FiG. 1 (a). — Coupe verticale antéro-postérieure de la paupière supérieure de l'homnie.

(Hartnack II, Objectif prismatique, tube fermé.)

A. Région de la peau.

B. Région du tissu conjonctif lâche qui se trouve entre la peau et le muscle orbiculaire. G. Région du muscle orbiculaire des paupières.

D. Région du tissu cellulaire lâche situé entre le tarse et l'orbiculaire.

E. Fibres les plus antérieures des fibres musculaires lisses qui s'insèrent au tarse.

F. Région du tarse.

G. Région de la conjonctive palpébrale.

H. Limite qui sépare l'épithélium pavimenteux des couches d'épithélium cylindrique (entre

le bord libre et la muqueuse).

I. Région du bord libre (jusqu'à l'orifice des glandes de Meïbomius) se distinguant par

un épithélium plus épais. *

K. Portion ciliaire de la paupière (depuis l'origine des cils jusqu'à l'orifice des glandes de Meïbomius).

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