‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 80 sur 136 · OBJET · texte numérisé non relu

OBJET

EXPÉRIMEN- TATEURS.

En haut.

En haut et en dehors.

En dehors.

En dehors et en bas.

En bas.

En bas et en dehors.

En dedans

En dedans et en haut.

Landolt.

Ito

Landolt.

Ito

Ito

Landolt.

(1) Arch. f. Ophth., t. III, 2, p. 20.

(2) Landolt, in Graefe u. Saemisch Handb. der ges. Aughlkd. t. III, 1, p. 65.

PÉRIOPTOMÉTRIE. 639 Or, le rayon de noire périmètre est de 32 centimètres. L'acuité visuelle de

FiG. 144. — Ilo.

lazone de la rétine qui correspond aux points les plus rapprochés du centre des figures 143 et 144 (objet n" I) est donc à l'acuité visuelle centrale dans le rapport

L'acuité visuelle de la zone correspondant aux points suivants (objet n° II)

est égale à. ^ = 4- L'acuité visuelle correspondant à la troisième série de points (objet n° III)

est eerale aTTTrr = ^.

Et l'acuité visuelle correspondant aux points les plus excentriques (objet

n°IV) est égale = 4-

Nous avons observé que pour des objets de la grandeur de notre n" III et au delà il existe une zone de quelques degrés, dans laquelle on ne saurait indiquer exactement le moment où l'on voit les deux points séparés, attendu qu'avant d'être nettement distingués, ils apparaissent réunis en une seule tache allongée et rétrécie au milieu. Pour les objets les plus petits, au contraire (n°' I et II), qui sont reconnus plus près du centre, la limite cherchée peut être évaluée tout à fait exactement.

Ces recherches ont encore confirmé cette observation de MM. Aubert et Fôrster, qu'en dehors de la tache de Mariette il existe encore dans le fond de l'œil d'autres parties insensibles à la lumière; elles sont plus petites que la tache de Mariotte et correspondent très-vraisemblablement aux branches vasculaires principales de la membrane rétinienne. Telle est la raison pour laquelle, sur mon œil, la mensuration en dedans et en haut a été pratiquée non dans le méridien de 45 degrés, mais dans celui de 55 degrés. En effet, à 45 degrés, un petit objet, pour peu qu'on l'approchât à 16 degrés environ du centre, tombait régulièrement sur un de ces points insensibles.

M. Dor, qui a fait des expériences analogues à l'aide de lettres-types de de Snellen, trouve l'acuité visuelle du centre = 1.

L'acuité visuelle d'une partie située :

du centre =

ÏÔÔ J 2ÔÔ

(Ij Arch. f. Ophth., t. VII, 1, p. 246, et Aubert, Optique physiologique, p. 586.

PÉRIOPTOMÉTIIIE.

Ce sont des moyennes. L'auteur trouve l'acuité visuelle plus développée en dedans et en dehors qu'en haut et en bas dn point de fixation.

Des recherches plus étendues relativement à l'acuité visuelle des parties excentriques de la rétine ont été entreprises dans ces derniers temps par le professeur Michel d'Erlangen et son élève M. Kônigshôfer (1). L'auteur s'est servi surtout de deux disques noirs sur fond blanc. Pour déterminer l'influence de la grandeur des points et de leur écartement sur leur perceptibilité, il a employé des disques de trois diamètres différents, savoir :

1,25 millimètres de diamètre 2,5 - 3,75 —

et d'un écartement de 3,25 à 20,5 millimètres. Il dit avoir ainsi constaté que l'écartement des deux points restant le même, leur grandeur n'a aucune influence sur leur perceptibilité.

En variant l'écartement des deux points entre les limites indiquées, l'auteur trouve également que les points ne deviennent ni plus ni moins distincts à l'œil de l'observateur.

Evidemment ceci ne peut s'appliquer qu'aux points avec lesquels l'auteur a opéré, car, au delà de certaines limites, la grandeur et l'écartement des deux objets ne peuvent pas rester sans influence sur leur perceptibilité.

Le résumé des expériences de MM. Michel et Kônigshôfer donne, pour l'étendue de la rétine sur laquelle deux points sont distingués comme séparés :

En haut du point de fixation, . . 40';

En haut et en dehors W à 42 " ;

En dehors 45°;

En dehors et en bas 45";

En bas 45 ' à 50'' ;

En bas et en dedans 52" à 60" ;

En dedans 65";

En dedans el en haut ... ... 52".

Les limites auxquelles les points commencent à faire Timpression d'un seul objet sont à peu près parallèles à ces limites et éloignées d'elles de l5à20degrés.

En comparant l'étendue de la rétine qui possède le pouvoir de distinguer les formes avec les hinites générales du champ visuel, on trouve qu'elles se rapprochent le plus de ces dernières en dedans et en dedans et en bas ; qu'elles en sont le plus éloignées en dehors et en dehors et en bas.

Les expériences faites à l'aide de lettres-types ont démontré que des lettres de Snellen n» 1 ^-^ à G sont à peine distinguées jusqu'à 20 ou 25 degrés du point de fixation. Ces résultats concordent peu avec ceux de M. Dor. Il nous

(1) Thèse d'Erlangen, 1876.

