‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 63 sur 136 · COULEUR DISTINGUEE · texte numérisé non relu

COULEUR DISTINGUEE

dans son ton vérita!)le.

6 ÏÏX)

lÛÛ

liouge vif. . . .

Rouge orangé.

Jaunâtre

Vert

Bleu

Violet pourprt

EGLAIRAGK.

OrangéV:

Jaune V =

On voit que les résultats fournis par les deux méthodes se correspondent parfaitement.

M. Chodin a également essayé de déterminer l'influence de la grandeur de l'image rétinienne sur la perception des couleurs; pour cela, il se servait de carrés de papier coloré, qu'il éloignait progressivement de l'œil ; malheureusement il a donné à ces carrés des dimensions très-grandes, et, la distance dont il disposait ne suflisant pas pour faire disparaître la couleur, il

avait recours à l'obscurcissement de l'espace, quelquefois jusqu'à V =^ ^.

Cette combinaison de deux méthodes rend les résultats moins concluants, et nous ne pouvons les comparer ni à ceux de M. Aubert et de M. Wittich, ni aux nôtres.

Mais les résultats des deux méthodes décrites plus haut correspondent bien avec ceux de M. Aubert, ainsi qu'avec nos propres résultats, qui sont cités dans ï Optique physiologique de ce savant expérimentateur, c'est-à-dire que toutes les couleurs changent de ton et de saturation sous l'influence de la diminution de l'éclairage, et ensuite, que les cotilears, occupant la partie moyenne et voisine de la partie rouge du spectre, produisent une impression colorée avec une image rétinienne plus petite que les couleurs des deux extrémités du spectre; et l'extrémité rouge est distinguée avant l'extrémité violette, de telle sorte que l'ordre suivant lequel les couleurs sont distinguées avec un éclairage croissant se trouve être le suivant : orangé, jaune, rouge vif et vert, bleu, violet.

M. Chodin confirmait également le fait que nous avons signalé le premier, à savoir que le bleu est distingué par les parties voisines de la fosse centrale de la rétine à une plus grande distance que par la fosse centrale elle-même :

en d'autres termes, que la perception de l'objet bleu est plus vive lorsque le regard se porte à côté de l'objet que lorsqu'il fixe l'objet lui-même. Cet auteur pense que ce phénomène dépend de la présence du pigment jaune dans la macula (?).

Les résultats des expériences d'Aubert, VVittich et Chodin se trouvent donc être en contradiction avec celles de Purkinje, Dove et Grailich, qui prétendent que la couleur rouge est distinguée dans l'obscurité plus difficilement que la couleur bleue. Il est probable cependant que cette différence n'est qu'apparente, car M. Ghodinfaitremarquer justementqueM. Grailich parle de l'intensité lumineuse du bleu et non pas de son intensité colorante.

Les couleurs spectrales changent également de ton avec la diminution de l'éclairage. Helmholtz a trouvé ainsi que le bleu paraissait indigo ; le violet, rose ; le rouge, rouge brunâtre ; le jaune, brun, et le vert, olive, sous l'influence de la diminution de l'éclairage.

De Bszold dit qu'en diminuant l'éclairage, le jaune du spectre solaire commence par devenir pins mince; qu'à la place du bleu clair apparaît du bleu vêrdàtre; que le bleu disparaît presque complètement et est remplacé par du violet. Lorsque l'obscurcissement s'accroît, les tons rouges paraissent se rapprocher du centre du spectre ; le jaune disparaît et le vert est en contact direct avec le violet. En diminuant davantage encore l'éclairage, le violet disparait, le rouge devient brunâtre, le vert devient clair, puis le brunâtre disparait, et il ne reste que le vert clair; enfin la dernière trace de couleur disparait, quoiqu'il reste une certaine perception lumineuse et qu'on puisse encore distinguer certaines lignes de Frauenhofer depuis D jusqu'à F.

M. Chodin a obtenu des résultats analogues en diminuant l'éclairage par l'interposition de verres fumés entre Théliostate et le prisme : d'abord le brun rougeâtre disparaît, le rouge devient foncé et le jaune s'amincit, tandis que le vert s'élargit; le bleu diminue également de largeur, de sorte qu'on le distingue difficilement entre le vert et le violet, sa place étant occupée par ce dernier. Avec un obscurcissement plus fort, le rouge devient rouge brunâtre, tandis que l'orangé devient rouge; le jaune disparaît, et un jaune rougeâtre touche immédiatement au jaune verdâtre. Enfin le vert s'étend jusque dans le violet, car le bleu intermédiaire entre ces deux couleurs a disparu. A un certain degré d'obscurcissement, il ne reste plus qu'un rouge brunâtre, les verts clair et foncé et une partie grise (de F à G), et l'extrémité rouge se raccourcit jusqu'à D.

Des deux côtés de cette ligne il reste encore un ton orangé brunâtre qui s'étend plus loin dans un vert clair, et celui-ci lui-même devient de plus en plus foncé, et enfin gris.

A la fin, toutes les couleurs disparaissent et il ne reste plus qu'une place grise dont la partie la plus claire correspond à peu près à la ligne D (1). En somme, on peut déduire de ces expériences que lorsqu'il y a une di-

(i j Cliodin, loc. cit., p. 21 d suiv.

CHUOMATOPTOMÉTRIE.

minution considérable de l'éclairage général, tout le spectre solaire paraît incolore, et ensuite, que les différentes couleurs ont toutes fait place à une teinte grise incolore qui ne présente plus que des différences de clarté. La place la plus claire correspond au jaune entre D et E ; ensuite vient l'ancienne èande de l'orangé (D), puis le vert jaunâtre et le vert (E). Les parties les moins claires sont celles qui correspondent aux anciennes bandes du rouge, du bleu violacé et du violet.

