Coupe d'une artère palpébrale (arc larsal supérieur
Bt ffecker et ■Laruiolt
Fig. 1. (al
PAUPIÈRES ET CONJOiNGTIVE.
tions implantées dans la peau, là où elle présente une densité relative, telles que les poils, les glandes sébacées de leurs follicules, les glandes sudori pares, sont enveloppées de petits tractus de tissu conjonctif adventitiel plus lâche. On doit tenir compte de cette disposition dans la propagation des processus pathologiques, j'ai indiqué ailleurs [306 (1)] quelle importance elle présente particulièrement par rapport aux paupières. Ces tractus lâches contiennent aussi un assez grand nombre de corpuscules plats semblables, comme forme, à de J'endothélium (cellules de Ranvier), et se poursuivent jusque dans le tissu conjonctif sous-cutané, si abondamment développé. Dans aucune autre région, ce dernier ne saurait mieux mériter le nom de tissu conjonctif lâche. L'épaisseur de la couche qu'il forme, la largeur de ses mailles, soni éminemment propres à toutes sortes de distorsions et d'allongements et, par contre, entièrement favorables aux infiltrations.
Une telle disposition était indispensable à la liberté des mouvements de la paupière dans l'acte du clignement, ainsi que le montre la moindre inflammation du tissu conjonctif sous-cutané. Par lâ, de même, nous sont expliqués ces changements de coloration si fréquents dans la peau de la paupière ou celle de ses environs, modification qui se manifeste comme le premier signe d'une légère indisposition. Les différences individuelles jouent, à la vérité, ici un grand rôle; cependant on peut dire que toutes les circonstances qui peuvent faire varier la quantité normale de lymphe contenue dans les mailles appelleront rapidement un changement de coloration évident. Ici plus que partout ailleurs, en vue précisément d'un tissu lâche dépourvu de graisse, la quantité de lymphe doit être prise en considération quant à l'aspect normal de la peau.
La présence, dans l'épaisseur de la peau des paupières, de cellules pigmentaires, et principalement de grosses cellules granuleuses, constitue ici une particularité que je n'ai encore vue, jusqu'à présent, mentionnée dans aucune description. Ces éléments, très-rares dans le tissu cutané chez l'homme, se trouvent d'une façon très-régulière dans la peau de la paupière et en plus grande quantité chez les bruns que chez les blonds. Ces cellules contiennent un pigment qui varie entre le jaune d'or et le brun. On les trouve principalement répandues au milieu de ces tractus de tissu conjonctif lâche, déjà mentionnés, qui traversent la peau en compagnie des vaisseaux et des follicules pileux. Cependant elles gisent de préférence dans les couches supérieures.
Nous devons encore, particulièrement, attirer l'attention sur la deuxième espèce de cellules. Celles-ci présentent de gros corpuscules granuleux, de forme irrégulièrement cubique, munies çà et là de prolongements isolés. Elles occupent les couches les plus profondes de la peau, et le stratum superficiel du tissu conjonctif sous-cutané. Elles se montrent particulièrement en grand nombre, et je reviendrai plus tard sur cette disposition, entre les faisceaux du
(1) Les chiffres se rapportent à la bibliographie qui fait suite à Varlicle Cornée-Sclérotique du professeur Waldeyer.
i WALDEYER. — AMTOMIE MICROSCOPIQUE.
muscle àfibres lisses découvert clans la paupière par H. Mûller(t;o|/.fig.2, p.l6). Elles conliennent, parmi les grosses granulations sombres qui les remplissent, des corpuscules pigmentaires d'un jaune brun, et çà et là des gouttelettes graisseuses de moyenne grosseur, telles qu'on les rencontre dans les mêmes grandes cellules, dans le xanlhelasma des paupières. J'ai démontré plus tard la présence de ces cellules dans les autres tissus, et depuis elles ont été décrites et acceptées sous le nom de cellules plasmaliques.
D'après les transformations successives que j'ai observées, je suis porté à considérer les cellules pigmentaires comme des modifications de ces grosses cellules granuleuses, et j'attirerai particulièrement l'attention sur ces formations, à propos de l'anatomie pathologique du xanthelasma. J'ai fréquemment constaté leur absence dans le tissu compact du bord libre.
Porlion tarsale et bord lîl>re, conjonctive, glandes et cils. — La charpente du cartilage tarse de la paupière est formée par un tissu conjonctif extrêmement compacte et résistant. Ce dernier, comme celui de la cornée et de la sclérotique, est creusé d'un système de lacunes et de canaux remplis de lymphe. Si le stroma du tarse n'était point traversé par des réseaux vasculaires et nerveux, eux-mêmes entourés d'un tissu conjonctif plus lâche , il apparaîtrait comme presque complètement homogène. Je n'ai jamais trouvé de cellules cartilagineuses dans le tarse de l'homme, ce qui ne s'accorde pas avec les opinions de Gerlach, Frey, Sappey (256) et Kôlliker (135-136). Quelques auteurs, parmi eux W.Krause (AUg. Anat.), ont décrit des fibres élastiques fines comme faisant partie du tarse lui-même.
Le tarse est séparé du muscle palpébral par une mince couche de tissu cellulaire lâche : en avant il s'épuise dans le tissu conjonctif compacte du bord libre. A la paupière supérieure, les fibres tendineuses de l'élévateur du muscle, largement aplati, s'implantent directement à la partie moyenne de sa circonférence. Les fibres lisses de Mûller s'insèrent en arrière, au niveau du cul-de-sac conjonctival, pendant que le tissu conjonctif compacte qui compose le tarse se perd peu à peu, sans limites précises, dans le tissu sous-conjonctival à larges mailles. Le tissu du tarse est séparé de la conjonctive paipébrale par une bande de fibres qui s'étend du cul-de-sac au bord libre. Deux espèces de glandes, dont il sera question plus bas, sont logées dans l'épaisseur du tarse : les glandes de Meibomius, et une partie des glandes tarsales ncino-tuhuleuses (glandes de Krause).
Nous avons déjà, à plusieurs reprises, parlé de ce tissu conjonctif compacte et résistant, qui donne au bord libre une constitution spéciale. Cette portion de la paupière emprunte surtout son caractère original aux formations qu'elle contient, c'est-à-dire aux cils, aux glandes, et principalement aux fibres du muscle orbiculaire.
Les cils sont de forts poils qui s'enracinent profondément et affectent une direction déterminée. Ils présentent un intérêt spécial eu égard à leur direction précise et à leur rapide régénération persistant jusqu'à l'âge le plus avancé. D'après les recherches de Moll et Donders (62), chaque cil a une du-
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rée d'évolution d'environ cent jours, et on peut les apercevoir au bord palpébral, à différents degrés de développement. D'après Scliweigger-Seidel, les cils naissent, chez le foetus, des cellules épidermiques qui soudent les paupières. Leur structure histologique et leur texture ne demandent pas une description particulière, étant semblables, dans toutes leurs parties, aux autres poils forts que l'on rencontre ailleurs. Il est cependant utile de faire remarquer que la gaine de leur racine renferme des cellules dentelées bien développées et que leur papille présente un volume considérable. Chez presque tous les individus, ils sont fortement pigmentés. Je n'ai pas pu découvrir si les nerfs s'y terminaient d'une façon spéciale. A la paupière supérieure, les cils forment une concavité qui regarde en haut; à la paupière inférieure, une concavité qui regarde en bas, et cette direction est déjà déterminée par une inflexion correspondante de leur portion implantée dans le bord palpébral ; situés toujours au-dessus ou au-dessous des glandes de Meibomius, suivant qu'on les considère à l'une ou à l'autre paupière, ils n'ont rien à faire avec ces dernières, puisqu'ils possèdent des glandes propres, quoique faiblement développées (glandes ciliaires de Sappey, environ de 4-5 pour chaque cil). Les cils trouvent en outre , dans le tissu compacte du bord libre, un point d'appui solide, renforcé encore par les fibres de l'orbiculaire qui rampent dans ce bord.
Unna (297) a fait des observations remarquables à propos de la régénération des cils. Il a assez fréquemment rencontré, sortant latéralement de la gaîne du poil, des rejetons qui se développaient comme des gaines naissantes, en suivant dans le tissu de la paupière une tout autre direction. Dans ces jeunes gaines se développaient des poils qui affectaient alors une direction anormale. Il n'est pas invraisemblable que l'on puisse, dans certains cas, attribuer à cette disposition la direction vicieus-e que présentent quelquefois les cils.
