‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 100 sur 173 · D EU ES SES · texte numérisé non relu

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faible que pour les muscles sains, mais plus fort que pour les muscles qui sont encore paralysés. ;.

Pour ces mêmes muscles, les courants induits doivent, au: contraire, être plus forts que pour les muscles sains.

Cette observation nous démontre :

Sous le rapport des interruptions des courants, qu’au. début de la paralysie, et jusqu’au moment où les mouvements volontaires sont revenus, les courants induits, même en employant des interruptions très-lentes, n’ont plus d’action sur les fibres musculaires paralysées ;

Que, pour les courants continus, l’époque de la maladie amène de grands changements; qu'au début de la paralysie on obüent encore des corttractions en faisant 50 à 60 interruptions par seconde. | |

A une période plus avancée, les contractions par ces mêmes courants disparaissent si l'on dépasse 4 à 8 interrup- « tions par seconde.

Lorsque, dans quelques muscles, les contractions volontaires réapparaissent, c’est-à-dire lorsque la guérison commence à s'établir, les mterruptions peuvent de nouveau être plus rapides. Lorsqu’elles ne dépassent pas 40 à 50 par” seconde, les contractions ont toujours lieu. A mesure que la guérison s'affirme, les interruptions peuvent de nouveau” devenir plus fréquentes. :

Sous le rapport de la tension et de la quantité, un peut dire, d’une manière générale, que la /ension a sur les mus- E cles paralysés une influence moins considérable que sur les muscles sains, tandis que la quantité a plus d’action sur les … muscles paralysés que sur les muscles sains. E

Sous le rapport de l'influence des pôles, on voit qu'une seule fois, et cela au moment où la paralysie paraissait le |

plus prononcée, le pôle positif a eu une influence plus marquée sur la contractilité musculaire. C’est à cette période qu'il suffisait d’un courant de 4 éléments pour produire des contractions.

Sous le rapport de la contractilité, il est certain que huit jours après le début de la paralysie, on ne peut provoquer aucune contraction avec les courants induits, de quelque nature qu'ils soient, quels que soient le nombre des interruptions et la durée qui sépare le passage des courants.

Que la contractilité farado-musculaire ne réapparaît que lorsque les mouvements volontaires existent de nouveau.

Cette contractiité est pendant quelque temps plus faible que celle des muscles sains. La contractilité électro-musculaire pour les courants continus va en augmentant jusqu’à un maximum qui peut rester stationnaire si l'affection reste . chronique, mais qui diminue peu à peu si la guérison arrive. … La forme de la contraction diffère à ces différentes pé- .riodes, elle s'éloigne peu à peu de la forme de la contraction - des muscles striés, pour se rapprocher de celle des muscles lisses; elle devient lente et progressive. De plus, la fibre * musculaire qui se contracte ainsi sous l'influence des cou- . rants continus, reste en partie contractée pendant tout le temps que le courant est appliqué, et conserve même cet état quelque temps après son passage.

pe la contractilité dans les diverses modifications de la fibre musculaire.

…. Dans les muscles striés, la fatigue et la diminution de la “contractilité après la mort présentent également une diffé-

rence d'excitabilité très-manifeste, sous l'influence des cou- “rants induits et des courants continus.

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604 RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES FT CLINIQUES. à Sur des muscles que nous avions maintenus contractés pendant quelques minutes par des courants induits nous | obtenions, lorsque le muscle était fatigué, des contractions. plus fortes avec les courants continus. Sur un muscle ainsl fatigué, la contraction permanente obtenue par le passage d'un courant induit, peut encore être augmentée par l'influence d’un courant de la pile, c’est-à-dire que le muscle cohtracté sous l'influence de courants induits se raccourcit encore lorsqu'on applique directement les électrodes d'un courant continu. Ce phénomène n’a jamais lieu lorsque le muscle est frais. | Lorsque, par la mort, les muscles perdent peu à peu leur excitabilité, cette même différence apparaît entre les cous, rants induits et les courants de la pile. Sans parler d’expé= riences sur les animaux, nous pouvons citer des observations que nous avons eu occasion de constater récemment sur l'homme même. Nous avons fait ces recherches dans. le laboratoire de M. Robin, et en sa présence, Sur le cada= vre d’un supplicié qui avait été exécuté quelques heures auparavant. L’exécution avait eu lieu à cinq heures du matin, et à sept heures et demie tous les muscles du tronc possédaient encore leur excitabilité électrique ; maisen agis- | sant directementsur les nerfs périphériques ou sur la moelle,

: on ne déterminait aucune contraction. L'excitabilité des

Le nerfs se perd donc, ce qui d’ailleurs est connu, bien avant E. celle des muscles. ;.

