CHAPITRE II
DÉTERMINATION DE LA RÉFRACTION ET DE l'ACCOMMODAT ION.
§ 36. Dans l'étude des anomalies de la réfraction, il faut avoir présents à l'esprit, avant tout, les principes suivants :
1° La réfraction et V accommodation sont deux choses absolument distinctes.
2° L'accommodation est étroitement liée à la convergence des ligues visuelles.
3° L'acuité visuelle doit être déterminée en même temps que la réfraction.
C'est Donders qui a nettement fait voir la distinction qu'il faut établir entre l'accommodation et la réfraction : « Il doit y avoir entre les anomalies de la réfraction et de l'accommodation une distinction bien tranchée, attendu que, dans leur essence, les idées de réfraction et d'accommodation sont tour à fait différentes. La réfraction oculaire proprement dite est la réfraction de l'œil à l'état de repos : c'est une propriété de l'appareil dioptrique qui tient à la forme même de cet appareil ; mais elle est indépendante de toute action musculaire, par conséquent indépendante de l'accommodation. L'accommodation de l'œil repose, au contraire, sur les variations de réfraction que peut déterminer une intervention musculaire volontaire (1). »
On n'obtient le plus souvent une détente complète de l'accommodation que par l'emploi des mydriatiques. Dans l'hypermétropie, l'accommodation indispensable pour la vision distincte se produit spontanément. Mais les jeunes emmétropes et les myopes eux-mêmes ne peuvent pas ordinairement détendre leur accommodation d'une manière complète, et surtout lorsque les lignes visuelles convergent. Pour tous les degrés de convergence, l'indiv/du ne peut disposer de son accommodation que dans une certaine limite. Donders a désigné le degré de l'accommodation ainsi bornée, sous le nom ^'amplitude d'accommodation relative, et c'est à lui que nous en devons la première détermination dans les yeux emmétropes, aussi bien que dans les yeux amétropes.
Souvent, dans la myopie progressive et dans la myopie liée à la diminution de l'acuité visuelle, soit par suite d'astigmatisme, soit par suite d'opacités dans les milieux réfringents, il se produit un spasme de l'accommodation; cela tient à ce qu'il existe dans ces cas une tendance à diminuer les images de diffusion par le rétrécissement de la pupille, qui est obtenu par la tension ! (le l'accommodation.
I § 37. Détermination de Vhy permet ropie. — Il s'agit de déterminer la dis- I tance du pmictum remotum à l'œil, ou plutôt la réfraction de l'œil à l'état de
(1) F. C. Donders, Astigmatisme en cylindrische gla^zen, p. 4, Utreclit, 186:2.
DE WECKER ET LÂNDOLT. 1. — 43
repos de l'accommodation. La détenmmiion du imnctumproximiim, rappro chée de Tage et de l'état du reste de l'œil, permet de vérifier si la détermina tion de la réfraction est exacte. Un autre moyen de contrôle existe encor dans l'état de l'acuité visuelle qni doit concorder dans les deux expériences Pour cela, nous nous servons des caractères types, n° 60 à n° 5, qui doiveii apparaître à une distance de 60 à 5 mètres sous un angle de 5'. Il fau que ces lettres types soient bien éclairées, et que leur distance de la per sonne qu'on examine soit environ de 5 à 6 mètres. Si cette personne voi nettement tous les caractères, et si son acuité visuelle n'est pas manifeste ment améliorée par des verres concaves faibles, la myopie est éliminé à coup sur. Il se peut que la personne en expérience soit hypermétrope, mai soit adaptée en mettant en jeu son accommodation. On place donc succès sivement devant ses deux yeux une série de verres convexes; et les plu forts .pouvant être supportés sans diminuer l'acuité visuelle, indiquent 1 degré de l'hypermétropie manifeste (Hm).
Lorsqu'il s'agit d'un œil hypermétrope jeune, l'accommodation subsisl encore en partie, milgré l'emploi des verres convexes. Donders a désigné 1 partie de l'hypermétropie qui est masquée par l'accommodation sous le noi d hypermétropie latente (lll). Si l'on instille alors de l'atropine dans l'œil et qu'il s'ensuive une détente complète de l'accommodation, on obtiei l'hypermétropie totale (Et).
L'hypermétropie manifeste (Em) ne représente qu'une partie restreinte d rhypermétropie totale (Et), lorsque le malade n'a jamais porté de lunettes ou lorsque les verres en étaient trop faibles. L'hypermétropie latente diminn au profit de l'hypermétropie manifeste, lorsqu'on fait regarder le sujet pei dant un certain temps k travers des lentilles positives. Si le sujet s'est déj servi depuis quelque temps de lunettes convexes, l'hypermétropie mani teste, constatée au premier abord, correspond habituellement à la force d ses lunettes. On fait donc bien de tenir compte de la valeur des verres doi la personne a fait usage auparavant.
Dans la détermination de l'hypermétropie manifeste, il est désirable qu l'observation soit faite en même temps pour les deux yeux; en effet, l'œ qui est recouvert a fréquemment une tendance à se porter en dedans. Il e résulte un effort d'accommodation qui pourrait faire croire à un degré plu faible de l'hypermétropie. La détermination de l'acuité visuelle, au moye des verres correcteurs, contrôlera le choix des verres positifs.
§ 38. Détermination de la myopie. — Lorsque les caractères-types n peuvent pas être reconnus à la distance indiquée, ou s'ils ne sont distingué qu'avec peine, on peut conclure, avec toute vraisemb*lance, k l'existence d la myopie (M). Il s'agit alors de rechercher si, à une plus petite distance, 1 vision devient, oui ou non, relativement meilleure.
Si l'on écarte progressivement de l'œil les objets-types, le punc tum remotum naturel est indiqué par la plus grande distance (R) laquelle l'acuité visuelle reste la même; et le degré de la myopie es
DIOPTOMÉÏRIE. 075
M — -7 0" Il = distance focale conjuguée antérieure de rœil myope. La fraction - devient un nombre entier de dioptries, lorsque jious exprimons la myopie par la force réi'ringenle, et nous jnetti'ons M i— r (voy. p. OGO).
Toutefois, la valeur R que nous trouvons égale à la distance entre le punctum remotiim naturel et le point nodal antérieur de ïœU, n'est pas la valeur absolue de R. En eiïer, le myope, pour voir binoculaircment à la distance de son punctum remotum, doit faire converger ses yeux, et cette convergence comporte encore un effort d'accommodation.
Sous ce rapport, les conditions sont différentes selon les individus.
Dans le cas où l'acuité visuelle est affaiblie, surtout par suile d'un astigmatisme, soit régulier, soit irrégulier, on constate une tendance à rapprocher les objets pour les voir sous un angle visuel plus grand, et il en résulte ordinairement un spasme de l'accommodation. C'est donc seulement après l'administration d'un mydriatique que R est réellement égal k la distance du punctum remotum. Par conséquent, on devra toujours contrôler le résultat qu'on aura obtenu dans la détermination du degré de myopie, par l'évaluation de l'acuité visuelle à distance.
Le plus faible verre concave avec lequel on puisse obtenir à distance la meilleure acuité visuelle, exprime le degré de la myopie. Mais, même dans la vision à distance, il peut se produire un spasme d'accommodation, surtout dans les cas de myopie à développement rapide, et lorsque le rétrécissement de la pupille, lié à l'accommodation, favorise la vision distincte.
