PARÉSIE SYMPATHIQUE DES PAUPIÈRES
La parésie sympathique, portant sur les deux paupières à la fois, est une affection moins connue que l'état inverse, le spasme sympathique, sur l'existence duquel personne ne saurait élever un doute. C'est grâce aux travaux du professeur Horner (1) et à ceux d'un de ses élèves, M. Nicati (2), que nous connaissons actuellement cette maladie. Les symptômes résultent principalement de la prépondérance que le muscle orbiculaire prend comme antagoniste sur les faisceaux de fibres musculaires lisses imparfaitement innervés par le sympathique; ce sont les suivants :
Il existe un léger ptosis de la paupière supérieure, mais qui n'empêche pas le malade de relever spontanément la paupière, en appelant néanmoins à son aide un léger déplacement de la peau ambiante qui se relève par un plissement de la peau dans la région des MM. frontalis et corrugator supercilii. Indépendamment de ce léger abaissement de la paupière supérieure, la fente palpébrale se trouve encore un peu rapetissée par un faible soulèvement de la paupière inférieure, ce qui est rendu frappant en comparant, pour un relèvement égal du regard, la distance de la paupière inférieure au bord cornéen sur les deux yeux.
D'autres symptômes du côté du grand sympathique viennent faciliter le diagnostic qui, vu le rôle subordonné que les faisceaux de fibres musculaires lisses jouent dans les mouvements des paupières, serait sans eux fort difficile à établir, ce sont :
1° Du côté de l'œil : un myosis accusé, n'abolissant pas la motilité, mais retardant l'action de l'atropine et facilitant celle de l'ésérine (l'inverse a lieu dans les cas de mydriase ataxique avec spasme sympathique). Le globe de l'œill a perdu un peu de sa tension, il paraît moins dur; les vaisseaux
(1) Klinische Monatsbl, t. VII, p. 193.
(2) La paralysie du nerf sympathique cervical. Lausanne, 1873 ,
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DE \VECKER. — MALADIES DES PAUPIÈRES
de la papille, principalement les veines, semblent élargies et plus tortueuses ;
2° Du côté de la face : toute la moitié de la figure paraît (comme l'oreille, dans la section du sympathique chez le lapin) plus turgescente et plus rouge, et la différence frappe surtout l'observateur lorsque sous l'influence d'une émotion la face se colore. Des essais thermométriques démontrent d'une façon évidente que la chaleur du côté malade a sensiblement augmenté. En plaçant deux thermomètres la différence est sensible (accuse encore 2° Celsius après 20 minutes) ; ils ne s'égalisent que très-lentement.
Cette maladie a plus spécialement été observée chez des femmes, non tout à fait jeunes, et qui avaient subi des pertes (après des couches), et chez des hommes qui ont présenté une compression plus ou moins directe du grand sympathique (goitre, tumeurs). Enfin l'affection a été rencontrée après une hémicrânie qui avait tourmenté les malades quelque temps auparavant (hémicrânie angio-paraly tique) (1).
Comme traitement, on recommande l'emploi des courants continus en plaçant le pôle négatif sur le manubrium sterni, le positif sur l'angle de la mâchoire inférieure. Bien entendu qu'un pareil traitement ne serait mis en usage qu'après s'être assuré qu'il n'y a pas une cause plus directe à combattre, .le n'ai pas encore eu occasion d'expérimenter chez ces personnes les injections d'atropine qui doivent avoir une action analogue à la morphine dans l'affection précédemment décrite.
ARTICLE III