3 Les muscles exposés à l'air perdent très-vite leur excita= ‘44 |

bilité, mais il n’en est pas de même des muscles profonds. À onze heures et demie, c’est-à-dire six heures et demie après la mort, les muscles du mollet se contractaient encore sous l'influence des courants électriques, et cependant la

À rigidité cadavérique commençait déjà dans les membres inférieurs. L’excitation mécanique déterminait également la . contraction des fibres musculaires, et il nous semble qu’à

catte période, les excitants mécaniques agissent plus énergi- . quement que lorsque les muscles sont sains.

La contractilité nous a également paru persister plus

longtemps pour les muscles à fibres longues.

Sur le trapèze, nous avons constaté, six heures et demie - et plus après la mort, des contractions très-marquées. Ces

contractions étaient plus énergiques par l'application des

- courants continus que par celle des courants induits, ce -qui est l'opposé de ce qui se passe pour les muscles frais.

La forme de la contraction était toute différente de celle qu'on obtient avec les muscles frais. Elle était lente et pro- “oressive et ressemblait beaucoup à celle des fibres muscu- -laires lisses. La contraction était un peu plus rapide, mais - moins forte avec les courants induits.

« Lorsqu'on cessait l’électrisation, les muscles revenaient » également lentement sur eux-mêmes. Ce mouvement étail plus rapide lorsque les muscles avaient été électrisés avec - des courants induits.

é ’ « Au lieu d'obtenir, pendant le passage des courants con- “linus, le relâchement des fibres musculaires, comme cela a lieu pour les muscles frais, le muscle électrisé restait contracté pendant tout le temps de l’application de ces courants. Cependant, pressés dans nos recherches, nous n’avons pu laisser les courants continus appliqués pendant plus de trente à quarante-cinq secondes, et nous ne pouvons assurer si cet état de contraction eût duré plusieurs minutes. Mais, même dans les conditions que nous indiquons, cette diffé-

rence d'action des courants continus sur ces muscles et sur des muscles frais est très-remarquable.

Ces faits nous avaient fait admettre que la airs | d’action des courants électriques sur les muscles striés sains et sur les muscles striés lésés, avait pour cause une trans. formation spéciale qui rapprochait la fibre striée de la fibre lisse, et peut-être même de l’état embryonnaire. |

Nous avions, en effet, été depuis longtemps frappé de la différence d'action des courants continus sur les fibres w striées et sur les fibres lisses. Tandis que sous l'influence de” ces courants, la contraction des fibres striées saines est faible. et momentanée, sur les fibres lisses elle est au contraire très-marquée et persiste souvent pendant longtemps.

Dans des expériences sur les contractions de l’intestin,… nous avons également observé plusieurs fois, et au manomètre, et avec l'appareil enregistreur, que lorsqu'on n’obtenait plus aucune contraction par les courants induits, on | en déterminait encore avec les courants continus. Nous donnons dans le chapitre consacré à l’étude Des mouve= ments de l'intestin deux tracés indiquant les contractions que l’on obtient avec des courants, continus, alors que less courants induits ne déterminent plus aucun effet. 1

Nous avons, en effet, observé des phénomènes du mêmes ordre sur les muscles des embryons. Sur de jeunes embryons de rats vivants et presque à terme, nous avons vu que dans les premiers instants les courants induits et les courants # de la pile donnaient des contractions sur les muscles des. membres. Mais, au bout de fort peu de temps, les courants\ induits ne déterminaient plus de contractions, tandis que les | courants de la pile en déterminaient relativement de très-\ fortes. De plus, la contraction produite par les courants 4

F3 continus est permanente et se maintient pendant tout le temps que le courant est appliqué.