Les différentes variétés de glandes qui entrent dans la composition des paupières et de la conjonctive sont : 1° les glandes de Meibomius, 2° les glandes sudoripares normales, 3° les glandes sudoripares modifiées du bord libre et de la caroncule lacrymale, 4° les glandes tubuleuses du limbe conjonctival, 5° les glandes de Krause ou acino -tubuleuses, 6° les glandes de la conjonctive, connues sous le nom de glandes de Manz. Nous laisserons de côté les glandes qui s'ouvrent dans la gaîne du poil, qui doivent être comprises dans sa description, pour ne parler que de celles désignées sous le numéro 1 et sous les numéros de 3 à 6, les glandes sudoripares normales (2) ayant été déjà citées à propos de la peau des paupières.
Bien que les glandes de Meibomius soient enfouies dans l'épaisseur du tarse, elles appartiennent, par leur développement et leur structure histologique, à la peau de la paupière. Elles se forment de l'épithélium du bord libre, pour autant qu'il comporte les caractères d'un véritable épiderme. Leur conduit excréteur, très-large, est tapissé, sur une large étendue, d'un épithélium possédant, comme à l'ordinaire, ses trois couches, la couche
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moyenne ayant ici ses cellules dentelées bien développées. Sur les parties latérales du conduit excréteur s'élèvent perpendiculairement de tous côtés des appendices courts, renflés en massue, qui, pour la plupart, se ramifient une ou deux fois. La surface interne des acini est recouverte d'un épithélium cubique qui, vers le centre, passe dans la masse sébacée. Celle-ci paraît simplement formée par la desquamation des cellules épithéliales qui ont subi la dégénérescence graisseuse, et elle se joint si directement à la couche cornée, qu'elle peut être considérée comme une modification de cette couche. L'épithélium de la glande m'a paru ne reposer sur aucune membrane propre, ce qu'admettent cependant la plupart des auteurs, notamment Colasanti (52), mais être emprisonné directement dans le tissu conjonctif du tarse. Il ne m'a pas été possible non plus de constater avec certitude la présence autour des canaux des fibres musculaires lisses, telles qu'elles ont été tout nouvellement décrites par l'auteur précédemment nommé, dans la couche qui entoure comme d'une capsule les utricules glandulaires. Colasanti a trouvé sur des préparations avec le chlorure d'or un riche réseau de fines fibrilles nerveuses dépourvues de moelle, qui doit se ramifier dans les alvéoles entre les cellules sécrétantes. Les fibres nerveuses à moelle doivent accompagner les vaisseaux, perdre leur enveloppe de myéline, en traversant la membrane propre des alvéoles, pour se résoudre dans le réseau nerveux sus-nommé.
Nous trouvons des formations bien remarquables dans les glandes sudoripares modifiées ou glandes tiibuleuses du bord libre, qu'on pourrait nommer aussi glandes de Moll, d'après la première et très-exacte description faite par cet auteur. Une coupe transversale de la paupière atteint presque constamment quelques-unes de ces glandes entre les cils et la portion cutanée du muscle ciliaire de Riolan \voy. fig. 1 (12)]. Leur canal excréteur débouche en dehors dans un follicule sébacé, en dedans dans un long cul-de-sac très-large et peu sinueux, qui produit sur la coupe l'apparence d'une large vésicule ronde. Ce cul-de-sac est revêtu d'une simple couche de cellules cylindriques, et les noyaux de ces cellules sont tournés vers la membrane propre : leurs bords libres, qui regardent le lumen, s'écartent si peu les uns des autres, qu'elles semblent se fondre dans une masse homogène dans laquelle les limites des cellules sont seulement accusées par de fines stries radiaires.
Les produits sécrétés par les culs-de-sac sont constitués par une substance finement granulée, au milieu de laquelle on rencontre des corpuscules sphériques semblables à des gouttes d'albumine. La caroncule lacrymale contenant à la fois des glandes sudoripares et les éléments sus-nommés, il est permis d'affirmer que ceux-ci sont des glandes sudoripares modifiées. Il n'est pas possible, pour le moment, de rien dire de précis sur le rôle physiologique de ces glandes.
Les glandes de Krause occupent chez l'homme une place déterminée. On les rencontre dans le tissu sous-conjonctival du fornix et dans ses environs, mais de préférence du côté interne (nasal). On les trouve là, aussi bien le long
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4n tarse qu'en partie même dans son tissu propre. Elles sont plus nombreuses à la paupière supérieure qu'à l'inférieure : Krause (141), et son élève Kleinschmidt (134), en ont compté une fois 4*2 en haut, de 6 à 8 en bas. D'après <ce premier auteur (Anatomie générale) et Giaccio, leur nombre oscillerait entre 12 et 18 à la paupière supérieure, et entre 2 et 6 à l'inférieure. Une figure due au travail si précis de Giaccio donne une idée bien claire de la situation respective de ces formations. Le nombre des éléments glandulaires qui appartiennent à un même conduit excréteur est relativement grand, et les éléments sont composés de courtes cavités utriculaires, auxquelles tiennent fréquemment des appendices bacciformes. Le nom de glandes acino-tubuleuses s'applique donc aussi bien à ces formations qu'aux glandes intestinales de Brunner. Les tubuli et leurs vésicules terminales sont grands et remplis d'une grande quantité d'épithélium passablement clair. Au centre des acini se trouvent des éléments semblables aux cellules centroacinaires décrites par Langerhans dans le pancréas. Le parenchyme et la membrane propre ne s'éloignent pas de la structure des autres glandes en grappe. D'après W. Krause, Stromeyer, Kleinschmidt, Leydig et Schmid, on rencontre pareillement chez les animaux, à la face antérieure de la troisième paupière et dans le cul-de-sac, quelques petites glandes en grappe.
La face palpébrale tournée vers le bulbe, et la face antérieure de celui-ci, sont recouvertes par une membrane muqueuse connue sous le nom de conjonctive. Cette dernière passe sur la cornée, en modifiant sa structure, et forme ainsi un sac ouvert à la fente palpébrale , qui communique avec les cavités nasales, au moyen des voies lacrymales.
Nous décrirons ici la conjonctive des paupières, celle de la slérotique jusqu'au rebord scléro-cornéen, la région du fornix conjunctivœ et celle désignée sous le nom d'anneau ou limbe conjonctive, au point où elle se confond avec l'épithélium cornéen. La partie de la conjonctive qui recouvre la cornée, et j'entends par là l'épithélium de la cornée et ses couches les plus superficielles, sera décrite à propos de cette dernière membrane.
Sur une coupe verticale, la conjonctive montre trois couches distinctes : Yépithélium, la tunica propria conjunctivœ et le tissu cellulaire lâche sous- ^conjonctival. Elle comprend, en outre, des vaisseaux sanguins et lymphatiques,et un riche réseau nerveux. La portion palpébrale ou tarsale de la conjonctive commence à l'angle postérieur du bord libre, et s'étend aussi loin que le tarse, c'est-à-dire jusqu'à l'insertion des fibres lisses de Mùller. Sa structure histologique de même, d'ailleurs, que sa constitution macroscopique permet de la partager en deux parties, une antérieure, l'autre posté rieure. La portion postérieure se distingue par la disposition festonnée que présente l'épithélium comme par la grande quantité de corpuscules lymphatiques infiltrés dans son tissu. La portion antérieure est moins épaisse et ne montre qu'un petit nombre de sinuosités aplaties. L'infiltration lymphatique y est également moins prononcée.
L'ÉPITHÉLIUM DE LA CONJONCTIVE palpébrale sc compose de deux couches de cellules. La couche supérieure est formée de cellules cylindriques au-dessous
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desquelles on remarque une seule assise de cellules rondes aplaties. Celte disposition n'est cependant pas aussi parfaitement indiquée dans toutes les parties. L'épithélium du bord libre se réunit à celui de la conjonctive, de la manière suivante : les cellules cylindriques les plus profondes du réseau de Malpighi, du bord libre, passent peu à peu dans la couche la plus profonde des petites cellules rondes cubiques de l'épithélium conjonctival, pendant que les cellules cylindriques de ce dernier remplacent les cellules superficielles les plus aplaties de l'épithélium du bord libre. Les cellules cylindriques de cet épithéhum conjonctival affectent, du reste, des formes multiples : à côté de cellules presque cubiques, on en trouve d'autres plus longues et en même temps plus grêles, d'autres aussi plus courtes et plus épaisses; presque toutes ces cellules sont garnies de prolongements coniques. Au niveau de ces éminences, formées par l'épithélium conjonctival, se trouvent les deux couches de cellules : les plus superficielles, cylindriques, les plus profondes, plus petites et arrondies; dans les sinus que forment ces saillies de l'épithélium, on remarque, entre les cellules cylindriques, d'autres cellules de formes les plus diverses, de telle sorte que cet épitliélium semble formé de plusieurs couches. — On doit encore noter l'étroit espace hyalin qui borde l'extrémité libre des cellules épithéliales cylindriques et l'abondante métamorphose des cellules épithéliales exlernes en gros corpuscules ronds, par laquelle s'annonce la transformation muqueuse. Ces corpuscules, à la façon des cellules cupuliformes de l'intestin, font ici saillie comme de grosses vésicules entre les éléments normaux de l'épithélium conjonctival, et se rencontrent aussi dans toutes les autres parties de la conjonctive, notamment à celle du bulbe. Une coupe horizontale de cette membrane en reçoit un aspect des plus caractéristiques.