DE WECKER ET LÂNDOLT.

semble^ d'ailleurs, que les lettres ne sont pas des objets-types très-propres à l'appréciation exacte de l'acuité visuelle, siirtoutaux parties excentriques de larétine.

Pour déterminer l'influence de l'éclairage sur l'acuité visuelle des parties excentriques de la rétine, MM. Michel et Kônigshôfer ont fait les mêmes expériences, d'une part en opérant à différentes heures de la journée, d'autre part en éclairant les objets-types, à l'aide d'un héliostat, par de la lumière solaire directe. Ces expériences leur auraient prouvé que ces variations de l'éclairage n'ont aucune influence marquée sur la distinction des objets-types. Ces résultats nous semblent demander encore une confirmation.

MM. Dobrowolski et Gayne, qui ont fait des expériences analogues à celles de MM. Michel et Kônigshôfer en ce qui concerne la perceptibilité des points à l'éclairage normal, sont arrivés en général aux mêmes résultats.

Des recherches comparatives faites sur l'acuité visuelle de différentes régions de la rétine, il résulte que cette faculté est de beaucoup le plus développée au centre de la rétine. A partir de la fosse centrale, elle diminue très-rapidement, de telle sorte que au delà de 40 degrés du centre, l'acuité visuelle fait presque complètement défaut. La diminution de l'acuité visuelle ne suit d'ailleurs pas la même marche dans tous les méridiens de l'œil, et les directions du maximum et du mininum d'étendue ne sont pas les mêmes chez toutes les personnes.

L'acuité visuelle indirecte peut être augmentée par l'exercice; mais même dans les cas qù par une cause quelconque, une partie excentrique de l'œil sert à la fixation et s'exerce ainsi pendant des années, quelquefois même depuis la naissance de l'individu, même dans ces cas, l'acuité visuelle reste toujours de beaucoup inférieure à l'acuité visuelle normale de la vision directe.

Quelle est la cause qui produit cette infériorité énorme de l'acuité visuelle des parties excentriques relativement à celle du centre de la rétine ? Volkmann (1) avait supposé que les images rétiniennes qui se forment sur les parties excentriques de la rétine ne sont pas assez nettes pour être perçues, à cause de l'angle que les rayons lumineux forment avec l'axe optique principal de l'œil. Mais MM. Weber (2), Aubert et Fôrster (3) etnous-même (4), nous avons constaté, par l'observation directe, que les images rétiniennes périphériques sont très-nettes. En effet, on peut distinguer très-facilement ces images à travers la sclérotique de lapins albinos, jusqu'au delà de l'équateur de l'œil. Ainsi, notre ami Nuël et moi, nous avons observé des images rétiniennes formées par des rayons lumineux incidents sous un angle de plus de 70 degrés avec l'axe visuel, et ces images étaient encore parfaitement nettes. Nous avons même pu mesurer, à l'aide de l'ophthalmomètre, des images rétiniennes situées au delà de l'équateur de l'œil, quoique les images perdent la moitié de leur intensité lumineuse dans la mensuration ophthalmo-

(1) Wagnefs Handwôrterbuch, t. III, 1, p. 334, 1846.

(2) Leipùger Berichte, t. II, p. 134, 1854.

(3) Arch. f. Ophth., t. III, 2, p. 34, 1857.

(4) Landolt et Nuël, Ann. dVculistique, janvier, 1874.

PÉRIOPTOMÉTRIE.

métrique. Ceci prouve que les images rétiniennes excentriques sont nonseulement nettes, mais encore assez lumineuses. Pour nous en convaincre, nous avons, du reste, encore un moyen bien simple, c'est l'observation de l'image d'un objet que nous projetons dans l'intérieur de l'œil à l'aide du miroir ophthalmoscopique et que nous faisons promener sur les différentes parties du fond de l'œil.

Ce que nous avons constaté par l'expérience a été confirmé par le calcul. M. Hermann, professeur de physiologie à l'Université de Zurich, a calculé la marche des rayons lumineux formant un grand angle avec l'axe optique, et il est arrivé à ce résultat, déjà indiqué par Helmholtz, que, grâce à la structure spéciale du cristallin, ces rayons excentriques mêmes peuvent être réunis sur la rétine en une image nette.

Nuël et moi, nous avons troirvé, il est vrai, que les images rétiniennes deviennent de plus en plus petites, à mesure qu'on s'avance du centre vers la périphérie de l'œil ; mais cette diminution de leur grandeur est beaucoup trop faible pour expliquer la diminution énorme de l'acuité visuelle. Force nous est donc de rechercher dans l'appareil nerveux de l'œil la raison du peu d'acuité de la vision indirecte. Or, à ce point de vue, il n'est pas à méconnaître qu'il y a une différence notable entre le centre et les parties périphériques de la rétine. Nous savons, en effet, que la macula est très-riche en cônes, tandis que la périphérie ne contient que des bâtonnets. De plus, les cônes de la macula sont si minces, que la même surface en contient beaucoup plus qu'une partie excentrique égale ne contient de bâtonnets. Mais, qui plus est, c'est que les éléments reconnus comme éléments nerveux, sont plus richement représentés au centre qu'aux parties excentriques de la rétine.