; Nous devons mentionner ici une opinion de M. Schiff, n quiest d'autant plus importante que les conclusions aux- — quelles nous sommes arrivés semblent la confirmer en 4 partie. M. Schiff, dans ses leçons et d’après une communication orale qu’il nous a faite, soutient que la contraction …. idio-musculaire ne peut jamais être obtenue avec les cou- Ë rants induits, et que ceux-ci ne provoquent la contraction “ des muscles qu'indirectement en agissant sur les filets « nerveux.

. S'ilest vrai que dans quelques expériences on a remarqué qu'en agissant sur les troncs nerveux, on ne provoquait » plus avec les courants induits de contractions, tandis qu’on en obtenait en agissant directement sur les muscles, ces . faits ne démontreraient qu’une seule chose, c’est que les . troncs nerveux ont perdu leur excitabilité, mais qu’il n’en k est pas de même des derniers rameaux nerveux. M. Schiif fait la même objection à l'expérience de M. Claude Bernard avec le curare, et iladmet que, dans ces cas, les gros troncs * nerveux sont seuls paralysés et que les dernières ramifications nerveuses restent intactes, ce qui explique pourquoi les - courants induits donnent encore des contractions.

Les courants continus seuls pourraient agir directement sur la fibre musculaire même, et cela par leur action élec- - trolytique. Ce seraient surtout les alcalis qui se forment au … pôle négatif qui exciteraient ainsi la contraction idio-mus- ‘culaire, et c’est pour cela que ce pôle a une action plus F prononcée que le pôle positif. Ce n’est pas le passage d’un courant électrique, mais les produits électrolytiques qui seraient ja cause de cette influence des courants de la pile.

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608 RECHERCHES ra stoL QUES ET CLINIQUES. 4

Pour montrer que les courants induits ne peuvent agir directement sur la fibre musculaire, M. Schiff se fonde sur ë les deux faits suivants. 4"

Lorsqu'on empoisonne un animal avec une forte dose d’atropine, on ne peut plus obtenir de contraction en 2) trisant soit les nerfs, soit directement les muscles, tandi qu’on obtient des contractions très-prononcées en dec- : trisant les muscles avec des courants continus, ou en. appliquant des alcalis. «1 k

Lorsqu'on fait arriver dans un membre fraichement séparé de l’animal, une décharge électrique suffisamment intense pour abolir l’excitabilité nerveuse, mais trop fa pour anéantir l’excitabilité musculaire (celle-c1 résiste plus que celle des nerfs aux décharges électriques), on ne peut plus déterminer avec les courants induits de contractions, ni en agissant sur les filets nerveux, n1 en électrisant les muscles: Les courants de la pile, au contraire, produisent des contractions lorsqu'ils sont appliqués directement sur les muscles. Ilen est de même du contact de bases ou d'acides faibles

ou d’une excitation mécanique. 4 |

Pour expliquer que les effets électrolytiques des courants continus sont la cause de ces contractions 1dio- musculaires, M. Schiff s'appuie sur ce fait positif, que les excitants chiniques provoquent ces contractions. | 4

Les faits que nous avons cités et qui démontrent que ces contractions sont d'autant plus fortes que la quantité chimique du courant est plus grande, viennent à De de cette opinion de M. Schiff. °4

Cependant nous ne pouvons partager l'opinion de l’ éminent physiologiste de Florence, car elle nous semble insuffisante dans bien des cas. \528

Nous dirons d’abord que les effets électrolytiques, comme . nous l’avons indiqué dans le chapitre IV de la deuxième partie, ne se manifestent qu'au contact même des pôles. Ce u’est que dans les parties qui touchent le pôle négatif qu'il y à formation d’alcalis libres, et ce n’est que près du pôle posiuf qu'apparaissent les acides. Dans toutes les parties intermédiaires, 1l n'y a production, ni d’alcalis, ni d'acides. Donc, les effets électrolytiques des courants n’ont lieu que localement : l'expérience de Davy est concluante sous ce rapport.

Or, dans toutes ces expériences, c'est à travers la peau que l’on agit, et la faible quantité d’alcalis qui se forme se dépose à la surface de la peau et ne peut agir directement sur le muscle. On sait, d’un autre côté, que les agents chimiques, pour déterminer la contraction idio-musculaire,. doivent être en contact direct avec les fibres.