La portion postérieure de la conjonctive tarsale s'étend jusqu'au cul-de-sac dans une largeur de 3 ou 4 millimètres. Elle comprend une zone transversale de plis et de sillons plus ou moins profonds formant entre eux un réseau de mailles rondes qui renferme les éminences de différentes grandeurs du tissu conjonctival, aplaties à leur surface supérieure. Sur une coupe perpendiculaire, ces sillons donnent l'image trompeuse d'une simple glande utriculaire; dans leur profondeur l'épithélium change quelque peu de caractère. Comme dans le schéma donné plus haut, l'épithélium présente ici, en général, les mêmes couches, savoir : des cellules cylindriques à la superficie, de petites cellules rondes dans la profondeur. Cependant, les cellules cylindriques situées dans la profondeur du sinus sont plus longues et mieux formées que celles comprises entre les sillons.
Henle, quia le premier décrit les sillons sur une coupe transversale, les prenait pour des glandes utriculaires. Stieda nous a appris leur véritable nature au moyen de coupes horizontales. Dans la deuxième édition de sa Splanchno/op'ie, pages 730, 731, Henle modifie ses assertions, en ce sens qu'il reconnaît les sillons représentés par Stieda, mais du fond desquels « s'étendent jusqu'au bord tarsal, obUquement ou infléchis dans la profondeur de la mu-
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queuse, des culs-de-sac glandulaires cylindriques d'un nombre assez variable, exactement analogues à des utricules. » La description de Ciaccio ne diffère pas de celle de Henle. Quant à moi, je persiste dans la manière de voir que j'ai exprimée plus haut. M. Krause (AlLAnat.), s'écartant absolument de ces données, parle de papilles existant dans cette région de la paupière, et considère les utricules décrits par Henle comme des cônes épidermiques qui s'enfonceraient entre les papilles. Tout en admettant qu'à cause de l'irrégularité de ces éléments anatomiques on pourrait rencontrer çà et là des formations d'apparence de papilles, on trouve toujours, sur des coupes parallèles à la surface, la disposition en crêtes et en sillons.
La TUNIQUE PROPRE DE LA CONJONCTIVE, Support de l'épithélium, se compose de l'unique couche que la conjonctive possède encore à sa portion tarsale; il n'existe pas, dans le sens ordinaire du mot, de couche sous-muqueuse dans la portion de la membrane correspondant au tarse. La charpente conjonctive de la TUNIQUE propre ne contient que peu de fibres élastiques, du moins dans la portion de la muqueuse sous-jacente aux paupières. Le tarse est très-nettement séparé du tissu conjonctival, d'abord par cette bande de fibres spéciales que nous avons déjà signalée à ce cartilage, en second lieu par cette infiltration lymphatique de la tunique propre dont nous allons parler plus bas^ laquelle cesse à l'endroit où se termine cette bande elle-même.
Toute la portion de tissu conjonctival conliguë au tarse est infiltrée de corpuscules lymphoïdes jusqu'au fornix. Cette infiltration est surtout considérable à la région qui correspond aux sillons. La tunique propre revêt tout à fait l'aspect du tissu adénoïde, tel que nous le rencontrons à la muqueuse du canal intestinal. Si, avec un pinceau, on racle légèrement une fine coupe horizontale du tissu conjonctival de cette région, il reste un réseau de fibres à fines mailles au point d'intersection desquelles sont de nombreux noyaux ; de plus, on reconnaît facilement, au milieu de cet entrelacement de fibres, surtout chez les jeunes individus, des cellules anastomosées. Les espaces compris entre ces réseaux de fibres ou de cellules sont remplis d'une assez grande quantité de corpuscules lymphatiques, on y trouve aussi de ces grosses cellules isolées et des cellules pigmentées, variétés décrites précédemment. Cette infiltration lymphatique superficielle existe constamment depuis les premières années jusqu'à l'âge le plus avancé, dans la conjonctive humaine normale. Je n'ai jamais rencontré chez l'homme, en aucun endroit de cette membrane, des follicules lymphatiques bien développés. Chez beaucoup d'animaux, au contraire, on trouve ceux-ci avec leur structure caractéristique. Chez nos animaux domestiques, ils sont situés à l'angle interne, plus particulièrement à la paupière inférieure, et, dans ce cas, dans le cul-de-sac, entre le bulbe et la membrane clignotante. Chez quelques espèces, ils forment des agglomérats considérables (plaques de Bruch chez le bœuf, par exemple). Frey et Huguenin (82 et 83) qui, sur des préparations injectées, ont étudié la circulation de cette partie, ont trouvé les mêmes rapports constatés par le premier et d'autres sur les follicules lymphatiques des autres
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parties du corps. Ils ont trouvé les lentes intra-folliculaires qui conduisent aux véritables vaisseaux lymphatiques. McmcJile (193) a aussi démontré la présence constante d'un revêtement endotliélial dans les espaces lymphatiques. L'infiltration lymphatique diminue peu à peu en s'approchant du bord libre d'un côté, et du lornix de l'autre.
La CONJONCTIVE DU FORNTX, qui se délimite nettement de celle du tarse, passe insensiblement sur la portion sclérale. Elle est remarquable par la grande quantité de fibres élastiques qui traversent le tissu sous-conjonctival. La couche sous-épithéliale est ici plus lâchement tissée, sans séparation bien précise avec le tissu sous-muqueux, et plus riche en fibres élastiques qu'à la conjonctive des paupières. L'épithélium est formé de plusieurs couches ; tout en haut se trouvent de courtes cellules cylindriques ; au-dessous, deux, jusqu'à trois assises de cellules irrégulièrement rondes, acheminement à la transformation en cellules pavimenteuses de l'épithélium du bulbe. Les prolongements épithéliaux qui pénètrent dans le tissu conjonctif sous-jacent sont ici en petit nombre et peu proéminents. On ne trouve pas dans le fornix d'autres glandes que celles de Krause.
La CONJONCTIVE DU BULBE couscrve, jusqu'au limbe, les mêmes caractères que celle du cul-de-sac, du moins en ce qui concerne la tunique propre et le tissu sous-conjonctival. Elle possède en plus, ici, une circulation bien plus complète, notamment des veines relativement larges, un plus riche développement lymphatique et des groupes de cellules graisseuses que l'on voit aussi dans la conjonctive du fornix. Les fibres du tissu sous-conjonctival s'unissent avec celles de la sclérotique; quelques fibres isolées de la tunique propre et de cette couche sous-conjonctivale s'attachent aux tendons des muscles de l'œil. Cette dernière disposition s'oppose à un plissement trop considérable de la membrane pendant les excursions du bulbe. L'épithélium qui, en arrière, présente la même structure que celui du cul-de-sac, revêt en avant, de plus en plus, les caractères de l'épithélium cornéen, à la description duquel nous renvoyons. J'ai trouvé, dans la couche moyenne de l'épithélium, des cellules avec deux noyaux. Sur toute cette portion bulbeuse delà conjonctive, on peut voir ces grosses vésicules muqueuses mentionnées tout à l'heure. L'anneau conjonctival est remarquable par les attaches solides que le tissu sous-conjonctival contracte avec les fibres ascendantes qui viennent de la sclérotique et passent presque à angle droit dans latunique propre. Le tissu conjonctival acquiert pareillement une consistance considérable, et ne se laisse plus distinguer, chez l'homme, de la sclérotique et de la tunique propre. La tunique propre envoie, dans l'épithélium, de courtes papilles vasculaires, mais surtout des crêtes vascularisées qui, à la coupe, se présentent comme des papilles (voy. plus loin.)
Les VAISSEAUX DE LA CONJONCTIVE sout plus OU moius développés, suivant les régions. Tels sont ceux qui forment l'anneau conjonctival (comparez à la description de la cornéç), ceux de la caroncule et de ses environs, enfin ceux qui rampent dans la zone des sillons de la conjonctive tarsale.
PAUPIÈRES ET CONJONCTIVE
Absiraction faite da cercle vasculaire péri-cornéen, ils ne présentent rien de particulier. On pourrait cependant signaler, à la région de la paupière, les accumulations considérables de cellules pigmentaires qui se font autour des vaisseaux. Wolfring a attiré l'attention sur le riche réseau capillaire et veineux qui entoure les glandes tarsales. Leber et Giaccio ont donné une description des plus minutieuses des vaisseaux de la paupière et de la conjonctive. Sur la conjonctive sclérale, il faut distinguer deux réseaux: le plus superficiel, qui est situé dans le tissu propre de la conjonctive, le plus profond dans le tissu sous-conjonctival (épiscléral).