Il est à remarquer que même des cas d'hypermétropie très-prononcés peuvent quelquefois être pris pour de la myopie. Ainsi que l'a fait observer de Graefe, dans les cas d'étroitesse de la pupille, le désavantage de l'augmentation des cercles de diffusion a moins d'importance que l'avantage qui résulte de l'augmentation des images rétiniennes, liée k l'agrandissement des angles visuels. C'est pour cela que les individus fortement hypermétropes, qui ne peuvent voir nettement à aucune distance, approchent les objets tout à fait au voisinage de l'œil, ainsi que le ferait un myope. Mais la détermination de l'acuité visuelle à grande distance permet de reconnaître immédiatement, dans ces cas, si l'on a affaire à une myopie ou à une hypermétropie.
§ 39. Détermination de r amplitude d'accommodation. — Après avoir déterminé exactement l'état de réfraction de l'œil, on arrive à connaître l'amplitude d'accommodation, en recherchant le point le plus rapproché où l'œil, corrigé pour la vision à distance, peut voir encore distinctement : a = r~p] telle est la formule dans laquelle a = l'amplitude d'accommodation, r = la force réfringente de l'œil k l'état de repos, p = la force réfringente'positive de l'œil (voy. p. 60^2).
On a ici cà considérer isolément le punctum proximum binoculaire et le punctum proximum sibsolu. Quand les deux yeux ont un égal pouvoir rélringent et une acuité visuelle suffisante, il est très-facile de trouver le point le
plus rapproché que les deux yeux puissent voir simultanément avec netteté. Le punctum proximum binoculaire est celui auquel on a le plus souvent affaire dans la pratique. Mais chacun des deux yeux peut encore isolément s'accommoder davantage, à l'aide d'un effort de convergence exagéré. Ce punctum proximum absolu n'est pas aussi facile à déterminer, attendu que l'effort maximum d'accom modation ne peut durer, le plus souvent, qu'un instant.
En clinique, il suffit de déterminer le punctum proximum au moyen des plus petits numéros des caractères-types. Des distances plus faibles nécessiteraient des caractères suffisamment petits pour que leur grandeur concordât avec l'angle visuel minimum trouvé pour le même œil. En effet, sous un angle visuel plus grand, on lit encore les caractères, même s'ils sont placés en deçà du punctum proximum, et que, par conséquent, ils produisent sur la rétine des images plus ou moins diffuses.
§ 40. Optomètres basés sur V expérience de Scheiner. — Outre les méthodes dont nous avons parlé, il existe encore toute une série d'instruments destinés à la détermination de la réfraction et de l'accommodation. Porterfield (1) les appelait optomètres; « Un instrument destiné à mesurer les limites de la vision distincte, et à déterminer avec une grande exactitude la force et la faiblesse de la vue, doit être désigné sous le nom d'optomètre. » Porterfield (2) a mis à profit, pour la construction de son optomètre. l'expérience de Scheiner (à travers une plaque percée de deux petites ouvertures voisines l'une de l'autre, un objet pour lequel l'œil n'est pas adapté apparaît double).
Cet optomètre, tel que l'a perfectionné Young (3), consiste en une petite plaque d'ivoire, longue de 8" sur i" de largeur, et parcourue dans toute sa longueur par une ligne noire. A l'une de ses extrémités se trouve une plaque de cuivre verticale, traversée par des fentes verticales. Tandis que cette dernière plaque est rapprochée autant que possible de l'orifice pupillaire, l'œil fixe la ligne noire. Celle-ci n'apparaît alors comme une ligne simple que dans le point pour lequel l'œil est adapté ; au delà et en deçà de ce point elle apparaît double. Un index mobile sur une échelle adaptée à l'optomètre sert à indiquer ce point de la vision simple. Pour les yeux très-myopes, ce procédé permet de trouver directement \e punctum remotum naturel; pour les yeux qui ne sont pas myopes, au contraire, on peut placer au-devant des fentes verticales une lentille positive de lOD.
Vopiomètrede G. Stampfer repose sur le même principe. Il consiste en un tube à coulisse, dont l'extrémité oculaire contient une lentille convexe d'environ 8D (5'' de distance focale), et une plaque traversée par deux fentes
1 1 ■larges d'environ et séparées l'une de Tautre par un intervalle de L'objet
(1) Porterfield, Oîi the eue, t. I, p. 423. Edinburgli, 1759.
(2) Id., Med. Esseijs, vol. IV, p. 180.
(3) Young, Pliil. Transactions, 1801, p. 35,
DIOPTOMÉTRIE.
de fixation est représenté par une fente percée à l'autre extrémité du tube; cette
fente, large tout au plus de - , est parallèle aux fentes dont il vient d'être
question, et est recouverte d'un verre dépoli. En faisant successivement avancer et reculer l'objet de fixation, on détermine la distance à laquelle la fente apparaît simple.
Lehôt (1) rapporte qu'il a déterminé la distance moyenne de la vision distincte sur 14070 yeux à l'aide d'un optomètre de Young simplifié. Pour cela il se servait d'une règle longue de 3 pieds, recouverte de velours noir, et sur laquelle était tendu, dans toute sa longueur, un fil blanc. Si l'on applique cet appareil, par l'une de ses extrémités, sur la paupière inférieure, horizontalement et dans le sens antéro-postérieur, le fil apparaît simple à la distance de la vision distincte, mais en deçà et au delà il apparaît double. La partie qui est vue simple ne correspond pas ordinairement à un seul point, mais à une étendue plus ou moins grande, dont la longueur est inversement proportionnelle à la dilatation pupillaire.
Dans ces derniers temps l'expérience de Scbeiner a été de nouveau recommandée en Amérique par W. M. Thomson (2), pour l'examen optomélrique.
Pour la détermination de la réfraction, Thomson fait regarder une lumière distante de 5 mètres, ou une fente découpée dans un carton et éclairée par la face postérieure, tandis qu'il tient devant l'œil un diaphragme muni de deux petites ouvertures.
De cette façon, dans l'amétropie, il y a formation de doubles images monoculaires. Relativement à la situation des ouvertures, la diplopie est homonyme dans la myopie et croisée dans l'hypermétropie. — Pour indiquer facilement la situation des doubles images, Thomson recouvre d'un verre coloré l'une des deux ouvertures et évalue le degré de l'amétropie d'après l'écartement apparent des doubles images.
Dans la pratique, ainsi que l'a déjà remarqué Tréviranus, les optomètres qui sont basés sur l'expérience de Scheiner présentent un inconvénient : c'est qu'il n'est pas toujours facile de vérifier si la vision s'effectue réellement à travers les deux ouvertures, c'est-à-dire si les deux ouvertures sont bien situées au devant de la pupille.
De plus, comme nous le verrons plus loin, il est très-difficile de savoir si l'accommodation est tendue ou relâchée toutes les fois qu'on regarde un objet à travers un instrument d'optique, parce que dans cette condition on ne se rend pas bien compte de la distance de l'objet fixé.