De plus, parmi les agents chimiques qui déterminent la contraction musculaire, ce sont les alcalis qui agissent le plus énergiquement, et par conséquent ee serait tou- » jours le pôle négatif qui provoquerait les contractions - les plus fortes, et nous avons vu que le contraire à lieu 4 souvent.

1 De plus, avec des courants de la pile, on obtient avec un » courant très-fort des effets électrolytiques très-marqués, . même en faisant 5 à 10 interruptions par seconde, et cepen- | dant, à une certaine époque de la paralysie, les courants | agissant avec ce nombre d’interruptions ne donnent plus aucune contraction. |

Enfin, cette théorie ne peut expliquer pourquoi, dans ces cas, la contraction a lieu avec un courant plus faible qu'à j'étal sain.

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Nous admettrons done plus volontiers que, lorsque ka + fibre musculaire a conservé sa structure normale, et qu ‘elle n’a éprouvé aucune altération de nutrition, elle se contracte sous l'influence des courants électriques de quelque nature qu'ils soient, mais que cette contraction, lorsque la fibre musculaire est altérée, ne se fait plus que sous l'influence de certains excitants. | à

La proposition de M. Schiff revient à dire que l'électricité n’agit en aucune façon sur la contraction idio-mus= culaire, et que les courants continus agissent, non parce qu'ils sont une forme de la force électrique, mais parce qu'ils déterminent indirectement des actions chimiques L

Mais le choc, lirritation mécanique, aussi bien que les agents chimiques, produisent dans ces différents cas la con traction idio-musculaire. Or l'électricité des courants in duits est également un choc mécanique, ne différant des autres chocs mécaniques -que par la rapidité de son ac" tion. Les faits que nous avons rapportés démontrent que la fibre musculaire, lorsqu'elle est saine, se contracte quelle que soit la rapidité avec laquelle agit l’excitant, tandis que, lorsqu'elle est altérée, 1l faut que l’action excitante ii plus longtemps. 4

On peut donc admettre que, lorsque le système nerveux est détruit par une cause quelconque (une altération orga= nique où un poison), les courants induits peuvent encore” produire une contraction aussi longtemps que la fibre mus= culaire à conservé son élat normal, mais que, dès ques cette fibre a subi un changement, les courants induits ne. peuvent plus déterminer de contraclion par cela seul ‘4 leur action est trop rapide. à

D'après ces faits, 1l faut presque admettre deux sortes de

contraction 1dio-musculaire, ou mieux une forme de contraction correspondant à chaque état anatomique de la fibre. Cette dernière supposition n’a d’ailleurs rien de paradoxal et nous parait au contraire être une conséquence logique de tout ce que nous apprend le fonctionnemeni des différentes espèces de fibres musculaires, même des différentes activités de la substance contractile. La contraction du protoplasma, les mouvements anuboïdes, les contractions des fibres lisses, celles des fibres du cœur, celle des muscles des membres, offrent toutes des différences trèsnotables. Il est donc permis d’en conclure que la fibre striée, lorsqu'elle subit certains changements, présente des propriétés nouvelles et qui sont la conséquencé de ce nouvel état anatomique.

— Dans certains cas, la contraction 140o-musculaire est déterminée par une excitation plus faible que la contraction indirecte par les nerfs moteurs.

Nous ne pouvons quitter l'étude de cette différenced'action des courants électriques sur la contractilité musculaire, sans indiquer toutes les questions auxquelles elle se rattache, et toutes les conséquences qui semblent en ressorür. Dans tous les cas, ces recherches ont une importance incontestable au point de vue pathologique, et nous croyons de plus qu’elles peuvent influer sur les lois admises en physiologie. | Nous avons vu que les muscles fatigués ou épuisés, ou séparés de leurs nerfs moteurs, se contractent mieux par l’action des courants continus que par celle des courants

induits.