Jusqu'à présent, les nerfs de la paupière n'ont pas été l'objet de recherches particulières, du moins en ce qui concerne la manière dont ils se comportent dans la peau de la paupière, et par rapport aux éléments glandulaires,: de celle-ci. il faut, toutefois, faire exception pour le plus récent travail que Colasanti a publié sur les glandes de Meibomius. Pour les nerfs de la conjonctive, au contraire, il s'inaugure, par les travaux de Krause et de Cohnheim, une nouvelle série de recherches touchant ce point spécial. Parmi ces ramifications nerveuses, les unes appartiennent exclusivement à la conjonctive, les autres ne font que traverser cette membrane pour gagner les tissus voisins, nommément celui de la cornée. Les nerfs de la conjonctive, qui tirent leur origine du nerf lacrymal, infra-trochléaire, en partie aussi des nerfs ciliaires (comparez Giraldès, Études anatomiques sur Vœil. Thèse. Paris, 1836, et Beck, 18, p. 19 ) pénètrent à l'angle externe et à l'angle interne, et se ramifient principalement sur la portion scléroticale de la membrane. Nous n'avons à nous occuper ici que des nerfs qui appartiennent en propre à la conjonctive, renvoyant au chapitre consacré à la cornée l'étude de ceux qui ne font que la traverser.
Krause a récemment démontré, dans la conjonctive palpébrale, particulièrement dans celle qui avoisine le bord ciliaire, l'existence de papilles vasculaires et nerveuses ; ces dernières, contenant de véritables corpuscules du tact, appartiennent à la plus petite espèce. La plupart des petits troncs nerveux de la conjonctive, composés de cinq à six fibres nerveuses primitives, se ramifient dichotomiquement d'une façon assez rapide aux filets simples isolés qui s'avancent de plus en plus vers l'épithélium. De ceux-ci, un certain nombre se répandent isolément sur la surface conjonctivale. D'autres, pendant ce trajet, subissent trois à quatre divisions dichotomiques sans se dépouiller de leur moelle. C'est sur une préparation fraîche de la conjonctive de l'homme ou de celle du veau, qu'on étudiera avec le plus de facilité le mode de distribution et de ramification des nerfs, ainsi que l'aspect qu'ils présentent à l'état frais. Je ne saurais trop recommander cette manière de faire, laquelle a été, la plupart du temps, employée par M. Krause. Sur ces coupes fraîches, on voit les nerfs complètement intacts courir à peu de distance de l'épithélium, et on reconnaît facilement, dans les espaces réguliers, les anneaux constricteurs de Fianvier qui, fréquemment, se trouvent immédiatement aux points de ramification. Après
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un trajet quelquefois court, quelquefois long-, les fibres nerveuses perdent tout à coup leur myéline et continuent leur marche comme cylindre d'axes, cependant encore entourées de la gaîne de Schwann. Les fibres dépourvues de moelle forment, immédiatement au-dessous de l'épithélium, un réseau à larges mailles d'où rayonnent, dans l'épithélium lui-même (principalement au niveau de l'anneau cônjonctival), d'autres fibres peu nombreuses qui, s'entrem.èlant entre les cellules épithéliales en un réseau plus serré, semblent se terminer par des extrémités libres effilées. Une portion des nerfs conjonctivaux enlace de fines fibrilles les vaisseaux de la conjonctive. Cependant, je n'ai pas encore réussi à me rendre un compte exact delà façon dont ils se terminent, et des rapports qu'ils affectent avec les parois vasculaires.
La terminaison la plus remarquable des nerfs, dans la conjonctive, est celle que W. Krause a découverte en 1858. Il donne à ces terminaisons le nom d'E7idkolben. D'après cet auteur, ces derniers représentent de petits corps ellipsoïdes, presque ronds, ayant, chez l'homme et chez le singe, en moyenne de 0,03 à 0,05 de millimètre de long sur 0,03 à 0,045 de millimètre de large. Les corpuscules terminaux des autres mammifères, nommés par Krause, comparativement à ceux de l'homme, corpuscules terminaux cylindriques, présentent une forme allongée légèrement contournée en S ou coudée, et ressemblent à un corpuscule de Vater.
Poncet (228) donne, comme dimensions, 99 y. de long sur 59 p. de large. Ces deux formes de corpuscules terminaux sont situées immédiatement sous la çouche cellulaire la plus superficielle de la conjonctive; les plus longs sont dirigés tantôt horizontalement, tantôt formant un angle plus ou moins considérable avec la face libre. D'après Krause, ils sont très-concentrés dans le voisinage du bord cornéen. Ciaccio et Poncet les ont rencontrés en très-grand nombre à la partie supéro-externe de la conjonctive du bulbe, innervée par le nerf lacrymal ; et même, suivant une remarque qui nous est commune, à Longworth et à moi, ils doivent exclusivement se rencontrer à cette région. Krause compte 1 corpuscule par 2,5 millimètres carrés de surface conjonciivale {Ancit. gén.), ce qui est une évaluation trop forte. Longworth, Poncet et moi, nous tombons d'accord sur 5-6 par 40 millimètres carrés de surface. Il faut d'ailleurs remarquer qu'ils peuvent être groupés d'une façon plus compacte, de telle sorte que Krause a pu en trouver 11 dans 0,28 millimètres carrés. (Comparez la figure d'après Longworth.)
Les nerfs se divisent et se replient plusieurs [ fois sur eux-mêmes au moment où ils arrivent au corpuscule de Krause, dans lequel ils pénètrent, ayant encore conservé leur substance médullaire. Souvent ils se divisent encore au moment d'entrer dans le corpuscule, mais tout cela ne concerne que les corpuscules sphériques. Les corpuscules sphériques, comme les cylindriques, sont entourés d'une double capsule, dans laquelle on observe des noyaux. La plus interne paraît être la continuation de la membrane de Schwann ; la plus externe, celle du névrilème; et entre les deux il existe un espace
PAUPIÈRES ET CONJONCTIVE
lymphatique. Chez les corpuscules volumineux des bœufs, on trouve des vaisseaux capillaires immédiatement sur la capsule des plus gros corpuscules. Ces éléments contiennent dans leur enveloppe une masse finement granulée, dans laquelle apparaissent (après addition de soude) des corpuscules brillants et des noyaux : ces derniers, du reste, se présentent aussi sur l'enveloppe. Une seule fibre nerveuse terminale, pâle, à extrémité renflée et fréquemment dentelée, pénètre dans les corpuscules cylindriques; par suite de la disparition de la moelle, cette fibre nerveuse paraît entrer dans le corpuscule à l'état de cylindre d'axe. Les corpuscules terminaux sphériques de l'homme et du singe reçoivent plusieurs fibres nerveuses terminales, pâles. Krause a déjà décrit (rès-exactement ces faits; Ciaccio e^ Poucet n'y ont rien ajouté de bien nouveau. Mais, en dernière analyse, Krause reste dans l'incertitude au sujet de la fine structure du contenu des corpuscules, et de la façon exacte dont s'y terminent les fibres nerveuses. « Il n'est pas toujours possible, dit encore dernièrement ce sagace observateur (Anatomie générale, p. 250), d'apercevoir l'extrémité renflée en massue des fibres nerveuses terminales : celleci, ordinairement, n'apparaît pas d'une façon distincte, ou bien finit en pointe. »
Je puis en tout point confirmer les données de Krause, en ce qui concerne les corpuscules cylindriques. Quant aux corpuscules sphériques de l'homme, en communauté d'idées avec Longworth, j'indiquerai leur contenu comme composé de grandes cellules rondes, de telle sorte que les noyaux signalés dans leur intérieur paraissent être comme les noyaux de ces cellules. Je donne comme un résultat parfaitement certain de mes recherches la composition cellulaire du contenu de ces corpuscules sphériques. Je tiens aussi pour sûr que les fibres nerveuses terminales pâles passent, en dernier lieu, dans ces cellules, que l'on doit considérer comme des cellules ganglionnaires terminales. Ainsi que je l'ai dit dans un appendice à la communication de Longworth, il est naturellement nécessaire que de nouvelles recherches plus approfondies soient faites sur ce point, devenu si important en général par le travail de Merkel (195). Dans un travail antérieur, Krause (Plaques motrices terminales, 1869) dit que les éléments contenus dans les corpuscules de l'homme apparaissent dans le sixième mois du développement embryonnaire, comme une agglomération de cellules à noyau, ce qui vient à l'appui de la justesse de mes vues à ce sujet. Langerhans et Merkel ayant démontré la structure cellulaire des corpuscules du tact, on pourrait considérer les massues terminales sphériques de la conjonctive comme une modification de ces derniers, et les massues terminales cylindriques, au contraire, comme des corpuscules de Pacini rudimentaires.
