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DE L'EMPLOI DE L'ÉLECTRICITÉ STATIQUE EN THÉRAPEUTIQUE

L’électrisation statique était autrefois beaucoup employée en médecine, mais elle a été presque complétement abandonnée depuis la découverte des courants d'induction.

Les appareils employés sont la machine électrique par frottement que tout le monde connaît, la machine électrique de Nairne qui donne les deux électricités, et, comme condensateur, la bouteille de Leyde. La machine électrique de Holtz, inventée récemment, présente de grands avantages : car, sous une forme moins volumineuse, elle donne de grandes quantités d'électricité.

L'électricité statique comprend divers procédés d’appli cation.

À. Etincelles. — Le patient est placé près de la ma

ONIMUS ET LEGROS. 1

chine, et il reçoit des étincelles en approchant les parties malades, des conducteurs métalliques de la machine électrique en action. |

B. Electrisation par étincelles où Bain électrique. — On place la personne que l’on veut électriser sur un tabouret isolant. et on la met ensuite en communication avec les conducteurs d'une machine électrique. Le corps se charge d'électricité, dont une partie se répand à sa surface, et l’autre s'écoule dans lair ambiant et produit le hérissement des cheveux. On associe quelquefois ce procédé avec celui des étincelles.

C. Electrisation à l'aide d'un condensateur. — On se sert ‘ de la bouteille de Leyde. On met sa garniture extérieure en communication avec la partie du corps qu’on veut électriser, tandis qu'on approche de la surface opposée de la même partie un excitateur en communication avec la garmture intérieure de la bouteille. La neutralisation des tensions de signes contraires se fait alors à travers les parties situées entre les deux points en contact avec les conducteurs. |

Ce qui caractérise l'électricité statique, c'est sa forte tension, mais ses effets ne différent pas notablement de ceux des appareils d’induction, et il est possible d'obtenir avec des bouteilles de Leyde les mêmes actions physiologiques qu'avec ces derniers. Il suffirait pour cela d’avoir des bouteilles de Leyde qui se déchargeraient et se rechargeraient plus ou moins rapidement,

Il faut également remarquer que la décharge de la boutelle de Leyde, selon le signe du fluide, agit différemment sur les tissus vivants. Dans une lettre écrite en 1792, Volta rapporte l'expérience suivante : « Ayant répété souvent

ÉLECTRICITÉ STATIQUE EN THÉRAPEUTIQUE. ne) l'expérience, j'ai vu que, si la partie de la bouteille qui touche le nerf est positive ou en plus, 1l suilit, pour produire les convulsions, d’une charge de cinq ou six centièmes de degré de mon électromomètre à paillette; et, au contraire, si l’on fait toucher par le muscle et correspondre au nerf la partie électrisée négativement ou en moins, ce n’est pas assez de vingt, vingt-cinq, trente centièmes de degré du même électromomètre. » Comme le fait remarquer Matteucei (1) : 1l est difficile de décrire une expérience plus exacte et qui montre plus clairement, comme cela est vrai pour toute espèce de courants électriques, que le courant direct est celui qui éveille la contraction la plus forte et qui excite le nerf le plus énergiquement.

Accidents causés par la foudre. — Les fortes étincelles et les secousses produites par l'électricité statique ne sont pas toujours sans danger. Elles ne diffèrent, en effet, de la foudre que par une quantité moindre d'électricité.

On cite quelques cas de guérison de paralysies à la suite de coups de foudre, entre autres celui du pasteur Winter à Kent, qui, paralysé depuis un an, se trouva radicalement guéri, après une violente commotion qu'il éprouva au moment où la foudre tombait dans sa chambre.

Les hommes et les animaux frappés par la foudre présentent, en général, des plaies saignantes, des perforations, des brûlures. Quand il n’y a pas de marque à extérieur du corps, l’autopsie indique souvent une congestion dans le cerveau, et un épanchement de sang hors des vaisseaux sanguins. En dehors de ces lésions organiques, il est pro=

(4) Phénomènes physico-chimiques des corps vivants (Revue des cours scientifiques, 1868).

si

ll APPAREILS ÉLECTRIQUES.

bable, comme M. Brown-Sequard l’a indiqué (1), que les animaux meurent par épuisement du système nerveux. M. Longet a constaté, sur des animaux tués par de vioentes décharges électriques, qu’il était impossible, 1mmédiatement après la mort, de déterminer des contractions musculaires en excitant les nerfs mêmes par des courants énergiques.

On remarque généralement que les cadavres entrent rapidement en putréfaction, ce qui concorde avec les faits démontrés par M. Brown-Sequard, que les contractions musculaires répétées amènent plus promptement la mort complète d’un membre, l'apparition et la disparition de la rigidité cadavérique, et finalement le développement de la putréfaction. | L’électricité atmosphérique agit encore sur l’homme

lorsqu'elle s’y trouve en grande quantité. C'est ainsi que,

pendant les temps orageux, les personnes nerveuses suriout éprouvent un malaise assez considérable. Souvent même, les névralgies augmentent d'intensité pendant ces moments, et les douleurs musculaires se font sentir chez les mdividus atteints de rhumatisme.

Enfin, l'électricité atmosphérique a de plus un effet indirect sur l'organisme par la production de l’ozone. On sait qu'on à voulu voir dans la diminution de l’ozone la cause de certaines épidémies, car on attribue à l'ozone une propriété délétère sur les miasmes. On prétend également, et certaines réactions chimiques semblent le démontrer, que oxygène combiné aux globules rouges du sang s’y trouve à l'état d'ozone.

(1) Comptes rendus de. l’Académie des sciences, 1857.

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