En outre, il est impossible de déterminer exactement les limites dans lesquelles l'objet apparaît parfaitement simple et net, surtout lorsqu'on se sert
(1) Bull, universel des sciences mathématiques, p. 117. Nov. 1829.
(2) W. M. Thomson M. D., An additionnai method to détermine the degree of ametropia { Amer ic, journal of the med. science, janv. 1870).
de fils éclairés ou de fentes qui, par le fait de l'irradiation, semblent toujours plus larges qu'ils ne le sont en réalité.
Enfin, un inconvénient capital de cette méthode c'est qu'il est à peu près impossible d'examiner les deux yeux simultanément (ce qui exclut la détermination du punctum proximum binoculaire), et que, de cette façon, on ne peut pas en même temps contrôler l'acuité visuelle.
§ 41. Optomètres basés sur V aberration chromatique. — Il y a encore un autre moyen de diagnostiquer l'amétropie : ce moyen repose sur l'aberration chromatique de l'œil, dont la constatation est, pour les personnes inexpérimentées, plus facile que celle des phénomènes que révèle l'expérience de Scheiner.
Helmholtz a fait remarquer que les phénomènes de l'aberration chromatique se produisent de la manière la plus frappante lorsque la lumière est composée des deux couleurs extrêmes du spectre. Il suffit pour cela de faire passer un rayon de lumière solaire à travers un verre coloré en violet foncé. Ce verre absorbe les rayons moyens du spectre et ne donne passage qu'aux rayons les plus extrêmes, c'est-à-dire aux rayons violets ou bleus et aux rayons rouges. Si l'on fait l'expérience avec la lumière d'une lampe, cette flamme contenant peu de rayons bleus et violets, il est préférable, selon Helmholtz, de se servir d'un verre bleu de cobalt, qui laisse passer peu de jaune, d'orangé et de vert, mais qui, au contraire, est traversé par les rayons du rouge le plus extrême, par les rayons indigo et par les rayons violets. Si l'on couvre d'un verre de cette couleur l'ouverture d'un écran placé devant la lampe, on se procure aihsi un point lumineux présentant les deux couleurs du mélange. Les rayons rouges forment un cercle de diffusion, dès que l'œil est accommodé pour les rayons violets, ce qui donne la sensation d'un point violet entouré d'un cercle rouge. Si, au contraire, l'œil est accommodé pour les rayons rouges, il se produit un cercle de diffusion des rayons violets, et l'on a un point rouge dans un champ violet.
Si l'œil est accommodé pour des rayons de réfrangibilité moyenne, c'està-dire pour les rayons intermédiaires au rouge et au violet du spectre, les rayons rouges et violets produisent alors un cercle de diffusion de grandeur égale, et la surface éclairée est uniformément colorée. De cette manière on peut déterminer la distance à laquelle l'œil est accommodé pour des rayons d'une longueur d'onde moyenne.
Ce principe sert de base à un procédé très-commode et très-rapide pour déterminer l'amétropie d'un faible degré : on invite le patient à regarder une flamme de bougie à travers un verre coloré en bleu de cobalt; l'image de diffusion, qui est bleue, apparaît alors à l'œil myope plus grande que l'image rouge, tandis que le milieu de la flamme est rouge et que le bord en est bleu. Dans l'hypermétropie c'est le contraire qui a lieu, la flamme est bleue au centre et rouge sur les bords. Dans l'amétropie d'un degré élevé, les cercles de diffusion deviennent trop grands pour qu'on puisse nettement distinguer les couleurs.
DIOPTOMÉTRIE.
Lorsqu'on a déterminé approximativement le numéro des lunettes de l'amétrope, on peut déterminer à l'aide d'un verre violet si le verre correcteur est trop fort ou trop faible.
Lorsqu'on se sert de la lentille de Stokes à axe constant (p. 687), et qu'on prend pour objet de fixation une fente éclairée par une lumière composée de rouge et de violet, on peut déterminer successivement, pour le rouge et pour le violet, la valeur de la réfraction dans le méridien perpendiculaire à la fente sténopéique. La disposition intermédiaire à laquelle correspond une coloration uniforme de la fente, indique la valeur de la réfraction pour la lumière mélangée, dans le méridien en question.
Youtig a rapporté la remarque suivante faite par Wollaston : « A travers un prisme il fixe un point lumineux qui apparaît alors comme un spectre linéaire. L'œil ne peut pas s'accommoder à tel point que le spectre tout entier se présente sous la forme linéaire, attendu que s'il est accommodé pour les rayons rouges, les rayons bleus sont trop fortement réfractés et s'étendent en surface. Le contraire a lieu quand l'œil est accommodé pour les rayons bleus. Il en résulte que dans l'un et l'autre cas la ligne spectrale présente une forme triangulaire. »
Sur les conseils de Helmholtz, le docteur B. A. Pope( l) a combiné cette découverte avec l'expérience de Scheiner. Il regarde un point lumineux à travers un prisme, et, pendant ce temps, il tient au devant de sa pupille un diaphragme muni de deux ouvertures sténopéiques. La ligne de réunion de ces ouvertures est parallèle à l'axe du prisme. Les deux ouvertures ne forment qu'une seule image du point lumineux dans la couleur pour laquelle l'œil est adapté; pour toutes les autres couleurs, elles en forment deux qui sont d'autant plus écartées l'une de l'autre que la couleur dans laquelle ces images apparaissent est plus éloignée de celle pour laquelle l'œil est adapté. Si l'œil est accommodé pour une des couleurs extrêmes du spectre, le spectre linéaire apparaît sous la forme d'un V; quand il est accommodé pour les couleurs moyennes, il se présente sous la forme d'une croix.
§ 42. Optomètres basés sur la détermination de f acuité visuelle, avec ou sans verre correcteur. — Parmi les optomètres qui sont basés sur la détermination de l'acuité visuelle, il nous faut mentionner avant tout le « drahtoptomètre », l'optomètre à treillis de de Graefe. Il repose sur un principe indiqué par Coccius (2), et consiste en deux fds noirs très-fins, que l'on doit regarde]sur un fond clair. La plus grande et la plus petite distance de la vision distincte (c'est-à-dire la distance du punctum remotum et celle du punctum proximim) sont déterminées ici approximativement à l'aide d'un mètre enroulé.
L'optomètre d'Alfred Smee (3) consiste en une règle graduée, le long de
(Ij Arch. f. ophth., IV, 1, p. 41.
(2) Coccius, Der Augeiispiegel. Leipzig, 1851, p. 14-8 et 182.
(3) Alfred Smee, Tlie eye in Jtealtli and disease, ISM-, p. 50.
laquelle peut se mouvoir une planchette portant des caractères-types; à celle des extrémités de la règle qui vient se placer au devant de l'œil, se
trouvent quatre lentilles positives, ^, -, -, ,7^(2,4,8, 45 D). C'est à travers
l'une de ces lentilles que l'on regarde l'objet-type.
Laurence (4) s'est servi d'une règle de cordonnier, portant sur l'une de ses coulisses une feuille où étaient inscrits des caractères d'imprimerie.