AvecW. Krause (142) commencent les premières recherches exactes sur les nerfs de la conjonctive, recherches qui se bornent exclusivement à la découverte par cet auteur des corpuscules terminaux. Ces éléments, si souvent mis en doute depuis la polémique d'Arnold, peuvent maintenant être regardés comme propres à la conjonctive, après leur confirmation par Frey(81), Kolliker et
U WALDEYER. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.
Ludden, Mauchle, Lightbody, et tout dernièrement par Ciaccio, Longworth et Poncet. Cependant, bien que j'accepte complètement les faits publiés par Krause, je conserve néanmoins les doutes exprimés dans Tédition allemande de ce travail. Nous sommes loin d'être arrivés à une certitude et à une clarté complètes touchant les nerfs de la conjonctive, ainsi qu'il résulte de la bibliographie sur la matière, telle qu'elle suit.
Si nous réunissons dans cet alinéa tout ce qui a été dit de positif sur les nerfs de la conjonctive, nous signalerons : l'' L'existence d'un réseau de fibres nerveuses à double contour, d'où partent d'autres fibres pâles, sans moelle, qui se perdent dans le voisinage du bord cornéen en s'entre-croisant entre elles. D'après Poncet, c'est une des trois manières dont les nerfs se terminent dans la conjonctive. Krause parle seulement d'un plexus de fibres nerveuses, à double contour, dans le tissu cellulaire sous-conjonctival ; il conteste le réseau terminal de fibres pâles dans la conjonctive, lequel réseau serait simulé par l'entre-croisement des fibres. Du reste, à la façon dont Poncet a rédigé sa description, on pourrait croire qu'il a plutôt pensé à un plexus qu'à un réseau terminal, quoiqu'il ait expressément employé le mot réseau, J. Arnold, Kôlliker, qui parle d'un plexus, et Mauclile, se prononcent pour l'existence dans la tunique propre d'un lacis de fibres pâles terminales. J'ai, moi aussi, décrit plus haut un réseau sous-épithélial de fibres pâles, que je ne saurais considérer comme terminal, puisqu'il en part d'autres filets nerveux qui se rendent dans l'épithélium. Extrémités libres sous-épithéliales de fibres nerveuses à double contour (Engel, Zeitschrift der Wiener Aerzte, 1847, p. 309). 3° Extrémités libres sous-épithéliales de fibres nerveuses sans moelle (Mauchle). 4" Extrémités libres et réseau terminal de fibres sans moelle dans l'épithélium : Morano, Waldeyer, Ciaccio, Klein (réseau terminal de la membrane clignotante de la grenouille). — Helfreich et Morano ont, les premiers, démontré l'entrée dans l'épithélium de fibres nerveuses pâles. Krause nie la présence de nerfs dans l'épithélium conjonctival, et est d'avis qu'il s'agit de vaisseaux lymphatiques [Anat. génér., p. 541).
Pendant que tous les travaux sus -énoncés concluent, sauf quelques variantes qui n'intéressent pas le fond, à la non -existence de corpuscules terminaux dans les nerfs de la conjonctive, dans une autre série de publications cette] terminaison spéciale est acceptée. Il s'agit d'abord, en premier lieu, des corpuscules dont nous avons plus haut parlé en détail; en second lieu, des capsules coniques décrites par Inzani; enfin, des touffes nerveuses (fiocchetti nervosi) de Ciaccio. Les touffes nerveuses doivent être de petits corps particuliers qui se présentent sur des préparations de chlorure d'or, et qui, dans beaucoup de rameaux séparés, ont l'aspect d'une fibre nerveuse fusiforme ou floconneuse. Jusqu'à présent, personne n'a confirmé l'existence des corpuscules de Ciaccio et d'Lizani. Poncet et Krause les considèrent comme un produit de la préparation. En tout cas, ils ne sauraient prétendre avoir une importance spéciale.
PAUPIÈRES ET CONJONCTIVE
Ciaccio et Poncet décrivent une quatrième sorte d'éléments terminaux dans la conjonctive du bulbe; ce sont sans doute ces corpuscules étoilés connus dans l'épithélium, que Langerhans avait le premier signalés au sujet de l'épiderme. Ciaccio considère sans doute comme des renflements de fibres nerveuses pâles les formations qu'il a trouvées dans l'épithélium conjonctival sur des préparations au chlorure d'or; Poncet, comme Langcrhans^ les considère comme des cellules destinées à unir entre elles les fibres nerveuses ; il les obtient aussi sur des prépai\ations à l'acide osmique. Nous devons aussi faire mention des corpuscules du tact que l'on rencontre à la conjonctive des paupières.
Toutes ces terminaisons nerveuses doivent être considérées comme appartenant à des nerfs sensitifs. Nous ne devons pas oublier non plus les nerfs vaso-moteurs et sécréteurs, ni les formations qui constituent les pelotons nerveux décrits par Kôlliker et W. Krause (Nervenknâuel).
Plusieurs auteurs ont plus particulièrement étudié les rapports que présentent dans la conjonctive les nerfs et les vaisseaux. Poncet énonce que les nerfs et les vaisseaux paraissent cheminer dans une gaîne commune, dans laquelle les nerfs entourent les vaisseaux d'un réseau de mailles. Stricker décrit dans la membrane clignotante de la grenouille des fibres nerveuses pâles,, qui enlacent les capillaires dont elles doivent de nouveau se séparer. Ciaccio a démontré irréfutablement l'existence d'un réseau nerveux terminal sur les parois des vaisseaux de la conjonctive ; ce qui a été décrit par His comme disposition générale. Je n'ai pas réussi (comparez ce que j'ai dit plus haut) à voir avec certitude ce réseau terminal.
Il a été déjà question des nerfs des glandes, à propos du travail de Colasanti sur les glandes de Meibomius. Ils ont été contestés par Krause {Anat. génér,). Il faut remarquer ici que Klein veut avoir vu des fibrilles nerveuses pâles entre les cellules épithéliales de la membrane clignotante de la grenouille (1872), et Ciaccio décrit entre les cellules épithéliales des glandes de Krause des terminaisons nerveuses piriformes et arrondies. Ciaccio est le seul qui ait pensé au rapport qu'il peut y avoir entre les nerfs et les poils dans la région de la conjonctive. C'est pourquoi il fait terminer les nerfs sensitifs de la caroncule lacrymale aux petits poils qui y sont insérés et qui ont été par là rangés dans la catégorie des cheveux tactiles.
Les pelotons nerveux ont été vus pour la première fois dans la conjonclive de l'homme par Kôlliker {Histologie, l""^ édit.). D'après la description de Krause (Anatomie génér.), ils consistent dans l'entrelacement plusieurs fois répété d'une ou de plusieurs fibres nerveuses ; on voit celles-ci sortir sur un des côtés du peloton, l'une à côté de l'autre, sans qu'il soit possible de démêler leur enchaînement dans l'intérieur delà pelote. Ces pelotons mesurent sur une coupe 0,11 millim.en longueursur0,09 millim. de largeur; onles rencontre en petit nombre, mais leur présence est constante. La plupart des auteurs admettent que les nerfs se terminent de différentes manières dans la conjonctive ; Krause seul prétend qu'ils finissent exclusivement aux corpuscules terminaux. Je ne
WALDEYER. - ANATOMIE MICROSCOPIQUE.
puis, avecPoncet et Ciaccio, corroborer cette opinion, et je crois que les terminaisons nerveuses de la conjonctive peuvent exister en dehors des corpuscules terminaux, dans l'épithélium, par exemple, comme cela a lieu pour celles des nerfs cornéens (voy . art. Cornée). Afin de prouver que les corpuscules terminaux sont des appareils sensitifs, Poucet exerce une pression sur la peau de la paupière fermée avec un objet mousse quelconque, et trouve qu'à cette pression répond une sensation douloureuse intense dans la région d'entassement de ces corpuscules. Cette expérience , que j'ai faite sur moi-même, ne m'a point donné de résultat, et dans mon opinion elle n'est pas d'un grand poids.
La disposition qu'affectent les fibres de l'orbiculaire des paupières est très-remarquable. La portion depuis longtemps connue sous le nom de muscle de Riolan, muscle ciliaire, est presque complètement séparée de la masse principale insérée entre le tarse et la toile sous-cutanée, par les cils et les glandes sudoripares modifiées décrites plus haut. Cette portion, en rapport immédiat avec les glandes sudoripares, les cils et les glandes de Meibomius, se subdivise, à l'exception d'un faisceau principal représenté sur la coupe n° 13, fig. 4, en de nombreux faisceaux isolés composés parfois de 3 ou 4 fibres musculaires, lesquelles sont contiguës aux éléments sus-nommés. Ces faisceaux parallèles au bord libre rasent la racine des cils, les éléments glandulaires, principalement les canaux excréteurs des glandes de Meibomius et paraissent avoir une action particulière, soit sur la direction des cils pendant le clignement, soit sur l'évacuation des produits sécrétés par ces glandes. Eu égard à sa structure histologique, on doit remarquer que les fibres musculaires primitives qui composent la masse principale sont plus ténues que dans aucun autre muscle du corps de l'homme. Le tissu conjonctif inter-musculaire ne présente ici aucune particularité qu'on ne remarque dans les autres muscles.
