CL
0° en haut.
OU
DO
20* en haut et en dehors.
CCo OD
DU
oo"
90° en dehors.
100° en dehors et en bas.
180° en bas.
1 60° en bas et en dedans.
90° en dedans.
80° en dedans et en haut.
Comme on le voit par le tableau ci-dessus, les parties avoisinantes de l'œil n'ont pas chez tout le monde la même influence sur l'étendue du champ visuel. C'est que ces parties ne sont pas chez tous également développées. Ainsi, suivant les différences contenues dans la troisième colonne, il serait à présumer que de nous quatre c'est M. Aubert qui a le nez le moins saillant, moi le plus saillant, puisque M. Aubert gagne le moins en étendue du champ visuel, moi le plus par le mouvement de la tête qui annule l'influence du nez sur le champ visuel.
Le rétrécissement du champ visuel qui provient du nez est, en effet, le moins constant, mais néanmoins le plus important. C'est celui qui, dans beaucoup de cas, pourrait le plus facilement induire l'examinateur en erreur, en le faisant croire à une irrégularité pathologique du champ visuel. C'est pour cela que, dans notre périmètre, le support de la tête peut être tourné autour de son axe. Nous faisons tourner la tête légèrement à gauche pour l'examen du champ visuel de l'œil droit, à droite pour l'examen du champ
eu SNELLEN ET LANDOLT. — CHAMP VISUEL.
visuel de l'œil gauche, et en faisant fixer invariablement le point zéro, nous n'avons point ainsi à craindre que le nez ne vienne intercepter des rayons lumineux qui auraient pénétré dans l'œil.
Dans certains cas de ptosis, d'hypertrophie ou de gonflement de la paupière supérieure, ou de développement considérable des sourcils, on fait bien de relever, en outre, la paupière supérieure avec le doigt, ou d'élever la peau de la région sourciliaire.
MM. Uschakoff (1) el Reich (2) trouvent le champ visuel plus petit chez les myopes, et plus grand chez les hypermétropes que chez les emmétropes.
Voici les résultats des expériences de M. Uschakoff :
' horizontal dans l'Emmétropie
minimum
vertical »
Étendue maximum '
] horizontal dans la Myopie
tlu diamètre» ...
1 vertical »
horizontal dans l'Hypermétropie
\ vertical »
M. Reich fit dans le même but 220 observations, et il trouva que, dans leg trois catégories d'état de réfraction, les limites du champ visuel avaient des excursions plus considérables, des maxima plus grands, des minima plus petits.
Comme on le voit, les différences individuelles sont trop considérables pour qu'on puisse établir un champ visuel normal d'une étendue absolue.
De longues expériences nous permettent de donner comme minima d'un champ visuel normal les chiffres suivants :
0° En haut 55° 180° En bas 60°
45° En haut et en dehors.. 70° 135°, En bas et en dedans... 55°
90° En dehors 90" 90° En dedans 55°
135° En dehors et en bas... 85° 45° En dedans et en haut.. 55°
Ces limites, tracées dans le schéma III, donnent la courbe extérieure, noire, de notre figure 139.
Nous ne voulons pas prétendre que tout champ visuel qui a cette étendue soit absolument normal; au contraire, si notre champ visuel, par exemple, présentait un jour seulement ces limites, nous serions justement préoccupé de ce rétrécissement; mais on peut dire en général qu'un champ visuel qui a cette étendue ne diffère en tous les cas pas beaucoup de la normale, tandis qu'un champ visuel moins étendu dénote un état pathologique.
Comme l'indique les figures 137 et 138 et le tableau synoptique (p. 613), le champ visuel, loin d'avoir la même étendue dans toutes les directions, accuse un rétrécissement très-notable en haut, en dedans, et en bas, comparativement à son étendue en dehors, et en dehors et en bas.
(1) Loc. cit.
(2) Loc. cit.
PÉRIOPTOMÉTRIE.
Cette forme irrégulière du champ visuel a été constatée par tous ceux qui ont déterminé ses limites. On ne peut pas méconnaître que les parties les moins étendues du champ visuel sont précisément celles dans lesquelles il est limité par les saillies de l'orbite et du nez ; mais, même en écartant ces obstacles, le champ visuel ne devient pas circulaire, il reste limité dans les directions mentionnées, et, comme l'indique la courbe extérieure delà figure 137, sa plus grande étendue est toujours en dehors, et en dehors et en bas.
M. Purkinje a prétendu que c'est l'ombre projetée par les parties saillantes de la face sur les parties inférieures et externes de la rétine qui produit le rétrécissement correspondant du champ visuel. Cette raison a déjà été réfutée par M. Aubert.