On détermine plus exactement pour chacun des deux yeux la distance qui sépare Tobjet et le point nodal, quand on fait usage de l'optomètre de Hasner (2), perfectionné par Donders. La distance de l'œil aux verres employés est constante, et l'objet est toujours vu à travers le centre de la lentille, quel que soit le degré de convergence des deux yeux. Cet optomètre consiste en une planchette quadrangulaire supportée par un chevalet. Sa longueur est de 62 centimètres, sa largeur de 24. Sur toute sa longueur s'étendent trois cannelures dans lesquelles on peut faire glisser, au moyen d'une poignée, le support d'un optomètre à treillis vertical, ou d'une plaque percée de fines ouvertures. La distance intermédiaire aux deux çannelures extrêmes est de 6i millimètres, ce qui équivaut à l'écartement moyen des deuxlignes visuelles dirigées parallèlement. Lorsque l'objet se meut dans la cannelure moyenne, les yeux convergent d'un degré égal. Une échancrure est pratiquée à l'une des extrémités de la planchette pour recevoir la convexité du nez, et au devant des deux yeux sont disposés deux demicercles dans lesquels on peut enchâsser les verres correcteurs. Cette monture est mobile dans une rainure horizontale et circulaire dont le centre de courbure coïncide avec le centre de rotation de l'œil, tant que le sommet de la cornée correspond exactement aux lunettes dirigées de chaque côté des yeux, perpendiculairement au plan antéro-postérieur. La tête est fixée par deux étais en bois qu'on peut enlever à volonté, et qui servent d'appui aux os malaires. Les cannelures dans lesquelles circulent les montures des verres correcteurs peuvent être rapprochées ou écartées l'une de l'autre au moyen d'une vis. On lit leur écartement sur une échelle, et cette distance doit toujours être égale à la distance réciproque des lignes visuelles des deux yeux dirigées parallèlement.
C'est à l'aide de cet optomètre que Donders a entrepris ses recherches, devenues classiques, sur l'amplitude relative de l'accommodation ; il détermina, pour les différents degrés de convergence, les verres positifs ou négatifs avec lesquels la vue distincte est encore possible. Dans ces expériences on pourrait remplacer avec avantage les verres sphériques par deux lentilles de Stokes modifiées (p. 687).
On peut rapprocher l'optomètre de Burow (3) de ce dernier appareil. Il consiste en un tube à coulisses dont l'extrémité oculaire porte une lentille
(1) Laurence, Optical clefects of the eye. London, 1865, p. 40.
(2) Hasner V. Artha, Pmger Vierteljahrsschrift, 1851, B. XXXII, p. 166.
(3) Von Burow, Ein neues Optometer. Berlin, 1863.
DIOPTOMÉTRIE.
positive de 4''de distance focale (9D), tandis que l'autre extrémité est fermée par un verre dépoli sur lequel sont photographiés des caractères-types. Dans l'instrument de Recoss (de Kœiiigsberg), les caractères sont remplacés par quatre mots de différentes grandeurs, en lettres gothiques, et entourés d'une série de lignes rayonnantes. Dans le modèle de cet instrument qu'on possède à Utrecht, on a substitué aux mots une photographie réduite des caractères-types de Snellen, depuis le numéro CC jusqu'à XX.
La distance de l'objet à l'oculaire peut être lue directement sur le tube de l'instrument. En outre, on a ajouté à celui-ci trois échelles dont l'une donne la réduction d\i punctum remotum à Tinfini, la seconde la même réduction à ^7 centimètres, et la troisième à 40 centimètres.
Au point de vue de l'exactitude des résultats, cet instrument n'a pas de supériorité réelle sur les autres optomètres :au contraire, l'idée que l'on doit reconnaître les caractères placés dans le tube, suffit à provoquer de la part de l'observateur un effort d'accommodation. De plus, par cette méthode, la détermination simultanée de l'acuité visuelle devient très-imparfaite, attendu que l'angle visuel sous lequel apparaissent les caractères-types se modifie suivant l'extension qu'on a donnée au tube. Enfin, cette méthode exclut complètement la détermination de la vision binoculaire.
MM. Perrin etMascart(l) ont construit un optomètre qui, dans son principe, correspond absolument à celui de Burow. Il consiste en un tube métallique porté par un support, et à l'extrémité duquel est ajusté un verre dépoli. Sur ce verre dépoli sont tracés des caractères et des lignes parallèles noires destinées à la détermination de l'acuité visuelle et de l'astigmatisme. A l'autre extrémité est adapté un oculaire assez puissant. Le tube lui-même ne peut pas être allongé ou raccourci ; mais il renferme une forte lentille négative qu'on peut faire mouvoir entre l'oculaire et l'objectif au moyen d'une crémaillère. Ainsi dans l'optomètre de Burow, c'est l'objet lui-même qui change de place, tandis que dans l'optomètre de Perrin et Mascart, c'est l'image virtuelle dont on fait varier la distance.
Une simple lentille convexe a été employée comme optomètre dans ces derniers temps par MM. Badal et Burchardt, à l'insu l'un de l'autre.
Ces optomètres renferment, dans un tube, des objets-types, photographiés sur un verre dépoli, et une lentille convexe de 63 ou de 100 millimètres de distance focale. Cette lentille, qui conserve invariablement sa position, est placée à une distance telle de l'œilleton du tube que son foyer coïncide avec le centre optique (point nodal) de l'œil examiné. On fait mouvoir la plaque ♦qui porte les objets-types jusqu'au point où ils apparaissent avec le plus de netteté. Une division pratiquée sur le tube indique, en dioptries, le degré de l'amétropie. L'instrument de M. Badal permet des excursions de 20 dioptries négatives à 15 dioptries positives.
(1) Maurice Perrin et Mascart, Mémoire sur un nouvel optomètre {Annales rVOculistique, 1869, t. LXI, p. 5).
Les deux auteurs, en faisant coïncider le foyer de la lentille avec le point nodal de l'œil examiné, cherchent à rendre égales les images rétiniennes que reçoivent l'emmétrope et les amétropes de degrés différents. Dans la noie de là . page 499 de cet ouvrage, Landolt a expliqué que ce procédé renferme une erreur dans son principe, attendu que, dans le cas de coïncidence du foyer avec le centre optique de l'œil, les images rétiniennes des amétropes axiles, qui forment la grande majorité des amétropes, diffèrent notablement, suivant le degré de l'amétropie. On obtiendrait l'égalité des images rétiniennes en faisant coïncider le foyer du verre convexe avec le foyer antérieur de l'œil.
§ 43. Optomètres basés sur le principe de la lunette de Galilée. — Parmi les méthodes de détermination de la réfraction que nous venons de passer en revue, celle qui consiste à chercher le verre qui donne la meilleure acuité visuelle à distance, est sans contredit la meilleure; mais le choix du verre correcteur exige toujours un certain temps, et elle peut de plus donner lieu à des méprises. Si les verres ne sont pas parfaitement propres, il peut arriver que le patient préfère au verre qui lui conviendrait en réalité un verre beaucoup moins convenable. Il suffit pour cela que ce dernier soit plus transparent. Il y aurait donc un avantage notable à se servir de verres qui permissent d'en faire varier rapidement le pouvoir réfringent.
Comme nous le verrons page 688, on arrive à ce résultat, pour les verres cylindriques, à l'aide de la lentille modifiée de Stokes. Pour les verres sphériques on peut faire varier facilement la force réfringente d'un système de lentilles, au moyen d'un verre positif et d'un verre négatif dont on peut modifier la distance réciproque.
