AVANT-PROPOS
Ce Trané d'électricité médicale contient la plupart des mémoires d’électro-physiologie publiés, depuis quelques années, dans le Journal d'anatomie et de physiologie et qui ont été récompensés par l’Académie des sciences (concours de 1869, première médaille).
Depuis celte époque, nous avons complété quelquesunes de ces recherches et plusieurs chapitres sont entièrement inédits. En même temps, nous nous sommes efforcés d'appliquer à la pathologie et à la thérapeutique les lois et les principes que nous enseignait la physiologie, Partisans convaincus de la médecine expérimentale, nous avons eu un but constant dans nos recherches, celui d’introduire dans lélectrothérapie des données positives et certaimes, en dehors de toute théorie et de tout système.
Peut-être, peut-on nous reprocher de ne pas assez insister sur certains cas cliniques, de ne pas relater complétement toutes les observations pathologiques et de nous étendre trop longuement sur les faits physiologiques. Ce
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reproches nous les acceptons avec plaisir, car nous avons
voulu constituer une science basée uniquement sur des
lois découvertes expérimentalement, et non encombrer l'his-
toire de |’ électricité médicale de nouveaux cas de guérison,
empirique.
Pour que l'électricité puisse devenir un agent thérapeutique méthodique et rationnel, il faut que le médecin, avant tout, sache quelles sont les diverses modifications qu'il dé-
; ; NAT ù er | termine dans l'organisme, lorsqu'il applique sur une région
quelconque les électrodes d'un appareil électrique. Les conséquences pratiques découlent forcément de ces recherches purement physiologiques.
— Nous tenons à ajouter encore un mot : en combat-
\# tant, dans ce travail, les hypothèses de M. du Bois-Rey-"
mond, nous y avons été déterminés uniquement par des convictions scientifiques et non, comme on pourrait le supposer, par antipathie nationale. Cette déclaration, ridicule en d’autres temps, est malheureusement nécessaire aujourd'hui. La conduite récente de tous les savants allemands nous autoriserait à nous féliciter d'avoir été depuis long-
temps, dans ces questions d’électro-physiologie comme
dans d’autres de physiologie générale, parmi les rares parlüisans des Écoles françaises, et d'avoir osé douter des théories plus où moins métaphysiques ‘d’outre-Rhin. Mais nous Île répétons, nous n'avons jamais été influencés que
par des préoccupations purement scientifiques. Dans tous. les cas, nous ignorions en commençant ce travail, et nous
h avions Jamais pu supposer que nous assisterions un jour
AYANT-PROPOS. . vil
à ce spectacle honteux et que nous aurions à subir les in- sultes des savants en même temps que «loute la douceur d'un peuple modéré qui ne convoite rien en dehors du territoire allemand », selon les propres expressions du recteur de l'Université de Berlin. A?
La science, nous ne l'avons jamais oublié en France, est en dehors et au-dessus des sentiments nationaux et des questions personnelles, mais c’est au nom de la dignité même de la science que nous protestons contre les paroles de M. du Bois-Reymond, dont le nom revient si souvent dans notre ouvrage. C’est à l’homme de science, et non au Prussien, que nous reprochons d’avoir, dans une séance solennelle de l'Université de Berlin, injurié toute la nation française, et de s'être déclaré publiquement, lui, professeur illustre, « le garde du corps de la maison de Hohenzollern ».