Le muscle à fibres lisses découvert par H. Mûller,
MUSCLE PALPÉBRAL SUPÉRIEUR (fig. 2) ET INFÉRIEUR, s'é-
tend à l'une et l'autre paupière, de l'angle postérieur du tarse au cul-de-sac conjonctival. Son expansion membraneuse aplatie occupe toute la longueur delà paupière de droite à gauche, et ces fibres marchent dans leur principale direction d'avant en arrière, par conséquent dans le sens des glandes de Meibomius; les plus postérieures sont situées immédiatement sous la peau de la paupière. Elles s'insèrent au tarse par des tendons qui se fondent avec la substance conjonctive de celui-ci. Elles sont remarquables par leur force et par les nombreuses agglomérations de ces grandes cellules spéciales déjà signalées plus haut. Celles-ci, partout répandues dans le tissu conjonctif interstitiel du muscle, forment çà
Fig. 2. — Fragment du muscle palpébral supérieur avec de grosses cellules à contours grumeux foncés (Hartnack , Système VIII , tube rentré).
PAUPIÈRES ET CONJONCTIVE
et là de petits groupes, qui se présentent alors presque comme des accumulations de petites cellules ganglionnaires.
H. Millier, dans la courte notice sur ce muscle que nous tenons de lui, estime que ces fibres, chez l'homme, seraient traversées par une grande quantité de cellules graisseuses. Dans beaucoup de cas cela ne se réalise pas. D'après lui, chez le chat, le muscle possède à ses deux extrémités des tendons élastiques. D'après les recherches de R. Wagner et de H. Millier, l'écartement des paupières qui se produit par l'excitation du sympathique cervical serait l'effet de ce muscle.
A l'angle interne sont deux productions, dont nous toucherons ici un mot : je veux parler de la troisième paupière et de la caroncule lacrymale située du côté interne de celle-ci.
La membrane clignotante ou troisième paupière, est un repli de la conjonctive très-peu développé chez l'homme, qui contient des vaisseaux et une trame cellulaire un peu plus forte que dans les autres parties de la membrane. Cette troisième paupière présente latéralement un bord libre légèrement concave, immédiatement k côté delà caroncule lacrymale. Çà et là dans son tissu conjonctif fondamental sont d'assez nombreux agglomérats de corpuscules lymphatiques. Chez les animaux, par exemple chez nos espèces domestiques, la brebis et le bœuf, la troisième paupière forme un repli très-fort qui a pour charpente une épaisse plaque cartilagineuse hyaline ; la muqueuse qui le recouvre contient, notamment à la base du repli, des glandes en grappe dont Schmidt a donné une description très-complète.
La caronculb lacrymale, exactement située dans l'angle interne est un petit îlot ■ conique, dépendance du tégument externe. Sa situation est déterminée par le fait qu'à l'angle interne, la fente des paupières diverge légèrement en deux branches et que ces branches circonscrivent de tous les côtés, chez l'homme, une petite parcelle de peau située dans le lac lacrymal. Dans certains cas, les branches de la fente des paupières entourant incomplètement la caroncule du côté du nez, celle-ci est reliée à la peau voisine par un pont très-étroit, disposition qui justifie l'opinion susénoncée. L'œil du veau en est un exemple frappant. Dans ces cas, la caroncule conserve encore bien davantage ses caractères originels. Presque tous les éléments signalés dans la paupière sont ici contenus dans un bien plus petit espace. On lui distingue : 1° un épithélium; 2" un corps papillaire ramifié, dans les sinuosités duquel s'enfonce l'épithélium ; 3° quelques fibres lisses isolées (de H. Millier); 4° ou trouve plus constamment à son bord médian, et jusque sur sa surface, des fibres de l'orbiculaire; 5" dans la dépression qui existe entre la caroncule et le bulbe, un sillon profond, à partir duquel l'épithélium s'enfonce à la façon d'un cul-de-sac glandulaire; 6° plusieurs poils fins, avec des gaines relativement grandes et des glandes pileuses ; et, enfin, 7^* quelques grosses glandes sudoripares modifiées, qui présentent la même structure qu'au bord libre. Il est à remarquer pour celles-ci que tandis qu'une partie des conduits glandulaires conserve sa constitution, les autres présentent les modifications que nous avons signalées au bord libre chez les glandes de Moll.
La richesse vasculaire de la caroncule est considérable ; tout près des
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vaisseaux, immédiatement sous Tépithélium, se trouvent de nombreux corpuscules lymphatiques. Le tissu cellulaire sous-conjonctival présente ici de petites grappes graisseuses isolées. Deux remarques sont ici à faire sur l'épithélium. Sur les pentes de l'éminence caronculaire, les cellules superficielles sont cylindriques et s'enlèvent facilement de la couche simple de petites cellules rondes situées au-dessous. Au sommet de cette éminence, l'épithélium est plus épais, présente plusieurs couches au moment où apparai-ssent les cellules rondes et pavimenîeuses. Ce sommet conserve manifestement tous les caractères de son origine.
La caroncule n'est pas un organe de mince importance au point de vue de la bonne direction des larmes. Située au milieu de l'angle interne, sa surface constamment huilée par les sécrétions de ses glandes, elle s'oppose complètement à ce que les larmes s'écoulent par l'angle interne. W. Krause, en 1854, a reconnu aux glandes de la caroncule le caractère des acini, qu'il confirme dans sa plus nouvelle publication {Anat. génér.). La caroncule étant considérée comme une dépendance de la peau, la présence dans son parenchyme de formations semblables aux glandes sudoripares s'explique facilement. Giaccio parle aussi de une à deux glandes en grappe du tissu conjonctif de la caroncule et, comme Krause, il la range dans la même classe que les autres glandes en grappe de la conjonctive.
L'histologie des paupières a été pour la première fois exactement faite par Moll(199); celle des cils, ainsi que l'histoire de leur développement, par Moll, Donders (62), Schweigger-Seïdel (267) et Stieda (274). Les glandes acino-tubuleuses ont été découvertes par C. Krause, et, plus tard, étudiées par Sappey (255), W. Krause (141), E. Klein, Wolfring (327) et Giaccio (39). Ce dernier a très-exactement décrit leurs rapports. A la paupière supérieure, elles sont divisées en deux groupes inégaux par le tendon de l'élévateur de la paupière. Au-dessus du tendon, les glandes forment une agglomération plus considérable, tandis qu'au-dessous, entre celui-ci et la conjonctive, elles sont bien moins nombreuses : la portion la plus considérable correspond au côté temporal. Leurs canaux excréteurs doivent en partie traverser le tendon pour déboucher dans la conjonctive. Les ncini sont enlacés par un réseau vasculaire très-riche. Ceux situés au bord tranchant du tarse {voy. fig. 1, n° 16) ont été représentés pour la première fois par E. Klein {voy. article Conjonctive du Manuel de Stricker), puis décrits. en détail particulièrement par Wolfring et Ciaccio. Sappey les considère comme analogues à la glande de Harder, chez les animaux. Krause les conçoit comme une dépendance de la glande lacrymale. Ciaccio sépare les glandes acineuses, mentionnées pour la première fois dans le tarse par E. Klein sous le nom de glandes acineuses tarso-conjonctivales, des autres éléments décrits d'abord par Krause comme des glandules muqueuses, et il leur impose le nom, introduit par Sappey, de glandes sous-conjo7ictivales. Il n'existe pas de différences essentiellement manifestes entre ces deux groupes d'éléments glandu-
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laires. Les canaux excréteurs de toutes ces glandes sont tantôt minces et longs, tantôt pourvus de dilatations sacciformes, tantôt courts et larg-es. Ciaccio donne une série de dessins qui rendent ces rapports intelligibles (table II). La figure 11, de Giaccio, représente la forme ordinaire.
Les glandes de Meibomius ont été très-exactement décrites, naguère, dans le Manuel de Stricker et par Colasanti. II a été donné plus haut ce que contient de plus important la description de ce dernier.