Les expériences de tous les observateurs démontrent que la sensibilité pour les couleurs et l'acuité visuelle diminuent considérablement du centre vers la périphérie delà rétine. Or, ces deux fonctions diminuent aussi pour la vision directe, lorsque l'éclairage vient à diminuer. Il était important d'examiner si, dans les deux cas, les fonctions rétiniennes diminuent également. Dans ce cas, en effet, les fonctions des parties excentriques de la rétine seraient égales à celles du centre à l'éclairage diminué, de telle sorte que toute l'imperfection de la vision indirecte serait due uniquement à l'insuffisance relative de l'éclairage des objets, et non pas à une cause plus profonde provenant de la structure de la rétine ou de l'organe central; en d'autres termes, on supposait que, en augmentant l'excitation nerveuse aux parties excentriques, on pourrait rendre les sensations visuelles à ces parties exactement égales à celles du centre. On était porté à admettre cette théorie, surtout après mes expériences, qui ont prouvé que les couleurs pour lesquelles on avait longtemps supposé une insensibilité des parties périphériques de la rétine, devenaient perceptibles dès que leur intensité augmentait. Des expériences étaient indispensables pour résoudre cette question. Si les fonctions des parties excentriques de la rétine sont égales à celles du centre, lorsque

l'éclairage est restreint, il faut, en effet, que la perception des couleurs et l'acuité visuelle diminuent proportionnellement, soit qu'on diminue l'éclairage pour la vision directe, soit qu'on éloigne l'objet du point de fixation.

Dans nos expériences nous avons déterminé d'abord l'acuité visuelle et la perception des couleurs d'une partie excentrique de la rétine, à l'éclairage d'une journée claire. Puis, nous avons diminué l'éclairage juste assez pour que l'acuité visuelle centrale fût égale à celle de la partie excentrique, et, au même éclairage restreint, nous avons déterminé alors la perception des couleurs du centre de la rétine.

Pour déterminer l'acuité visuelle, nous nous sommes servi de traits noirs sur fond blanc ; pour examiner la perception des couleurs, nous avons employé les papiers colorés dont nous avons souvent parlé, et dont nous pouvions augmenter la surface à l'aide de la méthode décrite à la page 571.

Pour diminuer l'éclairage, nous avons utilisé l'épiscotister d'Aubert (p. 516). Nous fixons sur une machine rotative deux disques noirs appliqués l'un sur l'autre; dans chacun étaient découpés un certain nombre de secteurs; suivant que ces secteurs étaient plus ou moins complètement superposés, nous obtenions, pour l'œil qui regarde à travers les disques pendant leur rotation, un obscurcissement plus ou moins complet et facilement mesurable. Pour éviter toute lumière étrangère, l'expérimentateur se couvrait d'un drap noir, qui laissait seulement libre une ouverture pour l'appareil.

Pendant les expériences, les objets-types, ainsi que l'observateur, conservaient toujours leur position. Voici les résultats de ces expériences.

La partie observée de la rétine était située à 2°23' en dehors de la fosse centrale. Pour les distinguer dans leur forme, il fallait à cette partie de la rétine des objets-types trois fois plus grands qu'au centre de la rétine. Donc, l'acuité

de la partie excentrique examinée était égale à - de l'acuité visuelle centrale.

Quant à la perception des couleurs, voici; en millimètres, le côté du carré nécessaire pour que la couleur soit distinguée. Les chiffres sont les moyennes de plusieurs expériences :

COULEURS

CENTRE

éclairage

du centre

RAPPORT

placées à 3 600™™.

normal.

écl. normal.

mm

(1) Comptes rendus de la Société de Biologie {Gazette médicale de Paris, 4 août 1877).

(2) Compte rendu du Congrès international des Sciences médicales. Genève 1877.

PÉKIOPTOMÉTRIE. 645

Si Ton pose = 1 l'acuité visuelle et la perception des couleurs de la vision directe à l'éclairage normal, l'acuité visuelle d'une partie de la rétine située à

22°23' en dehors de la fosse centrale sera — ^ et la perception des couleurs

en moyenne — -.

Pour que l'acuité visuelle centrale devienne égale à celle de cette partie excentrique il fallait diminuer l'éclairage jusqu'à ^ environ. Voyons quelle

était, à cet éclairage, la perception des couleurs centrales, et comparons-la à la perception des couleurs obtenue à l'éclairage normal :

CENTRE

CENTRE

COULEURS

éclairage

éclairage

RAPrORT.

normal.

diminué.

mm

miu

Bleu

L'obscurcissement, qui diminue l'acuité visuelle centrale à 1/3, fait donc tomber la perception des couleurs au centre jusqu'à 1/30 de la normale, tandis que cette dernière di'minue seulement de la moitié, quand on porte l'objet de 2°23' en dedans du point de fixation.

En effet, la perception des couleurs au centre à l'éclairage diminué, est loin d'être la même que celle de la partie excentrique qui présente la même acuité visuelle, comme nous l'indique le tableau suivant :

COULEURS

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