EÉTRACTION (SPASME) SYMPATHIQUE DES PAUPIÈRES
Comme conséquence d'une excitation des fibres du sympathique qui se rendent aux faisceau^ des muscles lisses des paupières décrits par H. Mûller et Sappey {voy. plus haut et p. 16), on observe une rétraction particulière des paupières, principalement la supérieure, qui se révèle par les symptômes suivants :
Le malade regarde-t-il directement devant lui, la paupière supérieure ne.
U6 DE AVECKER. — MALADIES DES PAUPIÈRES
recouvre pas comme d'ordinaire le limbe conjonctival et une partie du bord supérieur de la cornée, mais laisse à nu une bandelette de sclérotique, ce qui produit absolument l'impression comme s'il existait un certain degré d'exophthalmie, surtout chez les sujets dont les yeux sont à fleur de tête. Un examen attentif, dans les cas où le spasme est unilatéral, nous montre que la paupière inférieure aussi descend plus que du côté sain et contribue encore à l'illusion d'une protrusion du globe de l'œil.
Une personne atteinte du spasme en question vient-elle à diriger le regard en bas, la paupière supérieure reste plus ou moins en place et n'exécute pas ou très-peu le mouvement d'abaissement qui accompagne ordinairement la direction des yeux en bas. Au contraire, la paupière inférieure exécute pendant ce mouvement un retrait qui dépasse celui que devrait lui imprimer son. propre poids. Si un pareil malade porte le regard en haut, la rétraction faible dont la paupière supérieure est normalement le siège se montre sensiblement exagérée. Une forte rétraction de la paupière supérieure sous la voûte orbitaire apparaît en effet, tandis que la paupière inférieure reste en place.
Ce spasme s'observe principalement dans trois circonstances particulières dans lesquelles l'innervation du grand sympathique subit des changements et des variations sensibles; ce sont, d'après notre propre observation, les suivantes :
a) Chez des femmes hystériques et souvent chez des femmes enceintes atteintes de troubles nerveux portant un caractère hystérique. Nous l'avons aussi vu se manifester pendant la grossesse sans que d'autres symptômes ayant le caractère d'une névrose se soient manifestés.
Cette contraction du releveur de la paupière supérieure, nous l'avons, en 1863, trèsclairement aperçue chez une dame dont l'œil droit présentait un si singulier aspect, que son mari (M. Thierry-Mieg), lui-même médecin, vint nous demander s'il ne s'agissait pas en effet d'un goitre exophthahnique au début. Cette dame était alors enceinte et se plaignait de quelques palpitations de cœur, sans offrir de gonflement dans la région thyroïdienne. Notre diagnostic s'arrêta à un simple spasme du releveur, que nous attribuâmes aux troubles de la circulation causés par la grossesse, et cette opinion fut pleinement justifiée, après l'accouchement, par la disparition des accidents. On sait, du reste, que la grossesse exerce sur le goitre exophthalmique une heureuse influence (Basedow, Charcot,. Trousseau).
h) La rétraction peut faire partie de la symptomatologie du goitre exophthalmique, précéder son apparition, ou même constituer du côté de l'œil le seul symptôme de la maladie de Basedow. Ce spasme n'est nullement lié au degré de Fexophthalmie, ni à son augmentation, ni à sa diminution. C'est deGraefe(l) qui a le premier appelé l'attention sur cette manifestation appartenant au cortège des symptômes du goitre exophthalmique.
c) Dans l'ataxie locomotrice, ou simultanément avec la dégénérescence s^rise, il se manifeste, au déb^t, une mydriase très-accusée ; on observe en même temps la rétraction spasmodique de la paupière supérieure. C'est ce
ïi) Berl Klin. Wochensch., N» 31, 1867.