Manz (189) a mentionné, il y a peu de temps, chez les animaux des variétés de glandes connues sous le nom de glandes de Manz. D'après les opinions actuelles, elles consisteraient en un petit sac présentant une fine ouverture, des cellules épithéliales, des noyaux libres, de petites cellules rondes et un détritus finement granuleux. Ces productions, que Ton rencontre de préférence tout près du bord de la cornée, ont été trouvées chez l'homme par Stromeyer (279), Kleinschmidt (134), Henle (lOG) et Giaccio. Je les ai aussi vues; mais je ne saurais sans plus de façon y reconnaître des glandes : je les considère plutôt comme des productions fortuites composées de paquets de cellules épithéliales, dans une maille conjonctivale, analogues en cela à ces dépôts connus sur les gencives sous le nom de glandes tartriques^ et qu'on rencontre aussi sur le tégument externe. On comprend d'autant mieux que tel soit le mode de formation première de ces produits, que, d'après Manz (189), la conjonctive prend, dans le voisinage du limbe, des rainures plus ou moins régulières, dans lesquelles les cellules épithéliales peuvent s'amasser. Je suis d'ailleurs de l'avis de Henle, qui ne veut pas reconnaître cette disposition comme régulière et constante. Giaccio affirme sa régularité. D'après lui, près du bord cornéen se trouvent des bandelettes de tissu conjonctif contenant des vaisseaux et affectant une disposition radiaire : ces bandelettes s'affdent fortement vers la cornée ; plus loin , sur la sclérotique, elles paraissent former un réseau. La coupe de ces bandes donne l'image des papilles. D'après Manz (189), Meissner a découvert chez le veau et le bœuf, dans le voisinage du bord cornéen, des amas glandulaires qui ressemblent à des glandes sudoripares. W. Krause (141) a confirmé leur présence. Ghez le bœuf et la chèvre, il en a compté de 6 à 8.
Les assertions émises touchant l'épithélium conjonctival sont très-différentes. Gerlach (87), Loew^ig (178-179), et dernièrement Wolfring, reconnaissent la présence d'un épithélium cylindrique sur la conjonctive palpébrale, pendant que G. Krause (Manuel d'Anatoniie, Hanovre, 1842) parle de cellules épithéliales à la fois cylindriques et pavimenteuses, sans donner leur exacte disposition. Leydig (172), Kôlliker (135-136), de Hessling (111), Frey (81), Henle (106) et Stieda (275), font de l'épithélium de la conjonctive palpébrale un épithélium pavimenteux, sous lequel existe, la plupart du temps, une couche de cellules allongées. Henle et Stieda ne reconnaissent seulement pour un véritable épithélium cylindrique que celui qui se trouve dans les fentes et les sillons du voisinage du cul-de-sac (glandes en caecum de Henle). Précédemment Henle (83) avait voulu avoir trouvé sur la conjonc-
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tive un épithélium vibratil, ce que n'ont pas pu confirmer ses recherches ultérieures, non phis que celles de Gôtz {Dissert, de pterygio, Gôttingse, 1852) et de Kôlliker (135). On trouve dans le Manuel de Stricker une description trèsdétaillée de l'épithélium conjonctival. En ce qui concerne celui de la conjonctive palpébrale, je ne puis le considérer, avec Stricker (voy. fig. 398, loc. cit.), comme composé de plusieurs couches de cellules pavimenteuses, et j'accepte l'opinion de Gerlach, Loewig et Wolfring, du moins en ce qui a rapport à la conjonctive de l'homme. Comme Leydig et Kôlliker, Ciaccio admet un épithélium cylindrique, avec une couche de cellules rondes sous-jacente, mais seulement à la portion orbitale et au fornix. La conjonctive du tarse, du bulbe, de la caroncule et du lac lacrymal serait recouverte, d'après lui, d'un épithélium pavimenteux stratifié. Stieda a décrit sous l'épithélium une membrane anhiste (Basalmembran), et mentionne le premier les cellules caliciformes, décrites par moi ci-dessus, cellules que, contrairement aux assertions de Reich (242), je considère comme des éléments normaux de la conjonctive ayant probablement mission de sécrétion.
Chez les poissons et les rats, H. Millier (216) a trouvé des cellules pigmentaires à prolongements multiples dans le revêtement épithélial de l'œil (chez les rats, dans l'épithélium conjonctival). Chez quelques autres animaux, les cellules épithéliales les plus profondes contiennent des corpuscules pigmentaires.
Le TISSU LYMPHOiDE DE LA CONJONCTIVE a prêté au plus grand nombre de controverses, surtout à propos de l'inflammation trachomateuse derœil.Bendz(18), et en même temps Henle, ont, les premiers, décrit Finflltration lymphatique comme un produit physiologique, celui-ci dans la conjonctive des animaux, celui-là dans la conjonctive de l'homme. Personne ne conteste présentement, ni chez l'homme ni chez les animaux, la distribution normale de cette infiltration lymphatique diffuse. C'est une tout autre question de décider s'il s'agit ici de véritables foUicules lymphatiques analogues aux follicules solitaires et aux plaques de Peyer de l'intestin. Je ne saurais, quant à moi, considérer chez l'homme ces follicules comme des éléments physiologiques. Des assertions positives ont été émises à ce sujet premièrement par W. Krause (Term. Kôrp. eiAUg.Anat.), en second lieu par Ciaccio et Henle, {Splanchnol.)qni a décrit ces follicules sous le nom de glandes trachomateuses. Stieda (275) dit avoir vu dans le cul-de-sac de la conjonctive de l'homme des amas arrondis de corpuscules lymphoïcles, séparés les uns des autres par des traînées de tissu conjonctif. Tous ces auteurs placent, chez l'homme, le siège de ces follicules dans la portion orbitaire et le fornix de la conjonctive. D'après W. Krause (Allg. Anat.), on les retrouve aussi à la face postérieure du repli semilunaire. D'après le même auteur, tous les follicules que l'on rencontre de l'une à l'autre paupière occupent de préférence la moitié médiane de l'œil. Il est cependant nécessaire de consigner ici que la plupart des auteurs, parmi lesquels je compte Stieda, Morano, Ciaccio et Reich, s'accordent à dire que ces follicules sont, chez l'homme, très-peu nombreux; ils font même défaut dans beaucoup d'yeux, et ils n'existaient certainement pas sur ceux
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où j'ai opéré mes recherches. Par conséquent, l'opinion que j'ai exprimée plus haut me paraît justifiée, bien que je ne veuille pas nier que par-ci par-là on ne trouve des follicules lymphatiques dans la conjonctive de riiomme.
Les descriptions histologiques de Morano se rapportent essentiellement au chat, au chien et au bœuf. Il décrit, aux follicules, deux zones : une périphérique, formée de longues cellules fusiformes, une centrale, composée d'un réseau de cellules à protoplasma abondant; dans ce réseau sont contenus les corpuscules lymphatiques. Les cellules fusiformes passent, avec leurs rejetons, dans leréseau protoplasmatique du centre. Les corpuscules lymphatiques doivent même particulièrement revêtir des formes irrégulières dans la zone périphérique du follicule.
Nos premières notions sur le tissu lymphatique de la conjonctive eurent pour origine la découverte que fit Bruch (28) de follicules lymphatiques chez les animaux, où ils apparaissent avec une grande régularité, et, selon moi, comme des éléments complètement normaux. Les amas de follicules dans la conjonctive de la paupière inférieure du bœuf sont connus, depuis cet auteur, sous le nom de plaques de Bruch. Bientôt suivirent les travaux de Stromeyer (279), Henle (109), W. Krause (140), Kleinschmidt (134), Huguenin (117), Frey et Huguenin (82 et 83), Blum.berg (21-22), Wolfring (317- 318),Schmid (260) et Morano (202 et 203), ces derniers très-explicites. Comme pour les follicules du dos de la langue, on discute principalement ici si ceux de la conjonctive sont des productions normales ou pathologiques. Avec moi, Kleinschmidt, Frey, W. Krause, Morano, Huguenin et Schmidt affirment qu'ils sont un élément normal, pendant que tout dernièrement certains, et en particulier Blumberg et Wolfring, se rangent à l'opinion contraire. Schmidt a, avec raison, insisté sur ce lait d'embryogénèse, que sur tous les animaux sur lesquels il a fait des recherches, il a trouvé les follicules déjà développés au troisième mois de la vie intra-utérine. Jusqu'ici, nos animaux domestiques nous ont de préférence servi à ces recherches, mais les follicules se trouvent de même chez les animaux sauvages. Morano (1874) a aussi publié des travaux sur le développement des follicules.
Nous pouvons dire ici encore quelques mots de la structure des sourcils. Leur structure se décompose en trois couches : 1° La peau, qui contient un grand nombre de poils et de glandes sudoripares; 2° au-dessus de la peau, un tissu graisseux bien lâche ; 3° l'orbiculaire. Sous ce muscle, on trouve une couche de tissu coiijonclif contenant de la graisse ; ce tissu conjonctif s'étend jusqu'au périoste. On peut faire remarquer que les plus petits poils ne suivent pas la même direction que les grands ; ils croisent ces derniers sous un angle assez aigu.