De Graefe a appliqué le premier ce principe à son optomètre. Il fit construire un instrument auquel il donna le nom de réfractomètre ou de compensateur de réfraction. Cet instrument consiste en une longue lunette assujettie sur un support, et munie d'un objectif de 8" de distance focale (4,5 D). Au devant de l'ouverture oculaire on peut faire passer successivement trois verres
de — ^, — et — ^( — 5, — 11 et — 20D). A chacune de ces trois
lentilles correspond, sur la lunette, une échelle spéciale qui donne la valeur de la réfraction produite par ce système de lentilles.
Le réfractomètre ainsi construit est pourtant un instrument encore défectueux. Il présente, il est vrai, un avantage sur l'optomètre de Burovv, en ce sens qu'il favorise une détente plus facile et plus complète de l'accommodation : en effet, avec cet instrument on regarde à de plus grandes distances; mais la longueur de la lunette entraîne un rétrécissement du champ visuel, et, de plus, l'emploi d'oculaires de trois sortes différentes rend l'angle visuel très-variable. Enfin, ainsi que nous l'avons vu, il est indispensable, lorsqu'on emploie ces instruments, de pratiquer la détermination simultanément pour les deux yeux.
On sait que la lunette de Galilée a pour but non-seulement de corriger la réfraction, mais surtout d'agrandir l'angle visuel. C'est pour cela qu'on rend
DIOPTOMÉTRIE.
aussi grande que possible la distance qui sépare les deux lentilles. Mais si nous voulons appliquer ce principe à la détermination de la réfraction, nous devons chercher au contraire à supprimer autant que possible le grossissement, et à la place de la grande lunette de de Graefe, adopter une combinaison de verres puissants permettant un rapprochement aussi grand que possible. Dans ce but nous nous servons (Siiellen) d'une double lunette (fig. 147)
représentée par deux paires de verres combinés. Chaque paire consiste en une lentille négative de 40D, et en une lentille positive de 20D. La distance réciproque de ces lentilles peut varier à l'aide d'une roue dentée mobile sur une crémaillère. Si l'intervalle des deux lentilles est = zéro, l'action totale de la combinaison peut être exprimée par — 20D ; si au contraire on augmente la
distance de 27™"", l'action des verres combinés sera = ^ ; si l'on écarte encore
davantage les deux lentilles, leur action totale deviendra de plus en plus positive.
Pour les effets positifs de la combinaison, il vaut mieux toutefois avoir recours à une combinaison de — 20D avec -J- 20D. En faisant varier la distance réciproque des lentilles, depuis 0 jusqu'à 54™™, on obtient une force réfringente progressivement croissante depuis 0 jusqu'à + 20D.
En même temps qu'on déplace les lentilles, -la rotation de l'axe de la roue
FiG. 147.
68 i SNELLEN ET LANDOl.T. — RÉFRACTION ET ACCOMMODATIOÎN.
dentée met en mouvement un index; celui-ci indique sur un cadran les valeurs qui correspondent aux différentes distances, avec un intervalle de 0,33 D. Pour donner plus de place à l'échelle, on l'a disposée en spirale sur une plaque ronde, et l'index parcourt lui-même un trajet spiroïde, à l'aide d'un mécanisme fort simple. L'instrument présente le triple avantage d'une grande étendue de champ visuel, de la vision binoculaire, et d'un agrandissement relativement restreint de l'angle visuel. De cette façon, à l'aide d'une table de réduction appropriée, on peut en même temps déterminer et la réfraction et l'acuité visuelle.
§ 44. Diagnostic de V astigmatisme. — Lorsqu'il est impossible au moyen des verres sphériques de rendre à l'acuité visuelle sa valeur normale, on doit penser à l'existence de l'astigmatisme réguher (As), c'est-à-dire d'un astigmatisme qui peut être corrigé par les verres cylindriques. Nous désignons ainsi la différence maximum de réfraction de deux méridiens oculaires perpendiculaires entre eux.
La diminution de l'acuité visuelle produite par l'astigmatisme est carac- Jtérisée par ce fait, que des lignes droites dirigées dans un certain sens, sont vues plus nettement que celles qui sont dirigées dans un autre. C'est pour cela que dans l'astigmatisme on voit communément commettre des erreurs tout à fait caractéristiques relativement à certaines lettres de l'alphabet très-différentes les unes des autres, et qui sont confondues entre elles par le malade. Lorsque Ton est ainsi amené à supposer l'astigmatisme, on n'arrivera à un diagnostic certain qu'en invitant le patient à regarder des lignes radiées disposées sur un tableau qu'on place successivement à différentes distances. Les lignes qui apparaissent le plus nettement, et celles qui apparaissent le moins distinctement indiquent la direction des deux méridiens principaux. Si l'acuité visuelle est suffisante, le patient indique sans peine la première direction ; moins facilement, au contraire, il indique les lignes qui lui samblentles moins distinctes, et cela parce que les méridiens voisins produisent une image tellement diffuse, qu'il est presque impossible de les différencier entre eux d'une manière exacte.
La différence de réfraction dans les deux méridiens principaux indique le degré de V astigmatisme. — Pour la détermination de la réfraction dans les deux méridiens principaux, nous avons à répéter ce que nous avons dit du spasme de l'accommodation, en parlant de la détermination de la myopie et de l'hypermétropie.
On peut déterminer séparément pour les deux méridiens principaux la réfraction r; il suffit, en effet, de placer devant l'œil une fente étroite dirigée d'abord dans le sens de l'un des méridiens, puis dans le sens de l'autre, et d'évaluer ainsi l'acuité visuelle par les procédés ordinaires, ou à l'aide de séries de lignes parallèles, dirigées dans des directions différentes (Becker). Il peut arriver, avec l'une ou l'autre méthode, qu'on trouve dans l'un des
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deux méridiens principaux une myopie trop forU;, ou une hypermétropie trop faible. C'est ce qui explique aussi pourquoi différents observateurs qui avaient supprimé l'accommodation par i'usage des mydriatiques, ont obtenu un plus haut degré d'astigmatisme que sans atropine. Nos nombreux examens, au contraire, ne comportent pas cette erreur, attendu que nous corrigeons l'astigmatisme simultanément daus les deux méridiens principaux.
Quand on détermine l'astigmatisme, il faut veiller à ce que le patient ne resserre pas la fente palpébrale. En effet, la pression des paupières peut augmenter la courbure de la cornée dans le méridien vertical. En outre, il se produit ainsi une fente sténopéique horizontale, et les larmes, qui s'accumulent le long de la paupière inférieure, exercent encore une influence qui n'est pas à négliger sur la force réfringente de la surface cornéenne.
Quand on a déterminé l'astigmatisme des deux yeux, on le corrigera au moyen de verres cylindriques, et l'on déterminera de nouveau la réfraction avec des verres sphériques ajoutés aux précédents. C'est l'amélioration de l'acuité visuelle ainsi obtenue qui permet de déterminer la réfraction d'une manière plus précise. Souvent on trouve ainsi la myopie plus faible et l'hypermétropie plus prononcée que dans la correction préliminaire.