Cela est déjà assez étonnant; mais enfin cela peut s'expliquer. Ce qui est plus extraordinaire, c’est qu'un

muscle privé de son nerf moteur se contracte plus facile-

ment sous l'influence d’un courant continu qu’un muscle :

sain. Nous avons dit que, probablement, cette différence d'action était due au changement éprouvé par la fibre

musculaire striée qui se rapprochait alors au moins au point

de vue dynamique de la fibre musculaire lisse. Nous n'avons

donné que cette seule raison pour ne pas compliquer de

suite une question dans laquelle 11 y a tant d'éléments obscurs. | En ne considérant que quelques cas particuliers, nous croyons notre théorie exacte. Nous pouvons admettre, en effet, que la fibre lisse pour être excitée a besoin d'un courant moins énergique que la fibre striée; que, dans certains cas pathologiques, la structure de la fibre striée se rapproche de fa fibre lisse, et qu’alors elle devient plusexcitable qu’elle ne l'était antérieurement. | Mais, en donnant cette explication, nous ne faisons que reculer la difficulté ;. car on peut nous demander pourquoi la fibre lisse se contracte sous l'influence d’excitants plus faibles, L'état anatomique de la fibre striée, même dans les cas de paralysie, n’est d’ailleurs jamais identique avec celui de la fibre lisse; de plus, cette dernière se contracte sous l'influence des courants induits, tandis que la fibre

striée paralysée ne se contracte pas sous l'influence de ces

courants.

Les faits qui permettent d'admettre que, dans les cas de paralysie des nerfs moteurs, les fibres striées prennent

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quelques-unes des propriétés de la substance contractile des M

muscles lisses, sont plutôt physiologiques qu'anatomiques. Il est incontestable en effet que le tracé des fibres striées, fatiguées ou paralysées, ressemble beaucoup à celui des

fibres lisses. Comme ce dernier, il est moins brusque, plus long; le maximum d’élévation de la ligne arrive ples lentement, la montée et la descente se font progressivement.

De plus, comme pour la fibre lisse, la fibre striée, dans ces cas, se contracte avec une certaine lenteur, reste contractée en partie pendant tout le temps que dure l'excitation et ne revient que peu à peu à son état normal.

Enfin, les excitants qui agissent énergiquement sur les fibres lisses ou le protoplasma sont également ceux qui ont le plus d’action sur les fibres striées, lorsqu’ elles sont séparées de leurs nerfs moteurs.

Mais, en laissant de côté toute théorie, et en ne considérant que les faits, nous pouvons dire d’une manière certane que : L'érretabilité musculaire, pour les excitants tels que les courants de la pile ou les agents chimiques ou mécaniques, est beaucoup plus grande lorsque les muscles sont privés de leurs nerfs que lorsqu'ils sont reliés au système nerveux .

En effet, un muscle sain et qui possède ses filets nerveux moteurs, lorsqu'on y applique directement les pôles, ne se contracte qu'avec 46 éléments, par exemple, tandis que ce même muscle privé de son nerf moteur et avant d’avoir subi d’altération anatomique bien marquée, se contracte sous linfluence d’un courant de 4 éléments. La contraction n'est pas aussi forte, ni aussi énergique; mais, dans tous les cas, elle a lieu, et nous n'avons à tenir compte ici n1 de sa forme, n1 de sa puissance.

Ces mêmes phénomènes s’observent pour d’autres circonslances. Un nerf perd de son excitabilité (à la suite d’une névralgie par exemple, comme cela se voit souvent dans les atrophies consécutives aux névralgies), et le premier phé-

61h RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.

nomène témoignant de l’altération des filets nerveux, avant même qu’on puisse constater une atrophie des muscles, est leurs contractions fibrillaires qui se font par le moindre excitant. En frappant ou en irritant avec la main des membres sains, on ne voit jamais survenir de contractions

musculaires, tandis qu’on les fait amsi apparaître dans

des mu$cles dont les filets nerveux sont affaiblis ou commencent à s'altérer. La conclusion, ici encore, ne peut être que la suivante : Chaque fois qu'un muscle est séparé du sysième nerveux, ou chaque fois que celui-ci est affaibli, l'orritabilité musculaire est augmentée. |

Enfin, si la maladie du système nerveux est générale, s’il.

y à un affaiblissement de tous les centres nerveux, comme dans la plupart des fièvres adynamiques, nous retrouvons encore les mêmes faits, consistant dans la facilité de provoquer des contractions locales des muscles en agissant directement sur eux.