Les VAISSEAUX LYMPHATIQUES dcs paupières, quoique ne différant pas de ceux des autres régions do la peau, n'ont pas, jusqu'à présent, donné lieu à des recherches exactes. Dans l'opinion commune, ils doivent se jeter tout d'abord dans les glandes sous-maxillaires et parotidiennes. Sappey (256),
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qui en donne une description très-détaillée, leur distingue un réseau externe et un interne. Les lymphatiques profonds accompagneraient ceux qui courent le long de la veine faciale, et se jetteraient avec ceux-ci dans les glandes sous-maxillaires; les lymphatiques superficiels se joindraient aux vaisseaux qui accompagnent la veine temporale où déboucheraient dans les glandes parotidiennes, avec les lymphatiques de la joue.
Sur ce qui concerne les voies lymphatiques des parties profondes de la paupière et de la conjonctive des paupières, nous avons les publications de Schmid (260) et de Golasanti (5^).Le premier a réussi à injecter, à partir du limbe conjonctival, dans toute la conjonctive, aussi bien celle du bulbe que des paupières, un double réseau superficiel et profond ; au limbe , dans le fornix, sur les paupières, il a trouvé ce réseau très-serré à la conjonctive sclérale, principalement dans la couche superficielle à larges mailles. A l'anneau conjonctival, il a vu sortir des vaisseaux lymphatiques des prolongements effilés. Colasanti, mentionne, dans une courte notice, un réseau lymphatique k larges mailles dans les environs des glandes de Meibomius.
Les lymphatiques de la conjonctive du bulbe ont été, pour la première fois, exactement décrits par Teichmann (286). Il distingue ceux de la conjonctive cornéenne de ceux de la conjonctive sclérale. Les premiers forment, autour du bord cornéen, un élégant ré&eau large de 1 millimètre. Leur diamètre est trèsvariable, et leur dilatation infundibuliforme à leurs points d'anastomose, leur donne une apparence qui rappelle celle des cellules étoilées.Vers la cornée, les vaisseaux forment des arcs fermés. Les capillaires lymphatiques delà conjonctive sclérale forment un réseau composé de branches plus fortes, marchant parallèlement au rebord cornéen, dont ils sont distants de 4-5 millimètres, ils gnent les plus fortes dimensions et débouchent dans des troncs pourvus de valvules, lesquels se dirigent vers l'angle interne et l'angle externe. Ils sont situés au-dessous des plus fins capillaires sanguins. Leur union avec le réseau lymphatique cornéen a lieu directement ou indirectement, ou par un vaisseau limite plus volumineux ayant un cours circulaire et intercalé entre les deux réseaux. Je puis, en général, confirmer les descriptions de Teichmann; seulement, je ne trouve au bord cornéen aucune espèce de réseau, mais des prolongements effilés {voy. fig. 3). Je n'ai pas non plus constaté la présence d'un vaisseau limite d'un façon suffisamment évidente pour que j'aie cru nécessaire d'établir une distinction à cet égard. Il s'agit plutôt ici d'une série d'anastomoses transversales situées à peu près à la même hauteur. Les lymphatiques dont il est question se dirigent tous vers les angles de l'œil, et j'ai trouvé que, chez les animaux, ils se rendaient à l'angle interne, aux follicules lymphatiques, dans l'intérieur desquels je n'ai pas pu les suivre. Les autres modes de distributions sont encore inconnus. Lightbody, Ciaccio et de Thanhoffer signalent encore des games hjmphoides périvasculaires à l'entour du bord cornéen et dans la conjonctive bulbaire.
De nombreuses injections m'ont démontré les communications directes qui existent entre les lymphatiques de la conjonctive et le système de canaux et
PAUPIÈRES ET CONJONCTIVE
de lacunes de la cornée et de la sclérotique. Déjà, de Recklingliausen (236) et Leber (163), avaient réussi à injecter, par la cornée, les lymphatiques de la conjonctive du bulbe. Le premier a vu même, une fois, la masse injectée pénétrer dans les vaisseaux sanguins. En employant l'extrait éthéré de noix d'anacardium, j'ai pu constamment, et très-facilement, remplir les voies lymphatiques de la conjonctive du bulbe, principalement dans l'œil humain. Chez le bœuf, on pouvait aisément pousser la masse jusqu'aux plaques de Bruch, et l'examen microscopique permettait de constater avec certitude que l'injection remplissait les lymphatiques et non les vaisseaux sanguins voisins que l'on trouvait toujours vides. Je dois, après cela, considérer comme exceptionnel toute communication entre les lymphatiques de la conjonctive et les vaisseaux sanguins. Une injection poussée sous une faible pression suffit non-seulement à remplir toujours les voies lymphatiques, mais même les espaces lacunaires de cette partie de la sclérotique la plus voisine de la cornée. La figure 3 montre les
Pjq 3, — Vaisseaux lymphatiques de la conjonctive sclérale et cornéenne injectés par la cornée. (Hartnack, Sustème, IV, tube rentré.)
A, cornée — B, scléiotiquo. — n, b, ligne qui limite approximativement la sclérotique et !a cornée. 11^ espaces lacunaires de la cornée remplis par l'injection. — 2, vaisseaux lymphatiques. — 3, lacunes unies entre elles et à l'origine d'un vaisseau lymphatique par un prolongement.
connexions entre les espaces et les vaisseaux lymphatiques. Ces derniers ne forment pas, comme le ditTeichmann, un réseau entortillé entourant complètement la cornée; mais déjà, à une certaine distance de cette membrane, ils se constituent en petits troncs grêles qui se dirigent en ligne droite vers le centre cornéen. Immédiatement au-dessous de l'épithélium, ces troncs présentent des ramifications étoilées et passent directement dans les espaces lacunaires remplis par l'injection. Ciaccio tient aussi pour vraisemblable qu'il existe une communication entre les lacunes de la cornée et les voies lymphatiques conjonctivales.
WALDEYER. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.
MÉTHODES d'examen.
Pour préparer une coupe de la paupière, on l'étalé doucement sur un cadre de liège, au moyen de piquants de hérisson, et on la plonge dans l'alcool pur. On peut aussi la laisser séjourner pendant huit jours dans le liquide de Millier, puis dans l'eau pendant douze à vingt-quatre heures, et la faire ensuite durcir dans l'alcool pur. Le chlorure d'or et de potassium (0,5 p. 100) est surtout à recommander pour l'étude des nerfs de la conjonctive et des paupières. Ceux-ci cependant apparaissent encore mieux si, à l'exemple de Krause, on étend une conjonctive complètement fraîche dans de ïhumeur aqueuse, du sérum iodé ou une solution de soude. Il est nécessaire alors d'examiner la préparation sans exercer sur elle aucune pression, et après l'avoir débarrassée aussi bien que possible de son tissu sous-conjonctival. Longworth et moi nous employons, pour démontrer l'existence des corpuscules terminaux, le procédé suivant, qui a maintenant fait ses preuves. La conjonctive d'un bulbe frais est cousue par quelques points avec la sclérotique, près des sections qu'on y a pratiqué, de manière à ce qu'elle conserve, avec celle-ci, ses rapports normaux. Le bulbe est alors suspendu par un fd dans l'intérieur d'un verre bien fermé, la cornée tournée vers le fond du vase, d'où se dégagent des vapeurs d'une solution d'osmium à 1 /3, p. 100. Il suffit de douze à vingt-quatre heures d'exposition. Ce procédé offre cet avantage, qu'après ce laps de temps l'épithélium se laisse facilement racler. Ayant ainsi enlevé cet épithélium, on prépare la conjonctive près du limbe cornéen en lambeaux grands et minces, et on l'examine dans de la glycérine acidulée. Poucet a recommandé d'mjecter une solution d'osmium dans le tissu conjonctival. Ciaccio s'est servi de chlorure d'or. L'épithélium conjonctival doit être examiné à l'état frais ou dans une solution de sel marin (10 p. 100 d'après Schweigger-Seidel); Langerhans a recommandé, tout dernièrement, de faire macérer pendant deux jours, dans l'acide nitrique concentré, ou bien dans un mélange fait avec les liquides de Millier et de la salive employé par Czerny. Ces deux derniers liquides seront employés de préférence pour isoler les cellules. Les coupes des paupières seront colorées par le carmin où l'hématoxyline, et enfermées ou dans la glycérine ou dans la laque de Damar.
MALADIES DES PAUPIÈRES
La division des différentes affections morbides ayant pour siège les paupières sera aisément indiquée, si l'on se reporte à la constitution anatomique de ces voiles membraneux : la peau, le tarse et les muscles s'offriront successivement à notre étude, ainsi que les altérations consécutives de ces diverses parties portant particulièrement sur la conformation et la position des paupières. Une description des difformités congénitales terminera ce chapitre, et renfermera en même temps quelques données embryologiques. Nous aurons donc à nous occuper :
î. Des anomalies de la peau des paupières.