§ 45. Détermination de la direction des méridiens principaux dans Vœil astigmate. — Quand on recherche l'astigmatisme, il s'agit, en première ligne, de déterminer la direction des deux méridiens principaux. Depuis que Donders a signalé la fréquence de l'astigmatisme, on a fait l'essai de nombreuses méthodes destinées à le déterminer le plus facilement et le plus exactement possible.
Pour trouver la direction des méridiens principaux, on prenait d'abord un verre cylindrique quelconque qu'on faisait tourner devant l'œil du patient, en invitant celui-ci à lire à une certaine distance des caractères-types. On trouvait ainsi la position dans laquelle la vision est le plus distincte, et les positions dans lesquelles elle est le plus défectueuse. Mais quand le verre cylindrique choisi différait par trop de celui qu'on aurait dû employer, les résultats obtenus étaient fort loin d'être exacts. Aussi cette méthode ne convient-elle, tout au plus, qu'à un examen préliminaire et superficiel.
En plaçant au devant de l'œil une fente sténopéique à laquelle on peut donner successivement toutes les directions, on arrive cà déterminer la réfraction de tous les méridiens. Dans l'astigmatisme hypermétropique, il faut particulièrement tenir compte de la tension de l'accommodation; en effet, il arrive souvent que, dans l'intérêt de la vision distincte, l'effort de Paccommodation diffère selon les méridiens. Aussi cette méthode ne répond-elle pas complètement à son but.
M. Green (1) a proposé de faire tourner des lignes parallèles autour d'un point fixe, de manière à leur donner successivement toutes les directions. Dans l'astigmatisme myopique, on peut déterminer ainsi rapidement le méridien
(1) Loc. cit.
dans lequel la vision est le plus distincte et celui où elle l'est le moins. Dans l'astigmatisme liypermétropique, au conlraire, il faut tenir compte de l'intervention de l'accommodation qui vient ici, de même que lorsqu'on se sert de la fente sténopéique, modifier les conditions de l'observation. La même objection peut être faite à toutes les méthodes qui consistent à déterminer l'astigmatisme à l'aide de figures isolées représentant des lignes parallèles.
Toute figure qui représente des lignes dirigées en tous sens, comme la figure étoilée de Green, offre donc à cet -égard un avantage incontestable.
Comme toutes les directions peuvent être exprimées par les rayons d'un demi-cercle, dans nos caractères-types, nous (Snellen) n'avons donné ici que la moitié de la figure étoilée de Green. Prenant la vertical epour poin£ de départ, nous comptons les degrés à partir de cette ligne, et les qualifions de positifs à droite et de négatifs à gauche. C'est là le moyen, certainement le plus simple, d'exprimer la direction des méridiens principaux. La demi-figure étoilée consiste en lignes rayonnées, présentant la même épaisseur que les caractères-types n° 6; on doit par conséquent les regarder à une distance de 3 à 6 mètres. Au voisinage du centre, la figure étoilée est formée de lignes très-minces, de telle sorte que le même tableau peut servir aux déterminations à de courtes distances.
Pour l'œil astigmate, un point lumineux parait allongé dans une certaine direction. La direction de cet allongement correspond à l'un des méridiens principaux de l'astigmatisme.
M. Strawbridge dispose autour de ce point lumineux des fentes radiées, de 10° en 10% et il donne à ces fentes une longueur de 9 centimètres sur 5 millimètres de largeur. De cette façon il devient facile pour le patient d'indiquer la direction dans laquelle le point lui paraît allongé, et cela d'autant plus que le rayon correspondant lui paraît plus net.
Afin de pouvoir démontrer avec plus d'exactitude cette direction, le D' W. Laidlaw Purves (1) a construit un disque circulaire, mobile autour de son centre, et traversé par deux petites ouvertures situées sur l'un de ses diamètres. Si l'on place le disque au devant d'une lumière, ces ouvertures deviennent des sources lumineuses; en faisant tourner le disque, il est facile d'indiquer à quel moment coïncident les directions des lignes de diffusion produite par ces deux foyers de lumière. Cette méthode paraît être, jusqu'à nouvel ordre, la plus exacte que l'on puisse appliquer à la détermination du méridien principal dans l'astigmatisme.
Airy (2), qui le premier analysa l'astigmatisme régulier, fit des recherches exactes sur son propre œil gauche, et, à l'aide d'un point lumineux, détermina le punctum reinotiun dans les deux méridiens principaux. Comme il était atteint d'un astigmatisme myopique extrêmement prononcé, il trouva
(1) Arch. f. ophth., 1873, t. XIX, 1, p. 89.
(2) Tramactions of the Cambridge phil. Society, 1827, vol. II, p. 267.
DIOPTOMÉTRIE.
pour la plus grande distance à laquelle le point lui apparaissait comme une ligne, {""/le centimètres, et pour la plus petite distance 1)5 centimètres; les deux méridiens étaient réciproquement perpendiculaires. Si cette détermination a été exécutée, l'accommodation étant complètement nulle, l'astigmatisme d'Airy peut être exprimé comme suit : Asm (10 — (3) = 4 D environ, combiné avec M6,5 D.
Lorsqu'on emploie cette méthode pour des yeux qui ne sont pas myopes, il faut se servir d'une lentille positive sphérique, dont l'axe coïncide avec l'axe visuel.
Lorsqu'il n'existe qu'une myopie très-faible, la modification apportée cà cette méthode par Donders est encore préférable. Doiiders, en pareil cas, choisit un point lumineux situé à grande distance. Dans la plupart des cas, il sera facile d'indiquer avec une exactitude suffisante les verres sphériques qui permettent de voir le point lumineux, comme une raie étroite, successivement dans deux directions perpendiculaires entre elles.
Ces méthodes présentent quelque difficulté, quand il existe en même temps de l'astigmatisme irrégulier ; et cela se présente fréquemment. En effet, on voit se former alors des lignes accessoires diversement dirigées, et la détermination exacte par les verres correcteurs devient plus difficile.
§ i6. Détermination optométriqiie deVastigmati>ime. — Une fois qu'on est fixé sur la direction des méridiens principaux, on passe à une évaluation plus exacte de la réfraction dans les deux méridiens, et pour cela on s'astreint aux règles que nous avons formulées en parlant de la détermination de la réfraction. Ou on pratique cette détermination séparément pour chacun des méridiens ; ou bien encore on corrige l'astigmatisme à l'aide de verres cylindriques, dont l'axe est parallèle au méridien de la plus forte ou de la plus faible réfraction. Cette dernière méthode est plus avantageuse, en ce sens qu'elle permet d'employer des caractèies d'imprimerie ou des figures faciles à décrire ; par là on remplit le but qu'on se propose, à savoir le contrôle de la détermination de la réfraction par la déteri.nination de l'acuité visuelle.
Pour ce genre d'examen, une lentille cylindrique d'une force variable doit être particulièrement utile, attendu qu'on peut, grâce à elle, obtenir d'une manière successive et rapide une réfringence plus forte ou plus faible, sans avoir à changer constamment les verres correcteurs. Telle est la lentille de Stokes, qui consiste en un cylindre positif et un cylindre négatif de même distance focale. Ces deux cylindres peuvent tourner l'un sur l'autre, autour de l'axe de la lentille, de telle taçon que les axes des cylindres parcourent successivement toutes les positions réciproques, depuis celle où ils sont parallèles, jusqu'à celle où ils sont perpendiculaires. Toutefois ce principe n'a pu, pendant longtemps, trouver d'application dans la pratique.
