‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 101 sur 173 · LEP ET VTT MIE · texte numérisé non relu

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permet aux muscles d’accumuler en eux une certaine.

somme de principes nécessaires pour leur fonctionnement

plus ou moins prolongé ; landis que, dans le cas où l'influx nerveux fait défaut, cette accumulation ou cette espèce d'emmagasinement et de réserve n’est plus possible, et que le fonctionnement s'effectue dès que la nutrition du muscle à fourni suflisamment de matériaux oxydables.

Comme nous l'avons fait observer, lorsque le système nerveux central ou périphérique vient à être paralysé ou affaibli, les excitations portées directement sur les muscles agissent plus fortement; même sans aucune espèce d’excitation extérieure, les muscles se contractent d’euxmêmes, comme le prouvent les contractions fibriilaires dans toutes les maladies adynamiques. Les faits pathologiques confirment donc les faits physiologiques, et, il faut bien le dire, les théories actuellement reçues ne donnent pas de ces phénomènes d’explication bien satisfaisante.

DES DIFFÉRENCES DANS LA CONTRACTILITÉ FARADO-MUSCULAIRE ET GALVANO-MUSCULAIRE COMME MOYEN DE DIAGNOSTIC ET DE PRONOSTIC.

« Les expériences galvaniques, disait Humboldt, ne sont pas seulement utiles pour la guérison des maladies, mais elles offrent un avantage précieux, de calculerle degré d’excitabilité d’un nerf ou d'un muscle. Je suis persuadé que la doctrine du galvanisme ne répandra jamais plus de lumière sur la médecine pratique que lorsqu'on étudiera cette docline à ce point de vue. » Cette prévision de Humboldt s'est réalisée en partie, et nous allons en résumer les traits principaux, et essayer, en laissant de côté toute théorie et toute “interprétation physiologique ou physique, de montrer com- “ment les différents courants électriques peuvent éclairer

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le diagnostic et servir, de plus, au pronostic de certaines affections.

Les courants induits et les courants continus peuvent être employés pour explorer la contractilité électro-musculire. Examinons d’abord isolément l'influence de chacun. de ces courants. Comme la contractilité n’est pas la mêmes pour ces deux courants, nous emploierons le mot de con trachlité farado-musculaire pour celle qui a lieu par les courants induits, et celui de contractililé galvano-musculaire pour celle que déterminent les courants continus.

1° Courants induits. — 1 n’y a pas d’excitant qui déter= mine des contractions musculaires d’une manière aussi” nette et aussi précise que les courants induits. Avec un courant peu douloureux, 1l est toujours facile de provoquer des contractions très-manifestes sur les muscles sains.

Chaque fois, done, qu’en employant ces courants, on re marquera une diminution dans la force de contraction Ou une abolition de la contractilité, on sera en droit d'admettre“ une lésion soit primitive, soit consécutive, des fibres mus=« culaires. | |

Cette diminution a lieu dans la plupart des affections de la moelle (Marschall-Hall), dans les paralysies traumatiques,s dans les paralysies saturnines (Duchenne), dans les atro= phies suites de lésions périphériques. Ÿ

La proposition de Marschall-Hall s’énonce ainsi : « Dans les paralysies .spinales, la contractilité électro-musculaire diminue dans les muscles paralysés. g __» Dans les paralysies cérébrales, la contractilité électros, musculaire augmente. » ;

Cette proposition n’est pas toujours très-exacte, mais elle | peut servir d’une manière générale pour le diagnostic.

Dans toutes les paralysies traumatiques, comme l’a montré M, Duchenne, la contractilité électro-musculaire disparait très-promptement.

La perte de contractilité farado-musculaire dans les paralysies saturnines, et sa conservation dans les paralysies rhumatismales des extenseurs permettent de diagnostiquer ces deux sortes d’affections qui se ressemblent beaucoup.

Nous reviendrons plus loin sur les autres cas, où il y a des différences dans la contractilité sous l’influence des courants induits.

2° Courants continus. — Sur des muscles sains et à l’état normal, les courants continus déterminent très-difficilement des contractions musculaires lorsqu'ils sont appliqués directement sur les muscles. Lorsque les électrodes sont placés sur le trajet des nerfs moteurs, les contractions sont plus fortes et ont lieu avec un courant moins intense ; mais ces contractions ne sont Jamais aussi intenses qu'avec des courants induits.

Sur un membre sain, le courant ascendant appliqué sur le trajet des nerfs détermine, de plus, des contractions plus énergiques que le courant descendant.

Donc, chaque fois que nous verrons les courants continus produire facilement des contractions, notre attention sera immédiatement éveillée,

a. Si les contractions ont lieu très-facilement, les électrodes étant appliqués sur le trajet des nerfs, nous pouvons en conclure immédiatement que l'excitabilué des nerfs est très-grande et presque exagérée. Cela est vrai et indique en même temps des actions réflexes très-accentuées, et par conséquent une grande excitabilité de la moelle lorsque ces phénomènes ont lieu avec un courant ascendant.

b. Si les contractions, dans ces conditions, sont plus énergiques avec un courant descendant, nous pouvons affrmer, à coup sûr, qu'#/ y a diminution ou abolition de la sensibilité où de l'excitabilité réflexe de la moelle (1).

ce. Si la contraction est plus forte, lorsqu’on agit directe= ment sur les muscles, que lorsqu'on agit sur les nerfs moteurs, on peut en conclure qu'?/ y a une lésion des nerfs et non des muscles, ou tout au moins que la lésion a atteint les nerfs en premier lieu.

d. La contraction, en électrisant directement les nerfs, peut seulement être affablie ou bien complétement abolie.n

e. Lorsque la contraction par l’électrisation des nerfs est. -affaiblie, cela n’a pas de valeur bien définie, si en même” temps l’électrisation directe du muscle donne de faibles contractions. Dans le cas contraire, c’est-à-dire lorsque les« contractions sont plus fortes par l'application directe sur le muscle, on peut certainement en conclure que Ze système” nerveux moteur est altéré, ou du moins a perdu de son excitabilité. |

f. Lorsque la contraction par l’électrisation des nerfsn périphériques est complétement abolie, on peut distinguer * deux cas: 1° Ja contractilité galvano-musculaire est plus” grande qu'à l’état normal; 2° la contractilté galvanos musculaire est affaiblie ou abolie.

1° Contractilité qalvano-musculaire augmentée. Ce phés nomène très-curieux et presque inexplicable existe lorsque les nerfs ont élé aliérés primitivement, d'une manière rapide,

(1) Ces propositions sont la conséquence d’ expériences et d’observations pathologiques rapportées précédemment dans le chapitre consa- | cré à l'étude de l’Influence des courants électriques sur le système ner=\ veux.

et que les nerfs moteurs seuls sont lésés. Presque toujours

“a élat est le si gne d'une paralysie périphérique. 2° Contrachlité galvano-musculaire diminuée ou abolie.

Dans ces conditions, on est en présence de lésions diverses, et c'est surtout dans ces cas que l'examen comparatif des » courants induits et des courants continus est d’une grande utilité.

Examen comparatif de la contractilité musculaire sous l'influence des courants induits et des courants continus.

Après avoir examiné la contractilité électro-musculaire . ct par la faradisation et par la galvanisation, on doit voir si la différence d'action de ces deux excitants ne permet pas de fixer mieux le diagnostic. On pourrait, sous ce rapport,

| faire un très-grand nombre de groupes, mais nous ne con- | * sidérerons que les principaux, et, pour mieux en montrer le ë côlé pratique, nous supposons une paralysie d'un membre sans que le malade donne de renseignements.

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