M. UschakofF (1) a fait observer que la rétine s'étend moins loin en avant dans la partie externe du globe oculaire que dans la partie interne. Nous-même (2) nous avons attribué ce phénomène à un manque d'exercice de ces parties de la rétine, à une espèce d'amblyopie par anopsie, car les parties externes et inférieures de la rétine sont sans doute les moins employées dans l'acte de la vision et de l'orientation, par suite de leur posi tion. En effet, l'œil ne reçoit presque jamais des rayons lumineux provenant des côtés où le champ visuel est limité : en haut ce sont les sourcils, le front et les cheveux qui interceptent les rayons lumineux, et, qui plus est, la partie supérieure du champ visuel a beaucoup moins d'importance pour l'orientation et pour la protection de l'individu que le reste du champ visuel.
L'orientation latérale est beaucoup plus importante. Elle se fait du côté droit, non pas à l'aide des parties externes de la rétine de l'œil gauche, mais à l'aide des parties internes de la rétine droite, et de même, à gauche, c'est la moitié interne de la rétine gauche qui nous oriente et non pas la moitié externe de la rétine droite. Les moitiés externes des deux rétines sont donc en effet moins exercées, en conséquence moins sensibles que les moitiés internes, et le rétrécissement des moitiés internes des champs visuels qui leur correspondent n'a ainsi rien de surprenant.
Notre manière de voir a reçu tout récemment une confirmation puissante parles expériences que M. Donders a exécutées avec MM. Grossmann etMayerhausen (3). M. Donders a d'abord confirmé l'observation d'Uschakoff, à savoir que la limite médiane de la rétine se trouve plus rapprochée du bord cornéen que la limite temporale. Elle peut, en effet, s'étendre de 0""",5 à 1 millimètre plus loin du côté nasal que du côté temporal. Donders fait remarquer, en outre, que la fosse centrale se trouve dans l'œil emmétrope à environ l^'^jS en dehors du point d'intersection de l'axe cornéen et de la rétine. La partie de la rétine comprise entre la fosse centrale et l'ora serrata est donc moins étendue du côté de la tempe que du côté du nez. Mais la
(1) Loc. cit.
(2) Landolt, Il perimetro e la sua applicazione (Anna^id'offa^moïogfta). Milano, 1872, p. 12.
(3) Donders, Koninkl. Akad. v. Wetenschappen te Amsterdam, 27 avril 1877, et Arch. f. Ophth., XXIII, 2, p. 255, et Centralblatt de M. Hirschberg, octobre 1877, p. 20a.
différence ne dépasse guère 2 millimètres, ce qui correspond à peu près à un arc de 12 à 13 degrés.
Mais cette différence ne suffit pas pour expliquer l'écart de plus de 40 degrés qui existe entre l'étendue de la partie interne et celle de la partie externe du champ visuel. Il faut donc admettre qu'une partie de la rétine de plusieurs millimètres, à partir de l'ora serrata temporale, est insensible. La plus petite distance du bord cornéen à laquelle on puisse produire encore des phosphènes de pression est plus grande du côté temporal de 4 à 5 millimètres que du côté nasal, et les directions dans lesquelles les phosphènes sont projetés correspondent aux limites du champ visuel.
Dans un cas d'exophthalmos avec emmétropie et acuité visuelle normale, l'angle compris entre l'axe cornéen et la ligne visuelle était de 6 degrés. En plaçant l'objet de fixation du périmètre de 6 degrés à droite du point zéro, de sorte que le sommet de la cornée correspondait juste au point zéro, lechanlp visuel s'étendait en dehors à 90 degrés, en dedans à 66 degrés. L'œil étant très-peu pigmenté, on pouvait observer assez facilement l'image rétinienne d'une lumière à travers la sclérotique et mesurer la distance qui la séparait du bord cornéen. Ce n'était que tout à fait en avant et en arrière que l'intensité lumineuse trop faible rendait l'observation impossible.
La plus petite distance de la cornée à laquelle l'image de la flamme était encore perceptible à travers la sclérotique était de 8 millimètres. L'angle d'incidence de la lumière était dans ce cas de 90 degrés. La lumière n'était plus perçue par l'œil examiné. Ce n'était qu'à l^""*",! du bord cornéen que la perception lumineuse commençait. Elle correspondait à un angle d'incidence de 66 degrés. La limite postérieure jusqu'à laquelle on pouvait mesurer l'image rétinienne se trouvait à 17 millimètres du bord cornéen. Dans ce cas, la flamme était éloignée de 40 degrés du point zéro du périmètre. Du côté nasal l'image rétinienne commençait à être perçue à 8 millimètres du bord cornéen, à 90 degrés du périmètre.
Voici à quelles distances du bord cornéen correspondent différents degrés de l'angle d'incidence de la lumière :
ANGLE d'incidence DE LA.