En faisant tourner les verres, il fallait en effet, à chaque expérience, commencer par chercher l'axe du système des deux cylindres combinés. Cet inconvénient a disparu, grâce à la lentille modifiée de Stokes, construite
(388 SNELLEN ET LANDOLT. — RÉFRACTlOiN ET ACCOMMODATION.
à Paris, par l'opticien Crétès, sur nos indications (Snellen) (1) (fig. 148). Les
deux verres cylindriques (c -|- 3 et c ~ 3) sont tournés l'un et l'autre, d'une quantité égale, simultanément, mais dans une direction opposée. Nous obtenons ainsi une lentille cylindrique variable, avec un axe dont la direction reste constamment la même. On peut aussi se servir de cet instrument pour déterminer la réfraction dans toute l'étendue d'un méridien, surtout au moyen de lignes parallèles; lanouvelle édition de nos Test-types (Snellen) en renferme un tableau (6 jusqu'à 60).
Lorsqu'on s'en sert, la lentille modifiée de Stokes doit être tenue de telle façon^ que l'axe du cylindre reste parallèle à la direction des lignes qu'on regarde.
Malgré ces avantages, le perfectionnement de la lentille de Stokes n'est néanmoins qu'incomplet; en effet, comme elle se compose d'un cylindre positif et d'un cylindre négatif, on n'obtient jamais un cylindre simple, mais toujours deux cylindres dont les axes sont croisés, ce qui fait que l'astigmatisme de l'œil ne peut pas être corrigé, sans que le reste de la réfraction sphérique ne soit influencé.
Ce qu'il faut, c'est un instrument qui produise bien nettement une action cylindrique d'intensité variable sans action cylindrique dans la direction opposée.
Nous sommes arrivés à ce résultat en combinant avec le mécanisme que nou& venons de décrire, une autre méthode de variation de la puissance des verres; c'est-à-dire la combinaison de deux len- FiG. lis. tilles sphériques, l'une positive et l'autre
négative, dont on fait varier la distance. Si nous construisons une lentille de Stokes à axe constant, au moyen de deux verres cylindriques de — 3, nous aurons C — 6 dans la direction
(1) Arch. f. Ophth., 1873, t. XIX, 1, p. -78.
DIOPTOMÉTPilE.
parallèle des axes, et S — 3 dans la direction perpendiculaire. Dans les directions intermédiaires, le cylindre produit des effets qui varient depuis Q — 6 jusqu'à 0, effets combinés avec une action sphérique qui varie depuis 0 jusqu'à — 3. Cette action sphérique de 0 à — 3 doit être éliminée. On y arrive en adaptant à l'appareil une combinaison de S — 9 avec S + 9, dont la distance réciproque peut varier depuis 0 jusqu'à 1 pouce. M. Crétès a construit également cet instrument sur nos indications. Un des deux verres de G — 3 est ainsi remplacé par la combinaison de G — 3 avec S — 9. Au devant de ce système, se rapproche ou s'écarte une lentille sphérique de -\- 9, et ce déplacement s'effectue en même temps que la rotation des verres cylindriques. La grandeur de leurs excursions est réglée I au moyen d'une courbe spécialement construite dans ce but, et c'est sur
cette courbe que se meut le support mobile de l'appareil, j Grâce à cette modification de la lentille de Stokes, on obtiendra tous les effets cylindriques depuis 0 jusqu'à G — 6. On peut naturellement aussi représenter de la même façon les cylindres positifs. Parmi les méthodes de détermination de l'astigmatisme (1), l'optomètre I de M. Javal mérite une mention spéciale. Il consiste en une boite quadrangulaire, susceptible de s'allonger, et dans la paroi antérieure de laquelle sont disposés deux verres positifs pour les deux yeux. A travers l'un de ; ces deux verres (par exemple 6), l'œil qu'on veut examiner regarde vers j une figure étoilée. Si l'œil est atteint d'astigmatisme et qu'on éloigne l'objet, I c'est-à-dire qu'on allonge la boîte, une des lignes reste nette plus longtemps que les autres. Gelle-ci est perpendiculaire au méridien de la réfraction la plus faible. Si l'on allonge alors l'instrument jusqu'à ce que cette ligne apparaisse distincte, on place successivement au devant de l'œil différents verres cylindriques négatifs dont l'axe est perpendiculaire à la ligne j la plus nette. De cette manière on arrive à trouver un verre avec lequel ! toutes les lignes apparaissent avec une égale netteté. Pour trouver le verre en question, M. Javal a disposé au devant de la lentille convexe deux disques de Rekoss, qui se meuvent l'un sur l'autre autour d'un axe commun, et tous deux renferment quatre verres cylindriques négatifs. Chacun des huit verres peut être employé, soit seul, soit combiné avec les quatre verres de l'autre disque. De cette façon on arrive à produire 32 numéros différents ! de verres cylindriques. Grâce à une disposition spéciale, un index placé I dans une ouverture pratiquée au disque supérieur signale la valeur des verres ! combinés pour chacune de leurs combinaisons. La situation des axes des I verres cylindriques est obtenue par la rotation de l'ensemble de l'appareil qui I -contient les verres. La force des verres cylindriques à travers lesquels toutes les lignes radiées sont distinguées avec la même netteté exprime le degré de I l'astigmatisme.
j Pour qu'il fût plus facile d'indiquer la ligne la plus nette, M. Javal a disposé
' (1) Annales crociilistique, 1865, t. LUI, p. 58.
690 SNELLEN ET LANDOLT. — RÉFKACTION ET ACCOMMODATION.
sur la figure étoilée les nombres XII, I, II, etc., dans le même ordre que si le cadran d'une montre ; chaque direction est ainsi indiquée de 30 degrés e 30 degrés.
M. Javal a donné en outre à cet instrument une disposition qui le met ai dessus de tous les autres optomètres construits jusqu'à ce moment : à côté d la lentille dont il a été question il en a placé une seconde à travers laquel l'autre œil peut regarder, et par laquelle on aperçoit un cercle égal à celi qui circonscrit la figure rayonnée. L'intervalle des centres des deux cerck correspond à l'intervalle des deux yeux. Si l'individu qu'on examine possèd la vision binoculaire et peut confondre les deux cercles en une seule ( même image, il est par là même obligé de tenir la tête droite et de diriger s€ axes oculaires parallèlement, ce qui restreint notablement le fonctionnemer de l'accommodation.
Cet optomètre de Javal, construit à Paris par Nachet, présente des avan tages manifestes.
Dans Toptomètre de Burow, ainsi que nous l'avons fait remarquer, l'obje consiste également en une figure rayonnée; de cette façon il est facile d déterminer ici encore l'astigmatisme. MM. Perrin et Mascart ont choisi pou Finstrument dont nous avons parlé plus haut une série de lignes parai lèles qu'on peut placer dans tous les méridiens. En outre, pour s'assurer d la rectitude de la tête, ils ont disposé à côté de l'oculaire une fente étroit qu'on peut placer parallèlement aux lignes, et à travers laquelle l'autr œil doit regarder; de sorte que par la méthode à double vue, les ligne considérées avec le premier œil sont projetées dans le champ visuel limit par la fente.