On dirait donc que, chaque fois qu'un muscle est privé, pour une cause ou pour une autre, de l'influx nerveux, il de-

vient plus excitable par certains excitants ; qu'en même temps,

chacune des fibres musculaires acquiert une sorte d'indépendance qui lui permet de se contracter isolément et à la plus légère excitahon.

La réciproque de cette proposition peut incontestablement se formuler ainsi :

Les nerfs, pendant leur état de repos apparent, empêchent |

les muscles de se contracter sous l'influence des excitants de toute nature qui peuvent agir directement sur les fibres musculurres.

L'étude des mouvements d'ordre physique nous présente plusieurs phénomènes de cet ordre, On sait, en effet,

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que deux forces peuvent rester à l’état de répos, parce qu'elles s’équilibrent, mais qu’elles se dégagent et deviennent apparentes dès que l'équilibre est rompu. Supposons donc un instant que l'action continue du nerf (ce qu’on a appelé l'action tonique) consiste à faire équilibre aux irritations continuelles qu'éprouve le muscle, et le force à garder son état de repos fonctionnel, et l’on comprendra ainsi comment les nerfs peuvent en partie empêcher le muscle de subir toutes les imfluences qui agissent sur son irritabilité. Si, dans l’un ou dans l’autre des tissus, il survient une excitation plus forte, l'équilibre est rompu momentanement, et aussitôt toutes les activités se dégagent. C’est le trouble d'équilibre moléculaire du nerf qui permet aux muscles de se contracter. Donc, même à l'état de repos apparent, le système nerveux aurait une mfluence sur les muscles, en maintenant une sorte d'équilibre. L'activité du nerf, comme du muscle, consisterait dans une rupture de l'équilibre normal.

: Nous l’avouons franchement, nous sommes en pleine hypothèse. Nous nous sommes laissés entraîner par le désir naturel de donner une explication de faits difficiles à faire rentrer dans les théories reçues. Les faits sont vrais et incontestables, c’est là notre excuse : quant à l'hypothése, nous n’y attachons aucune importance, et nous ne l'avons énoncée que parce que, sous sa forme métaphysique et presque paradoxale, elle force. l FR à bien distinguer ces différents phénomènes.

Cette différence d’excitabilité des muscles, lorsqu'ils sont reliés au système nerveux ou qu’ils en sont séparés, est tellement nette, que M. Schiff, qui, certes, pas plus que nous, ne peut être accusé d'aimer les rarsonnements théoriques,

est obligé, pour les expliquer, de donner une hypothèse plus ou moins vraisemblable.

Sur un chien, il coupe l’hypoglosse, d’un côté de la tête, et, quelque teinps après, 1l constate que les muscles de la moitié de la langue, celle où l'hypoglosse a été sectionné, sont pris de contractions fibrillaires. Les muscles de l’autre côté de la langue restent au repos aussi longtemps que l'animal ne fait point de mouvements volontaires ; alors, la contraction est forte, rapide, et se fait avec ensemble. Du côté paralysé, les contractions, au contraire, sont fibrilaires, continues et sans coordination. Nous avons eu l’occasion-de voir celte expérience dans le laboratoire de M. Schiff, et voici l'explication qu'il nous en a donnée : Les muscles soumis à l’influence de la volonté usent en masse, par les mouvements volontaires, les forces actives qu'ils renferment par la nutrition ; tandis que, pour les muscles paralysés, mais non atrophiés, ces forces se dégagent pet à petit et à mesure qu'elles se forment.

Nous pouvons donc conclure que, lorsque linflux verveux existe, il empêche les activités fonctionnelles museulaires de se dégager à mesure qu'il y a accumulation des principes nécessaires. À l'état normal, 1l y a une masse d’excitants légers (la formation de l'acide carbonique, ete.), qui agissent sans cesse, mais qui n'ont d'influence que lorsque les muscles sont indépendants du système nerveux.

Un muscle relié à la moelle peut rester très-longtemps, constamment même, sans entrer en contraction, tandis qu'il n’en est plus ainsi pour un muscle séparé des nerfs. En d’autres termes, on pourrait dire que le système nerveux

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