Lorsque l'éclairage est plus vif que la clarté d'un jour de soleil, la sensation des couleurs se modifie : le rouge et le vert passent au jaune, le bleu devient blanchâtre (1); et plus l'intensité lumineuse augmente, plus les couleurs se rapprochent du blanc (2). M. Chodin a constaté le même phénomène pour les matières colorées et pour les couleurs spc^ctrales. Dans le premier cas, il plaçait la couleur dans le foyer d'une forte lentille convexe. Le rouge devient ainsi successivement orangé, jaune et blanc; l'orangé devient d'abord jaune, puis blanc; le jaune passe par le jaune clair dans le blanc; le vert devient d'abord plus clair, puis jaunâtre, et enfin blanc; le vert foncé devient gris blanchâtre, puis blanc; le bleu devient bleu clair, puis blanc; le violet pourpré devient violet blanchâtre, et enfin blanc.

Pour constater le phénomène analogue pour les couleurs spectrales, on n'a qu'à diriger le spectroscope directement vers le soleil.

M. Prazmowski nous a communiqué ce fait démontré très-souvent par lui dans ses cours de physique à Varsovie, que le spectre d'une lumière électrique très-vive était blanc. Il obtenait ce résultat en introduisant un condensateur dans une bobine de Rhumkorff.

11 y a donc une analogie très-prononcée entre les matières colorantes et les couleurs spectrales, suivant l'influence de la diminution ou de l'augmentation de l'éclairage.

En com))arant les changements que subissent les couleurs spectrales, suivant que l'intensité lumineuse augmente ou diminue, on constate que ces deux influences sont diamétralement opposées.

Dans le premier cas, c'est-à-dire lorsqu'elle augmente, le spectre solaire s'élargit des deux côtés; dans le deuxième cas, il se rétrécit de plus en plus, et les deux changements, dans le spectre prismatique, sont surtout sensibles à l'extrémité violette.

En diminuant l'éclairage, les couleurs centrales changent, comme si les couleurs extrêmes se rapprochaient du centre ; le vert seul augmente et s'étend des deux côtés. Au contraire, avec l'augmentation de l'intensité lumineuse, les couleurs extrêmes s'étendent des deux côtés ; de sorte qu'au centre il n'y a plus de vert, mais bien du jaune et du bleu qui se touchent et remplacent le vert.

En somme, les couleurs spectrales qui résistent le plus à la diminution de

(1) Voy. Helmholtz, Optique physiologique, p. A^ll.

(2) Loc. cit., p. 315.

l'éclairage sont le vert et l'orangé ; celles qui résistent le plus à l'augmentation de l'éclairage sont, au contraire, le jaune, le bleu, puis le rouge (1) ; et de même que les couleurs, lorsque l'intensité lumineuse diminue au delà de certaines limites, passent toutes au noir, elles paraissent blanches quand l'éclairage a augmenté outre mesure.

Il est donc indispensable, dans toutes les déterminations chromatoptiques, d'indiquer l'intensité lumineuse avec laquelle celles-ci ont été laites; mais il convient aussi de les faire avec des éclairages différents. Dans tous les cas, il faut bannir de l'expérience l'éclairage coloré et se servir toujours de la lumière blanche.

5. La couleur du fond. — La coloration du fond sur lequel ressorlent les couleurs doit à un effet de contraste une influence qui n'est pas inférieure à celle de la couleur de l'éclairage ; par conséquent, si l'on veut déterminer la perceptibilité d'une couleur, il faut choisir un fond incolore, noir ou blanc. Mais le fond noir et le fond blanc influencent encore la perceptibilité des couleurs, et cela d'une manière différente pour les dilférentes couleurs. Aussi conseillons-nous, avec M. Aubert, de pratiquer toutes ces déterminations successivement sur fond noir et sur fond blanc.

6. La grandeur de Vimage rétinienne. — Pour qu'une couleur soit reconnue, il faut, même pour l'œil normal, qu'elle comporte une certaine étendue. En tous cas, l'angle visuel ne doit pas, pour les yeux sains, être inférieur, en général, à 50"; pour les yeux malades, il doit être plus considérable.

Voici quelle impression font sur l'œil les couleurs vues sous un angle visuel très-petit et à éclairage diminué, suivant les expériences d' Aubert (2) :

Sur fond blanc :

1° Le noir, le brun, le rouge, l'orangé et le vert foncé paraissent noirs ;

Le bleu apparaît d'un noir moins foncé; 3° Le vert et le bleu clair, beaucoup plus clairs; 4^ Le rose, encore plus clair ; 5" Le jaune, encore plus clair.

Sur fond noir :

i° Le rouge, le plus foncé. Puis viennent de moins en moins foncés : 2" L'orangé et le vert foncé ; S' Le bleu;

A" Le vert et le bleu clair ; 5° Le rose et le jaune ;

0° Le blanc qui]parait de beaucoup le plus clair.

(1) Chodin, /. c, p. 377.

(2) Aubert, Optique physiologique in Graefe et Saeraisch, Handb. cl. ges. Augenheilk., Il, 9, p. 533.

CHROMATOPTOMÉTRIE.

Nous avons répété ces expériences à plusieurs reprises avec quelques-uns de nos élèves, et nous ne pouvons que confirmer pleinement les résultats de M. Aubert.

Voici, suivant différents auteurs, les plus petits angles visuels qu'exigent des papiers vivement colorés et bien éclairés pour être distingués.

Pour faciliter la comparaison des résultats des différents expérimentateurs, nous avons déduit des angles visuels constatés par Aubert et v. Wittichles distances pour des carrés de 2 millimètres.

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