Pour la détermination de l'astigmatisme , l'oculaire de l'optomètre d V. Graefe est muni d'une fente sténopéique, à laquelle on peut donner la direc tion que l'on veut en lui faisant exécuter un mouvement de rotation autou de l'axe de l'instrument. Cette direction se lit sur une division graduée. Oi détermine ainsi successivement l'état de réfraction de l'œil dans les deux mé ridiens principaux.
Pour déterminer les méridiens principaux, M. 0. Becker a construit de^ tableaux avec des lignes noires parallèles sur fond blanc, dirigées en différents sens, et dont le degré d'inclinaison, par rapport à la verticale et à l'horizontale, est exprimé par des chiffres. M. Becker détermine l'astigmatisme ei recherchant successivement dans les deux méridiens principaux l'état de h réfraction oculaire. Il va de soi que cette méthode ne donne de résultat; exacts que lorsque l'accommodation est nulle. Les tableaux de M. Becke renferment aussi une figure représentant de nombreux cercles concentrique: qui semblent confus dans le méridien pour lequel l'œil n'est pas accommodé de telle sorte que dans l'astigmatisme, ces parties des cercles présenten dans leur ensemble la forme d'un sabher.
DIOPTOMÉTRIE. 691
M. Green (1) a dessiné une série de figures rayonnés de formes et de grandeurs différentes. Dans ces derniers temps il a aussi représenté quelques-unes de ces figures avec des couleurs différentes ; pour s'en servir il emploie un instrument spécial consistant en un disque mobile autour de son centre, et sur lequel on peut placer les figures en donnant à leurs rayons toutes les directions possibles. Ainsi que M. Javal, il désigne les douze directions par les chiffres des cadrans d'horloge.
M. Orestes Pray a composé de grandes lettres initiales à l'aide de lignes parallèles, mais différemment dirigées pour chacun des caractères (fig. 149). De la lecture de ces lettres on peut conclure à la direction des lignes, suivant laquelle la vision est la plus nette ou la plus confuse, et cela convient parfaitement aux ^^^^^^^^ cas d'astigmatisme léger; mais comme les lignes isolées qui représentent les caractères sont nécessairement très- ^§ courtes, et comme leurs extrémités deviennent tout à fait ^^N^^^S^ diffuses dans les cas d'astigmatisme prononcé, il en résulte que ces lettres sont alors très-difficilement re- ^§
connaissables.
F. Heymann (de Dresde) a publié, d'après le principe de Pray, des caractères gothiques (2).
§ 47. Astigmatisme irrégulier. — Donders a faitre- Fig. 14.9.
marquer que l'astigmatisme irrégulier peut être ordinairement rapporté en partie à l'astigmatisme régulier. Fréquemment, même dans les cas de courbure irrégulière, la réfraction doit être plus forte dans un méri-dien que dans le méridien qui lui est perpendiculaire. On peut alors corriger une partie de l'astigmatisme par un verre cylindrique. En pareil cas on peut employer pour les différentes directions des verres cylindriques tout à fait différents, de telle manière que les données fournies par les personnes qu'on examine semblent se contredire formellement. Mais ici l'ophthalmoscope permettra de conclure sur-le-champ à l'existence ou à la non-existence de Tastigmatisme irrégulier.
Les causes de l'astigmatisme irrégulier peuvent être : une opacité partielle, une courbure irrégulière de la cornée, ou la forme conique de cette membrane ; dans cette dernière condition, le rayon de courbure est plus petit vers le centre, de telle façon que les rayons lumineux se réunissent d'autant plus près qu'ils traversent la cornée dans un point plus voisin de son centre. Il se produit ainsi une augmentation de l'aberration sphérique.
Outre cette courbure conique, la plupart du temps congénitale, de la cornée, on voit assez fréquemment se produire, par suite de la mollesse ou d'une lésion de la cornée, un staphylome qui provoque des phénomènes analogues.
(1) John Green, On a new System of tests for the détection and measurement of astigmatism, with an analysis of sixty four cases of refractive anomalies observed by the aid of this nielhod {Transactions of the American opiitli. Soc, p. 131. New-York, 1869).
(2) Ed. Wilh. Engelmann. Leipzig, 1870.
Les autres conditions qui peuvent encore donner naissance à l'astigmÊ tisme sont : le déplacement latéral et l'obliquité du cristallin, de sorte qt l'axe du cristallin ne coïncide plus avec l'axe de la cornée ; puis les opj cités du cristallin et les inégalités de réfringence de ses différents secteurs.
On peut, d'après la forme que présente l'image de diffusion d'un poii lumineux, se rendre compte de la causG de l'astigmatisme irrégulier. Atî de représenter ces variations de forme dans les différents cas, Steinheil construit un instrument qui consiste en une sorte de lunette munie de cir objectifs auxquels correspondent les vices de conformation possibles du sy tème dioptrique de l'œil. La lunette a 12'" d'ouverture, 9'' de distance focal et elle est pourvue d'un oculaire achromatique et micrométrique de 1/4" ( distance focale. L'instrument donne donc un grossissement de 36 fois. L défauts optiques de l'œil sont surtout faciles à constater à l'aide d'ui étoile artificielle (reflet du soleil ou d'une flamme sur une boule polie d'ei viron 6"' de diamètre) placée à une distance de 8 à 12 pieds.
Parmi les objectifs il en est un qui ne présente aucun défaut. L numéros 1 et 2 indiquent les erreurs qui peuvent résulter d'an défaut ( centration de la lentille cristallinienne : le numéro 1, lorsque l'axe ( cristallin est déplacé parallèlement à celui de^ autres milieux réfringents, se produit alors principalement une erreur de coloration. L'étoile parc d'un côté colorée en rouge, dans le sens du déplacement, et de l'autre cà en bleu. La netteté n'en souffre que médiocrement. En approchant ou < écartant l'oculaire, il n'en résulte encore pour le disque lumineux que < faibles irrégularités. Dans le numéro 2, l'axe du cristallin forme un ans avec l'axe des autres surfaces réfringentes. La répartition de la clarté da le cône lumineux et la netteté en souffrent considérablement; aussi l'ima semble-t-elle d'un côté presque effacée. L'objectif numéro 3 représen l'astigmatisme régulier, et en allongeant ou en raccourcissant l'instrume (d'environ i'" à 1 1/2"' de chaque côté), le point lumineux se convertit i une ligne qui tantôt présente une direction, tantôt une autre perpendiculai à la première. L'objectif numéro 4 rend manifeste l'astigmatisme irrégulie L'image n'offre plus du tout de netteté, et les formes qu'affecte successiv ment le point lumineux sont absolument irrégulières et deviennent inégah quand on allonge ou raccourcit l'instrument.
Donders a fait remarquer que lorsque l'œil est mal adapté, l'image diffusion d'un point lumineux consiste en un certain nombre d'images q résultent de la différence de réfraction des différents secteurs du cristallin, qui apparaissent successivement à travers une ouverture sténopéique se d plaçant au devant de la pupille (polyopie monoculaire). Ij^Nous reviendrons,, dans le chapitre de l'Entoptoscopie, sur le mode de pr duction de ces images de diffusion.
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